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26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 13:45

Jean-Luc qui ? Ah Mélenchon ! Oui, il paraît qu’il déprime. Non, il n’est pas en dépression, à proprement parler, disons qu’il n’a pas le moral, ça se comprend non ?  Celui qui, il y a quelques semaines, faisait exploser la campagne présidentielle avec ses meetings en plein air, avec ses foules en délire, le héros de l’interdiction des licenciements, le détracteur des patrons voleurs, celui qui devait terrasser une Marine Le Pen à la ramasse…Et bien figurez vous qu’il n’est plus que l’ombre de lui-même.

 

Bon, passons sur son échec contre la présidente du Front National, erreur de stratégie. Mais pour le reste, il sait bien qu’il avait raison, regardez les patrons qui licencient à tour de bras comme au bon vieux temps de la droite triomphante. Tout ça pour ça !

 

Sans lui François Hollande serait à l’heure qu’il est en vacances à Hammamet ! C’est grâce à ses millions de voix qu’il peut faire le beau sur le perron de l’Elysée  et qu’il se pavane dans les sommets internationaux.

 

Et pendant ce temps ceux qui l’acclamaient à tout rompre sur la Place de la Bastille, se font virer à tour de bras des entreprises. Ce qui lui fait encore plus mal c’est l’autre, qui doit se marrer en se disant qu’il n’aura pas eu à attendre trop longtemps.

 

Inacceptable le plan !!! A-t-il dit le 14 juillet. Et alors ? Alors rien ! Tout le monde sera viré. Au train où vont les choses, nous avons tous vocation à devenir des grecs, a-t-il prédit lors des rares émissions où on l’invite encore en cette période estivale. Ce n’est pas de la déprime ça ?

 

Et le Front de gauche ? Malgré ses millions de voix, les communistes ont beaucoup moins de députés. Pierre Laurent et Marie-Georges qui en mourraient d’envie ont renoncé au  gouvernement, alors que leur place était prête. Il a réussi avec habileté à les en dissuader. Mais maintenant ils lui font la gueule. Des députés en moins, pas de ministres répètent-ils…Ils le battent froid, ils s’organisent sans lui. Mélenchon, répètent-ils en sourdine, c’est une fausse bonne affaire. Trop rigide, pas assez politique.    

 

Et voila, il se retrouve tout seul. Tenez regardez les journalistes. Ils préfèrent maintenant NKM et son chignon collé, la première dame et le protocole, le cas Thomas, le jean collant de Cécile, sa robe vague à fleurs bleue... Ah, celle-là, rien que son évocation le rend malade, mais vraiment malade. Elle est docile comme un toutou ! Les trains de déchets nucléaires italiens sillonner la France autant qu’ils le veulent, pas de problème, personne ne bronche. Comme dit le sénateur Placé, nous sommes là pour convaincre. Des pédagogues de l’écologie en quelque sorte...

 

Et lui de ruminer dans son coin, « ils n’y croient pas une seconde. Ils font semblant, seul le casse-croûte les intéresse ».

 

Ils pensent maintenant aux municipales, accords, stratégies, listes communes, plus rien d’autre ne compte. Lui, fait parti d’un autre monde, d’une autre vie. Il aime le peuple, mais le peuple entité, à condition de ne pas trop s’en approcher. Lorsque les traits se font de plus en plus précis, lorsque l’on distingue les visages, on y trouve alors des hommes et des femmes, avec des problèmes, des besoins, des ambitions et très vite des égoïsmes qui se font jour et qui prennent le dessus.      

 

Et s’il arrêtait tout ? S’il fichait tout en l’air ? Non, ce n’est pas une blague, il y pense. Qui me l’a dit ? Mais le bon sens monsieur, le bon sens,  il sait tout celui là. Un coup de blues passager ? Peut-être, mais pas si sûr que cela. Il y réfléchit sérieusement. Son angoisse, finir comme François Bayrou. Ça vaut le coup d’y réfléchir non ?

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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 09:07

Figurez vous que le lobby des cathos, dont vous n’ignorez pas je suppose la toute puissance, a réussi à obtenir de François HOLLANDE  que le professeur Didier SICARD préside la commission sur la fin de vie !!! Didier SICARD sur la fin de vie ? Non mais vous vous rendez compte ! Pourtant le candidat HOLLANDE dans son engagement de campagne n°21, avait affirmé « le droit à bénéficier d'une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité ».

C’était fait. Et voilà qu’il remet dans le jeu les cathos, avec leur droit à la vie, leurs bondieuseries et tout le reste.

 

Bon, je dois vous dire que personnellement je n’ai jamais entendu parler de ce SICARD, mais Jean-Luc ROMERO, président de l’association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) le connaît parfaitement bien. Il a qualifié cette nomination de « mauvais signal »  et il a ajouté : «  On reste dans la toute puissance du médecin, et ce à cause du lobby catholique. »

 

Alors reconnaissez avec moi que c’est un vrai scandale ! Et la presse qui ne bouge pas, vous pensez bien, elle se couche. Et vous savez pourquoi ? Non ? Mais vous n’écoutez rien ! Mais le lobby catho enfin !

 

L’ADMD a fait preuve de courage. Elle a dit, selon une dépêche d’agence, que Le professeur SICARD réunissait sur sa seule tête la double tare, « médecin et catho ». Bien dit ! Médecin et catho ! Je croyais que c’était interdit ! Un toubib n’a pas à se mêler de ça et un catho encore moins, alors un toubib catho…  

Je suis en train de me demander si HOLLANDE n’en serait pas. Rappelez-vous MITTERRAND, athée, agnostique, franc-maçon et j’en passe, au bout du compte, il est passé par l’église avant de se faire enterrer. Je le trouve de plus en plus faux-cul cet HOLLANDE, c’est bien connu les cathos sont tous des faux culs. Il a annoncé une réforme des soins palliatifs  sans jamais employer le mot "euthanasie", il nomme un médecin catho, curieux non ?

Le président de l'ADMD a mis le président de la République au pied du mur. Il lui demande « de ne pas céder à la pression des lobbys pro-life, ultra-religieux, qui militent également contre le droit des femmes à avorter, et d'entendre le combat des associations laïques (…) »

C’est du lourd, du très lourd. La commission sur la fin de vie est entre les mains d’un médecin-catho, d’ultras-religieux, de pro-life, d’anti-euthanasies, d’anti-avortement, de liberticides…Bravo ! Vive la gauche ! C’était bien la peine… 

Attendez voir, mais que se passe-t-il ? Je n’y comprends plus rien. Figurez vous que j’ai été sur internet, histoire de chercher, pour faire mon papier, comment on écrit SICARD et j’apprends vous savez quoi ? Ce SICARD aurait déclaré dans une interview à « 20 minutes », le 28 novembre 2005, que la question de la fin de vie n’appartient pas au médecin. De plus ce professeur  ne serait pas catholique mais protestant. Oui, oh, c’est du pareil au même. Ah, mais attendez, ce n’est pas tout. « Il est issu du courant séculariste anti chrétien favorable à la légalisation de l’avortement et aux nouveaux modes de parentalité comme l’homo parentalité » !!!

 

Bon, calmons nous, ROMERO s’est planté, et alors ? Où est le problème ? Personne n’en parle (et n’en parlera). Et puis, vous savez bien que ce n’est pas ce qui est dit qui importe, mais qui le dit. Et franchement, à ce jeu là, le professeur Didier SICARD ne fait pas le poids en face d’un Jean-Luc ROMERO. Alors rien à ajouter, l’incident est clos.

 

L’incident ? Quel incident ?  

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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 19:40

On s’interroge sans cesse sur les raisons pour lesquelles les populations qui relèvent de l’identité « arabo-musulmane », peinent à s’intégrer aux peuples d’occidents, en particulier en France, alors que beaucoup de leurs ressortissants sont proches de ce pays par la langue, par l’histoire et surtout par le fait que c’est le plus souvent vers l’ancienne puissance coloniale qu’ils se tournent naturellement, en tant que de besoin, pour chercher refuge, se faire soigner, travailler, étudier, vivre une nouvelle vie…

 

Une base historique favorable à l’intégration

 

Cette difficulté à s’intégrer est d’autant plus étonnante qu’à l’ère coloniale, dans une certaine mesure, le « petit peuple » était fier de servir la France, à travers notamment son armée à laquelle il a donné tant de combattants loyaux et téméraires.

 

La bourgeoisie cherchait souvent à ressembler au colonisateur à en adopter la culture, la langue, parfois même les habitudes, signes évidents de la consécration d’une ascension sociale réussie.

 

Les guerres de libération ont entamé, plus relativement qu’on aurait pu l’imaginer le prestige de la France, y compris en Algérie, où après quelques atermoiements, les algériens demeurèrent dans leur ensemble francophiles, en particulier les jeunes algériens nés après l’indépendance, traités de « fils de CHIRAC » par les islamistes, qui leur reprochaient d’avoir pour seule ambition d’obtenir un visa pour la France.

 

Les peuples du Maghreb qui constituent une part importante de l’immigration arabo-musulmane, ont une passion réelle pour la France,  avec comme c’est le cas pour toutes les passions des hauts et des bas, des bons et des mauvais jours, si l’on excepte les intégristes de tout poil.

 

Alors, que s’est-il passé pour qu’aujourd’hui, même après avoir réalisé son rêve et plus encore, après avoir acquis la nationalité française, un jeune maghrébin demeure souvent et avant tout tunisien, algérien, marocain, qu’il soit ou non né en France, qu’il parle ou non la langue de ses parents, qu’il connaisse ou non le pays de ses origines.

 

Les causes sont certainement comme toujours multiples et on les connaît. L’attachement viscéral au pays de ses ancêtres, le besoin d’identification, une réaction contre un sentiment de discrimination, le réflexe du repli communautariste, tout cela pour une population qui par sa culture, sa religion, ses mœurs, se distingue plus que d’autres des autres communautés. 

 

Des mœurs incompatibles,  véhiculés par la télévision

 

Mais il y a une cause de non intégration que l’on doit viser tout particulièrement. C’est le développement, dans les pays d’occident de mœurs incompatibles avec ceux qui animent ces populations arabo-musulmanes.

 

Aujourd’hui, dans la société française, c’est l’impudeur qui domine. On ne  connait plus de sentiment de honte, la grossièreté la plus insigne, a droit de citer, elle devient même une valeur. Plus de retenue, de réserve, de délicatesse, l’éducation devient un signe de ringardise, l’impolitesse est toujours préférée à la civilité.

 

Pour s’en rendre compte, il suffit à chacun d’observer les nombreuses émissions télévisées à succès qui nous sont proposées et qui sillonnent nos jours et nos soirées. Les RUQUIER, ARDISSON, TEX, NAGUY, DAVANT et j’en oublie certainement, n’ayant pas la prétention de les connaître tous.

 

Chacun dans son style, à sa manière, de façon plus ou moins criarde, plus ou moins triviale,  propose des émissions dans lesquelles, sur fond de démagogie, il permet aux téléspectateurs d’y trouver, selon les cas, grossièretés, plaisanteries graveleuses, qui tournent presque toujours autour du sexe, dissimulé dans une présentation pseudo scientifique, ou de la façon la plus vulgaire qui soit.

 

A partir de 12 heures NAGUY s’évertue à transformer en vannes salaces tout ce qui passe à sa portée, sombrant volontiers si l’occasion lui en est donnée dans la scatologie de bas étage. Le samedi soir, tout en tenant compte d’un public qui se veut plus intellectuel, RUQUIER  s’inscrit dans le même registre, en n’omettant pas de nous rappeler plusieurs fois par soirée, sans que l’on en connaisse les raisons, sa préférence sexuelle pour les hommes. Quelques heures auparavant ARDISSON qui adopte le vocabulaire le plus cru qui soit, estimant n’avoir pas à s’embarrasser du moindre euphémisme, s’évertue à nous démontrer que nous sommes dans une société pourrie, raciste à l’extrême, indifférente aux malheurs des gens.

 

Et puis il y a ceux chez qui l’on peut tranquillement aller exhiber son intimité devant des  millions de personnes. Des gens « normaux » viennent nous raconter avant le déjeuner, « pour rire », chez TEX, et après le déjeuner le plus sérieusement du monde, chez Sophie DAVANT, leurs ébats sexuels, leurs premières expériences, leurs performances, leurs échecs, ceux de leur mari, de leur femme, de leur ex comme ils disent, de leurs maîtresses, de leurs amants, ne nous épargnant aucun détail, aucune description, et dont le caractère affligeant voire troublant accroit toujours plus, semble-t-il,  l’intérêt de l’émission.

 

Confrontés à la réalité du pays, les immigrés, dont on observera qu’ils ne participent pas, sauf peut-être quelques rares exceptions,  à ces émissions, ne veulent pas de cette société.

 

Paradoxalement cette exigence du respect d’autrui, existe avec plus de force encore chez ceux qui ont pourtant habituellement un comportement, que l’on peut qualifier de particulièrement incivils, mais qui n’acceptent pas les débordements venant de la société française et de ses communicants.  

 

Mieux, ils tiennent à tout prix à montrer qu’ils ne font pas parti de ce monde, et le manifestent dès que l’occasion leur en est donnée.

 

C’est ainsi qu’en France, les maghrébins titulaires pour nombre d’entre eux de la double nationalité votent, plus que leurs compatriotes restés au pays, pour les mouvements islamistes qui fondent une partie de leur discours sur « les mœurs dépravés » des occidentaux.

 

On a observé que de jeunes musulmanes, qui ne portent pas le foulard dans leur propre pays, se voulant moderne et libérées des entraves d’une société qu’elles jugent oppressante, vont se couvrir lors de leur départ pour la France. Le foulard étant pour elles une façon de signifier leur rejet d’une société  jugée décadente.

 

Si la France attire toujours pour son modèle social, les maghrébins savent que ce ne sera pas en France qu’ils trouveront, au moins à l’heure qu’il est,  une culture ou des mœurs auxquels ils pourront adhérer et qui pourraient se substituer aux leurs propres.

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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 17:20

En échouant sur La Rochelle, Ségolène Royal a perdu un combat politique. L’histoire dira peut-être un jour, qu’elle a gagné le combat de sa vie.

 

En l’espace d’un « tweet », Valérie Trierweiler, a remis sa rivale au centre du cœur des français. Elle a conduit les enfants Hollande à ne plus souhaiter lui parler. L’opinion publique voit en elle une femme impulsive et peu responsable. Le président lui doit son premier faux pas.

 

Pire que tout, Thomas Hollande l’a parfaitement dit, elle a en un instant détruit l’image de normalité que son père s’est construite. Cela a été sa première promesse : « je serai un président normal »

 

Cette bévue risque de lui coûter cher, lorsque ses adversaires politiques reprendront une à une, pour les contrer, les phrases composant la désormais célèbre anaphore du candidat Hollande.

 

François Hollande devait donc, sans plus tarder, montrer qu’il a la maîtrise de ses proches.

 

Lors de son interview du 14 juillet, Claire Chazal lui a rappelé sa promesse de campagne. Il ne laissera jamais sa vie privée interférer sur la vie publique, sous entendu, comme ce fut le cas pour son prédécesseur.

 

Le Président a répondu à la journaliste de TF1 avec cette formule : « les affaires privées se règlent en privé ». Et il a ajouté «  « je l’ai dit à mes proches pour qu’ils acceptent le respect de ce principe. »

 

Le président a précisé que  Valérie, c’est ainsi que le président l’a appelé, devra s’en tenir à ce que lui réserve strictement le protocole.

 

Il n’y a aucune raison que les choses ne se passent pas comme le président le souhaite. Encore qu’en ce domaine, nul n’a la maîtrise des impulsions d’autrui.

 

Mais deux problèmes demeurent. Ils seront les gages d’une normalisation de la situation.

 

Valérie Trierweiler va continuer d’exercer son métier de journaliste, le président l’a rappelé. Elle dispose toutefois à l’Elysée d’un bureau et de collaborateurs. Les risques de dérapages seront, dans un tel contexte, très nombreux, quelles que soient les précautions prises. Lors de l’exercice des fonctions de journaliste de la première dame, l’Elysée demeurera toujours en toile de fond.

 

Le second problème est celui de Ségolène Royal. Responsable éminente du parti socialiste, première femme dans l’histoire de la République a avoir accédé en 2007 au second tour de l’élection présidentielle,  elle a été écartée de la cérémonie d’investiture du président et a vu sa campagne pour la députation perturbée comme on sait. 

 

Il est impensable que Ségolène Royal, outre son cursus politique, soit la seule des candidats socialistes aux élections primaires du parti, à être laissée sur le bord du chemin.

 

Si aucune responsabilité à sa dimension ne lui est confiée, cela voudra dire que rien n’est réglé, que Valérie Trierweiller n’a pas désarmé et qu’elle conserve son influence sur le président.

 

S’il en est autrement on pourra considérer que les choses sont « objectivement » rentrées dans l’ordre.

 

Alors pourquoi pas, ainsi que l’a suggéré Thomas HOLLANDE, peut-être a-t-il eu des confidences, confier à Ségolène ROYAL, dans un remaniement futur, un portefeuille ministériel ?

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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 12:41

 

Ce matin vendredi 13 juillet, j’entends Arnaud Montebourg s’interroger sur toutes les chaînes de télévision, sur  les raisons pour lesquelles l’ancien gouvernement avait  laissé distribuer  250 millions d’euros de dividendes aux actionnaires de PSA.

 

La réponse est simple Monsieur le ministre. C’est parce que tout comme vous-même aujourd’hui, il n’avait aucun pouvoir de s’y opposer, et vous le savez bien.

 

Tout comme vous n’ignorez pas non plus qu’une entreprise ne peut durablement priver les détenteurs du capital de la rémunération attachée à leurs droits, sauf alors à les voir émigrer sous d’autres cieux plus bienveillants à leur égard. Et qu’adviendrait-il alors de l’entreprise privée de capital. C’est immoral, c’est tout ce que l’on veut, mais c’est ainsi. 

 

Nationaliser ? Nous n’en aurions pas les moyens financiers. Spolier comme le préconisent certains, ce serait faire de la France la Corée du Nord. Alors ?

 

Pas plus tard qu’hier soir sur Antenne 2, lorsque David Pujadas a demandé, à ce même ministre sur le développement durable s’il comptait suspendre le plan de licenciements, il a répondu évasivement et a fini par dire qu’un expert serait désigné….

 

Pour le gouvernement, la marge de manœuvre n’est pas étroite, il n’a aucune marge de manœuvre.

 

Seul le juge, dans le cadre d’une procédure judiciaire initiée par les salariés ou par les syndicats, pourraient prononcer l’annulation du plan s’il ne correspondait pas aux conditions de la loi.

 

Je suis donc, puisque c’est la mode, pour la création d’un observatoire qui relèverait ce type de déclarations ministérielle, intempestives,  préjudiciable à la vie publique.

 

J’apprécie en revanche la remarque venue d’un conseiller de l’Elysée : « dans ce type d’affaires, il vaut mieux éviter le comportement cow-boy ».

 

Et il est vrai que le sympathique Arnaud a toujours tendance à tirer plus vite que son ombre.

 

Il me revient à l’esprit l’observation pleine d’humour de Michel Apathie, lui lançant au Grand Journal de Canal+, « vous auriez fait un bon avocat ».

 

Cow-boy, avocat, ministre, et si l’on interdisait une bonne fois pour toutes, le cumul de fonctions ?      

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 21:59

Nous y sommes ! La situation de l’emploi se dégrade, pour ne pas dire dégringole. Les syndicats parlent de déclaration de guerre. Les experts disent qu’elle continuera de se dégrader dans les mois qui viennent. Le gouvernement se trouve confronté à une situation de crise sans précédent, avec la multiplication des plans de licenciements. L’ampleur prise par ce phénomène  va être et de loin, sa préoccupation principale.

 

La filière automobile française se trouve au premier plan de ce véritable séisme économique. Il est consécutif, non pas comme on le dit habituellement à une simple crise, mais à une nouvelle répartition mondiale de la création des richesses. La raison première est qu’à prestations identiques, le coût du travail peut varier jusqu’à 1 à 10 de par le monde.

 

Les délocalisations, la dernière de DACIA à Tanger, sont la réponse principale à laquelle songent les responsables automobiles. Ils savent que toute réduction de salaires, comme cela a été le cas aux USA est inenvisageable en France.    

 

En France où  PSA, a supprimé ce 12 juillet 8000 postes, outre le coût du travail, cette situation est aussi la conséquence d’une conjoncture internationale défavorable que rien ne semble pouvoir améliorer, au moins dans l’immédiat.

 

Mais elle résulte aussi du retard pris par les voitures de la marque, et plus généralement par les voitures françaises dont les modèles, qui tardent à évoluer, apparaissent vieillots par rapport aux coréens ou aux japonais et trop bas de gamme par rapport aux allemands. Sans parler des flops de la voiture à hydrogène ou toute électrique, dans lesquelles les marques françaises se sont engagées à grands frais, tandis que les concurrents asiatiques, ont mis « le paquet »,  depuis plusieurs années, de façon plus réaliste, sur la voiture hybride.   

 

Au lieu de procéder aux transformations qui s’imposent, les responsables d’entreprises automobiles françaises, se reposant sur les lauriers récoltés au cours de plusieurs décennies, ont préféré, par confort, ou par excès d’optimisme, ignorer le phénomène.   

 

Il en résulte aujourd’hui que les entreprises automobiles ne pourront faire face à cette situation que par l’innovation, la haute technologie, l’orientation des activités vers le haut de gamme et surtout par la diminution des coûts. La transformation de notre économie est en tout cas un impératif, d’où la formation qui sera la clé de tout projet économique.   

 

Mais n’est ce pas déjà trop tard ?

 

Arnaud MONTEBOURG ministre du redressement productif a beau vitupérer, le gouvernement n’a aucune prise sur les décisions d’une entreprise privée. D’ailleurs si le ton de son intervention de ce jour au Sénat se voulait extrêmement volontaire, il a conclu en demandant à PSA « d’examiner les alternatives les plus loyales »...Et il prévoit de proposer au conseil des ministres du 25 juillet « un plan de soutien à la filière automobile »... Bel aveu d’impuissance.   

 

Tout le monde demande ce plan de soutien, un de plus, sous réserve qu’il n’apparaisse pas comme une atteinte à la concurrence au regard des dispositions qui régissent l’Union Européenne. Mais ce serait un cautère sur une jambe de bois, si les mesures énergiques qui s’imposent ne sont pas prises.

 

Aujourd’hui, en ce qui concerne « la gestion » par le nouveau gouvernement des plans de licenciements auxquels il va se trouver confronté, on peut se demander s’il n’y aurait pas lieu, sans aller comme le préconisent certains de façon complètement utopique jusqu’à interdire les licenciements, de remettre en vigueur, au moins provisoirement, compte tenu de la situation d’extrême urgence,  l’autorisation administrative de licenciement.

Cette mesure, dont personne ne veut ni à droite ni à gauche, permettrait d’éviter des licenciements trop hâtifs, injustifiés, quand ils ne seront pas abusifs. Elle permettrait  par un contrôle a priori, de vérifier le bien fondé du licenciement et de freiner les entreprises qui sauront qu’elles devront immédiatement justifier de leur décision. Elle assurera, à défaut de mieux, une rationalisation des licenciements.    

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 05:10

La campagne pour la présidence de l’UMP s’est ouverte avec la défaite de Nicolas SARKOZY. Jean-François COPE s’est trouvé, ipso-facto, le premier sur les rangs. En sa qualité de secrétaire général, chaque jour, il va à la rencontre des cadres et des militants du parti, qui constituent le corps électoral de cette élection.

 

François FILLON ne pouvait donc pas attendre plus. Le samedi 30 juin, il a annoncé officiellement sa candidature.

 

Il ne fait guère de doute que l’empoignade va être rude. C’est la présidentielle de 2017 qui se profile en toile de fond.

 

L’investiture par des primaires ouvertes, que l’UMP va adopter, ne permet plus de rendre quasi certain, le choix du chef du parti, comme candidat à l’élection majeure. 

 

Quel que soit le résultat du 25 novembre, rien ne sera donc joué.

 

Mais ce sera pour le vainqueur  un pas dans la bonne direction. Il vaut toujours mieux tenir l’appareil, afin de pouvoir assurer une distribution favorable des cartes, interviews, points de presse, candidatures aux législatives….

 

Lorsqu’ils voteront, les adhérents de l’UMP ne pourront pas s’empêcher d’y penser et cela pèsera lourd dans leur choix.

 

C’est François FILLON qui apparaît être le plus présidentiable des deux candidats. Outre sa qualité d’ancien locataire de l’hôtel Matignon, sa prestance, sa tenue, sa mesure dans le verbe, une certaine distance, lui donne cette présidentialité  que les adhérents de l’UMP ont toujours appréciée chez lui et qui a tant manqué à Nicolas SARKOZY.

 

Jean-François COPE dispose en revanche des qualités essentielles, nécessaires à la conduite d’un parti : vivacité d’esprit, percussion, art de la réplique, combativité.

 

Reste le fond. On peut penser que c’est la stratégie vis-à-vis du Front National qui fera la différence. François FILLON n’est pas favorable  au « ni-ni » de Jean-François COPE. Il est pour le pacte républicain. Nathalie KOSUSKO MORIZET qui est sur la même ligne, tente de mettre le secrétaire général du parti hors-jeu, en lui imputant avec une certaine agressivité les relations de Patrick BUISSON avec l’UMP.

 

Les militants qui trancheront, craignent, qu’une politique de combat exclusivement tournée contre le Front National,  ne soit fatale pour longtemps à leur mouvement. L’UMP seule, a de plus en plus de difficulté pour trouver des majorités tant au plan local que national. Majoritairement, les militants du principal parti de droite sont même favorables à un accord électoral avec le parti de Marine LE PEN.

 

La politique a encore son mot à dire. Il n’est donc pas sûr que ce soit le plus présidentiable des deux qui l’emporte.

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 04:59

Manuel VALLS vient de saisir l’IGPN pour identifier l’auteur de la communication à TF1, des enregistrements des conversations, qui ont eu lieu entre la police et Mohamed MERAH. Le parquet de Paris, de son côté, a  ouvert une information en violation du secret de l’instruction.

 

Mais comme ce fut le cas dans l’affaire WOERTH-BETTENCOURT, on devrait se trouver confronté au principe de l’inviolabilité des sources.

La Cour Européenne des Droits de l’Homme assure que la confidentialité des sources des journalistes est inviolable

La loi du 4 janvier 2010 qui a modifié celle du 29 juillet 1881 sur la presse, dispose qu’il ne peut être porté atteinte directement ou indirectement au secret des sources.

Le but de la loi nouvelle consiste, non pas à sanctionner celui qui a commis cette atteinte, mais à protéger le journaliste, qui en aucune façon ne sera tenu à une telle divulgation.

Ceux qui collaborent avec la presse, bénéficient aussi, sous certaines conditions,  de cette  protection, la loi interdisant leur identification.

La loi prévoit pour ces derniers, deux exceptions au principe : « Si un impératif prépondérant d'intérêt public le justifie », et au cours d’une procédure pénale, selon la gravité du crime ou du délit.

La notion d’intérêt public est assez floue, il appartiendra à la jurisprudence d’en fixer les contours. Etait-il d’intérêt public d’identifier le magistrat de la chancellerie qui a remis les pièces de l’affaire WOERTH-BETTENCOURT à un journaliste du quotidien Le Monde ? En revanche, l’identification d’une source au cours d’une procédure pénale, se justifiera, par exemple dans le cas d’un enlèvement d’enfant. Une telle identification, ne pourra toutefois pas être sollicitée du journaliste.

Dans l’enregistrement de l’affaire MERAH, la seule personne qui pourrait avoir commis à titre principal une infraction, est celle qui a remis au journaliste de TF1 les enregistrements divulgués. 

Cependant, Mohamed MERAH auteur « présumé » des faits, ayant été tué au cours de l’assaut par les forces de l’ordre, les restrictions au principe de l’inviolabilité des sources prévues par la loi ne paraissent pas pouvoir s’appliquer au regard de la procédure pénale en cours. Reste, si l’on estime au regard des familles des victimes, que cette identification est justifiée par « un impératif prépondérant d’intérêt public. »  

L’affaire WOERTH-BETTENCOURT et aujourd’hui l’affaire MERAH permettent de mieux apprécier la portée de la loi de 2010.

 

Le détenteur d’informations confidentielles, qui les communique illégalement à un tiers, ne pourra pas être recherché pour être jugé, dès lors que l’infraction qu’il a commise, l’a été au profit de la presse.

 

On arrive à cette solution par le raisonnement suivant : celui qui viole le secret auquel il est tenu, secret professionnel, médical, militaire, secret de l’instruction…au profit d’un journaliste, devient une source de journaliste. Son identification est contraire à la loi sur la protection des sources.

 

Son identification étant interdite, aucune poursuite ne pourrait être engagée contre elle, sous peine de violer la loi sur le secret des sources.

 

Il va de soi que le journaliste, receleur de l’infraction commise par son informateur, ne pourrait pas plus être poursuivi.

 

Cela aboutit en quelque sorte à une immunité au profit du journaliste et de ses informateurs. 

 

Sauf les limites de la diffamation et des atteintes aux droits des personnes, la presse est donc libre de divulguer, ce que bon lui semble, sous la seule réserve de la conscience de ses journalistes.

 

Certains estiment qu’elle use de son pouvoir avec de moins en moins de nuance, de moins en moins de prudence.

 

L’affaire Mohamed MERAH vient aujourd’hui encore de le montrer : c’est le douloureux prix à payer à la liberté, qui passe nécessairement par la liberté de la presse. 

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7 juillet 2012 6 07 /07 /juillet /2012 15:50

 

Sujet sensible en terre d’Islam, la situation de la femme est toujours abordée avec beaucoup d’appréhension et particulièrement en Tunisie, depuis le 14 janvier 2011.

 

La femme tunisienne a bénéficié dès le lendemain de l’indépendance d’un statut comparable à ceux, tels qu’ils existent dans nombre de pays parmi les plus évolués. Elle craint une régression, avec l’arrivée au pouvoir des islamistes d’ENNAHDA.

 

Avec la « Révolution », on a assisté à un « rééquilibrage » en faveur des islamistes. Ainsi par exemple, le port du voile qui était jusqu’à présent interdit dans les lieux publics, administrations, écoles, universités, est désormais autorisé.

 

Le pouvoir actuel semble osciller en permanence entre une option moderniste de l’islamisme, et des forces intégristes qui cherchent à imprimer un rapport de force en leur faveur.

 

Le pouvoir islamiste donne des signes plutôt rassurants. La charia n’a pas été intégrée dans la constitution. Le ministre de l’intérieur s’est clairement opposé  au port du niqab à l’université. La ministre des droits de la femme Sihem BADI, a indiqué qu’il y avait lieu de bannir le niquab et plus largement encore, tout ce qui peut entraver le processus éducatif des enfants qui doivent bénéficier des acquis de la civilisation moderne,

 

Mais à côté de cela, dans les hôpitaux, les femmes qui se présentent pour une interruption de grossesse seraient invitées à y renoncer. Les atteintes à leurs droits sont légions. Les femmes non voilées ou faisant preuve d’un modernisme peu apprécié, peuvent faire l’objet de bousculades et d’injures. Les autorités publiques ne feraient pas preuve de suffisamment de fermeté pour assurer la protection de leurs droits.

 

Inévitablement des rumeurs circulent. La dernière en date, concerne les droits de la femme en politique : les constituants auraient envisagé de prévoir qu’une femme ne pourrait accéder à la présidence de la République.

 

Rumeur fondée ou fausse rumeur ? Même si l’éventualité d’une femme présidente de la  Tunisie, est actuellement peu envisageable, sur le plan des principes, une telle disposition en ferait un citoyen de seconde zone. Il convient donc d’être tout particulièrement vigilant.

 

Oualid CHINE a publié dans la revue mag14.com/ un remarquable article « Les tunisiennes sont supérieures aux tunisiens » dont voici avec son autorisation les principaux extraits :

 

« A l’heure où la rumeur de l’exclusion des femmes de la présidence se répand, à une époque où les plus réactionnaires semblent avoir des velléités de réduire le champ d’action des Tunisiennes, il est bon de rappeler quelques vérités premières.

L’Etat de Carthage a été fondé par une femme, Elissa. Une reine mythique, mais qui laissera dans l’inconscient collectif des Tunisiens une empreinte durable. Un tatouage qui marquera comme un sceau princier le front des filles de la Tunisie.

Des traces perceptibles dans la grandeur d’une Radhia Nasraoui, militante contre la torture, dont le cœur a été assez vaste pour contenir toute la misère sortie des usines de la peur et des mains des tortionnaires appointés par les services de sécurité.

Islamistes, gauchistes, militants en rupture de ban, tout ce qui est humain ne lui est pas étranger.

Alors que l’écrasante majorité des journalistes tunisiens se réfugiaient au mieux dans le silence, au pire, dans la compromission, c’est une femme qui a sauvé l’honneur de la profession. En trempant sa plume dans le vitriol, Om Zied, alias Néziha Rejiba tatouait à l’acide ses écrits comme autant de cicatrices purulentes sur le visage de la dictature.

Quand les opposants  se contentaient de raser les murs, avec ses cinquante kilos, Maya Jribi se lançait dans l’arène, ne craignant pas de jouer au gladiateur pour croiser le fer avec la flicaille. C’est dire qu’elle pèse bien plus lourd que les coqs déplumés qui exhibent aujourd’hui leur pilosité comme autant d’indices d’une virilité en berne.

Et même du côté d’Ennahdha, quoi qu’on en dise, la voix d’une Meherzia Laâbidi, vice-présidente de l’Assemblée Constituante, ne compte-elle pas au moins autant que celle d’un Lotfi Zeitoun et d’un Habib Ellouze réunis ?

L’ouverture du champ politique tunisien aux femmes, pourrait garantir à l’Etat l’accès à un vivier de compétences plutôt asséché du côté masculin. Et pour cause : il y a des années que les femmes surpassent les hommes en termes de résultats dans les universités et les lycées.

Par ailleurs, à la notable exception de Leila, et de quelques courtisanes de bas-étage, qui passent parfois à la télé, l’écrasante majorité des corrompus de Tunisie sont des hommes. Il faut donc se résoudre à l’évidence. Les Tunisiennes sont bel et bien supérieures aux Tunisiens.

Et une femme au palais de Carthage, offre clairement plus de garanties pour ses concitoyens, échaudés par les expériences successives des «mâles dominants» au pouvoir. En définitive, élire une femme, permettrait de donner un signal fort à tous les sceptiques, à ceux qui regardent la Révolution Tunisienne d’un mauvais œil. Messieurs, soyez donc raisonnables. Le pouvoir est une chose sérieuse. Laissez-le donc aux femmes. »

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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 15:57

A l’heure où la rumeur de l’exclusion des femmes de la présidence se répand, à une époque où les plus réactionnaires semblent avoir des velléités de réduire le champ d’action des Tunisiennes, il est bon de rappeler quelques vérités premières. L’Etat de Carthage a été fondé par une femme, Elissa. Une reine mythique, mais qui laissera dans l’inconscient collectif des Tunisiens une empreinte durable. Un tatouage qui marquera comme un sceau princier le front des filles de la Tunisie.

Des traces perceptibles dans la grandeur d’une Radhia Nasraoui, militante contre la torture, dont le cœur a été assez vaste pour contenir toute la misère sortie des usines de la peur et des mains des tortionnaires appointés par les services de sécurité. Islamistes, gauchistes, militants en rupture de ban, tout ce qui est humain ne lui est pas étranger.

Alors que l’écrasante majorité des journalistes tunisiens se réfugiaient au mieux dans le silence, au pire, dans la compromission, c’est une femme qui a sauvé l’honneur de la profession. En trempant sa plume dans le vitriol, Om Zied, alias Néziha Rejiba tatouait à l’acide ses écrits comme autant de cicatrices purulentes sur le visage de la dictature.

Quand les opposants  se contentaient de raser les murs, avec ses cinquante kilos, Maya Jribi se lançait dans l’arène, ne craignant pas de jouer au gladiateur pour croiser le fer avec la flicaille. C’est dire qu’elle pèse bien plus lourd que les coqs déplumés qui exhibent aujourd’hui leur pilosité comme autant d’indices d’une virilité en berne.

Et même du côté d’Ennahdha, quoi qu’on en dise, la voix d’une Meherzia Laâbidi, vice-présidente de l’Assemblée Constituante, ne compte-elle pas au moins autant que celle d’un Lotfi Zeitoun et d’un Habib Ellouze réunis ?

L’ouverture du champ politique tunisien aux femmes, pourrait garantir à l’Etat l’accès à un vivier de compétences plutôt asséché du côté masculin. Et pour cause : il y a des années que les femmes surpassent les hommes en termes de résultats dans les universités et les lycées. Les dernières  statistiques du baccalauréat le prouvent. Pour cette édition 2012 du bac tunisien, la tendance est flagrante. 61% des admis dès la session principale sont des filles. Le meilleur élève de la République ? C’est aussi une fille, Cyrine Chtourou, qui peut toiser ses camarades du sexe dit «fort» de haut, avec son 19,59 de moyenne. Les meilleurs dans les sections littéraires, mathématiques, économiques, scientifiques ? Toujours des filles. Serait-ce une nouveauté ? Un cru 2012 particulièrement féministe ? Même pas.

A la session principale du bac 2011, le taux de réussite féminin était de 60,68% contre 39,32% pour les garçons. Et on a également compté 4 filles lauréates contre 3 garçons dans les 7 sections du bac. En 2010, six filles ont occupé les premières places dans six sections du bac sur sept. Une candidate s’est même permis d’obtenir un historique 20/20. En 2009, on comptait déjà 58,32 % d’admis parmi les filles contre 41,68 % parmi les garçons.

On n’évoquera pas les résultats sportifs de nos femmes, pour ne pas malmener davantage ce qui reste de l’orgueil masculin. Par ailleurs, à la notable exception de Leila, et de quelques courtisanes de bas-étage, qui passent parfois à la télé, l’écrasante majorité des corrompus de Tunisie sont des hommes. Il faut donc se résoudre à l’évidence. Les Tunisiennes sont bel et bien supérieures aux Tunisiens.

Et une femme au palais de Carthage, offre clairement plus de garanties pour ses concitoyens, échaudés par les expériences successives des «mâles dominants» au pouvoir. En définitive, élire une femme, permettrait de donner un signal fort à tous les sceptiques, à ceux qui regardent la Révolution Tunisienne d’un mauvais œil. Messieurs, soyez donc raisonnables. Le pouvoir est une chose sérieuse. Laissez-le donc aux femmes

*Article de Oualid CHINE, publié dans mag14.com/ ,que je remercie pour son aimable autorisation.

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