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6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 14:18

~~Le président de l’exécutif de l’Assemblée de Corse, Paul Giacobbi, mis en examen avec d’autres, pour détournement de fonds publics envers le Conseil général de Haute Corse, devenu Conseil départemental, verra ses frais d’avocats pris en charge par le dit Conseil.

Il est exact, ainsi que le soutient le président de cette collectivité François Orlandi, que «la protection fonctionnelle» permet à un élu ou un ancien élu, poursuivi pour une faute de service, commise dans l’exercice de ses fonctions, d’obtenir de la collectivité publique, qu’elle prenne à sa charge ses frais de justice.

D’ailleurs, aucun conseiller départemental ne s’y est opposé. Ils ont tous voté pour, les trois conseillers nationalistes se contentant de s’abstenir.

Toutefois, deux précisions doivent-être apportées. La première est que l’élu n’en bénéficiera, in fine, que s’il n’a pas commis de faute « détachable du service ». Or un détournement d’argent public, s’il était avéré, n’a rien à voir avec les aléas de l’exercice de la fonction d’élu que l’on est appelé à exercer. Cela, nous ne le saurons que lorsque le juge d’instruction ou le tribunal se sera prononcé.

La seconde précision est que, contrairement à ce que l’on a pu laisser entendre, cette protection juridique n’est pas automatique et il faut la demander pour l’obtenir. Il semble d’ailleurs que les autres mis en examen, ne l’aient pas sollicitée. Mais au-delà de l’aspect juridique des choses, on doit se demander, comment un homme de la dimension de Paul Giacobbi, dont l’intelligence, le talent et l’art consommé qu’il a dans l’exercice de la politique, toutes qualités qui ne sont contestées par personne, y compris par ses adversaires les plus farouches, a pu se laisser aller à commettre pareille erreur, qui plus est à quelques semaines des élections à l’Assemblée de Corse.

Avec tout le respect que l’on peut avoir pour ce responsable, un tel comportement frise une certaine arrogance que l’on imaginait comme faisant partie de mœurs d’un autre temps. Si Paul Giacobbi est étranger comme il le dit à cette affaire des gîtes ruraux et pourquoi ne pas lui en donner acte, il ne doit pas lui être bien difficile de se défendre et d’apporter lui-même les éléments permettant au juge de constater qu’il n’a rien à voir avec les détournements objet de la procédure engagée par le parquet de Bastia.

Et si Paul Giacobbi tenait absolument à se faire assister dans cette affaire, n’avait-il donc pas les moyens de se payer de ses propres deniers un avocat qui se serait contenté de transmettre ses observations et ses pièces ?

Au lieu de cela, Paul Giacobbi a préféré demander l’argent des contribuables pour le défendre, à l’heure où des petites communes de ce département, ont été obligées de barrer les routes pour permettre le transport des élèves vers leur collège, à l’heure où l’on ne peut obtenir que des signalisations médianes de routes de montagne, danger mortel par temps de brouillard, soient remises en état, à l’heure où l’on a du mal à obtenir que ces mêmes routes, effondrées par endroit, ne soient réparées, à l’heure où il est de plus en plus difficile d’obtenir le moindre sou, pour des travaux de première nécessité, à l’heure où l’on nous dit qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses des départements, à l’heure où de petits élus, de condition parfois fort modeste, ont renoncé à leurs indemnités de fonction pour aider leur commune impécunieuse, à l’heure où…, et l’on pourrait continuer ainsi encore longtemps…

Oui, vraiment, mais quelle mouche a donc piqué Paul Giacobbi ?

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 09:45

~~ Samedi 14 février un reportage intéressant a été diffusé dans Télé matin : « les polyamoureux un exemple suédois ». C’est l’histoire d’une jeune femme et de ses deux « amoureux », qui avec leurs enfants mènent une vie commune.

On voit la famille se promener dans un jardin public, la mère et les pères se tiennent par la main, tandis que les enfants encadrent leurs parents. La famille vit chez la mère de la jeune femme, qui ne trouve rien à dire à cette situation. Une famille qui apparaît somme toute harmonieuse, équilibrée et pour tout dire heureuse.

La question posée par le journaliste est de savoir si ce n’est pas là un premier pas vers la polygamie, qui autoriserait des unions légales entre plusieurs hommes ou/et plusieurs femmes, aujourd’hui prohibées par la loi.

Le fondement de la prohibition de la polygamie a été au premier chef la religion. Très vite pour les chrétiens et de façon formelle pour les juifs au 14e siècle, on ne pouvait-être polygame. Dans une société judéo chrétienne comme la France, la monogamie s’est naturellement imposée.

Aux religions sont venues s’ajouter, la morale, l’ordre public, le risque de confusion de paternité, le respect des femmes qui en sont souvent les victimes, le cas de polyandrie cité dans le reportage étant assez rare.

Aujourd’hui, ces motifs qui ont longtemps constitué les fondements du droit de la famille, ne sont plus pris en compte, à raisons de l’évolution des mœurs, de la science et des lois qui assurent l’égalité entre hommes et femmes. . La loi sur le mariage pour tous l’a démontré, on a désormais le droit de se marier dès lors que l’on souhaite avoir une vie commune avec une autre personne quel que soit le sexe, ce qui aurait été inimaginable il y a seulement quelques décennies.

Nolens, volens, comment pourrait-on justifier que deux hommes ou deux femmes, qui souhaiteraient fonder une famille avec un ou plusieurs hommes ou femmes, avoir des enfants, et formaliser leur union par un mariage, ne le pourraient pas ? On est d’accord ou nom avec l’évolution législative de ces phénomènes de société, ce qui est un tout autre problème, mais la cohérence juridique permet de dire que l’on ne peut exclure de façon formelle que ce nouveau type de famille, apparaisse un jour dans notre droit comme le suggère le reportage.

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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 16:39

Etre le 4e personnage de l’Etat à qui la garde républicaine en grande tenue rend les honneurs sabre au clair et dans un énorme roulement de tambour à chaque entrée dans l’enceinte de la chambre des députés, vivre dans un palais entouré d’une kyrielle de personnels pour vous servir, être invité aux cérémonies les plus importantes de l’Etat, détenir le pouvoir de couper la parole à un élu du peuple ou à un ministre dans l’exercice de leurs fonctions les plus éminentes, même quand, à l’évidence, il terminait sa phrase, être consulté par le président de la République sur des initiatives de première importance comme la dissolution de l’Assemblée Nationale, avoir le pouvoir de désigner un membre du Conseil Constitutionnel sur trois…doit à l’évidence donner le tournis si l’on n’y prend pas garde. Des honneurs comparables à ceux d’un chef d’Etat de plein exercice, mais un pouvoir qui en réalité se limite à superviser la gestion des services de l’Assemblée Nationale et en séance, à diriger les débats avec comme juge de paix un chronomètre et de temps à autre quelques « s’il vous plait, s’il vous plait… » pour calmer l’ardeur des députés échauffés par la vivacité des échanges. Mais malgré tout une parole qui compte, celle de celui qui est l’un des plus hauts dignitaires de l’Etat. C’est ce qui devait conduire Claude Bartolone à s’essayer à l’écriture d’un livre destiné à faire part aux français de sa vision des institutions de la France. Dans « Je ne me tairai plus » écrit en collaboration avec une journaliste du Monde, il se disait alors, pour la suppression du poste de Premier ministre, rien de moins… Ce livre fut, pour employer le langage trivial utilisé dans ces circonstances, « un flop éditorial ». En dépit d’une intense promotion, seuls 268 exemplaires trouvèrent acquéreur. Il est vrai que vendre un livre est certainement plus difficile que de passer à la télévision lorsque l’on est président de l’Assemblée Nationale. Cela aurait dû être pour un homme comme lui, rompu au monde de la politique, un avertissement. Mais dans le contexte décrit est-on toujours en mesure de recevoir des avertissements de cette nature ? Il semble que non. Devant Jean-Jacques Bourdin, jeudi 29 janvier, il a déclaré tout de go, en dehors de toute circonstance, dans ce qui fait partie du domaine réservé du chef de l’Etat, de façon totalement déplacée vis-à-vis de son collègue de la Haute Assemblée, qu’il considérait que le Sénat n’avait plus lieu d’être et qu’il serait mieux de le faire disparaître d’une façon ou d’une autre. Il fera même référence au Général de Gaulle, dont chacun sait que ce fut l’initiative qui mit fin à son règne. Comment à l’heure de la cohésion nationale, expliquer cette incroyable bévue qui devait conduire Gérard Larcher à mettre fin à toutes relations avec lui ? Claude Bartolone n’a peut-être pas perçu, qu’aussi prestigieuse soit-elle, la présidence de l’Assemblée Nationale, comme celle du Sénat, exige de leurs titulaires, mesure, diplomatie et réserve. Claude Bartolone est à l’évidence tombé dans le piège de la présidence du Palais Bourbon que ses prédécesseurs avaient su éviter.

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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 07:44

 

La lutte contre le terrorisme doit être une lutte sans merci, implacable, sans limite, avec tous les moyens qu’autorisent nos sociétés démocratiques.

Ceci rappelé, la manifestation organisée par les gouvernants est-elle une méthode adaptée à la lutte contre le terrorisme ?

Un tel rassemblement, est inédit en France et peut-être dans le monde. C’est la première fois que l’on voit un chef de l’Etat qui détient le pouvoir, prendre la tête avec certains  de ses pairs, d’une manifestation populaire pour protester, marquer sa désapprobation ou sa solidarité.

Lorsque des chefs d’Etat descendent dans la rue pour manifester contre des petits voyous de banlieue, devenus des  terroristes dangereux, il leur donne par la même une importance inouïe, inespérée, démesurée. De délinquants nuisibles, dont la seule réponse doit-être leur mise hors d’état de nuire, ils deviennent des interlocuteurs d’Etat que l’on essaie de réduire par un rapport de force populaire. Une méthode démocratique, qui a toute sa place en présence d’agents démocratiques situés aux deux extrémités d’un rapport de force, mais certainement pas en tant que moyen de lutte contre le terrorisme.    

Sans le vouloir, bien évidemment, et en cherchant à lutter contre un tel risque, on porte l’amalgame entre ces fanatiques et les musulmans au plus haut sommet de la communication. On aura  beau dire et répéter que ces assassins n’ont rien à voir avec l’Islam, rien ne permettra de  les empêcher de s’en revendiquer et de fonder leur action sur cette religion. Aucun des apprentis terroristes du monde entier qui rêvent  de rejoindre les territoires de la guerre sainte et de mourir en martyr, ne sera dissuadé de mettre son projet à exécution à la suite d’un  rassemblement populaire, si important soit-il.

Je ne suis pas sûr que les français de confession musulmane n’ont pas été gênés par la demande (implicite) qui leur était faite au premier chef de descendre dans la rue, et si une telle demande n’était pas un peu impudique.

Quant aux chefs d’Etat des pays musulmans, peu ont répondu à l’appel, le président Abbas faisant exception. Les problèmes qu’ils rencontrent dans leurs pays avec l’islamisme radical, qui souvent ne se limite pas à quelques petites frappes de banlieue, rendait leur participation improbable.  

Les Etats Unis, maître de la lutte anti-terroriste n’ont envoyé aucun représentant, certainement pour toutes  ces raisons.

La manifestation  dispersée, de quoi demain sera-t-il  fait ? N’a-t-on pas pris le risque de la  surenchère en offrant à ces illuminés une pareille tribune ?  Si par le plus grand des malheurs, une autre action terroriste de même nature survenait, que se passera-t-il ? Que devra-t-on faire ? J’espère de tout cœur me tromper, mais je n’arrive pas à me convaincre de l’opportunité d’une telle manifestation.

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 13:02

Les juppéiste jubilent, Bruno LEMAIRE aussi, il a fait 30% aux élections à la présidence de l'UMP. 

Sans vouloir diminuer les mérites de l'ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin, il ne fait guère de doute que tous les juppéistes et tous les fillonistes ont voté pour lui et qu'en y regardant de plus près, 30% ne font jamais qu'un peu moins du tiers des votants. 

Ce n'est ni bien ni mal, c'est un résultat normal. Il correspond au rapport de force qui existe entre un leader et ses challengers, lorsqu'un grand parti est dans l'opposition. Personne n'imaginait pour l'ancien président de la République un score à la Marine Le PEN. Il en a toujours été ainsi, y compris au parti socialiste. 

Peut-être même que pour Nicolas Sarkozy, c'est un peu mieux que ce que l'on a habituellement. Aussi, si j'étais à l'UMP et si j'étais un partisan de Bruno LEMAIRE et d'Alain JUPPE, je serais plus mesuré. 

D'autant qu'Il y a une règle immuable sous la 5e République : celui qui tient le parti tient l'investiture à l'élection présidentielle. Et le fait qu'en l'espèce ce soit Nicolas SARKOZY, ne devrait pas infirmer la règle. Quant aux primaires, elles n'y changeront rien. 

Alain JUPPE réclame des primaires ouvertes. Il compte pour l'emporter, outre sur les voix de ses partisans, sur celles du centre et de tous les opposants à son rival, y compris pourquoi pas, des voix de gauche et du Front National venant d'électeurs, qui ne veulent plus entendre parler de l'ancien président. D'ailleurs, ce sont ces voix qui en partie, font que les sondages se montrent, au plan national, favorables à Alain JUPPE.  

Alain JUPPE se berce d'illusions. Si Nicolas SARKOZY affirme urbi et orbi qu'Il y aura des primaires " ouvertes " à l'UMP, il appartiendra aux instances du parti de décider du degré d'ouverture. Et il est peu probable que Nicolas SARKOZY accepte que cette ouverture aille jusqu'à le faire écarter de la compétition à l'élection suprême. 

Aussi, l'air de rien, c'est ce dimanche 30 novembre que s'est jouée la bataille stratégique pour la prochaine présidentielle. Pour la suite, comme disent les créoles, " Nicolas connait manière ".  

D'ailleurs, Nicolas SARKOZY n'a pas perdu de temps, Alain JUPPE et François FILLON, sont tombés dans le premier piège que leur a tendu le tout nouveau président de l'UMP. 

Au lieu de chercher à s'implanter le plus possible dans le parti, ils ont refusé de participer au comité des anciens Premier-ministres, où avec Dominique de VILLEPIN et Jean-Pierre RAFFARIN ils auraient pu peser et constituer un réel contre poids. 

Ils ont préféré laisser l'UMP totalement entre les mains de leur concurrent et apparaitre comme faisant prévaloir leurs petites rancoeurs personnelles, sur l'intérêt général


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23 novembre 2014 7 23 /11 /novembre /2014 17:19

Je me souviens de cette assemblée générale de magistrats chargée d’établir la liste des experts auprès de la Cour d’Appel, qui avait vu le Procureur Général se lever et quitter les lieux dans un geste théâtral, en disant  que le médecin qui postulait à un poste d’expert était son ami et qu’il préférait se retirer, pour ne pas influencer le vote.

Personne n’était au courant jusqu’à cet instant du lien personnel qui existait entre les deux hommes.  Je ne sais pas si ce médecin aurait été désigné comme expert auprès de la Cour, c’est fort possible, mais après cette intervention qui se voulait louable, l’assemblée générale a voté comme un seul homme pour l’ami du Procureur général…

Dans le domaine de la commande publique, le problème des relations personnelles qui peuvent influencer l’attribution d’un marché, est bien connu des services chargés de lutter contre le favoritisme et la corruption.

Mais à l’heure où M. ARIF a été démis de ses fonctions, rien n’a permis de dire qu’il soit intervenu auprès de ses pairs pour  avantager cette société, ou que cette société  n’ait pas fait la meilleure offre pour se voir attribuer le marché en cause.  

M. ARIF  a pourtant dû démissionner sur le champ, satisfaisant de la sorte à l’appétit de plus en plus grand de tous ceux qui ne voient dans les élus que des corrompus et/ou des fraudeurs.

M. ARIF a été exclu du gouvernement, son avenir politique est des plus incertains. 

Il est la victime propitiatoire du discrédit profond qui frappe les politiques, ce qui les conduit à période régulière, à sacrifier certains des leurs, afin de leur permettre d’expier les péchés dont on les accuse.

La commande publique n’est d’ailleurs pas le seul motif de cette prévention et les leaders nationaux n’en sont pas les seules victimes.

Conditionnés par le climat ambiant, on voit de plus en plus de fonctionnaires adopter vis à vis des élus un comportement suspicieux et arrogant.

Il n’est pas sûr que ce rite sacrificiel, dont vient d’être victime  le Secrétaire d’Etat aux anciens combattants, permette aux politiques de se concilier le peuple, à qui ils offrent régulièrement, carrière et honneur de certains des leurs.

Dans une société matérialiste, le risque est grand que tout cela ne conduise à un appauvrissement de la classe politique et de façon très prosaïque, à renforcer le slogan du « tous pourris ».

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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 04:37

Dans tous ses meetings, Nicolas Sarkozy reproche à Marine Le Pen d’avoir fait élire François Hollande, en prônant l’abstention au second tour des présidentielles de 2012.

Aurait-il été possible qu’il en fût autrement ? Imagine-t-on  Nicolas Sarkozy se faire élire avec les voix du Front National à la suite d’un appel de Marine Le Pen à le soutenir ?

On sait ce qu’il advint de l’un des hommes politiques les plus en vue des années 90, lorsqu’aux régionales de 1998, Charles Million avait accepté les voix du Front National pour se faire élire à la présidence du Conseil Régional Rhône- Alpes. La condamnation fut unanime, il fut exclu de l’UDF et disparut de la vie politique.

Mais il est vrai que les choses ont sensiblement évolué. En 2011, on est passé du pacte républicain au « ni-ni », et de Jean-Marie Le Pen à  Marine Le Pen. Et aujourd’hui,  peu nombreux sont les candidats de droite qui refuseraient les voix du Front national pour se faire élire, quand ils ne les sollicitent pas ouvertement.

Sur le fond, Nicolas Sarkozy prononce des discours que ne renierait pas Jean-Marie Le Pen et qui il y a quelques années, auraient fait l’objet d’une réprobation unanime. Le meeting de Nice ce mardi 21 octobre, sur l’immigration et sur ce que doit-être la France, est significatif de cette évolution.

Pendant ce temps, au Front National, on rejette l’appellation d’extrême droite. Son numéro 2 Florian Philippot issu du mouvement des citoyens de Jean-Pierre Chevènement se dit gaulliste. Il s’oppose aux affirmations d’Eric Zemmour sur le rôle de Vichy lors de la seconde guerre mondiale, affirmant que la France était à Londres et nulle part ailleurs. Dans le même esprit, Gilbert Collard autre figure emblématique du parti créé par Jean-Marie Le Pen, rappelle à qui veut l’entendre, qu’il avait soutenu la candidature de François Mitterrand en 1981.  

A gauche, aussi c’est le grand chambardement. Tout le monde s’accorde pour dire que le marxisme a vécu. Mais chose à peine croyable, selon Manuel Valls, Premier ministre d’une majorité socialiste, le socialisme aussi. Il le qualifie de « gauche passéiste ». On se rend alors compte que le social libéralisme de Manuel Valls et le centre droit d’Alain Juppé sont de plus en plus proches l’un de l’autre et que leurs politiques se rejoignent. Pour preuve, François Bayrou ne sait plus à quel saint se vouer, et va indifféremment de la gauche à la droite...

La « crise économique », qui va bien au-delà d’une simple crise, n’est pas sans influence sur les équilibres politiques nouveaux. Le temps n’est plus à la rêverie. Deux grands courants semblent désormais devoir s’imposer. D’un côté un centre libéral et européen qui regrouperait la gauche modérée représentée par Manuel Valls et la droite centriste incarnée par le duo Alain Juppé-François Bayrou. De l’autre, une droite nationale avec Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen. 

Manuel Valls, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen en ont tiré les conséquences. Ils sont pour la refondation de leurs partis avec un changement de nom. C’est l’effet visible de ce big bang politique qui se prépare en France en ce début du 21e  siècle.

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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 06:10

Billet publié dans l'Express.fr du 19 septembre 2014  

Nicolas Sarkozy sait que pour avoir quelques chances de gagner, il doit avoir la maîtrise de la machine à faire les présidents. Il devra ensuite reprendre la main. En l’état actuel des choses, il n’aura pas grand mal à s’imposer. A gauche, il est considéré comme le leader naturel de l’opposition. Manuel Valls lui a déjà proposé de débattre. A droite, il va très vite devenir le favori pour la course à la présidence en l’absence de véritable concurrent. Alain Juppé que l’on cite souvent, n’est pas taillé pour un tel combat. On ne lui connait pas de faits d’armes glorieux au plan électoral. Ministre éphémère de l’environnement  en 2007, il ne sera pas reconduit dans ses fonctions, après avoir été battu aux législatives. Il ne cherchera pas  à obtenir sa revanche en 2012, redoutant disait-on la défaite. Sa prestance comme son langage affecté,  seront insuffisants pour s’imposer face à un Nicolas Sarkozy chef de parti.

Le discours du Président, comme les premières mesures prises, montrent que Manuel Valls va devoir trouver un compromis entre rigueur et accroissement des déficits. C’est un exercice difficile qui a peu de chance de donner des résultats au moins à moyen terme. Si Manuel Valls échoue, ce sera la  cohabitation. On ne voit pas après lui de solution de rechange crédible. Martine Aubry s’est repliée sur sa fonction de maire de Lille. Sa parole est rare et lorsqu’elle parle, elle distille des petites phrases qui ne portent pas. On ne sait pas exactement ce qu’elle veut et on a du mal à la situer. Elle ne devrait-pas pouvoir être le recours espéré. Certains la disent même en voie de delorisation.  

Dans un tel contexte politique et économique, une 4e cohabitation devient envisageable. François Hollande a d’ailleurs indiqué dans sa conférence de Presse du 18 septembre que si l’Assemblée n’avait pas voté la confiance, il y aurait eu dissolution.

Il n’est alors pas totalement absurde de pouvoir envisager un ticket Hollande Président, Sarkozy Premier ministre. Il serait dans la logique des institutions de la 5e République. De plus chacun y trouverait son compte. Le président, en voyant inverser sa côte de popularité et Nicolas Sarkozy, en pensant pouvoir ainsi se mettre pour un temps à l’abri des affaires. Scénario invraisemblable dira-t-on, mais le président n’a-t-il pas dit lui-même au cours de sa conférence de presse, « Si vous regardez la vie politique, tout est possible »…

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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 07:27

Billet publié dans l'Express.fr du 8 septembre 2014  

Au début de son mandat, François Hollande a donné l’impression qu’il cherchait plus à temporiser, qu’à rentrer véritablement dans la partie. Gagner du temps, calmer le jeu, telle a été sa stratégie, convaincu semble-t-il que la crise était liée à  l’un de ces cycles économiques qui ont traversé régulièrement notre pays au cours de son histoire et qu’elle était sur le point de s’achever.  

Il en était si persuadé, qu’il avait pris le risque d’annoncer une inversion de la courbe du chômage pour la fin de l’année 2013 et une reprise de la croissance pour 2014.

Mais le balancier restera bloqué et il lui a fallu reconnaitre que la crise était bien structurelle. Sa résolution aura lieu avec Bruxelles et sa solution dépendra avant tout de la bonne santé des  entreprises, certainement pas de leur confrontation avec les travailleurs.

D’où la nomination de Manuel Valls à Matignon et corrélativement l’éviction d’Arnaud Montebourg qui suivit.

Le changement que François Hollande avait annoncé dans sa campagne ne sera donc pas au rendez- vous, les français lui en tiennent rigueur, ils le lui manifestent à chaque échéance électorale.  

Les sondages vont confirmer un rejet de plus en plus important de sa politique. Le président en est arrivé à devoir désormais se protéger. Il va se « replier » sur l’international et sur le secteur consensuel des évènements mémoriels et des inaugurations. L’affaire Gayet est loin. Il s’agit de travailler sur la personnalité du président, le père de la nation, au-dessus de la mêlée et laisser le Premier ministre en première ligne prendre les coups.  

Au moment où cette stratégie s’est mise en place, dans un contexte des plus difficiles qui soit, son ancienne compagne a sorti  un brûlot visant à le détruire. François Hollande n’avait certainement pas besoin de cela. Certains commentateurs ont alors parlé de démission, tandis que d’autres ont assuré que c’en était  fini pour lui. Un sondage IFOP-JDD publié dimanche 7 septembre va dans ce sens : pour 85% des français, François Hollande ne doit pas se représenter.  

Mais on sait qu’en politique, rien n’est jamais acquis ni perdu et on rappelle à cet égard les 3% que pesait François Hollande, à deux ans de l’élection présidentielle.

En présence d’une situation qui ne connait pas de précédent, la question se pose tout naturellement de savoir si le président peut rebondir.  

François Hollande n’a pas d’autre solution que de mettre en œuvre avec la plus grande énergie la politique qu’il estime la plus pertinente pour la France. S’agissant à l’évidence d’une politique de rigueur budgétaire, le FMI vient encore de le rappeler, il ne pourra la conduire sans annoncer qu’il ne se représentera pas aux prochaines élections  présidentielles. Seule cette disposition lui permettra de faire face en toute sérénité aux difficultés qu’il rencontrera inévitablement avec une politique de réduction des déficits. François Hollande deviendrait alors ipso facto le président le plus détesté de la 5eRépublique, mais aussi celui qui a su mettre la France au-dessus de ses contingences personnelles, avec comme référence le général de Gaulle à droite et Pierre Mendès France à gauche.

Mieux qu’un rebond hypothétique et si la réussite est au bout, il rentrerait alors à jamais dans l’Histoire. 

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4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 05:17

Ce mercredi 3 septembre au grand journal de Canal + Serge Raffy, un proche de François Hollande,  a fait une relation plutôt paradoxale entre la déclaration du Président de la République qui a qualifié l’exécution abominable du journaliste Steven Sotloff d’acte barbare, et le livre de Valérie Trierweiler « Merci pour ce moment ».

Plus tard, aux guignols de l’info, on nous a montré la marionnette de Valérie Trierweiler, décapiter celle de François Hollande.

Canal + est passé à cet instant, certainement sans en avoir conscience, du paradoxe à l’indécence.

J’imagine que nombre de téléspectateurs ont dû comme moi être choqués que l’on puisse « jouer » avec l’horreur de la décapitation à l’arme blanche dont a été victime un homme de la part de sauvages. C’est la pire des indécences que l’on puisse commettre dans un monde policé et civilisé.

Il y a depuis déjà longtemps une banalisation totale de l’abject, pratiquement sans limite, le plus souvent sous couvert d’humour et en l’espèce il est vraisemblable que le fait que la victime soit de nationalité américaine, a pu rendre possible cette mise en relation du plus mauvais gout.

On imagine aisément les effets que ce genre d’images peut avoir sur des esprits faibles et la  jubilation des barbares qui pourraient les visionner.  

Dans un article publié le 17 juillet 2014 dans l’hebdomadaire Le Point, Michel Onfray affirmait que pour résister à la barbarie, il fallait combattre l’incivilité.  

C’est vrai qu’il y a dans la publication d’un tel livre de la part de l’ancienne compagne du Chef de l’Etat une forme d’incivilité et c’est vrai aussi que tout ce qui entoure médiatiquement cet évènement fait partie objectivement de cette incivilité dont parle le philosophe, que l’on ne combat plus, et même qui constitue une nouvelle valeur dont on se prévaut car elle serait signe d’un esprit libre sans préjugé, sans tabou, sans limite, et donc évolué.

Oui, on ne combat plus l’incivilité, au contraire, on l’admet, on l’excuse, quand on ne l’encourage pas.

On sait que ceux que l’on appelle les jihadistes sont admirés par une partie de la jeunesse qui vit en occident et on sait que les auteurs de ces crimes abominables ne sont pas des arriérés mentaux mais des gens venus d’Europe qui ont été élevés avec nos systèmes d’éducation, tant scolaires que médiatiques.

Cette barbarie est un constat flagrant de l’échec de l’évolution de notre civilisation. La publication de livres comme celui qui fait l’actualité du jour, qui « jette aux chiens » l’intimité d’un Président de la République, sans susciter l’aversion, en est l’un des signes les plus incontestables.

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