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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 06:56

C’est Pierre Bérégovoy qui inaugura en 1989, date de son achèvement, le ministère des finances rue de Bercy dans le 12e arrondissement de Paris. 16 ministres de l’économie et des finances lui ont succédé depuis, en y incluant Pierre Moscovici qui vient d’y être nommé. *

Dix d’entre eux sur quinze ont connu un destin contraire à ce que pouvait leur laisser espérer l’exercice de responsabilités d’une telle importance.  

Tragique pour Pierre Bérégovoy, particulièrement humiliant pour Dominique Strauss Kahn, la fin de ces deux ministres emblématiques de l’économie et des finances, fut parmi ce que la République a connu de pire.

A l’exception de deux des trois ministres de la société civile et de trois ministres dits « politiques », qui ont été nommés sur cette période, tous les autres auront un sort contrasté.

Le plus célèbre d’entre eux, Nicolas Sarkozy devait démissionner 8 mois après sa nomination, à la suite d’un désaccord profond avec Jacques Chirac : « j’ordonne, il exécute » avait dit ce dernier au cours d’une fameuse conférence de presse. Alain Madelin, dont l’avenir politique ne laissait place à aucun doute, démissionna 3 mois après avoir été nommé à ses fonctions, se trouvant en désaccord profond avec la politique de Jacques Chirac, dont il avait pourtant animé la campagne. On ne devait plus entendre parler de lui dans l’exercice du pouvoir. Il en fut de même pour Hervé Gaymard, qui dut remettre sa démission, trois mois après avoir été nommé, pour avoir choisi un appartement de fonction dont le loyer était hors de proportion avec les moyens de la République. Il était pourtant l’un des poulains de Jacques Chirac, promis au plus bel avenir. Lui non plus ne réapparut plus sur la scène publique. Christian Sauter qui venait de remplacer Dominique Strauss Kahn, qui avait lui-même démissionné pour cause « d’affaires », démissionna à son tour quatre mois plus tard, pour avoir voulu mettre en œuvre un projet relatif aux personnels des impôts, initié par son prédécesseur. Ceux-ci se mirent en grève et eurent raison de leur tout nouveau ministre. Considéré comme un homme d’une grande compétence, particulièrement rigoureux, il ira exercer ses talents à la mairie de Paris. Enfin Jean-Louis Borloo, un mois après son arrivée à BERCY dut laisser sa place à Christine Lagarde pour cause de tva sociale annoncée en pleine campagne des législatives et qui coûta bon nombre de députés à la majorité présidentielle. Cette dernière qui fit un parcours des plus satisfaisants,  se trouve à devoir répondre, devant la Cour de Justice de la République, de l’opportunité de l’arbitrage intervenu dans l’affaire Tapie,.

Laurent Fabius avec l’affaire du sang contaminé dont il devait ressortir blanchi et Edouard Balladur dont le manquement à l’éthique commit envers Jacques Chirac, plus préjudiciable que l’affaire Karachi, au moins pour l’heure, n’eurent pas la carrière espérée, bien que l’on ne puisse pas dire que leur passage à Bercy y soit pour quelque chose.    

Même si l’on peut être frappé par l’importance du nombre des ministres ayant exercé à BERCY et qui ont connu des fortunes diverses, on ne peut pas aller jusqu’à dire, même pour les plus superstitieux d’entre nous, (dont je m’honore de faire parti) qu’il y aurait  sur ce ministère une malédiction.

Deux ministres des finances  émanant de la société civile, Francis Mer et Thierry Breton ont fait l’un et l’autre un parcours sans faute, avec un record de longévité, chacun deux ans environ. Trois « politiques » ont également tiré leur épingle du jeu, Michel Sapin (1an), Jean Arthuis (2ans) et  François Baroin (10 mois et demi).

Cette étude, montre que le Ministère de l’Economie et des finances ne souffre pas un profil politique trop marqué, une personnalité trop tranchée. Il convient à des techniciens ou à des « politiques » modérés.

Quid pour Pierre Moscovici ? Il possède la compétence technique. Son engagement politique est plus marqué, plus incisif, plus percutant  dans l’expression et dans l’aspect partisan que celui d’un Michel Sapin ou d’un Jean Arthuis.

Pour autant, rien ne permet de lui prédire, comme certains le soutiennent, un sort contraire à ces derniers. Candidat aux législatives un échec serait une véritable surprise. L’élan de l’élection présidentielle, un talent de débatteur hors du commun, une intelligence à la Fabius, les fonctions mêmes qu’il occupe et les résultats de l’élection présidentielle, dans la 4e circonscription du Doubs, ne devraient pas permettre de le voir perdre son siège et par la même sa fonction ministérielle.

* Pierre Bérégovoy, Édouard Balladur,  Michel Sapin,  Alain Madelin,  Jean Arthuis,  Dominique Strauss-Kahn,  Christian Sautter,  Laurent Fabius  Francis Mer,  Nicolas Sarkozy, Hervé Gaymard, Thierry Breton,  Jean-Louis Borloo, Christine Lagarde, François Baroin,  Pierre Moscovici.

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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 05:39

« Le bon fonctionnement d'une démocratie passe par l'existence d'un lien de confiance entre les citoyens et ceux qui gouvernent. (...) Elle se construit jour après jour, au vu de l'action du gouvernement et de l'image donnée par ceux qui en sont membres. Un manquement isolé peut, à lui seul, suffire à l'entamer durablement».

 

Telle est l’introduction de la charte de déontologie gouvernementale, adoptée jeudi 17 mai, lors du premier Conseil des ministres, sous la présidence de François HOLLANDE.

 

On l’attendait depuis longtemps, on ne l’espérait plus, tant les manquements à la dignité émanant de la part de membres du gouvernement étaient de plus en plus nombreux. Notamment lors de leurs productions télévisées dans des émissions de variétés type reality show. Cela faisait parti de l’air du temps, on pensait que c’était irréversible.

 

Cécile DUFLOT, avant d’avoir signé la chartre, a dû le penser aussi. Elle  est arrivée au Conseil des ministres en jean. « L’image donnée par ceux qui sont membres  du gouvernement » à laquelle se réfère la charte, s’est trouvée ainsi passablement écornée.

 

Cécile DUFLOT ne peut vouloir « à en mourir » et à n’importe quel prix, devenir ministre, y compris celui du   renoncement à son programme politique dont on avait dit la main sur le cœur qu’il n’était pas négociable,  en particulier sur le nucléaire, et ensuite, pour se faire pardonner par les siens son renoncement vénal, « se pointer en jean au conseil des ministres. »

 

Il s’agit là d’une désinvolture intolérable, d’une provocation d’adolescente mal élevée, qui n’est pas digne de la fonction qui lui a été confiée.

 

Son comportement constitue un abaissement significatif de la fonction ministérielle.  

 

Si Cécile DUFLOT pense qu’elle peut se dispenser d’avoir une tenue que les citoyens, dans leur très grande majorité, sont en droit d’attendre lorsque l’on occupe ce type de fonction, le respect qu’elle doit au Président de la République, au Premier ministre et à ses collègues aurait dû la faire renoncer à son initiative.

 

Le score de son parti aux présidentielles aurait peut-être dû l’inviter à plus de discrétion.

 

Des gens ne savent pas si demain ils pourront avoir un toit et pendant ce temps leur ministre s’amuse à choquer le bourgeois et à faire marrer les copains. 

 

Si la charte de déontologie a un sens, Cécile DUFLOT nous fera l’honneur de s’habiller de façon à ce que puisse exister ce fameux « lien de confiance entre les citoyens et ceux qui gouvernent. »

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 09:02

« Si je suis battu, j’abandonne la vie politique. »

 

Par cette seule phrase prononcée dans le cours d’une causerie de peu d’intérêt, peut-être même sans y avoir pris garde,  l’un des hommes les plus puissants de la planète, dès le résultat de l’élection présidentielle annoncée, a disparu de la scène publique.

 

Très vite seul avec lui-même, libéré ou plutôt privé, sans vraiment l’avoir voulu, de toutes ses contraintes antérieures, la cérémonie de passation des pouvoirs terminée, il se trouve confronté à la dure réalité de la vie, celle qui lui était jusqu’alors inconnue.

 

La cérémonie de passation des pouvoirs a été pour lui une terrible épreuve. Depuis tôt le matin, il a vu la salle des fêtes envahie par tous ceux qui endimanchés et ravis sont venus honorer son adversaire. Il va maintenant remettre les clés de l’Elysée à celui dont il estime qu’il n’a ni les compétences, ni le talent pour exercer la fonction. Comment est ce possible ? Et il remâche encore, comment le peuple français qui lui doit tant a-t-il pu se montrer si oublieux ? Sa réponse ne varie pas, ce sont les médias, les mensonges, la calomnie, la mauvaise foi de ses adversaires. Ne vont-ils pas jusqu’à dire qu’en réalité les réponses à ses questions sont dans les questions elles-mêmes ?…Tiens il arrive, il n’a pas une minute de retard !

 

C’est pire qu’une défaite, c’est une humiliation dont il supportera le poids sa vie durant. Il n’a même pas eu l’hommage que le vainqueur octroie habituellement si généreusement au vaincu. François HOLLANDE l’en a privé. Celui que l’on croyait plutôt arrangeant, ne lui a  pas pardonné de l’avoir tant méprisé.   

 

Et puis il ya ses amis politiques, politiques certes, mais tout de même. Depuis quelques jours, Jean-François ne l’a plus appelé, François non plus, sans parler d’Alain qu’il a sorti du trou, même Nadine… Ce n’est certainement pas cela qu’il a voulu. Cela a été vite, très vite, trop vite…Il a pourtant espéré qu’ils le harcèleraient, qu’ils le supplieraient,  « tu es notre chef, on ne peut rien faire sans toi, c’est avec toi que l’on va reconquérir le pouvoir… » Bien au contraire, ils n’arrêtent pas de répéter qu’ils respectent sa décision Ils ont fermé la porte. 

 

C’est fini et bien fini, le porche de l’Elysée passé, il doit maintenant chercher du travail. Le cabinet d’avocat ? mais avocat c’est du boulot et cela fait une éternité qu’il n’a pas ouvert un code. Il y a bien-sûr le Conseil Constitutionnel, c’est  mieux car ça reste dans ses cordes. Sous la présidence de Jean-Louis DEBRE….Avec le Conseil, la politique c’est bel et bien fini lui a-t-il-fait comprendre.

 

Démuni du pouvoir, sans aucune perspective de le reconquérir un jour, ceux qui avaient, et parfois depuis si longtemps, investi en lui et qui composaient l’essentiel de ses relations personnelles, le fuient, avec en plus une sensation étrange, celle d’avoir été trompés.

 

Les copains de toujours ne répondent plus comme avant : « il est en réunion » « il vous rappellera dès que possible » « il vient juste de partir en rendez vous extérieur », « il n’est toujours pas rentré ». Cela va être dur, très dur. 

 

Plus d’égard, plus d’attention... Il reste les dîners en ville, et quelques conférences, mais il ne parle pas anglais et conférer sur quoi ?  

 

Tiens, un SMS. C’est CARLA, qui part se reposer chez ses parents. Elle va réfléchir pour Marrakech, elle a peur de s’y ennuyer.  Il a  l’impression qu’elle lui fait la gueule. Bon ! Il faut arrêter. Il devient parano. Il va aller faire un petit jogging, ça lui détendra les nerfs et au moins il ne sera pas seul, les collectionneurs d’autographes sont partout.     

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 08:32

L’eurodéputée et mairesse du 7e arrondissement de Paris « n’en pouvant plus » de faire les nombreux déplacements attachés à son mandat communautaire, avait émis le dessein depuis fort longtemps de  briguer la 2e circonscription de Paris, celle de Jean TIBERI qui avait outre l’avantage de la très grande proximité, la particularité d’être acquise à la droite.  

 

N’ayant jamais rencontré de difficulté dans l’octroi à son profit de mandats électifs, qui lui furent toujours offerts très généreusement, lorsqu’elle apprit que son ancien premier ministre, pour des raisons semblables aux siennes semble-t-il, avait émis le dessein de venir chasser sur ses terres, elle devint folle de rage et entra dans une fureur noire que nul ne fut en mesure de contenir.

 

On nous proposa alors le feuilleton genre « diva très contrariée » encore inconnu en politique, tout au moins en France et l’on eut droit à de vrai colères, subtilement entretenues par les silences bien calibrés, les non dits, voire même les soupirs énigmatiques, mais combien évocateurs, de tout ce que compte à l’UMP les futurs candidats à la candidature à la présidence de la République.

 

Ses jérémiades furent régulières, ses diatribes sur l’injustice dont elle était victime récurrentes. Sa condition de femme, de fille d’immigré, de fille d’ouvrier maçon, furent généreusement évoquées, comme le fut sa jeunesse dans un HLM de cette triste ville de Chalon sur Saône avec une mère oh combien méritante. L’ancienne Garde des Sceaux allait évoluer entre inconvenance et indécence sans que cela ne lui posa aucun état d’âme, ni que jamais personne n’y trouva rien à redire, bien au contraire le public étant particulièrement friand de ces reality-show à l’américaine en redemandait.

 

Rachida DATI, c’est en effet l’école SARKOZY, dans ce qu’il y a de pire et de meilleur. Peut-être en plus appuyé encore. Elle n’a aucun complexe, un culot monstre, de la prétention à revendre, une énergie incroyable qui peut la conduire à tout renverser sur son passage sans se préoccuper du qu’en dira-t-on, la fin justifiant les moyens. Le scandale ne lui fait pas peur. Au contraire, il semble que ce soit  son arme favorite.

 

Elle n’a pas hésité à dénoncer, au sein de son propre camp des petits arrangements entre François FILLON et la famille TIBERI, parce qu’ils avaient pour objet de favoriser l’implantation de son concurrent dans la capitale, le motif de probité n’étant semble-t-il apparu que très secondaire à sa démarche.

 

Il y a quelques jours encore, elle se disait prête à affronter François FILLON qu’elle déferait sans coup férir. Elle ajoutait que si par impossible il arrivait en tête au premier tour, elle se maintiendrait, pour le faire battre. « Je le hais, je le déteste, je ne le lâcherai pas » expliquait elle à la ronde à qui voulait l’entendre. On commençait à être inquiet au point que l’on en venait à se demander si MELENCHON « par l’odeur de la poudre alléché », ne risquait pas de venir s’en mêler.

 

Comment cette femme, qui se prévalait d’avoir connu la précarité de la vie lorsqu’elle était enfant, n’arrivait pas à se rendre compte une seule seconde du spectacle affligeant qu’elle donnait à tous ces gens qui la regardaient se plaindre de son mauvais sort, alors que pour beaucoup, leur préoccupation essentielle est de trouver du travail, de boucler les fins de mois, de se loger, de se soigner, quand ce n’est pas tout simplement de se nourrir.

 

Comment cette femme pouvait-elle encore regarder en face ses camarades de parti qui en avaient par-dessus la tête de son comportement d’enfant gâtée et qui murmuraient de plus en plus fort quelque chose comme : « Le parti ? La solidarité ? Vous voulez rire j’espère. Elle s’en fiche. Quant on pense à tous ces militants qui se sont dévoués toute leur vie, qui ne manquent ni de talent ni de culture politique, ni d’éthique, qui n’ont jamais mis le parti en difficulté, et qui n’ont jamais rien eu en retour, sinon des cacahuètes sur des assiettes en carton les soirs d’élection et l’honneur de faire la claque ! Et en plus elle nous prend certainement pour de gros nases. »

 

Comment cette femme, en laissant braquer sur elle les projecteurs de l’actualité, mettant en lumière à cette occasion son appétence pour les belles toilettes et le luxe, ne s’est pas rendue compte, qu’elle confortait à son niveau, l’image détestable offerte par son mentor et qui a certainement contribuée à sa défaite du 6 mai… 

 

Et puis, miraculeusement, tout allait s’apaiser d’un seul coup d’un seul, comme par enchantement. Et si quelqu’un pouvait encore en douter, il y a bien un Dieu en politique. C’est le suffrage universel. Il règle tout, il purifie tout.

 

Selon le 2nd tour de la présidentielle, Paris n’est plus gagnable pour les municipales, quant à la 2e circonscription, celle tant convoitée, les mêmes résultats montrent que contrairement à ce qui a existé jusqu’alors, elle ne serait plus acquise  à l’UMP.

 

Et là, évidemment, la donne étant bouleversée, cela change tout.

 

L’heure est désormais à l’union, nous dit posément Rachida chez RUQUIER ce samedi 12 mai, lors de l’émission « On n’est pas couché ». Elle explique tout sourire et d’une voix doucereuse que Paris, y compris le 5e arrondissement qui compose une partie importante de la 2e circonscription, a vu François HOLLANDE recueillir 56% des suffrages.

 

Du coup, « il faut faire preuve de responsabilité, des discussions sont en cours ». Elle ajoute qu’elle a été le 6 mai à la même table que François Fillon, avec Nicolas SARKOZY. La cène qui a précédé la Passion. Le rapprochement est en cours. Foin d’invectives d’attaques ad hominem, d’exaspérations excessives. Le résultat des élections a fait mieux que toutes les réunions du monde.

      

Elle vient de refuser la mairie de Paris que François FILLON lui a gracieusement offerte ! « On ne m'achète pas. Ma loyauté et mon engagement vont aux habitants du 7ème et à tous les parisiens que je sers au quotidien »

 

En réalité, tout cela devient terriblement aléatoire, et Rachida n’aime pas tout ce qui est aléatoire, elle n’aime que ce qui est sûr. Elle va donc réfléchir.

 

Elle préfère faire profil bas et attendre de voir venir. Peut-être même laisser François FILLON aller se planter dans la 2e. Il aura ainsi été puni par où il a péché...D’ailleurs Juppé lui-même, qui connaît la musique, ne se présentera pas dans la 2e circonscription de Bordeaux où les résultats ici aussi ne lui laissent aucune chance.

 

Rachida est un joli prénom qui vient de l’arabe « rached ». Il  signifie adulte, mature. Je trouve que ce prénom lui va comme un gant, même si j’avoue ne pas l’avoir toujours pensé.

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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 05:40

 

A l’exception de ses partenaires communistes, la classe politique a été surprise par la candidature de Jean-Luc MELENCHON à HENIN-BEAUMONT et de son intention d’aller « défier Marine LE PEN dans son fief en un combat homérique. »

 

En poursuivant une stratégie qui a été l’axe principal de sa campagne présidentielle, le président du Front de Gauche donne à son combat une tournure obsessionnelle qui risque de le desservir. Son style sans nuance, son arrogance, parfois même sa brutalité dans le propos, face à une femme fut-elle du Front National, s’ils sont appréciés par ses militants les plus aguerris, ne le seront peut-être pas par un électorat modéré, dont les voix lui seront nécessaires pour espérer l’emporter lors d’un second tour.*

 

Le chantre de la dictature cubaine qui laisse mourir ses opposants politiques en prison et de la Chine dans son combat contre le peuple tibétain, aura du mal à convaincre les électeurs de l’UMP et du MODEM, que dans un deuxième tour il faudra voter pour lui, pour sauver la démocratie contre le péril fasciste qui est à nos portes.

 

De même que l’on ne voit pas l’appareil de l’UMP ni même les personnalités les plus à gauche de ce parti, prôner le vote MELENCHON au nom du « front républicain.

 

Enfin, les 15% d’électeurs qui se sont prononcés pour Nicolas SARKOZY et qui n’ont rien trouvé à redire sur la « frontisation » de son discours, qui se confondait parfois au mot prés  avec celui de Marine LE PEN,  devraient dans de telles circonstances, en toute logique et sans beaucoup d’hésitation, apporter leurs suffrages à la candidate du Front National.

 

Jean-Luc MELENCHON fait parti de ces gens qui pensent que l’on peut réduire une bosse en tapant dessus. Outre qu’il va donner une formidable publicité à Marine LE PEN, son initiative va remobiliser les électeurs du Front National, qui ont tendance, pour une partie d’entre eux, après une présidentielle, à retourner vers des leaders locaux, dont le parti de Marine LE PEN est dépourvu.

 

Enfin, Jean-Luc MELENCHON va permettre à Marine LE PEN d’être gagnante dans tous les cas de figure.

 

Soit elle est battue et il aura validé la doctrine « UMPS » du Front National, lui-même apparaissant jouer les supplétifs de cette coalition.

 

Soit c’est Marine LE PEN qui l’emporte, et en dehors de l’échec humiliant que cela représentera pour lui à raison de ses rodomontades, il aura contribué à faire désavouer les dirigeants de l’UMP,  pour la première fois et de la façon la plus cinglante qui soit, par son électorat.

 

Ce sera au-delà même de cette élection locale et à la veille d’une refondation de l’UMP, un argument de poids  pour tous ceux qui au sein du parti, ne voient pas d’un mauvais œil une alliance avec le Front National.

 

En décidant « de se lancer dans cette galère » selon l’expression de Jean-Christophe CAMBADELIS, l’impétueux MELENCHON n’a peut-être pas mesuré avec suffisamment de soin, toutes les conséquences de son initiative, au risque même d’apparaître comme un allié objectif du FN, ce qui est un comble.

 

 *2nd tour de la présidentielle : PS, F de G, EELV, LO, NPA : 41%, M. LE PEN 35%, N. SARKOZY 15, F. BAYROU 5%..           

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 09:41

 

La situation de l’emploi se dégrade et continuera de se dégrader dans les mois qui viennent. Le prochain gouvernement va se trouver confronté à une situation de crise sans précédent, avec une multiplication des plans de licenciements. L’ampleur prise par ce phénomène  va être et de loin, sa préoccupation principale.

 

Plus qu’il ne l’a jamais été par le passé, et en tenant compte des perspectives de moyen et même de plus long terme, l’emploi va donc être au centre de la  politique gouvernementale. Michel SAPIN aurait même préconisé, selon plusieurs dépêches d’agences, que soient pénalisés les licenciements les plus abusifs, dénommés licenciements boursiers. 

 

La vieille Europe se trouve devant un véritable séisme économique consécutif, non pas comme on le dit habituellement à une simple crise, mais à une nouvelle répartition mondiale de la création des richesses et par conséquent du travail, ce qui est bien plus grave.

 

Nous subissons la concurrence de l’ensemble des pays émergents,  avec lesquels il n’est pas possible de lutter en terme de coût du travail, qui est en moyenne dans un rapport de 1 à 10, dans des activités qui sont désormais à leur portée.

 

Au lieu de procéder aux mutations qui s’imposaient, les gouvernements des vingt dernières années, peut-être pour avoir sous estimé cette évolution, à moins que ce ne soit par facilité ou par manque de courage politique, ont préféré vivre à crédit.   

 

Il en résulte aujourd’hui que les  pays occidentaux ne pourront faire face à cette situation que par l’innovation, la haute technologie, l’orientation des activités vers le haut de gamme. La transformation de notre économie est en tout cas un impératif, d’où la formation qui sera la clé de tout projet économique.   

 

Cette mutation qui se situe au niveau mondial et qu’aucune frontière ne sera susceptible d’empêcher, conduit à la disparition de pans entiers de notre économie, qui ne sont plus compétitifs.

 

Il va s’ensuivre nombre de licenciements contre lesquels il sera difficile de s’opposer. Et comme c’est souvent le cas dans ces périodes de crise, certains pourront être tentés de profiter de la situation pour « dégraisser » abusivement leurs effectifs.

 

Tous les licenciements n’ont en effet pas le même fondement et ne pourront donc être traités de la même façon.

 

Certains comme on vient de le dire résulteront de la situation économique de l’entreprise contre lesquels on ne pourra rien directement, car ils seront la conséquence de l’absence de marchés, par suite d’une conjoncture défavorable que rien ne semble pouvoir améliorer au moins dans l’immédiat. Seule une relance rapide de l’activité économique grâce à la croissance sera en mesure d’assurer la  constitution d’un tissu économique nouveau créateur d’emplois. Une course de vitesse est désormais engagée sur cette voie, que François HOLLANDE a  décidé d’emprunter.  

 

D’autres que l’on nomme licenciements boursiers n’ont pas de motifs économiques avérés. Ils sont de pure rentabilité, leur but est d’assurer aux actionnaires des profits plus importants, au détriment des salariés mais aussi et très souvent au détriment de l’entreprise elle-même qui pourra ainsi se trouver privée de certains de ses éléments essentiels à son bon fonctionnement.

Dans ce type de licenciements, l'entreprise étant par hypothèse bénéficiaire, la réduction des effectifs a en outre un caractère immoral, d’autant le plus souvent que ses dirigeants ne se priveront pas, pour ce qui les concerne,  de conserver leurs substantiels salaires ou avantages, quand ils ne les augmenteront pas.

Les dirigeants d’entreprises qui procèdent à des licenciements boursiers, vont ainsi commettre un manquement grave au pacte d’entreprise, qui doit toujours maintenir un juste équilibre entre l’intérêt des salariés et celui des épargnants, sans que l’un puisse prendre le pas sur l’autre, sauf à mettre en cause la stabilité économique de l’entreprise.

Un licenciement collectif n’a jamais eu mécaniquement pour effet d’accroître la valeur du cours de l’action de l’entreprise qui a procédé aux licenciements. Souvent c’est même le contraire qui se produit. On ne voit pas très bien en effet comment une entreprise pourrait s’affranchir d’une partie de sa force de travail, de ses ouvriers, de ses cadres, de ses ingénieurs, sans que cela ne puisse avoir aucune conséquence sur son activité. Car de deux choses l’une, ou les salariés peuvent être licenciés sans inconvénient pour le fonctionnement de l’entreprise et dans ce cas il n’y  pas de licenciement boursier, ou bien la réduction d’effectif réalisée pèsera sur sa productivité et les actionnaires en subiront aussi les conséquences.

Le licenciement boursier peut parfois se confondre avec le licenciement économique. Un licenciement peut avoir pour effet une meilleure rentabilité du titre car il entraine une diminution de ses frais généraux.

Mais cela ne peut se faire que si la diminution des effectifs ne conduit pas à une perte de productivité de l’entreprise. Ainsi, une meilleure gestion peut justifier économiquement la suppression de postes de travail, par exemple en recourant à la sous-traitance, par la mise en œuvre d’une technologie plus avancée, ou encore en procédant à des choix économiques qui peuvent par exemple consister à supprimer certains secteurs non rentables de l’entreprise.

Les suppressions d'emplois correspondent dans ces cas à une volonté des dirigeants de restructurer l'entreprise, d’'accroître sa performance économique afin de lui permettre d’avoir une compétitivité plus grande dans un monde toujours plus concurrentiel. La Cour de Cassation admet que le licenciement économique soit fondé sur la sauvegarde de compétitivité de l’entreprise.

On voit que le problème posé est d’une extrême complexité et qu’il est très difficile de poser des règles générales applicables à toutes les entreprises.

En réalité toute la difficulté est que l’entreprise licencie quels que soient les motifs, bons ou mauvais, et que ce n’est qu’après, parfois au bout de plusieurs années de procédure judiciaire que l’on saura si le licenciement était ou non régulier.

C’est pour cela, compte tenu de la gravité de la situation, que pour les cas les plus graves, les plus évidents, une pénalisation pourra être envisagée. Son caractère dissuasif est indiscutable, elle a fait ses preuves dans d’autres domaines, en particulier dans celui de la commande publique qui avait connu des pratiques corruptrices nombreuses.

Aujourd’hui, en ce qui concerne « la gestion » par le nouveau gouvernement des plans de licenciements auquel il va se trouver confronté, on peut se demander s’il n’y aurait pas lieu, sans aller comme le préconisent certains de façon complètement utopique jusqu’à interdire les licenciements, à remettre en vigueur, au moins provisoirement l’autorisation administrative de licenciement.

Cette mesure  permettrait d’éviter les licenciements trop hâtifs et injustifiés, quand ils ne seront pas abusifs. Elle permettrait  par un contrôle a priori, de vérifier le bien fondé du licenciement et de freiner les entreprises qui sauront qu’elles devront immédiatement justifier de leur décision. Elle assurera une rationalisation des licenciements.    

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 07:36

Jean-Luc MELENCHON dont on attendait, après un score très honorable à la présidentielle qu’il se concentre sur un accord avec le parti socialiste pour permettre à son mouvement d’avoir le plus d’élus et à la gauche toute entière de gagner le plus largement possible les élections législatives, ne rêve que d’un duel avec Marine LE PEN. Il envisage à cette fin de se présenter contre elle à HENIN BEAUMONT.

 

Si le leader du Front de Gauche, par son talent oratoire a pu réunir autour de lui les nostalgiques de l’extrême gauche marxiste et trotskyste en déshérence, en l’absence de leurs portes drapeaux charismatiques, sa stratégie anti Marine LE PEN qui a fini par être l’axe principal de sa campagne n’a pas été payante. Il n’a pas empêché sa rivale déclarée, de faire le meilleur score jamais réalisé par son parti. Il semble même que ses attaques ont eu pour effet de faire remonter la responsable du Front National, à un moment où elle est apparue en difficulté , lui même ne devant tirer aucun profit de sa stratégie agressive et inutilement brutale.

 

Fonder une politique sur des slogans tels que « Le fascisme ne passera pas » ou pourquoi pas  « OAS-SS », ou sur des comparaisons hasardeuses avec Pétain et Laval, n’a pas plus de sens que l’invocation des croisades par les islamistes radicaux pour justifier l’anti occidentalisme.

 

Jean-Luc MELENCHON se trompe et il semble qu’il veuille persister dans cette voie. Il n’est en premier lieu pas du tout sûr qu’une telle confrontation tourne à son avantage. Les évènements récents montrent que l’on ne doit jamais sous estimer un adversaire. Battue Marine LE PEN qui le serait seule contre tous, ne subirait en termes de prestige aucun préjudice. Battu, Jean-Luc MELENCHON, qui bénéficierait en outre de l’appuie de la droite, aurait du mal à s’en remettre. Sa voix si forte et si assurée deviendrait totalement inaudible.

 

Au plan général, il n’est pas sûr non plus que le Front de Gauche puisse retrouver aux législatives le score des présidentielles. Les écologistes qui ont voté en masse pour lui, en présence d’une candidate par trop kitsch, n’ont aucune raison de ne pas retourner au plan local vers leurs candidats habituels. Et on peut penser qu’il en sera de même pour le NPA et LO.

 

Plus grave, en donnant à la confrontation qu’il envisage un tour pugilistique, Jean-Luc MELENCHON affaiblira inévitablement en termes d’image la gauche socialiste avec laquelle il se trouve associé d’une façon ou d’une autre.

 

L’antilepénisme, pas plus que l’anticommunisme ou l’anticapitalisme, ne permet de  bâtir une politique crédible. A tort ou à raison, le parti de Marine LE PEN n’inquiète pas les français au point qu’ils se constituent, pour le combattre,  en des comités de salut public sous la houlette de Jean-Luc MELENCHON.

 

Jean-Luc MELENCHON se trompe de stratégie, d’adversaire et même d’époque. A moins que sa position ne dissimule en réalité une absence de propositions crédibles en présence d’un partenaire qui accède aux responsabilités, avec en plus le risque bien plus grave, qui est celui de finir par lasser.      

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 16:57

Le clip de second tour est censé, en quelques brèves minutes, résumer l’homme et son projet.

 

Celui de Nicolas SARKOZY, qui le montre avec des français de toutes conditions lui rendant hommage, puis en compagnie des grands de ce monde, contient dans sa troisième partie trois images, dont le caractère indigne permet difficilement de les attribuer à un homme d’Etat. Pourtant, c’est bien Nicolas SARKOZY que l’on voit au premier plan expliquer que « L’Europe doit être au service de notre civilisation et de notre mode de vie ».

 

Les images en question sont précédées d’un panneau « Douane » écrit en français mais aussi en arabe. Elles nous montrent des personnes interpellées. L’une d’elles porte un bonnet rouge qui fait penser à une chéchia, ce qui ne laisse aucun doute sur l’origine des interpelés.

 

Une première image, avec des hommes en uniforme qui stoppent et contrôlent un groupe d’hommes. Plus loin, un bus qui stationne, nous fait comprendre qu’ils vont être emmenés. Le groupe attend dans un certain désordre, ce qui permet de penser que ceux qui le composent  ne sont pas à un poste de contrôle. Ils viennent très certainement d’être surpris dans leur progression pour rentrer en France.

 

Une deuxième image montre les effets de l’un de ces malheureux posés à même le sol. Une chemise est entre les mains de l’un des hommes en uniforme. Une chemise qu’une femme ou une mère avait pliée avec soin, avec amour, avec angoisse,  la veille du départ, et qui se trouve maintenant exhibée devant la  caméra d’un pays opulent, pour tenter de permettre à son chef de prolonger son séjour en son Palais.

 

Une troisième image nous présente la fouille à corps. Certains ont les bras en l’air, les autres attendent leur tour.

 

Les images donnent curieusement une impression de submersion, avec les forces de l’ordre qui contiennent cette petite foule dont on ne nous montre que le début. Les images sont un peu floues, lointaines, ce qui crée une impression de tension.

 

Des images fortes, dures, sans concession, choisies pour plaire à une partie d’un électorat susceptible de rejoindre le commanditaire du clip, au détriment des plus faibles, des plus vulnérables, des plus miséreux, qui sont ainsi montrés du doigt. Peu connaissent la détresse de ces hommes quand ils comprennent que tout s’effondre, quand leurs yeux définitivement vides, vous accablent dans un silence pesant.

 

Serait-ce donc cela « Notre civilisation et notre mode de vie » qu’il faut protéger ?

 

Comment se fait-il que parmi les proches du président, personne n’a rien dit, personne n’a hurlé son dépit, personne n’a refusé d’être associé à une telle ignominie.

 

Ce n’est pas la politique choisie qui gêne, c’est l’utilisation de ces images à des fins politiques. François BAYROU n’y a pas été insensible. Il en a tiré les conséquences. Il a fait perdre Nicolas SARKOZY.

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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 17:12

 

Nous attendions tous sagement 20 heures pour connaître « officiellement » le nom du vainqueur.  France 2 nous faisait patienter en nous conduisant de Paris à Tulle, puis de Tulle à Paris et à nouveau à Paris puis à Tulle…

 

Pour une fois une seule, la petite ville de Corrèze si discrète, si réservée, si France profonde, si délicate, si humble, rivalisait avec la capitale, sa mutualité, sa place de la Concorde, sa place de la Bastille, sa rue de Rivoli… On était dans la même ambiance que lors des matchs de finale de coupe de France, entre une petite ville qui se trouve là, personne ne sait vraiment comment ni pourquoi, ni pourquoi faire, avec ses supporters qui veulent faire la fête, à l’égal des plus grands, qui veulent exister, vibrer, se passionner, avec leurs petits maillots, leurs petits drapeaux, dans cette nuit pluvieuse, une seule fois, rien qu’une, s’il vous plait.

 

David PUJADAS, en  présentateur vedette de la chaîne de service public, fait le job. Un peu comme un reporter sportif, en attendant l’arrivée de l’étape prestigieuse des « champs Elysées». Il va nous parler de Tulle, comme chaque été l’on parle de ces petites villes traversées par le Tour de France, et qui connaissent à cette occasion leur jour de gloire. Tulle petite ville si belle, avec son régional de l’étape maillot jaune, qui file sur Paris où l’attend la victoire…

 

 « Tulle,  ville de l’accordéon »  lance alors David PUJADAS, au détour d’une phrase, sans penser à mal, normalement, dans le ton.

 

Tulle ville de l’accordéon ? Tulle et  l’accordéon ! Vous ne voyez rien à dire ? cela vous paraît banal, sans intérêt ? Vous ne voyez donc pas le ridicule, le  grotesque jusqu’à son comble ? Tulle c’est déjà  pas mal,  mais Tulle et l’accordéon ! Non ? Toujours pas ?

 

Et bien contrairement à nous tous, la « discrète » Elise LUCET  trouve cela plutôt tordant. Pour elle c’en est trop. Et  en présence de  millions de téléspectateurs qui attendaient anxieux le nom du nouveau président, elle va de façon tout à fait incongrue, éclater de rire, on pourrait même dire exploser de rire.

 

Un rire non maîtrisé, fort, guttural, le rire qui claque, qui pétarade comme une moto au pot d’échappement trafiqué, le rire  que l’on entend lors de réceptions branchées, qui frise la crise de nerf, le rire par lequel son auteur cherche par ce moyen ultra sonore et peu gracieux à attirer sur lui l’attention à défaut d’avoir pu y parvenir autrement.

 

S’ensuit un moment de stupeur générale sur le plateau de France 2, marqué par un silence pesant,  le réalisateur, ayant alors la présence d’esprit, pour en atténuer l’effet,  de ne pas braquer les caméras sur la présentatrice du 13 heures.

 

Un défaut de maîtrise, difficilement admissible à ce niveau télévisuel, mais très révélateur d’un certain état d’esprit.

 

Elise LUCET qui nous avait déjà surpris en n’entendant pas Jean-Paul GUERLAIN pérorer devant-elle sur les « nègres », ou en se déchaînant avec démesure, en accueillant ses confrères de retour d’d’Afghanistan, étonne une fois de plus par un comportement abscons.

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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 05:36

 

Il a fait des efforts pour se donner une image de présidentiable, le fameux look du présidentiable… Un peu ascète, un peu moderne, pas trop jeune, pas trop vieux, sympathique mais pas rigolard, cultivé mais pas ennuyeux, ni « sapé », ni clinquant, concentré mais pas tendu, décontracté mais pas désinvolte…

 

Cela a donné  un changement de coupe et de couleur de cheveux, le noir corbeau peigné plutôt en arrière, a remplacé le châtain avec raie sur le côté, les lunettes rondes ont laissé la place à des lunettes tendance, rectangles et allongées, avec branches assorties aux cheveux, à la tête plutôt ronde elle aussi, autrefois posée sur ses épaules, s’est substitué un long cou sur lequel trône un visage allongé, de plus en plus émacié au fur et à mesure du régime alimentaire auquel il s’est astreint, et à un teint plutôt rougeaud, trop bon vivant, a été préféré un teint blafard beaucoup plus sérieux.

 

L’expression est à peu de chose près la même. Le discours, un peu plus emphatique qu’il ne l’était déjà, est accompagné à certains moments du sourire malicieux qu’on lui connait, le jeu de mains est le même, seule la tête présente parfois, inexplicablement, une certaine raideur, sans que l’on puisse en percevoir les raisons.

   

N’ayant jamais exercé de fonction ministérielle, il lui a été nécessaire de se créer une stature qui corresponde à son ambition et qui vienne gommer celle d’un secrétaire général, chargé d’assurer la gestion des affaires courantes.

 

Ce changement a certainement été conçu, non comme une coquetterie, mais comme une nécessité, une sorte de transsubstantiation politique.

 

Mais à y regarder de plus prés,  ce changement physique correspond mieux à la réalité, à son véritable tempérament, à ce qu’il est.

 

Sous une apparence bonhomme, rondouillarde et sympa, sommeille un florentin habile, et  l’aspect froid et sec qu’il cherche à se donner physiquement, correspond infiniment mieux avec ce qu’il est.

 

François HOLLANDE a été certainement sous estimé par rapport à sa véritable nature. Son aspect jovial a pendant longtemps été pour lui un masque trompeur. On ne se méfie jamais des gros, on les croit complexés, lourds, accommodants. Ils peuvent l’être, mais ils peuvent être tout le contraire, et dans ce cas ils sont particulièrement redoutables.

 

Monsieur « bonnes blagues » ainsi que l’avait surnommé Laurent FABIUS, a su mettre son agilité d’esprit au service de réparties, qui animent le débat et qui rendent son auteur,  sympathique et rassurant.

 

Sa détermination est sans faille. Il a refusé, contrairement à Martine AUBRY, tout arrangement avec Dominique STRAUSS KAHN, et n’a pas manqué de le lui faire savoir avec fermeté, en le faisant photographier, sortant de l’immeuble où avait eu lieu l’entretien sollicité par ce dernier.

 

Il a su ramener « l’effet MONTEBOURG » a sa juste proportion, au point que 48 heures plus tard, il s’est évanoui sans laisser de trace. Ségolène ROYAL avec laquelle il eut pourtant des relations contrastées et alors qu’en 2007 il ne l’avait soutenu que du bout des lèvres, s’est ralliée à lui sans la moindre hésitation.

 

La sympathie qu’il inspire, lui a permis d’être soutenu par des concurrents du premier tour de la primaire, qui ont pourtant une ligne politique plus proche de Martine AUBRY, mais cette dernière, souvent hautaine, cassante quand elle n’est pas blessante, lui a il est vrai, facilité grandement la tâche.

 

Jacques CHIRAC lui-même, sous couvert à postériori d’’humour corrézien, lui a apporté son  soutien.

 

Comme il se plait à le dire, il s’est préparé à cette épreuve depuis longtemps et il s’est bien préparé. Il n’a pas commis la moindre faute. On ne lui connaît pas de point faible.

 

Il y a du François MITTERRAND chez François HOLLANDE.   Le désir de changement que chacun perçoit, allié à un homme qui démontre au fil des jours un incontestable talent, risque de tout emporter sur son passage. On ne voit pas très bien, à l’heure qu’il est, qui pourrait arrêter l’irrésistible ascension de François HOLLANDE.

 

*Publié sur ce blog le 16 octobre 2011

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