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3 août 2017 4 03 /08 /août /2017 17:15

La Cathédrale « Saint Vincent de Paul et Sainte Olive » de Tunis, porte le nom  d’un saint français et d’une sainte italienne, qui l’un et l’autre vécurent à Tunis. La Cathédrale est en effet le symbole d’une partie importante de l’histoire de la Tunisie et est la conséquence de deux phénomènes.

D’abord celui d’une terre où se côtoyèrent d’importantes communautés catholiques, venues essentiellement du bassin méditerranéen, italiens (surtout siciliens), français, maltais et dont le nombre devait encore s’accroître avec le protectorat en 1881 et l’arrivée de nombreux français venus de la métropole ainsi que de fonctionnaires et de militaires.  

Ensuite, le développement corrélatif de la ville nouvelle, à l’est de la Médina ; habitée jusqu’à l’indépendance en 1956, essentiellement par des européens, qui conduisit à l’édification de la Cathédrale en face de la Résidence Générale, siège de l’autorité coloniale française qui administrait la Tunisie, aujourd’hui ambassade de France.

C’est en tenant compte de ces éléments qu’il convient de visiter cette somptueuse Cathédrale qui aujourd’hui n’aurait plus sa raison d’être et qui ne se remplit plus de fidèles qu’à l’occasion des grandes fêtes du calendrier de la liturgie catholique, avec essentiellement le personnel des ambassades consulats et légations en particulier des pays africains de culte catholique et les européens qui vivent à Tunis.

C’est la discrétion qui prévaut maintenant et si une des parties de la grille en fer forgé de l’entrée principale est ouverte le matin, il est mieux d’entrer par l’entrée de la rue d’Alger (côté droit de la cathédrale).

Pour ceux qui souhaitent mettre un cierge, on en vend parfois sur le parvis de la Cathédrale, ou chez le marchand de journaux à gauche de l’entrée principale.

La visite correspond à celle que l’on fait dans toute église, les peintures du dôme au-dessus de l’hôtel et les superbes vitraux, montrent le caractère somptueux que l’on a voulu donner à cet édifice. Pour autant, toujours par discrétion, les autorités religieuses ont préféré depuis l’indépendance de la Tunisie, un décor dépouillé, ce qui donne une impression de vide.

On pourra lire les inscriptions qui rappellent que plusieurs papes furent tunisiens ou algériens, à l’époque où cette région du monde était berbère et on y trouve  un magnifique reliquaire en bronze doré, aujourd’hui vide, qui a contenu des reliques de Saint Louis.

Enfin le côté pratique, les horaires des offices et activités religieuses en français et en italien sont affichées à gauche de l’entrée de la rue d’Alger. Des offices ont lieu dans les deux langues. Il est à noter qu’à ces occasions, la prière du  Notre père est aussi récitée en langue arabe par les fidèles, par hommage et  reconnaissance envers les tunisiens qui ont toujours respecté ce lieu saint et d’une façon plus générale, toutes les églises de Tunisie.

Notons enfin que la Cathédrale est souvent visitée par des tunisiens musulmans, et l’on peut observer que des femmes, qui ne sont pas habituellement voilées, mettent en entrant un foulard sur leur tête, par respect.

Il est demandé aux touristes d’avoir une tenue décente, un gardien se trouve en permanence à l’intérieur de la Cathédrale pour veiller au respect des lieux.            

Written for Tripadvisor by G. Pancrazi

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25 juin 2017 7 25 /06 /juin /2017 03:54

Si certains d’entre eux choisissent de se dissimuler dans l’ombre d’un pseudo pour laisser libre cours à leur humeur, d’autres y ajoutent l’aspect provocateur, en assumant sous leur nom des commentaires exagérément revendicatifs et le plus souvent malveillants.

Ils se veulent redresseurs de torts d’un monde qu’ils jugent corrompu et injuste et expriment leur profonde rancœur envers ceux qui par leur talent et leur travail, alimentent les caisses d’une société qu’ils abhorrent et dans laquelle le plus grand nombre d’entre eux vivent pourtant en parasites.

Une sorte de syndrome de Stockholm à l’envers, qui les conduit à la détestation de leurs bienfaiteurs.

Des études ont permis de préciser leur profil.

Ils sont sans vie sociale, sans création, peu instruits, peu cultivés, ils vivent repliés sur eux-mêmes, marginalisés de tous y compris de leurs proches, d’esprit rigide, ils souffrent pour la plupart de troubles psychologiques.

Leurs attaques attestent d’une certaine couardise. Ils ne prennent jamais d’autres cibles que celles dont ils ne risquent rien en retour.

De pauvres gens, cherchant à justifier ou à compenser l’échec d’une vie, par l’évocation d’un récit familial et social résultant de leur imaginaire. Des « losers » qui se donnent l’impression d’exister par cette ivresse que leur procure le net, comme l’alcool ou la drogue.

Plus à plaindre qu’à blâmer, souvent manipulés par d’autres, plus pervers qu’eux, qui les excitent, leur offrent l’hébergement de leurs propres comptes, voire à l’occasion une aide rédactionnelle et qui les encouragent de la sorte à diffuser leurs insanités.

De pauvres gens, couverts de la pire des réprobations médiatiques qui soient : l’indifférence.

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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 15:00

   

Selon la relation qui en a été faite par la presse, des hauts responsables de la collectivité départementale de la Haute Corse, avec la complicité de quelques fonctionnaires, auraient accordé frauduleusement entre 2007 et 2010, à 16 bénéficiaires résidant dans la circonscription électorale du président d’alors, des subventions, destinées à la rénovation de gîtes situés en zone rurale.

Les principaux mis en cause viennent d’être assez lourdement condamnés par le tribunal correctionnel de Bastia, dans un jugement rendu mercredi 25 janvier.

L’argent public a depuis toujours été malmené. Les manquements sont innombrables et vont bien au delà de cette affaire et de ce département : utilisation d’un employé municipal à des fins privées, gratifications attribuées par une entreprise à l’occasion de la passation de marchés, paiement sans sourciller de prestations fictives alors même qu’aucun marché n’a jamais été passé, gaspillage inconsidéré de l’argent public dans des projets absurdes ou oniriques, associations transparentes à gestion opaque, emplois fictifs ou semi fictifs, favoritisme…

La malveillance certes, mais aussi la force de l’habitude qui crée un sentiment de tolérance et d’impunité, l‘incompétence bien plus dévastatrice qu’on ne l’imagine, sont le plus souvent à l’origine d’un traitement inapproprié des fonds publics.

En l'espèce, si les voies de recours qui ne manqueront pas d’être exercées, venaient confirmer la culpabilité des condamnés, cela signifierait qu’il y a eu des élus chevronnés, pour penser qu’une fraude aussi grossière et d’une ampleur non négligeable (on parle d’un demi-million d’euros), avec autant de bénéficiaires, pouvait échapper durablement à la perspicacité de la justice.

Cela signifierait aussi, et c’est particulièrement choquant, que leurs auteurs ont eu un total mépris vis-à-vis de ceux qui leur ont confié la charge de l’intérêt commun.

En Corse des villages de l’intérieur attendent depuis des décennies et des décennies, des structures mille fois promises, mille fois financées, nécessaires à leur survie, telles les routes qui y conduisent, grandement délabrées, à peine carrossables pour certaines et dont les travaux doivent, selon la formule consacrée, « démarrer à la fin du mois prochain », mais qui ne démarreront jamais, car situées du mauvais côté de la vallée

Cette affaire des gîtes ruraux, avec l’avènement aux affaires d’une nouvelle génération de politiques, pourrait accélérer la fin d’un système qui a gouverné la Corse depuis des lustres. A tout le moins, faut-il l’espérer.

 

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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 20:21

Ma chère Marie-Paule, mes chers Henri Rose-Marie et Charles, Paul et Marie, Jean et Julie-Rose.

En ce moment douloureux de la vie, je vous adresse du fond du cœur, mes plus affectueux sentiments de compassion, et je vous remercie, de m’avoir permis de dire quelques mots, en hommage à celui qui fut mon ami.

En 1975, lorsque je fus affecté au tribunal de Bastia, à mon tout début de carrière, Jacques a été le premier magistrat qu’il m’aura été donné de rencontrer.

Je fus immédiatement saisi par la dimension du  personnage, une éloquence rare, venant au soutien d’un verbe, toujours approprié ; une culture sans pareil et j’ose le dire, une pure intelligence qui se déclinait selon les circonstances de notre activité et qui nous permettait d’avoir la vision la plus juste des choses.

Le respect d’autrui, la gratitude infinie qu’il avait pour celui qui avait su lui manifester son estime, la disponibilité, l’écoute, la bienveillance qui n’était toutefois pas exempte d’une très grande lucidité, tels étaient les traits qui caractérisaient Jacques Flach.

Je ne devais plus rencontrer d’être d’une telle stature, que ce soit dans ma vie professionnelle ou personnelle,  et  ceux qui me connaissent savent que ce ne sont  pas là des propos de circonstance.

Sans peut-être même s’en rendre compte, Jacques aura été mon mentor, il aura formé ma conscience de jeune magistrat et par la suite, durant ma vie professionnelle et jusqu’à la cour d’appel de Paris qui fut mon dernier poste, j’ai toujours éprouvé le besoin de solliciter sa dialectique, on dirait aujourd’hui son expertise, pour m’aider à éclaircir des situations compliquées.

Il a été en quelque sorte ma référence, un repère nécessaire, celui que l’on cite même auprès de ceux qui ne le connaissaient pas, celui que l’on admire, celui à qui l’on se confie même au plan personnel, car je savais qu’il aurait toujours trouvé la formule de bon sens qui apaise et qui rassure et cela, jusqu’à la fin de sa vie, car bien qu’éprouvé par la maladie, son agilité intellectuelle  était demeurée intacte jusque dans ses  derniers instants.

Oui, je le dis, dans ma vie, cela aura été pour moi une chance d’avoir connu Jacques Flach et je le remercie du fond du cœur aujourd’hui pour tout ce qu’il a pu m’apporter, pour avoir su m’inspirer de son esprit, pour m’avoir permis de ne pas désespérer de la nature humaine.

Attaché à son île, à ses valeurs, à  sa langue qu’il pratiquait à la perfection, à sa culture, Jacques Flach était profondément corse.  Il devait terminer sa carrière comme conseiller à la Cour d’appel de Bastia, réalisant le vœu le plus cher de tout magistrat corse, finir sa carrière dans son île.

Vous savez mon cher Jacques, puisque c’est par le vouvoiement que je me suis toujours adressé à vous, très certainement par respect pour ce que vous étiez, vous savez combien vous allez nous manquer.

Nous avions souvent parlé de ce moment de la vie que nous connaissons aujourd’hui. Mais après la disparition d’un être cher, on se rend compte que l’on sous-estime toujours une dimension ; celle du vide, ce terrible vide qui nous assaille et qui dessine lentement notre propre départ.

Oui, aujourd’hui  c’est nous tous qui partons aussi un peu, c’est ainsi que l’on meurt, au fur et à mesure de la disparition de ceux que l’on a estimé, de ceux que l’on a aimé.

Reposez maintenant en paix au royaume des cieux, auprès de ceux de vos proches qui vous y ont précédé, en particulier auprès de votre mère que vous chérissiez tant. Adieu mon cher Jacques.  

(Prononcé le 22 /07/2016 en l’église Ste Marie de la citadelle à Bastia. Jacques est décédé dans la nuit du 19 au 20/07)     

  

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6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 13:18

~~Le président de l’exécutif de l’Assemblée de Corse, Paul Giacobbi, mis en examen avec d’autres, pour détournement de fonds publics envers le Conseil général de Haute Corse, devenu Conseil départemental, verra ses frais d’avocats pris en charge par le dit Conseil.

Il est exact, ainsi que le soutient le président de cette collectivité François Orlandi, que «la protection fonctionnelle» permet à un élu ou un ancien élu, poursuivi pour une faute de service, commise dans l’exercice de ses fonctions, d’obtenir de la collectivité publique, qu’elle prenne à sa charge ses frais de justice.

D’ailleurs, aucun conseiller départemental ne s’y est opposé. Ils ont tous voté pour, les trois conseillers nationalistes se contentant de s’abstenir.

Toutefois, deux précisions doivent-être apportées. La première est que l’élu n’en bénéficiera, in fine, que s’il n’a pas commis de faute « détachable du service ». Or un détournement d’argent public, s’il était avéré, n’a rien à voir avec les aléas de l’exercice de la fonction d’élu que l’on est appelé à exercer. Cela, nous ne le saurons que lorsque le juge d’instruction ou le tribunal se sera prononcé.

La seconde précision est que, contrairement à ce que l’on a pu laisser entendre, cette protection juridique n’est pas automatique et il faut la demander pour l’obtenir. Il semble d’ailleurs que les autres mis en examen, ne l’aient pas sollicitée. Mais au-delà de l’aspect juridique des choses, on doit se demander, comment un homme de la dimension de Paul Giacobbi, dont l’intelligence, le talent et l’art consommé qu’il a dans l’exercice de la politique, toutes qualités qui ne sont contestées par personne, y compris par ses adversaires les plus farouches, a pu se laisser aller à commettre pareille erreur, qui plus est à quelques semaines des élections à l’Assemblée de Corse.

Avec tout le respect que l’on peut avoir pour ce responsable, un tel comportement frise une certaine arrogance que l’on imaginait comme faisant partie de mœurs d’un autre temps. Si Paul Giacobbi est étranger comme il le dit à cette affaire des gîtes ruraux et pourquoi ne pas lui en donner acte, il ne doit pas lui être bien difficile de se défendre et d’apporter lui-même les éléments permettant au juge de constater qu’il n’a rien à voir avec les détournements objet de la procédure engagée par le parquet de Bastia.

Et si Paul Giacobbi tenait absolument à se faire assister dans cette affaire, n’avait-il donc pas les moyens de se payer de ses propres deniers un avocat qui se serait contenté de transmettre ses observations et ses pièces ?

Au lieu de cela, Paul Giacobbi a préféré demander l’argent des contribuables pour le défendre, à l’heure où des petites communes de ce département, ont été obligées de barrer les routes pour permettre le transport des élèves vers leur collège, à l’heure où l’on ne peut obtenir que des signalisations médianes de routes de montagne, danger mortel par temps de brouillard, soient remises en état, à l’heure où l’on a du mal à obtenir que ces mêmes routes, effondrées par endroit, ne soient réparées, à l’heure où il est de plus en plus difficile d’obtenir le moindre sou, pour des travaux de première nécessité, à l’heure où l’on nous dit qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses des départements, à l’heure où de petits élus, de condition parfois fort modeste, ont renoncé à leurs indemnités de fonction pour aider leur commune impécunieuse, à l’heure où…, et l’on pourrait continuer ainsi encore longtemps…

Oui, vraiment, mais quelle mouche a donc piqué Paul Giacobbi ?

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 09:45

~~ Samedi 14 février un reportage intéressant a été diffusé dans Télé matin : « les polyamoureux un exemple suédois ». C’est l’histoire d’une jeune femme et de ses deux « amoureux », qui avec leurs enfants mènent une vie commune.

On voit la famille se promener dans un jardin public, la mère et les pères se tiennent par la main, tandis que les enfants encadrent leurs parents. La famille vit chez la mère de la jeune femme, qui ne trouve rien à dire à cette situation. Une famille qui apparaît somme toute harmonieuse, équilibrée et pour tout dire heureuse.

La question posée par le journaliste est de savoir si ce n’est pas là un premier pas vers la polygamie, qui autoriserait des unions légales entre plusieurs hommes ou/et plusieurs femmes, aujourd’hui prohibées par la loi.

Le fondement de la prohibition de la polygamie a été au premier chef la religion. Très vite pour les chrétiens et de façon formelle pour les juifs au 14e siècle, on ne pouvait-être polygame. Dans une société judéo chrétienne comme la France, la monogamie s’est naturellement imposée.

Aux religions sont venues s’ajouter, la morale, l’ordre public, le risque de confusion de paternité, le respect des femmes qui en sont souvent les victimes, le cas de polyandrie cité dans le reportage étant assez rare.

Aujourd’hui, ces motifs qui ont longtemps constitué les fondements du droit de la famille, ne sont plus pris en compte, à raisons de l’évolution des mœurs, de la science et des lois qui assurent l’égalité entre hommes et femmes. . La loi sur le mariage pour tous l’a démontré, on a désormais le droit de se marier dès lors que l’on souhaite avoir une vie commune avec une autre personne quel que soit le sexe, ce qui aurait été inimaginable il y a seulement quelques décennies.

Nolens, volens, comment pourrait-on justifier que deux hommes ou deux femmes, qui souhaiteraient fonder une famille avec un ou plusieurs hommes ou femmes, avoir des enfants, et formaliser leur union par un mariage, ne le pourraient pas ? On est d’accord ou nom avec l’évolution législative de ces phénomènes de société, ce qui est un tout autre problème, mais la cohérence juridique permet de dire que l’on ne peut exclure de façon formelle que ce nouveau type de famille, apparaisse un jour dans notre droit comme le suggère le reportage.

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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 16:39

Etre le 4e personnage de l’Etat à qui la garde républicaine en grande tenue rend les honneurs sabre au clair et dans un énorme roulement de tambour à chaque entrée dans l’enceinte de la chambre des députés, vivre dans un palais entouré d’une kyrielle de personnels pour vous servir, être invité aux cérémonies les plus importantes de l’Etat, détenir le pouvoir de couper la parole à un élu du peuple ou à un ministre dans l’exercice de leurs fonctions les plus éminentes, même quand, à l’évidence, il terminait sa phrase, être consulté par le président de la République sur des initiatives de première importance comme la dissolution de l’Assemblée Nationale, avoir le pouvoir de désigner un membre du Conseil Constitutionnel sur trois…doit à l’évidence donner le tournis si l’on n’y prend pas garde. Des honneurs comparables à ceux d’un chef d’Etat de plein exercice, mais un pouvoir qui en réalité se limite à superviser la gestion des services de l’Assemblée Nationale et en séance, à diriger les débats avec comme juge de paix un chronomètre et de temps à autre quelques « s’il vous plait, s’il vous plait… » pour calmer l’ardeur des députés échauffés par la vivacité des échanges. Mais malgré tout une parole qui compte, celle de celui qui est l’un des plus hauts dignitaires de l’Etat. C’est ce qui devait conduire Claude Bartolone à s’essayer à l’écriture d’un livre destiné à faire part aux français de sa vision des institutions de la France. Dans « Je ne me tairai plus » écrit en collaboration avec une journaliste du Monde, il se disait alors, pour la suppression du poste de Premier ministre, rien de moins… Ce livre fut, pour employer le langage trivial utilisé dans ces circonstances, « un flop éditorial ». En dépit d’une intense promotion, seuls 268 exemplaires trouvèrent acquéreur. Il est vrai que vendre un livre est certainement plus difficile que de passer à la télévision lorsque l’on est président de l’Assemblée Nationale. Cela aurait dû être pour un homme comme lui, rompu au monde de la politique, un avertissement. Mais dans le contexte décrit est-on toujours en mesure de recevoir des avertissements de cette nature ? Il semble que non. Devant Jean-Jacques Bourdin, jeudi 29 janvier, il a déclaré tout de go, en dehors de toute circonstance, dans ce qui fait partie du domaine réservé du chef de l’Etat, de façon totalement déplacée vis-à-vis de son collègue de la Haute Assemblée, qu’il considérait que le Sénat n’avait plus lieu d’être et qu’il serait mieux de le faire disparaître d’une façon ou d’une autre. Il fera même référence au Général de Gaulle, dont chacun sait que ce fut l’initiative qui mit fin à son règne. Comment à l’heure de la cohésion nationale, expliquer cette incroyable bévue qui devait conduire Gérard Larcher à mettre fin à toutes relations avec lui ? Claude Bartolone n’a peut-être pas perçu, qu’aussi prestigieuse soit-elle, la présidence de l’Assemblée Nationale, comme celle du Sénat, exige de leurs titulaires, mesure, diplomatie et réserve. Claude Bartolone est à l’évidence tombé dans le piège de la présidence du Palais Bourbon que ses prédécesseurs avaient su éviter.

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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 07:44

 

La lutte contre le terrorisme doit être une lutte sans merci, implacable, sans limite, avec tous les moyens qu’autorisent nos sociétés démocratiques.

Ceci rappelé, la manifestation organisée par les gouvernants est-elle une méthode adaptée à la lutte contre le terrorisme ?

Un tel rassemblement, est inédit en France et peut-être dans le monde. C’est la première fois que l’on voit un chef de l’Etat qui détient le pouvoir, prendre la tête avec certains  de ses pairs, d’une manifestation populaire pour protester, marquer sa désapprobation ou sa solidarité.

Lorsque des chefs d’Etat descendent dans la rue pour manifester contre des petits voyous de banlieue, devenus des  terroristes dangereux, il leur donne par la même une importance inouïe, inespérée, démesurée. De délinquants nuisibles, dont la seule réponse doit-être leur mise hors d’état de nuire, ils deviennent des interlocuteurs d’Etat que l’on essaie de réduire par un rapport de force populaire. Une méthode démocratique, qui a toute sa place en présence d’agents démocratiques situés aux deux extrémités d’un rapport de force, mais certainement pas en tant que moyen de lutte contre le terrorisme.    

Sans le vouloir, bien évidemment, et en cherchant à lutter contre un tel risque, on porte l’amalgame entre ces fanatiques et les musulmans au plus haut sommet de la communication. On aura  beau dire et répéter que ces assassins n’ont rien à voir avec l’Islam, rien ne permettra de  les empêcher de s’en revendiquer et de fonder leur action sur cette religion. Aucun des apprentis terroristes du monde entier qui rêvent  de rejoindre les territoires de la guerre sainte et de mourir en martyr, ne sera dissuadé de mettre son projet à exécution à la suite d’un  rassemblement populaire, si important soit-il.

Je ne suis pas sûr que les français de confession musulmane n’ont pas été gênés par la demande (implicite) qui leur était faite au premier chef de descendre dans la rue, et si une telle demande n’était pas un peu impudique.

Quant aux chefs d’Etat des pays musulmans, peu ont répondu à l’appel, le président Abbas faisant exception. Les problèmes qu’ils rencontrent dans leurs pays avec l’islamisme radical, qui souvent ne se limite pas à quelques petites frappes de banlieue, rendait leur participation improbable.  

Les Etats Unis, maître de la lutte anti-terroriste n’ont envoyé aucun représentant, certainement pour toutes  ces raisons.

La manifestation  dispersée, de quoi demain sera-t-il  fait ? N’a-t-on pas pris le risque de la  surenchère en offrant à ces illuminés une pareille tribune ?  Si par le plus grand des malheurs, une autre action terroriste de même nature survenait, que se passera-t-il ? Que devra-t-on faire ? J’espère de tout cœur me tromper, mais je n’arrive pas à me convaincre de l’opportunité d’une telle manifestation.

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 13:02

Les juppéiste jubilent, Bruno LEMAIRE aussi, il a fait 30% aux élections à la présidence de l'UMP. 

Sans vouloir diminuer les mérites de l'ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin, il ne fait guère de doute que tous les juppéistes et tous les fillonistes ont voté pour lui et qu'en y regardant de plus près, 30% ne font jamais qu'un peu moins du tiers des votants. 

Ce n'est ni bien ni mal, c'est un résultat normal. Il correspond au rapport de force qui existe entre un leader et ses challengers, lorsqu'un grand parti est dans l'opposition. Personne n'imaginait pour l'ancien président de la République un score à la Marine Le PEN. Il en a toujours été ainsi, y compris au parti socialiste. 

Peut-être même que pour Nicolas Sarkozy, c'est un peu mieux que ce que l'on a habituellement. Aussi, si j'étais à l'UMP et si j'étais un partisan de Bruno LEMAIRE et d'Alain JUPPE, je serais plus mesuré. 

D'autant qu'Il y a une règle immuable sous la 5e République : celui qui tient le parti tient l'investiture à l'élection présidentielle. Et le fait qu'en l'espèce ce soit Nicolas SARKOZY, ne devrait pas infirmer la règle. Quant aux primaires, elles n'y changeront rien. 

Alain JUPPE réclame des primaires ouvertes. Il compte pour l'emporter, outre sur les voix de ses partisans, sur celles du centre et de tous les opposants à son rival, y compris pourquoi pas, des voix de gauche et du Front National venant d'électeurs, qui ne veulent plus entendre parler de l'ancien président. D'ailleurs, ce sont ces voix qui en partie, font que les sondages se montrent, au plan national, favorables à Alain JUPPE.  

Alain JUPPE se berce d'illusions. Si Nicolas SARKOZY affirme urbi et orbi qu'Il y aura des primaires " ouvertes " à l'UMP, il appartiendra aux instances du parti de décider du degré d'ouverture. Et il est peu probable que Nicolas SARKOZY accepte que cette ouverture aille jusqu'à le faire écarter de la compétition à l'élection suprême. 

Aussi, l'air de rien, c'est ce dimanche 30 novembre que s'est jouée la bataille stratégique pour la prochaine présidentielle. Pour la suite, comme disent les créoles, " Nicolas connait manière ".  

D'ailleurs, Nicolas SARKOZY n'a pas perdu de temps, Alain JUPPE et François FILLON, sont tombés dans le premier piège que leur a tendu le tout nouveau président de l'UMP. 

Au lieu de chercher à s'implanter le plus possible dans le parti, ils ont refusé de participer au comité des anciens Premier-ministres, où avec Dominique de VILLEPIN et Jean-Pierre RAFFARIN ils auraient pu peser et constituer un réel contre poids. 

Ils ont préféré laisser l'UMP totalement entre les mains de leur concurrent et apparaitre comme faisant prévaloir leurs petites rancoeurs personnelles, sur l'intérêt général


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23 novembre 2014 7 23 /11 /novembre /2014 17:19

Je me souviens de cette assemblée générale de magistrats chargée d’établir la liste des experts auprès de la Cour d’Appel, qui avait vu le Procureur Général se lever et quitter les lieux dans un geste théâtral, en disant  que le médecin qui postulait à un poste d’expert était son ami et qu’il préférait se retirer, pour ne pas influencer le vote.

Personne n’était au courant jusqu’à cet instant du lien personnel qui existait entre les deux hommes.  Je ne sais pas si ce médecin aurait été désigné comme expert auprès de la Cour, c’est fort possible, mais après cette intervention qui se voulait louable, l’assemblée générale a voté comme un seul homme pour l’ami du Procureur général…

Dans le domaine de la commande publique, le problème des relations personnelles qui peuvent influencer l’attribution d’un marché, est bien connu des services chargés de lutter contre le favoritisme et la corruption.

Mais à l’heure où M. ARIF a été démis de ses fonctions, rien n’a permis de dire qu’il soit intervenu auprès de ses pairs pour  avantager cette société, ou que cette société  n’ait pas fait la meilleure offre pour se voir attribuer le marché en cause.  

M. ARIF  a pourtant dû démissionner sur le champ, satisfaisant de la sorte à l’appétit de plus en plus grand de tous ceux qui ne voient dans les élus que des corrompus et/ou des fraudeurs.

M. ARIF a été exclu du gouvernement, son avenir politique est des plus incertains. 

Il est la victime propitiatoire du discrédit profond qui frappe les politiques, ce qui les conduit à période régulière, à sacrifier certains des leurs, afin de leur permettre d’expier les péchés dont on les accuse.

La commande publique n’est d’ailleurs pas le seul motif de cette prévention et les leaders nationaux n’en sont pas les seules victimes.

Conditionnés par le climat ambiant, on voit de plus en plus de fonctionnaires adopter vis à vis des élus un comportement suspicieux et arrogant.

Il n’est pas sûr que ce rite sacrificiel, dont vient d’être victime  le Secrétaire d’Etat aux anciens combattants, permette aux politiques de se concilier le peuple, à qui ils offrent régulièrement, carrière et honneur de certains des leurs.

Dans une société matérialiste, le risque est grand que tout cela ne conduise à un appauvrissement de la classe politique et de façon très prosaïque, à renforcer le slogan du « tous pourris ».

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