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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 12:59

Je n’ai pas compris que Jean-Vincent PLACE, quelques jours avant le discours de politique générale du Premier Ministre et François de RUGY, quelques heures avant, aient pu assurer que les écologistes voteraient la confiance. A l’exception de Noël MAMERE, qui s’interroge, ce sera un oui franc et massif.

 

On attendait que l’on nous explique au moins, en quoi le programme d’EELV trouvait sa place dans le projet gouvernemental. Il y a certainement des raisons de fond qui justifient un tel acte politique. La question que tout écologiste digne de ce nom aurait dû se poser avant toute décision de cette nature  est celle de savoir quelles sont les mesures, concrètes, réelles, ou même la seule mesure prise par le gouvernement qui corresponde à ce que préconisent les écologistes depuis des décennies.

 

Les responsables écologistes n’ont même pas pris la peine de faire cet effort, ni vis-à-vis de leurs électeurs, ni même vis-à-vis d’eux-mêmes. Ils se sont contentés d’affirmer qu’ils sont dans la majorité présidentielle, qu’ils sont au gouvernement et que par conséquent, ils voteront la confiance. C’est là un comportement de radicaux sous la 4e République.

 

Pareille déclaration a en tout cas le mérite de la clarté. Le PS a donné aux principaux responsables du mouvement mandats de sénateurs et de députés, ministère, même Eva JOLY a eu sa part, il lui a été confié une mission sur la corruption en Afghanistan.  

 

Certes, Jean-Marc EYRAUD a prévu la conférence environnementale pour assurer la transition écologique et énergétique…Mais ne l’aurait-il pas préconisé sans les écologistes ?

 

Daniel COHN BENDIT parle de la moitié des militants qui ont quitté le mouvement. On peut en effet se demander si les écologistes ne jouent pas avec le feu.

 

Une question va en effet se poser avec de plus en plus d’acuité, à quoi servent les écologistes ? 

   

Qu’il n’y ait pas la moindre ambiguïté, si j’étais député, après avoir entendu Jean-Marc EYRAUD, j’aurais voté la confiance, tout simplement parce que j’adhère à l’ensemble de ce qu’il a dit sur la dette contre laquelle il fallait agir à tout prix, lutte contre la fraude, l’évasion fiscale, le dialogue social, la concertation, la maîtrise des dépenses publiques…    

 

Mais ce qui est vraiment gênant pour ceux qui comme moi ont été marqués à la politique par Pierre Mendès-France, qui a été l’exemple du désintéressement de l’intégrité et de l’intransigeance morale, c’est de voir ces nouveaux politiques qui s’expriment avec hargne, arrogance, parfois même cette violence pour que soit mis en œuvre ce que nous avions cru être une conviction profonde et qui n’est en réalité que le moyen d’obtenir des avantages.

 

Les écologistes portent une lourde responsabilité dans la crédibilité des idées qu’ils portent, qu’ils prennent garde de ne pas devenir les supplétifs de la République.

 

gpancraz.over-blog.com

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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 12:04

1998 est l’année de la découverte d’une France « noire-blanc-beur ». Elle sera l’honneur de tout un peuple, à qui elle offrira sa première coupe du monde de football.

 

Au delà du sport, l’intellect d’un Lilian THURAM, le charisme d’un Marcel DESSAILLY, la noblesse du timide ZIDANE furent les plus beaux exemples d’une intégration réussie.

 

On devait même dire que l’équipe de France, fut le symbole de la diversité triomphante…

 

Une seule fausse note. Nicolas le rebelle n’en faisait pas parti. Son talent n’était pas en cause. Il était selon l’expression consacrée,  l’un des plus doués de sa génération. Mais sa personnalité, ne cadrait pas avec l’esprit d’équipe, affirmait-t-on sans autre précision.

 

Après la victoire de 98, plus personne n’a pensé à lui. Le défilé sur les Champs Elysées, les distinctions remises aux joueurs, la liesse populaire, allaient le faire oublier. Du moins le croyait-on.

 

En réalité on devait très vite s’apercevoir que derrière les paillettes et les flonflons se dissimulait un mal profond que le comportement inadéquat de Nicolas ANELKA n’avait fait que révéler, et qui avait conduit à l’écarter des sélections du mondial en 1998, 2002 et 2006.

 

On s’est progressivement rendu compte, au fur et à mesure des incidents plus ou moins graves que l’on a vu se succéder, qu’il existait, un  véritable syndrome qui allait se manifester au sein  de l’équipe de France. 

Mondial 2010, après avoir participé aux matches de qualification de l’équipe de France, Raymond DOMENECH a décidé d’emmener Nicolas ANELKA en Afrique du Sud. C’était son premier mondial, et il n’attendit pas plus longtemps que la mi-temps du deuxième match pour dire à son entraîneur, selon le journal l’Equipe qui a révélé l’incident : « va te faire enculer sale fils de pute ». Chacun s’en souvient, il sera écarté de l’équipe, après avoir refusé de faire des excuses.

Plusieurs joueurs, rendus fous furieux par la sanction infligée à l’enfant de TRAPPES, qui à leurs yeux comptait infiniment plus que l’équipe qu’ils étaient censés servir, allaient montrer au monde entier ébahi, de quoi ils étaient capables. Ils ridiculisèrent tout un pays en s’isolant dans un bus, une sorte de prise d’otage de l’équipe France, par quelques joueurs, les autres acceptant de suivre le mouvement. Ils eurent comme exigence, la lecture d’un communiqué en leur nom, et ce dernier, devant le chantage à la grève, s’exécutera.

Les sanctions furent dérisoires, à l’exception de celle infligée à ANELKA, qui avait fait savoir qu’il ne remettrait jamais plus les pieds en équipe de France. Il avait enfin été jusqu’au bout de sa logique.

Le syndrome ANELKA, avait fait son chemin. On avait osé s’attaquer ouvertement à l’équipe de France, en la discréditant dans son exercice suprême, celui de la coupe du monde. Il atteignait de plus en plus de joueurs et jusqu’à son entraineur. En 2010, Raymond DOMENECH, a refusé à la fin du match contre l’Afrique du Sud de serrer la main de son entraineur. Là encore, cela ne s’était jamais vu dans l’histoire du football. La France et son équipe furent la risée du monde entier, il fut même un moment question de la voir sanctionner par la Fédération internationale.

 

Il est vrai que depuis longtemps, des signes évidents avaient-été adressés à tous ceux qui voulaient bien prendre la peine de les lire. Pas question pour nombre de joueurs de chanter l’hymne national, que de toute façon ils ne connaissent pas, tandis que d’autres très gênés sur l’attitude à avoir, se contentent de remuer à peine les lèvres. Pas question non plus de condamner les sifflets qui leurs furent infligés au Stade de France lorsque l’équipe nationale fut opposée à des équipes du Maghreb. Au mieux, ils trouvèrent cela étrange. De toute façon, selon les observateurs les plus avisés, ce n’était que du folklore communautaire. Pas de manifestations excessives d’enthousiasme lorsque l’on marque un but ou que l’on gagne en équipe de France, cela peut avoir un caractère ambigu. Les actes anti sportifs se multiplient. Entre joueurs, refus de se serrer la main lorsque l’on est remplacé, et aussi contre l’entraîneur, dont l’autorité est de moins en moins reconnue. On ne compte plus les actes d’incivilités envers les supporters. En définitive, les  joueurs vont s’en tenir à l’aspect footballistique des choses. Dès le match terminé, ils fixent leur casque audio sur leurs oreilles, pour signifier à tous que c’est fini.

Et Zizou ? Le gentil Zizou si poli, si timide, si talentueux. Le contre exemple parfait de tout ce qui vient d’être dit. La vraie vitrine de l’intégration réussie, de la diversité comme on l’aime. La preuve par l’exemple de tout ce que les politiques gouvernementales ont cherché à faire depuis des décennies. La preuve qu’il n’existe pas de syndrome ANELKA.

Mondial 2006… d’un coup de tête d’un seul, il a tout effacé, il est rentré dans le rang. Plus de Zizou bien élevé et soumis. Il a montré de quoi il était capable. Une histoire de maillot tiré et  de mots  comme il s’en dit à longueurs de terrains et à longueur de temps et voilà ! Ma sœur a été insultée expliquera-t-il. Il y a fort à parier que personne ne savait, et en particulier pas le joueur italien, que Zidane avait une sœur.

Mais qu’importe. Cela lui est apparu suffisant pour fiche en l’air une finale de coupe du monde.

Voilà ! Il a effacé 98, il a annoncé 2010. Les gosses de banlieue ont été fiers de son acte pour laver « l’honneur d’une sœur ». Ils ont d’ailleurs dit qu’ils auraient fait de même. Et puis  tout le monde l’excusera, seule façon de justifier l’injustifiable, de ne pas voir la réalité en face et lui-même, selon le scénario bien connu, dira qu’il regrette son geste.

Les compétitions européennes de l’équipe de France se dérouleront dans le même état d’esprit. Euro 2008. La France termine dernière de son groupe dans une ambiance détestable. NASRI et BENZEMA auraient perturbé le groupe, par un manque de respect envers les anciens joueurs. Problèmes générationnels nous a-t-on dit. On ne devait pas en savoir plus.

 

Euro 2012, le syndrome ANELKA est plus que jamais présent. BENARFA a envoyé « bouler » son entraîneur à la mi-temps d’un match, MENEZ a invité l’arbitre à aller se faire enculer, tandis que NASRI en mal d’imagination a proposé à un journaliste d’en faire de même.

 

Laurent BLANC  et Noël LE GREAT estiment qu’ils n’ont pas à s’en mêler, que c’est un problème qui concerne les joueurs. Pour Guy ROUX, si NASRI est sanctionné, le journaliste doit l’être aussi. La ministre des sports, s’en lave les mains à son tour, considérant que le problème doit-être réglé entre les instances sportives et les joueurs. Enfin PLATINI, explique que si on avait dû le suspendre à chaque fois qu’il avait insulté des journalistes …Les uns comme les autres ont tous oublié un petit détail, ces joueurs, ont commis leurs manquements en tant que joueurs de l’équipe de France et non à titre individuel.  

 

Il y aura quelques vagues regrets et ce sera fini jusqu’à la prochaine fois. Tiens, NASRI vient juste de les tweeter, vraisemblablement sur les conseils avisés de ses sponsors. Les sponsors qui craignent pour leur image sont la limite de l’exercice. Heureusement qu’ils sont là ceux là... Un comble tout de même.  

 

Seule voix non concordante, Mourad BOUDJELLAL, président du Rugby club toulonnais :

« Ce sont des enfants gâtés dont on a fait des stars, qui se comportent comme des petites frappes de banlieue. (…) Il faut se séparer de ces jeunes qui ne répondent plus à aucun de leurs devoirs. Ils devraient transmettre l'amour de leur pays, et, au lieu de ça, que retient un gamin des cités du comportement de NASRI ? »

 

Et si c’était la solution ? Ne faire jouer en équipe de France que les joueurs qui en ont envie. Mais justement là est le problème. Le syndrome ANELKA ne permet pas de les détecter. C’est un syndrome ambigu. Tout le monde s’accorde à dire qu’il n’y a rien eu ou à tout le moins rien de grave. Quant aux joueurs, Comme NASRI, sentant le danger, ils répètent à chaque fois qu’ils aiment l’EDF. Oui, c’est ainsi paraît-il qu’ils appellent l’équipe de France. C’est drôle, non ?

 

Laurent BLANC, ayant compris qu’il n’y arriverait pas, n’a pas demandé son reste. Didier DESCHAMPS connaît trop la musique pour s’embarquer dans pareille galère.  Le problème parait en effet dépasser largement celui de l’entraineur, peut-être même celui de l’équipe de France, mais c’est une toute autre histoire…Et de ces histoires là, personne ne veut en  entendre parler, c’est tabou. Alors continuons ainsi, après tout on peut vivre sans foot, n’est ce pas ?  

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23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 18:24

 

Une vraie gueule d’acteur de western américain, un regard bleu acier doux et déterminé, un sourire pas trop appuyé, à la fois charmeur et volontaire, qui en dit long sur son assurance. Grand, bel homme, belle allure, de la prestance à revendre, il n’y a rien à dire, il a le physique de l’emploi, la France a un Premier ministre de rêve.     

 

Mais Jean-Marc EYRAUD est tout sauf un premier Ministre d’opérette. Ce n’est pas un collaborateur ou un adjoint. Pour reprendre la fameuse expression de l’un de ses prédécesseurs parlant de sa relation avec le Président de la République, il pourrait dire à son tour, « lui c’est lui et moi c’est moi ».

 

Il va sans la moindre réserve « déterminer et conduire la politique de la nation » ainsi que le lui prescrit la Constitution. François HOLLANDE l’avait d’ailleurs répété pendant toute sa campagne.  

 

En une poignée de semaines, il a déjà bien montré qu’il est le chef du gouvernement et qu’il a bien l’intention d’exercer pleinement ses prérogatives.  

Dans le délicat dossier avec l’Allemagne, il a mis de l’huile dans les rouages de la relation quelque peu tumultueuse, entre François HOLLANDE et Angela MERCKEL. Il a accordé, jeudi 21 juin, un entretien au journal Die ZEIT dans lequel il a concédé que les eurobonds, dont François HOLLANDE avait fait son cheval de bataille en matière de politique monétaire européenne,   ne pourraient pas voir le jour avant plusieurs années.

Certes, cette déclaration a été faite avec l’accord de François HOLLANDE. 

Mais peu de présidents auraient donné à leur Premier ministre la possibilité d’intervenir sur un sujet aussi sensible, et pour atténuer ses propres propos.

 

Jean-Marc EYRAUD a par ailleurs montré à ses ministres qu’il était le patron et qu’il n’avait pas l’intention de voir les choses partir dans tous les sens.

 

Le bouillant Vincent PEILLON a ouvert le feu, sur un sujet assez modeste, il a décidé de rallonger les vacances de la toussaint. Il a été immédiatement recadré. Il attendra que le gouvernement, c'est-à-dire le Premier ministre, en décide.

 

Pour Cécile DUFLOT et la dépénalisation du cannabis, il lui a répondu sèchement que cela ne faisait pas parti du programme gouvernemental. Cela équivaut à un véritable carton jaune. Cécile DUFLOT l’a bien compris ainsi. Elle a assuré que cela ne se reproduirait plus, car elle  avait l’intention d’abandonner ses responsabilités partisanes, ce qui a été fait ce samedi 23 juin.

 

Un plus gros morceau, l’affaire du tweet de Valérie TRIERWEILER. D’aucun aurait éludé la question, pas Jean-Marc EYRAUD : « il faut que chacun reste à sa place ». Cette brève remarque vaut mieux qu’un long discours. Autrement dit  la compagne du président n’a pas à se mêler de ça.

 

Une affaire passée presque inaperçue, mais d’une très grande importance. Les forages pétroliers au large de la Guyane, qui concernent à la fois les guyanais, et les écologistes qui y sont farouchement hostiles.

 

Jean-Marc EYRAUD pragmatique, à qui la Shell a dit qu’avec les réserves de pétrole que l’on extraira la France pourrait devenir le Qatar de l’Europe, va régler ce problème en deux temps trois mouvements.

 

Nicole BRICQ, ministre de l’écologie et du développement durable, qui avait annoncé imprudemment l’arrêt des recherches va aller exercer ses talents au commerce extérieur, où il ya beaucoup à faire. Delphine BATHO la remplace. Christiane TAUBIRA originaire de Guyane s’en passera. On dit qu’elles ne s’entendaient pas à merveille.

 

Cécile DUFLOT n’a pas bronché, elle n’a pas intérêt et elle le sait si elle veut rester ministre. Le sénateur Jean-Vincent PLACE s’est contenté de dire que ce n’était pas un bon signe pour l’écologie et a fustigé Daniel COHN BENDIT qui n’a pas apprécié le comportement de ses camarades.

 

Ça y est le gouvernement EYRAUD 2 est formé. « Si quelqu’un a quelque chose à dire qu’il le dise tout de suite ou qu’il se taise à jamais. »        

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 18:01

 

La diversité représenterait 12% de la population. Tout le monde s’accorde pour dire que cette proportion ne se retrouve pas dans les institutions de la République.

 

Les élections législatives des 10 et 17 juin le confirment. Malgré un effort sans précédent, seuls 3,3% de candidats à la députation sont issus de cette catégorie sociale.

 

En définitive ils ne seront que 7 à accéder au Palais Bourbon, soit 1% de la représentation nationale.

 

Si l’on avait voulu que la diversité soit représentée selon son importance, il aurait fallu que 69 députés puissent se prévaloir de cette appellation, nous sommes loin du compte.     

 

Mais les choses ne sont pas si simples. Ce chiffre de 7 qui peut apparaître dérisoire aurait pu être divisé par trois sans la ferme volonté du parti socialiste.

 

Même Rama Yade, l’égérie de la diversité, la « chouchoute des médias », la reine des sondages,  a été éliminée au premier tour des législatives. L’investiture du parti radical s’étant révélée un peu juste.

 

De même que  les Fadela Amara, Nora Bera, Jeannette Bougrad et Rachida Dati, après avoir été promues par l’ex majorité présidentielle au rang de vedettes de premier plan de la politique française, resteront sur le bord de la route. L’UMP ne leur a pas proposé d’investitures, susceptibles de leur permettre de devenir députées.

 

C’est là toute l’ambiguïté de l’UMP, qui en est restée dans ce domaine à un pur affichage, alors même, ainsi que l’a souligné  Dogad Dogui, président de France Diversité, « qu’il aurait fallu être costaud dans les derniers temps pour porter le discours de Sarkozy quand on est noir ou arabe ».

 

Le Front de gauche, malgré un engagement très fort dans ce domaine, n’a proposé aucune circonscription « gagnable » à l’une ou l’un de ses militants issus de la diversité. Quant à EELV, il a investi Léla Bencharif dans la 4e circonscription de la Loire, qui a été battue par son adversaire UMP.

 

Seul le parti socialiste a placé dans une dizaine de circonscriptions qui leurs sont en principe acquises, des candidats de la diversité.

 

7 députés ont ainsi été élus, militants engagés depuis fort longtemps dans la vie politique, leurs candidatures sont parfaitement légitimes.

 

Il s’agit de Seybah Dagoma (Paris), d’origine tchadienne, de Razzy Hammadi (Montreuil-Bagnolet), Malek Boutih (Morsang, Essonne), Kheira Bouziane (Chenôve-Dijon), Chaynesse Khirouni (Nancy), Kader Arif (Haute-Garonne), d’origine algérienne par leur  naissance ou/et  par leurs parents. Enfin, Pouria Amirshahidu d’origine iranienne remporte la 9ème circonscription des Français à l’étranger du Magreb-Afrique de l’Ouest.  

 

Les choses ne se sont pas faites simplement. Christophe Borgel secrétaire national aux élections au parti socialiste, a reconnu qu’il a fallu parfois « taper sur la table » pour obtenir ce résultat. 

 

La volonté politique d’intégrer des communautés par la promotion  de leurs  représentants dans les institutions, parce qu’ils ne peuvent y accéder  « normalement », est  le signe d’un échec.

 

Echec, car cette promotion a comme fondement un critère racial. Elle procède de ce que l’on appelle la discrimination positive, l’idée étant de compenser une injustice par une autre injustice.

 

Cela n’empêche pas de se féliciter d’une telle mesure qui ne pouvait être plus différée. Mais  elle ne peut être que provisoire, sauf à donner le sentiment, aux autres citoyens ou à d’autres communautés sociales ou économiques de l’existence d’une situation de favoritisme à leur détriment.

 

Si l’on y prend garde, l’idée même de diversité est, dans une certaine mesure, de nature à faire reculer un peu plus la perception que les citoyens ont à l’égard de ceux que l’on cantonne et qui parfois se cantonnent dans leurs origines.  

 

L’introduction de représentants de communautés discriminées au plus haut niveau des institutions de la République ne doit donc être qu’un moyen parmi d’autres pour faire reculer les conséquences négatives de cette diversité.

 

Le plus important de ces moyens passe par les intéressés eux-mêmes. Le communautarisme rend difficile toute intégration, y compris vis-à-vis des autres membres de la diversité qui lui sont totalement étranger.

 

La première obligation citoyenne est le vote. Les plus forts taux d’abstention électoraux se trouvent dans les quartiers où justement la diversité est importante. La seconde est d’acceptée les institutions de la République. Il n’est pas admissible que les incidents ou accidents qui ont lieu dans certaines banlieues ne trouvent comme réaction que de véritables émeutes, avant même que ne soient connues les faits et les mesures prises.

 

Sans qu’il soit question pour eux de renier leurs origine qui sera toujours leur bien le plus précieux, les députés issus de la diversité, devront gommer leur diversité et apparaître comme des députés de la nation et non d’une communauté. L’erreur serait de constituer au sein du parlement un groupe de la diversité.

 

Lors de la dernière législature, il n’y avait aucun représentant de la diversité à l’Assemblée Nationale. Mme Pau Langevin fréquemment citée, issue de l’Outre Mer ne pouvant être considérée comme telle. On est donc passé de 0 à 7.

 

C’est un premier pas. Le but étant, selon Christophe Borgel, qu’avec le temps les choses puissent se faire naturellement.

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 21:37

Le conseil constitutionnel a incidemment créé, dans une décision rendue en 1999, l'immunité présidentielle qui devait conduire à la réforme constitutionnelle du 19 février 2007.

Le président de la République ne pourra être attrait  devant une juridiction ou une autorité administrative, ni être cité comme témoin. Il perdra son immunité dans le mois qui suivra la cessation de ses fonctions.

Au cours de la campagne pour l’élection présidentielle, François Hollande a fait part de son intention de supprimer ce privilège, ce qui peut apparaître comme particulièrement louable, puisque l’abrogation de cette disposition le priverait, à priori, d’une protection importante.  

Mais à y regarder de plus près, cette immunité ne constitue pas véritablement un avantage pour le Chef de l’Etat. Il a au contraire tout à redouter d’une justice rendue dans de mauvaises conditions et les deux exemples récents, connus de tous, le montrent.

Le premier a concerné la procédure concernant Jacques Chirac dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. Le second est la plainte déposée par Me Olivier Morice, avocat des victimes de l’attentat de Karachi, ce jour 18 juin, contre Nicolas Sarkozy.

Dans le premier exemple, juger quelqu’un, des années après les faits n’a pas beaucoup de sens, tant pour les personnes poursuivies que pour les juges, qui auront du mal à mettre en adéquation l’acte et la sanction, à raison de l’effacement de l’acte avec le temps et de la modification de la personnalité de l’intéressé.

L’état de santé de Jacques Chirac, qui ne se trouvait plus en situation de comparaître devant ses juges, en est l’exemple le plus frappant.

Au plan procédural, les parties comme les témoins auront du mal à répondre avec précision aux questions qui leur seront posées et il sera difficile de leur en faire grief.

Tous les magistrats s’accordent pour dire que la vertu d’une bonne justice, sans être expéditive, est d’être rendue assez rapidement après les faits.   

Même s’il convient de garantir la sécurité juridique du Chef de l’Etat, celui-ci a tout intérêt à être jugé immédiatement, pendant son mandat. Il est sûr que les juges qui seront appelés à juger le Chef de l’Etat,  auront beaucoup plus d’égard envers un président en exercice qu’un président à la retraite, qui plus est lorsqu’il il a été battu et qu’il a accumulé contre lui toutes les rancœurs d’une campagne électorale.

Depuis le 15 juin, Nicolas Sarkozy est susceptible d'être visé par une procédure judiciaire.

La plainte déposée par  Me Olivier Morice pour "violation du secret de l'enquête et de l'instruction", et "violation du secret professionnel", dans le cadre de l'affaire de Karachi est significative. Elle constitue le second exemple.

Elle concerne le communiqué suivant qui avait été publié par l’Elysée.

"S'agissant de l'affaire dite de Karachi, le nom du chef de l'Etat n'apparaît dans aucun des éléments du dossier. Il n'a été cité par aucun témoin ou acteur de ce dossier (...). Cela apparaît dans les pièces de la procédure.".

Dès le 26 septembre 2011, Me Olivier Morice avait déposé une plainte visant les conseillers de la présidence de la République. Elle avait été classée sans suite par le parquet à raison de l’immunité présidentielle.

Or sans immunité, cette plainte aurait pu faire l’objet d’une enquête qui aurait été rapidement traitée.

Les affaires d’une certaine importance sont dites « signalées » par la chancellerie. Le Procureur de la République qui a accès au dossier, tient le Garde des Sceaux informé de leur état par des rapports réguliers.

C’est de cette façon que la présidence de la République a été « normalement » informée par la chancellerie de l’affaire Karachi, et certainement pas par la transmission de l’énorme dossier aux conseillers de l’Elysée, dans lequel ils se seraient plongés pour voir si le nom du Chef de l’état y figurait. Cette plainte a donc peu de chance de prospérer sauf médiatiquement.

Quand on sait que dans ces affaires, c’est l’environnement médiatique qui cause en général le plus gros préjudice, il ne fait guère de doute que cette immunité ne devrait pas survivre au présent quinquennat.

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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 21:00

Lorsqu’il a décidé de se présenter à l’élection présidentielle de 2012, François BAYROU savait que toute nouvelle aventure solitaire serait vouée à l’échec et qu’il ne pourrait plus se payer le luxe d’une autre traversée du désert.

 

Il a donc fait savoir, dès son entrée en campagne, qu’il choisirait son camp à l’issue du premier tour, annonçant de la sorte, par un faux suspense,  son retour au bercail.

 

Faux suspense, car il ne faisait de doute pour personne, que son choix était fait et que son camp serait celui de la droite, non que cette droite là fut son idéal, mais parce qu’elle était sa seule issue.

 

La droite a depuis toujours été sa famille politique, elle est la sensibilité dominante de sa base électorale, c’est avec elle qu’il s’est engagé et qu’il a gouverné.

 

Avec la gauche il n’y a jamais rien eu de très sérieux, hormis quelques vagues flirts sans lendemain. Il ne laissera aucune place à l’ambiguïté et il dénoncera le projet socialiste comme étant en inadéquation avec la situation de crise que connaît le pays.

 

Sa ligne étant tracée, il n’aura de cesse de ménager  Nicolas Sarkozy qui le lui rendra bien. Ils se rencontrèrent à plusieurs reprises et ils en déduisirent, sans se l’avouer,  qu’ils étaient indispensables l’un à l’autre.

 

Nicolas Sarkozy ayant la main, et sachant que François BAYROU était le dos au mur, a pensé qu’il pouvait pousser les feux extrêmement loin, en direction du Front National.

 

Ce fut une erreur. François BAYROU n’a pas supporté la campagne de Nicolas SARKOZY, qui reprenait à son compte un à un les thèmes du Front National, même s’il savait que c’était par pur opportunisme.

 

François Bayrou aurait pu malgré tout se contenter de renvoyer les deux parties dos à dos et se prévaloir d’avoir contribué au résultat final.

 

Mais se sentant tenu par son engagement de choisir et ayant une très (trop) haute idée de ce que doit être la politique, il a refusé ce qu’il considérait être une compromission grave avec sa conscience et il s’est prononcé pour le candidat de gauche « à titre personnel ».

 

il est passé en un instant de son  statut de centriste d’opposition, à celui de centriste rallié à la gauche et s’est alors trouvé dans la situation de se voir imputer par la droite, la défaite de son candidat.

 

La droite l’a alors logiquement rejeté, et la gauche, considérant qu’il était de droite,  ne l’a pas soutenu.

 

Certains, proches de François Hollande comme Pierre Moscovici, ou d’autres, qui ont montré comme Daniel Cohn Bendit, qu’ils avaient une haute idée de la politique, demandèrent que  pour l’occasion, on fasse preuve d’une certaine élégance.

 

Peine perdue. La patronne du parti socialiste n’a rien voulu entendre, rappelant à ceux qui l’auraient oublié, que la politique ne reconnait que les rapports de force.

 

L’UMP et le PS l’ont ainsi exclu du jeu politique, alors même qu’il s’était sacrifié pour préserver des valeurs relatives au respect de l’être humain, valeurs que pourtant les uns comme les autres n’ont cessé de mettre en avant pour stigmatiser le Front National. 

 

Voilà désormais François Bayrou, seul avec sa conscience, sanctionné pour s’en être prévalu.

 

Et peut-être qu’un jour, l’histoire dira qu’un dimanche de 2012, dans la deuxième circonscription des Pyrénées atlantiques, la gauche et la droite ont fait « tomber » l’un des adversaires les plus sincères du Front National.

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 07:19

François Hollande ne pourra pas faire comme s’il s’agissait d’un non évènement. L’explication de la porte parole du gouvernement selon laquelle Valérie Trierweiler est une femme libre qui a le droit d’exprimer les opinions qu’elle veut n’est pas acceptable. Elle est la compagne d’un homme qui représente la France, elle ne peut donc agir comme bon lui semble. Les dommages qu’elle est susceptible de causer à l’image de son compagnon se répercutent sur celle de la France.

 

Il est incontestable qu’en réalité, Valérie Trierweiler n’a pas cherché à adresser un signe de solidarité à un ami fidèle, ce qu’elle aurait pu faire normalement par un simple appel téléphonique. Allant à l’encontre de la position prise par son compagnon Président de la République, elle a créé une situation délétère pour celui-ci, en soutenant  publiquement l’adversaire de celle qui demeure pour des raisons inexpliquées sa rivale.

 

Le modus operandi, le tweet, signe l’acte de malveillance.

 

L’hypothèse « règlement de compte » envers François Hollande, qui se serait montré trop empressé pour soutenir Ségolène Royal, émise par de nombreux observateurs, prend tout son sens.

 

Plusieurs faits révélateurs de l’existence d’une situation hautement problématique avaient déjà été notés. En particulier, l’absence dans le film de l’histoire du parti socialiste, créé pour la campagne de François Hollande, de la présence de Ségolène Royal au second tour de l’élection présidentielle de 2007, alors qu’il s’agissait d’un évènement sans précédent. Pour la première fois de l’histoire de la République, une femme accédait à ce stade de la compétition. Ce manquement qui rappelle ces dictatures qui écartent les parties de l’histoire qui ne leurs conviennent pas est indigne. De même que l’éviction de la cérémonie d’investiture de Ségolène Royal dont la présence était justifiée à plus d’un titre au regard du protocole et des invités qui se trouvaient présents, est apparue comme étant d’une grande indélicatesse.

 

François Hollande aurait dû être alerté par ces incidents, et d’autres encore, et y mettre bon ordre. Pour ne l’avoir pas fait il se trouve aujourd’hui en butte aux lazzis les plus attentatoires à sa dignité. Il apparaît comme un homme faible, incapable d’imposer à sa relation la plus proche, celle qui aurait dû le plus le protéger et qui au contraire le ridiculise, un devoir de réserve minimum.

 

Par un comportement que l’on connaît bien et qui consiste à aller de concession en concession, il a donné la possibilité à sa compagne de le mettre en danger politiquement.      

 

Ainsi, après quelques semaines d’exercice du pouvoir, tout le crédit qui résulte de l’élection présidentielle a été annihilé par un tweet -on a parlé de coup de poignard-  provenant, non de l’un de ses opposants les plus farouches, mais de sa propre compagne, qui a agi en pleine connaissance de cause avec la volonté évidente de lui nuire.

 

Ainsi,

 

-Elle n’a pas hésité, à quelques jours d’une échéance électorale majeure, à mettre en difficulté le parti socialiste, sans se préoccuper de savoir si le discrédit ainsi occasionné n’est pas susceptible d’avoir une incidence sur le résultat des élections ;

 

-Elle a donné à l’opposition une argumentation facile, pour lui permettre d’apporter la contradiction au parti socialiste, qui aura du mal à stigmatiser au nom de certaines valeurs humaines  la position  de l’UMP vis-à-vis du Front National ;

 

-Elle a obligé le Premier ministre à rappeler publiquement sa position en faveur de l’ancienne candidate à la présidentielle et par la même à s’opposer à la compagne du Chef de l’Etat à qui il devait au passage faire la leçon, créant au sommet de l’Etat une situation  trouble ;

 

-En mettant en lumière l’investiture de Ségolène Royal, à qui elle semble avoir pour seul reproche,  d’avoir été la compagne de François Hollande pendant plus de vingt ans et d’avoir eu avec lui quatre enfants, Valérie Trierweiler, outre qu’elle est sortie de son rôle,  n’a pas fait preuve d’une grande hauteur d’âme ;

 

-On peut s’étonner de cette hargne qui l’habite, contre l’ancienne compagne de François Hollande, alors que l’on aurait pu penser, que Ségolène Royal aurait eu à priori, des motifs plus importants de lui en vouloir ; 

 

-Sachant que la femme du Chef de l’Etat peut avoir sur lui une certaine influence, l’image qu’elle a donné d’elle, celle d’une femme hargneuse, rancunière et mesquine est préoccupante ;

 

- Dans la période difficile que connaît la France, on aurait préféré que la compagne du chef de l’Etat se montre soucieuse de problèmes plus graves qui touchent le pays, plus que de futiles rivalités amoureuses ;

 

-Elle a porté une atteinte considérable à l’image du Président de la République qui seulement quelques semaines après son investiture, va se  trouver dans une situation peut-être pire que celle qu’il n’a cessé de dénoncer chez son prédécesseur et qui va désormais le handicaper pendant tout le cours de son mandat ;

 

-Elle a mis le président de la République devant le fait accompli ce qui ne permet pas de supposer qu’il existe entre eux une grande relation de confiance ;

 

-Elle a montré qu’elle pouvait  se permettre de lui causer un tel affront, sans courir le moindre risque quant à leur situation relationnelle ;

 

-Elle a apporté de l’eau au moulin des humoristes et des caricaturistes qui font état d’une certaine faiblesse du chef de l’Etat vis-à-vis de cette dernière ;

 

-Elle n’a pas cherché à minimiser l’affaire ou à l’atténuer, de quelque façon que ce soit, après le tollé qu’elle a suscité.  

   

On apprend ce mercredi, qu’elle aurait demandé, à la rédaction du journal Le Monde, le retrait de deux photos la montrant assistant à la prise de vue de Raymond Depardon pour le portrait officiel du chef de l'Etat. « Un papier peu flatteur pour Valérie Trierweiler accusée de faire pression sur une rédaction pour le retrait de ces deux clichés. »

 

Ici encore et dans un autre domaine où n’existe même pas l’excuse de la passion amoureuse, son comportement, contraire à toutes les règles qui régissent les rapports entre le pouvoir et la presse, montre une grande fragilité de comportement de la première dame de France.

 

Plus inquiétant, une de ses amies a déclaré au Grand Journal de Canal+ mercredi 13 juin qu’elle a été étonnée de l’ampleur prise par cette affaire et qu’elle avait bien l’intention de conserver sa liberté de parole.

 

Une telle situation ne pourra perdurer sans entraîner de dommage au crédit du Chef de l’Etat.

 

S’il réagit vite et fort, personne ne pourra lui faire grief de n’avoir pu maîtriser une situation qui résulte d’une initiative prise à son insu. Dans le cas contraire, on pourra considérer qu’il a en quelque sorte « validé «  ce comportement.

 

On peut supposer alors que le Président ira au devant de grandes déconvenues, l’expérience ayant montré que dans ce type de situation, les choses vont plus en s’aggravant qu’en s’apaisant.  

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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 14:33

« Le mieux est souvent l’ennemi du bien ». Jusqu’en 2002, l’article 222-33 du code pénal disposait que le harcèlement sexuel était « Le fait de harceler autrui en donnant des ordres, proférant des menaces, imposant des contraintes ou exerçant des pressions graves dans le but d'obtenir des faveurs de nature sexuelle, par une personne abusant de l'autorité que lui confèrent ses fonctions(…) »

 

Estimant que la loi n’était pas suffisamment protectrice des victimes, en 2002, le législateur a modifié cet article juridiquement parfait, en supprimant les éléments permettant de le définir, ce qui devait le rendre d’application plus simple.

 

L'article a été rédigé comme suit : « Le fait de harceler autrui dans le but d'obtenir des faveurs de nature sexuelle est puni d'un an d'emprisonnement et de 15000 euros d'amende. »

 

A la suite d’une question prioritaire de constitutionnalité, le Conseil Constitutionnel a déclaré l’article 222-33 inconstitutionnel, car trop flou et trop imprécis.

 

Les procédures en cours sont alors devenues caduques, et la loi pénale n'étant pas rétroactive les faits de harcèlement sexuel ne pourront plus être poursuivis jusqu'à promulgation d'une nouvelle loi, et seulement pour les faits qui seront postérieurs à cette promulgation.

Le nouveau texte adopté ce mercredi 13 juin en Conseil des ministres,  prévoit deux types de harcèlement.

 

La première forme, punie d’un an d’emprisonnement et de 15.000 euros d’amende, consiste à « imposer à une personne, de façon répétée, des gestes, propos ou tous autres actes à connotation sexuelle soit portant atteinte à sa dignité, en raison de leur caractère dégradant ou humiliant soit créant pour elle un environnement intimidant, hostile ou offensant ».

 

Il appartiendra aux juges de déterminer au cas par cas, ce que l’on doit entendre par acte à connotation sexuelle selon la nouvelle loi.

 

On peut dire cependant qu’il s’agit de tout acte dont l’objet est d’aboutir à une relation charnelle.

 

Le texte précise que cet acte est attentatoire à la dignité, c'est-à-dire qu’il sera commis sans égard ni respect pour la personne concernée, ou qu’il créera pour elle « un environnement intimidant, hostile ou offensant », c'est-à-dire qu’il sera ressenti par cette dernière comme une pression insupportable.

 

Autrement dit, la demande, que le projet de loi exige « imposée » et « répétée », de relation sexuelle, sous quelque forme que ce soit, devra contenir un caractère irrespectueux ou de nature à faire pression sur la personne qui en est victime.

 

Ce type d’acte est en dehors du jeu qui peut exister entre un séducteur et une personne que ce dernier  cherche à séduire. Un homme pourra parfaitement complimenter sa collègue de travail, sur sa toilette, lui marquer son intérêt avec une certaine insistance, même si cela pourra parfois apparaître comme gênant ou désagréable pour cette dernière, sans que cela ne soit ni dégradant ni humiliant. 

 

Autrement dit, les juges devront distinguer entre « faire la cour » qui fait parti du domaine de la vie courante, et le  « harcèlement », qui apparaît comme une agression quasi-physique.

 

Ils devront tenir compte de la personnalité des personnes, de leur âge, de leur situation professionnelle,  de leur condition sociale et de tous autres éléments de nature à les éclairer sur le caractère de ce qui est recherché par l’un et de la perception que peut en avoir l’autre.

 

Dans la seconde situation, « est assimilé à un harcèlement sexuel », le fait mentionné dans le premier cas qui, « même en l’absence de répétition, s’accompagne d’ordres, de menaces, de contraintes ou de toute autre forme de pression grave accomplis dans le but réel ou apparent d’obtenir une relation sexuelle ». Dans ce cas de figure, les faits seraient punis de deux ans d’emprisonnement et 30.000 euros d’amende.

Ici le fait de harcèlement peut-être unique, car beaucoup plus grave, puisque l’agression est directe et univoque, mais accompagnée d’autres éléments qui pourraient même pour certains d’entre eux faire l’objet d’une incrimination distincte.

 

On peut dans ce second cas de figure y déceler une violence plus directe encore et plus pressante. Nous sommes ici pratiquement entre le harcèlement et la tentative de viol.

 

« C’est un texte compliqué, c’est une usine à gaz », a réagi Marilyn Baldeck, la déléguée générale de l’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT).

Il est sûr que si le texte est très protecteur pour les harceleurs en puissance, il l’est beaucoup moins pour les victimes, qui en présence d’une incrimination aussi précise devront rapporter la preuve des gestes, propos ou actes à connotation sexuelle.

 

S’il y a des écrits ce sera assez simple, à condition que la présumée victime les conserve. Dans le cas contraire, sauf la présence de tiers et à condition qu’ils acceptent de témoigner, il sera très difficile pour la victime d’en rapporter la preuve.

 

S’il est vrai que le texte actuel est moins favorable pour les victimes d’actes de harcèlement que le précédent, on ne peut faire l’économie de la protection des individus qui doit être assurée, sauf à risquer, en voulant trop protéger une catégorie de citoyens, même de la façon la plus louable qui soit, à ne pouvoir le faire qu’au détriment d’une autre..   

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 09:34

« Le mieux est souvent l’ennemi du bien ». Jusqu’en 2002, l’article 222-33 du code pénal disposait que le harcèlement sexuel était « Le fait de harceler autrui en donnant des ordres, proférant des menaces, imposant des contraintes ou exerçant des pressions graves dans le but d'obtenir des faveurs de nature sexuelle, par une personne abusant de l'autorité que lui confèrent ses fonctions(…) »

Estimant que la loi n’était pas suffisamment protectrice des victimes, en 2002, le législateur a modifié cet article juridiquement parfait, en supprimant les éléments permettant de le définir, ce qui devait le rendre contestable au plan de la régularité constitutionnelle.

L'article est devenu : « Le fait de harceler autrui dans le but d'obtenir des faveurs de nature sexuelle est puni d'un an d'emprisonnement et de 15000 euros d'amende. »

Plus répressif, le délit de harcèlement sexuel était devenu non-conforme à la Constitution. En effet le principe fondamental de légalité des délits et des peines, exige que le citoyen connaisse « à l’avance » et avec précision, les incriminations de la loi pour qu’elle puisse lui être opposée.

Le juge ne pourrait lui rétorquer  que « nul n’est censé ignorer la loi », si celle-ci est peu claire, ambiguë ou insuffisamment précise pour qu’il en connaisse les contours et sache ce qu’il peut faire sans encourir de sanction pénale. C’est à la fois un principe de liberté individuelle et une exigence de sécurité juridique.

A la suite d’une question prioritaire de constitutionnalité, le Conseil Constitutionnel a déclaré cet article inconstitutionnel car trop flou et l'a abrogé avec effet au jour de la publication.

Les procédures en cours sont alors devenues caduques, et la loi pénale n'étant pas rétroactive les faits de harcèlement sexuel ne peuvent plus être poursuivis jusqu'à promulgation d'une nouvelle loi.

Le nouveau texte sera présenté ce mercredi en Conseil des ministres.

Selon ce qu’il en a été rapporté par certains médias, deux hypothèses sont prévues.

La première hypothèse prévoit le cas où il n’y aura pas de proposition claire de nature sexuelle, mais des réflexions déplacées ou désobligeantes, graveleuses,  qui laissent à penser que leur auteur, collègue, camarade de travail, supérieur hiérarchique,  poursuit le dessein d’avoir avec la personne qui en est l’objet, une relation d’ordre charnel Il sera nécessaire pour que la sanction puisse être prononcée qu’il y ait eu répétition de ces actes.

Le texte vise ici les dragueurs sur les lieux de travail qui vont rapidement se transformer en harceleurs par leur insistance et le trouble grave qu’ils causent à leurs victimes.

Ces dernières devront alors en rapporter la preuve par tous moyens. Elles pourront fournir par exemple des mails, des SMS ou encore des témoignages. Elles devront aussi justifier de ce que les faits de harcèlement lui ont causé un préjudice, qui sera en général  d’ordre psychologique, ce pourra être un traumatisme, une dépression avec parfois l'obligation de changer de travail. Dans ce cas-là, le harceleur risquera 1 an d'emprisonnement et 15.000 euros d'amende.

Dans la seconde hypothèse prévue par le projet gouvernemental, il suffira pour tomber sous le coup de la loi que quelqu’un propose clairement une relation sexuelle, qu’il parle de sexe à la personne ou qu’il la touche à cette fin. Une seule fois suffit. Il encourt alors 2 ans d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende, soit deux fois plus que la peine prévue dans la loi précédente.

Sous réserve de connaître avec une plus grande précision le texte définitif qui sera proposé au parlement, si la première hypothèse est assez protectrice des victimes et donne aux auteurs présumés une sécurité juridique satisfaisante, la seconde en revanche rend préférable d’éviter d’aborder, tout sujet qui pourrait être interprété comme une invite à une relation charnelle, cette interprétation pouvant être extrêmement subjective selon la personnalité de chacun.

D’autant que dans cette seconde hypothèse, il ne semble pas qu’il soit nécessaire que cela ait causé une atteinte psychologique ou autre à la personne qui en est l’objet ni qu’il y ait eu répétition des actes fautifs.

Pour être simple, il est sûr que « la drague » un peu rapide ou maladroite, ou qui ne respecte pas les paliers que la bienséance exige, fait risquer, à  « l’empressé » la correctionnelle.

Maintenant, pour les plus prudents, nous savons qu’il existe désormais et en particulier sur internet des sites de rencontres qui permettent, le romantisme en moins, de mettre en relations les personnes qui cherchent l’âme sœur « et plus si affinité » sans encourir le  risque de la loi pénale.     

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 18:46

 

Les responsables UMP expliquent inlassablement et Claude Guéant hier encore, lors de la soirée électorale sur le plateau d’Antenne 2, qu’un accord ne pouvait pas être envisagé avec le Front National : « Nous n’avons pas les mêmes valeurs et notre politique est différente sur de nombreux points comme l’Europe et l’économie ».

 

Pourtant, la politique menée par Claude Guéant en tant que ministre de l’intérieur, ne permet pas de déceler, dans les mesures prises et les déclarations faites, des différences significatives avec le parti de Marine Le Pen,  qui justifieraient une telle prise de position.

 

Des politiques différentes n’ont jamais empêché des accords, ne serait-ce qu’électoraux. Les différences de fond étaient bien plus importantes en 1980, entre le parti socialiste et le parti communiste qui avait pour modèle l’Union Soviétique. Cela ne les avait pas empêché de faire un accord de gouvernement.

 

Nadine Morano, membre éminente de l’UMP et déléguée générale aux élections, devait faire beaucoup moins de « chichis ». Elle a répété sur toutes les chaînes de télévision et sur tous les tons, qu’elle partageait les mêmes valeurs que les électeurs du Front National et qu’elle les appelait à voter pour elle.

 

Nicolas Sarkozy lui-même, dont elle a été la ministre la plus fidèle, avait déjà  clairement adopté ces valeurs, au cours de ses deux campagnes électorales en 2007 et en 2012.

 

Cette argumentation des valeurs, qui empêcherait tout accord électoral est reprise par la gauche, elle y trouve aussi son intérêt, car elle est la digue qui interdit à l’UMP toute alliance avec le Front National.

 

Elle permet à la gauche de demeurer majoritaire au fil des élections. Deux exceptions qui n’en furent pas : Jacques Chirac fut élu, mais grâce aux voix de gauche pour cause de fracture sociale la première fois et de présence de Jean-Marie Le Pen la seconde, Nicolas Sarkozy le fut à son tour, grâce aux voix du Front National ayant repris à son compte les thématiques de ce parti.

 

Dès ce lundi matin, au lendemain du premier tour des législatives, Martine Aubry a annoncé les décisions prises à l’égard d’un certain nombre de circonscriptions pour « faire barrage au Front National ». Elle a demandé à certains candidats du Parti Socialiste de se retirer et à leurs électeurs qui avaient voté pour eux de voter pour le candidat UMP, au nom des valeurs républicaines. Elle a suggéré à l’UMP de faire de même.

 

Est-ce au nom des valeurs républicaines que ces décisions ont été prise, ou dans une stratégie bien comprise de division de la droite ?

 

Les pertes électorales qu’accepte toutefois de subir le parti de droite depuis de nombreuses années, et alors même que des enquêtes ont montré que son électorat était pour un accord avec le Front National, ne peuvent en aucune façon s’expliquer par le motif des valeurs.

 

Non, la réalité est ailleurs. Claude Guéant a ajouté subrepticement lors de son intervention que  de toute façon le FN prônant la disparition de l’UMP, il est hors de question de faire un quelconque accord avec lui.

 

Et c’est là que se trouve le véritable enjeu. Tout accord global, ne serait-ce qu’électoral avec le parti de Marine Le Pen, conduirait à une scission du vieux parti gaulliste de l’après-guerre.

 

Il y a en effet au sein de l’UMP deux tendances fortes qui cohabitent mais dont les différences de fond sont très importantes.

 

La droite Républicaine, incarnée après quelques hésitations (1974 et sa prise de position pour Valéry Giscard d’Estaing), par Jacques Chirac, sous l’influence de Philippe Seguin et la droite traditionnelle, qu’elle soit légitimiste, bonapartiste ou orléaniste,  qui a été incarnée par Valérie Giscard d’Estaing, Edouard Balladur et Nicolas Sarkozy dans sa période la plus récente.

 

Chacun sait combien la guerre a été sans merci entre ces deux droites. Jacques Chirac qui n’hésita pas à faire voter pour François Mitterrand contre Valérie Giscard d’Estaing, et qui devait prendre parti ouvertement pour François Hollande, en réalité contre Nicolas Sarkozy.

 

Balladur et Nicolas Sarkozy firent de leur côté tout ce qu’ils purent, même après la réhabilitation de ce dernier, pour s’opposer à Jacques Chirac, avec au final, la rupture comme choix de thème de campagne en 2007.

 

Cette division entre les deux droites a été encore marquée par la violence inouïe qui a opposé Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin, puis par la campagne présidentielle de 2012 qui a montré que les thèses du Front National et celles de Nicolas Sarkozy, influencé plus par Patrick Buisson que par Henri Guaino, étaient extrêmement proches.

 

Jean-Louis Borloo et le parti radical devaient d’ailleurs marquer ouvertement leur désapprobation et se retirer de l’UMP.

 

Tous les responsables de l’UMP savent bien, quel que soit leur camp, que tout accord si minime soit-il avec le Front National fera disparaître le parti gaulliste qui se partagerait entre la droite républicaine et la droite nationaliste.      

 

Il y a certes eu, sous la pression de son électorat, à laquelle il lui aurait-été difficile de résister plus longtemps, une évolution de l’appareil de l’UMP dans sa relation électorale avec le FN. Du vote en faveur du parti républicain et donc du parti socialiste, l’UMP est passée au vote ni Front National ni gauche, depuis les dernières cantonales. Le « ni ni » vient d’être confirmé pour les présentes élections. Mais il sera difficile pour l’UMP d’aller au-delà, sauf à prendre le risque de disparaître.  

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