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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 21:59

Nous y sommes ! La situation de l’emploi se dégrade, pour ne pas dire dégringole. Les syndicats parlent de déclaration de guerre. Les experts disent qu’elle continuera de se dégrader dans les mois qui viennent. Le gouvernement se trouve confronté à une situation de crise sans précédent, avec la multiplication des plans de licenciements. L’ampleur prise par ce phénomène  va être et de loin, sa préoccupation principale.

 

La filière automobile française se trouve au premier plan de ce véritable séisme économique. Il est consécutif, non pas comme on le dit habituellement à une simple crise, mais à une nouvelle répartition mondiale de la création des richesses. La raison première est qu’à prestations identiques, le coût du travail peut varier jusqu’à 1 à 10 de par le monde.

 

Les délocalisations, la dernière de DACIA à Tanger, sont la réponse principale à laquelle songent les responsables automobiles. Ils savent que toute réduction de salaires, comme cela a été le cas aux USA est inenvisageable en France.    

 

En France où  PSA, a supprimé ce 12 juillet 8000 postes, outre le coût du travail, cette situation est aussi la conséquence d’une conjoncture internationale défavorable que rien ne semble pouvoir améliorer, au moins dans l’immédiat.

 

Mais elle résulte aussi du retard pris par les voitures de la marque, et plus généralement par les voitures françaises dont les modèles, qui tardent à évoluer, apparaissent vieillots par rapport aux coréens ou aux japonais et trop bas de gamme par rapport aux allemands. Sans parler des flops de la voiture à hydrogène ou toute électrique, dans lesquelles les marques françaises se sont engagées à grands frais, tandis que les concurrents asiatiques, ont mis « le paquet »,  depuis plusieurs années, de façon plus réaliste, sur la voiture hybride.   

 

Au lieu de procéder aux transformations qui s’imposent, les responsables d’entreprises automobiles françaises, se reposant sur les lauriers récoltés au cours de plusieurs décennies, ont préféré, par confort, ou par excès d’optimisme, ignorer le phénomène.   

 

Il en résulte aujourd’hui que les entreprises automobiles ne pourront faire face à cette situation que par l’innovation, la haute technologie, l’orientation des activités vers le haut de gamme et surtout par la diminution des coûts. La transformation de notre économie est en tout cas un impératif, d’où la formation qui sera la clé de tout projet économique.   

 

Mais n’est ce pas déjà trop tard ?

 

Arnaud MONTEBOURG ministre du redressement productif a beau vitupérer, le gouvernement n’a aucune prise sur les décisions d’une entreprise privée. D’ailleurs si le ton de son intervention de ce jour au Sénat se voulait extrêmement volontaire, il a conclu en demandant à PSA « d’examiner les alternatives les plus loyales »...Et il prévoit de proposer au conseil des ministres du 25 juillet « un plan de soutien à la filière automobile »... Bel aveu d’impuissance.   

 

Tout le monde demande ce plan de soutien, un de plus, sous réserve qu’il n’apparaisse pas comme une atteinte à la concurrence au regard des dispositions qui régissent l’Union Européenne. Mais ce serait un cautère sur une jambe de bois, si les mesures énergiques qui s’imposent ne sont pas prises.

 

Aujourd’hui, en ce qui concerne « la gestion » par le nouveau gouvernement des plans de licenciements auxquels il va se trouver confronté, on peut se demander s’il n’y aurait pas lieu, sans aller comme le préconisent certains de façon complètement utopique jusqu’à interdire les licenciements, de remettre en vigueur, au moins provisoirement, compte tenu de la situation d’extrême urgence,  l’autorisation administrative de licenciement.

Cette mesure, dont personne ne veut ni à droite ni à gauche, permettrait d’éviter des licenciements trop hâtifs, injustifiés, quand ils ne seront pas abusifs. Elle permettrait  par un contrôle a priori, de vérifier le bien fondé du licenciement et de freiner les entreprises qui sauront qu’elles devront immédiatement justifier de leur décision. Elle assurera, à défaut de mieux, une rationalisation des licenciements.    

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Published by gpancraz
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