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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 06:14

 

La lettre que je reproduis ci-après a été publiée dans businessNews.com.tn, site d’information tunisien que nous recommandons à tous ceux qui s’intéressent à la Tunisie. C’est à la suite du décès de son beau-père que Nizar CHAARI a écrit cette lettre. Mohamed Aziz MILED a été un homme d’affaires tunisien. Issu d’un milieu modeste, il a commencé sa vie en vendant à la criée , à Hammamet, des tapis de Kairouan sa ville natale. Il devait se lancer dans le tourisme, l’hôtellerie et les transports. Il a fait parti de ces hommes de l’ère Bourguiba, ces enfants de l’indépendance, qui partis de rien ont pu, par leur travail, leur persévérance et leur amour de la Tunisie arriver au sommet de l’échelle sociale. On l’a dit proche de l’ancien régime. Mais comment pouvait-il en être autrement. Je n’ai pas connu Aziz MILED. Je ne connais pas son gendre ni quiconque de sa famille. Je ne puis donc pas témoigner qu’Aziz MILED avait toutes les vertus que son gendre lui prête. Mais pour qui aime passionnément la Tunisie, pour qui connaît les tunisiens,  une telle lettre, si criante de vérité, si émouvante, est pour moi une preuve suffisante. La Tunisie est faite de ces hommes bons, modestes, sensibles et généreux. L’hommage que lui a rendu son gendre montre que cette trempe d’homme se perpétue, et c’est réconfortant. En France, c’est l’affaire ALLIOT Marie qui l’a mis sur le devant de la scène. Il l’avait invité à l’accompagner dans son avion pour aller de Tunis à Tabarka (175 kms), où lui-même se rendait, et c’est ce qui devait déclencher la polémique qui a abouti à la démission de la ministre. Aziz MILED a été victime des polémiques politiciennes françaises. Pour lui, Michèle ALLIOT  MARIE était une amie de longue date qui était dans son pays et à qui il devait l’hospitalité. Aziz MILED était un  Tunisien, il s’est éteint le 7 novembre 2012.Paix à son âme.     

                                                               *

A mon père Aziz MILED, vous avez vécu dignement, vous êtes parti dignement 

Si Aziz, je n’ai pas pu dormir cette nuit sans écrire ces quelques mots. Ça ne vous servira à rien, que Dieu ait pitié de votre âme, mais ça servira sûrement à ceux qui liront ces lignes.

Si Aziz, je voudrais que tout le monde sache que vous êtes parti avec le sourire aux lèvres. Je voudrais que tous ceux qui vous ont fait du mal jusqu’à la dernière minute de votre vie et ceux qui ont trouvé drôle de commenter la date de votre départ sachent que vous êtes parti dignement tel un chevalier qui a combattu toute sa vie sans arrêt et sans souiller le code de la chevalerie.

Hélas, Si Aziz, vous êtes parti sans que les Tunisiens ne sachent vraiment qui vous êtes réellement. Moi même, je ne savais rien de vous avant de connaître votre fille, un certain jour de mai 2006. C’est probablement une lacune dans ma culture, mais c’est sûrement votre discrétion. « Vivons cachés, vivons heureux » me disiez-vous. Mais ça, c’était avant, Si Aziz. C’était avant les chaînes télé, Facebook et Twitter, vous ai-je répondu dans votre bureau, un certain jour de 2011.

 

 Si Aziz, je vais respecter vos souhaits de ne pas parler des gens, mais je ne peux pas ne pas révéler au moins le peu que je connais de votre noblesse et de vos valeurs. Je ne vous ai jamais dis cela, mais sachez là où vous êtes, que le premier jour où je vous ai rencontré sur la plage du Sindbad à Hammamet, est un jour inoubliable pour moi. Tout le monde m’avait prévenu que vous étiez un homme fort de caractère, juste mais qui impressionnait par son charisme. Moi, j’ai trouvé en vous un père, un homme simple, et un bon vivant.

Un an après cela, je suis venu avec mes parents, demander la main de votre fille, vous m’avez dit avec votre sourire calme : « Il était temps ». Vous n’avez pas vu en moi le jeune homme de famille modeste que j’étais, vous m’avez dit tout au contraire : «Tu me rappelles ma jeunesse. »

 

J’étais plein de fougue et d’ambition, vous m’avez appris à me modérer, à patienter. Un jour, en 2009, je suis venu vous voir chez vous, exaspéré, après une nième licence de Radio donnée à une autre personne que moi, et moi qui avais-fait ma demande depuis 2006, je me sentais laissé pour compte. Je vous ai demandé de me faire une faveur et de me pistonner chez le président. Vous m’avez répondu : « Nous, on ne demande pas ». Et pour finir la discussion, vous avez ajouté : « La seule fois où j’ai demandé au président quelque chose, c’était lors d’une cérémonie après les élections de 2004, je lui ai demandé : « Monsieur le président, j’ai un seul souhait, j’aimerais vivre avec ma famille sans avoir peur d’être opprimé sous votre présidence »

Si Aziz, excusez-moi si je n’étais pas assez mûr pour comprendre toutes les leçons que vous m’avez donné implicitement, car vous n’aimiez pas dire les choses directement. Mais je vous promets de retenir la dernière leçon : la patience du guerrier, rester debout jusqu’au dernier souffle, ne pas fléchir, s’il faut que je meurs, ainsi soit il. Je mourrais car tout le monde mourra un jour. La différence entre une mort et une autre, c’est l’allure.
Et vous, vous êtes mort dignement, votre mémoire sera dans les esprits de ceux qui vous ont côtoyé, ceux que vous avez aidés, ceux que vous avez guidés et les autres. Car même ceux qui ne savent pas qui vous êtes réellement, maintenant, ils seront intéressés de le savoir.

Si Aziz, votre vie sera une source d’inspiration pour plusieurs générations de Tunisiens, votre amour pour la perfection sera un outil de travail pour plusieurs personnes et votre sens du challenge sera le défi de plusieurs d’entre nous.

 

Lancer une agence de voyages quand on vient de commencer sa vie, construire un hôtel quand on a à charge toute une famille, apprendre à voler quand on est destiné à monter à cheval, créer une compagnie aérienne privée dans un pays où l’état monopolise tout et tant d’autres défis relevés avec brio.  


Survivre à tant de gouvernements, survivre à tant d’envieux, survivre à tant de bâtons dans les roues, ça c’est de la persévérance.

 

Aimer sa patrie à ce point, donner tout pour illuminer le nom de la Tunisie dans le monde. Etre l’ambassadeur des ambassadeurs pour que ce bout de terre ait une image brillante partout, ça c’est de la dévotion.


Si Aziz, je pourrai continuer à raconter des anecdotes qui m’ont servi de leçons toute la nuit, je pourrais même en faire un livre, qui sera probablement quelque chose à faire.

Mais ce soir, je voulais juste dire à tout le monde que vous êtes parti avec le sourire sur le visage et c’était votre plus beau sourire, celui d’un homme qui a fait ce qu’il avait à faire et qui est parti le cœur léger. Rabbi yarhmek papa. »

 

Nizar CHAARI, à Tunis le 8 novembre 2012 à 3 :00 h

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 07:12

Ce billet a été sélectionné par le journal en ligne l’Express.fr et  publié à sa Une.

La religion catholique qui dominait la France et qui a donné au mariage son caractère sacré de l’union devant Dieu d’un homme et d’une femme est un concept qui est devenu aujourd’hui ultra minoritaire. A une époque encore pas si éloignée que cela les divorcés étaient écartés de la vie sociale et on raconte que Madame de GAULLE les refusait à sa table. L’adultère de la femme était réprimé pénalement. Les fiches de renseignement des personnes qui comparaissaient en justice contenaient juste après la mention « s’adonne-t-il à la boisson », « vit-il en concubinage ». Ne parlons pas des homosexuels qui étaient les parias de la société et personne ne se serait prévalu « d’en être » comme on disait. La force de la famille qui était concernée toute entière et plus largement encore la réprobation sociale, interdisait tout écart.

 

Tout cela n’existe plus. Le mariage n’est plus un sacrement devant Dieu et pour beaucoup de couples qui demandent à se marier à l’église, c’est plus le décorum de la cérémonie qu’ils recherchent que l’expression de leur foi. Pour la plupart on ne les revoit plus à la messe dominicale et combien de couples vous disent qu’ils ne sont plus entrés dans une église depuis leur mariage. Selon les statistiques l’Union libre est en passe de devenir la règle et une majorité de couples divorceront après leur mariage, tandis que de plus en plus choisissent le PACS plus commode et moins onéreux. Les homosexuels ne sont plus au ban de la société, bien au contraire, ce sont ceux qui les stigmatisent qui le sont et qui sont même poursuivis pénalement.

 

Alors pourquoi les français s’opposeraient-ils à ce qui nous est présenté comme un simple problème d’égalité entre des citoyens ? La formule « Le mariage pour tous » est très significative à cet égard. Si toutes les préventions que nous avons énumérées n’existent plus, qu’elles seraient les raisons  qui pourraient s’opposer à ce que des homosexuels puissent se marier comme des hétérosexuels ?  Et de fait, si l’union en vue de la procréation entre un homme et une femme ne fonde plus l’institution mariage, il n’y en a pas. Sauf l’homophobie. Une opinion divergente ne peut être émise que par un vieux réac ou un homophobe, ce qui revient au même. J’en ai fait la dure expérience.

 

55, 60, 65%, la bataille de chiffres importe peu. Nous sommes entrés dans un autre monde. La page est tournée. Les catholiques ne devraient pas mener contre la société laïque ce combat d’arrière garde. Il est perdu d’avance. Reste le mariage religieux. Et pour les croyants c’est la seule chose qui doit compter. Redde Caesari quae sunt Caesaris, et quae sunt Dei Deo.  Rendez à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu. (Matthieu XXII, 21).

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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 06:54

    

Ce billet a été sélectionné par le journal en ligne l’Express.fr et publié à sa Une. 

La reconduite d’OBAMA à la tête des Etats-Unis d’Amérique ne doit pas être considérée comme la classique réélection  d’un président qui n’a pas démérité.

 

Cet évènement va bien au-delà. En réélisant Barak Hussein OBAMA, un noir métissé, comme il se plait lui-même à le souligner, le peuple américain a validé l’émergence d’une autre Amérique. Celle des noirs, des hispaniques, des minorités, des laissés pour compte, qui ont fait l’élection et qui sont désormais son nouveau visage. En réitérant 2008, on est passé cette nuit d’une Amérique blanche à une Amérique de la diversité. Ce phénomène va s’accentuer, les experts prévoient que l’immigration hispanique va encore s’accroître ces prochaines années dans des proportions importantes.

 

La résistance était conduite par Mitt ROMNEY, un mormon au physique de personnage de western des années 50, qui représentait une population blanche, attachée à la tradition de la vieille Amérique, en général  aisée, mais parfois aussi, misérable comme le sont les petits blancs du Kentucky qui ont très majoritairement voté pour lui.

 

Deux hommes, deux Amériques, deux politiques.

 

La campagne électorale l’a bien montré. Alors que pendant longtemps les différences entre les candidats des deux camps opposés étaient de l’ordre de la nuance et en exceptant la parenthèse de la sortie des années BUSH, on a bien vu cette fois ci qu’il y avait une véritable rupture. Barak OBAMA n’a eu de cesse d’apostropher son adversaire lui reprochant d’être « le candidat des riches », arme qu’il brandira avec succès tout au long de la campagne, alors même que la richesse était encore il n’y a pas si longtemps un idéal que l’on exprimait à travers la formule du « rêve américain ». Autre marqueur, la précarité n’est plus une situation de non droit de laquelle il faut sortir à tout prix et qui ne peut-être que transitoire. Elle va devenir, au fur et à mesure des dispositions prises en faveur des couches sociales défavorisées un « état » qui va s’organiser autour de ce qui pourra devenir un véritable statut.

  

Autres temps autres mœurs, la conquête de l’Ouest n’existe plus que dans les livres d’histoire. Le rêve américain aussi. L’Amérique se veut désormais sociale et repliée sur elle-même. On est dans l’obamacare. L’assurance santé pour tous, une révolution aux Etats Unis. L’Etat devra prendre soin de chacun. C’est la fin du « chacun pour soi et Dieu pour tous ». C’est un choix de vie, et tant pis pour ceux qui diront que le dynamisme s’en trouvera affecté.

 

Le dynamisme est désormais ailleurs et tout particulièrement en Asie. En Chine, au Japon, en Corée du sud, en Inde... Allez savoir pourquoi, c’est là-bas que désormais l’on va trouver les plus grandes potentialités, les plus forts taux de croissance, les plus fortes marges de progression sociale. Ils ont fait leur, le fameux « Enrichissez-vous ! ». Acceptant risques et sacrifices, n’hésitant pas à repousser toutes les limites pour y parvenir. Nous étonnant chaque jour un peu plus par leur volontarisme, leur esprit d’’initiative, leur faculté d’adaptation, leur lutte acharnée pour le profit…Pour eux le choc de compétitivité est déjà une vieille histoire.      

 

Les USA s’en éloignent. L’élection d’OBAMA devrait consacrer le « made in France », avec ses amortisseurs sociaux, sa couvertures sociale, son refus du risque, son principe de précaution constitutionalisé, ses syndicats intransigeants sur le respect du repos dominical et peut-être demain et pourquoi pas  l’interdiction de licencier.

 

Mais n’ayez crainte, c’est l’Etat qui paiera. Et à y regarder de plus près, n’est ce pas cela le véritable rêve ? 

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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 08:26

 

Ce billet a été sélectionné par le journal en ligne l’Express.fr et publié à sa Une. 

Moins de six mois seulement après la mise en place du gouvernement des questions se posent, mais plus sur la méthode utilisée par le Premier ministre que sur le fond de sa politique.

 

Si en effet toute remise en cause des orientations prises, se heurte à l’indiscutable évidence du vote des français et si toute critique  sur la situation de la France entraîne invariablement la même réponse, « c’est le résultat de la politique menée depuis dix années », on peut en revanche sans inconvénient s’intéresser aux modalités selon lesquelles Jean-Marc AYRAULT met en œuvre la politique gouvernementale. C’est pour le moment la seule chose que le gouvernement est en mesure d’assumer, et c’est ce qui explique pour une large part  la chasse aux « couacs » ouverte par l’opposition.

 

Il semble pour l’instant, que le Premier ministre et la plupart des ministres, exception faite de ceux qui ont déjà exercé des responsabilités ministérielles, (comme en particulier Michel SAPIN), n’ont pas encore pris la mesure de leur fonction. On les sent plus dans une dialectique d’opposants (Les patrons, les riches, les propriétaires) que de gouvernants. On pourrait citer à cet égard Vincent PEILLON, Cécile DUFLOT, et de façon encore plus significative, Arnaud MONTEBOURG.

 

Leur approche des problèmes peut-être hésitante, (souvent des missions ou des commissions sont désignées), parfois maladroites (le gouvernement n’accepte pas le plan de PSA ; on peut discuter de tout même des 35 heures), toujours parcellaire. On ne trouve pas encore comme on en a connu sous la précédente législature de projets d’envergure tels le grenelle de l’environnement, la réforme de la carte judiciaire, la réforme des retraites ou plus récemment ce que l’on a appelé la TVA sociale qui allait bien au-delà d’un relèvement du taux de l’impôt indirect.

 

Ainsi, le programme du candidat Hollande qui était, on s’en souvient, dominé par une réforme qu’il voulait d’envergure, de l’Education Nationale, est actuellement réduite à la semaine de cinq jours et à un allongement de la période des vacances de la Toussaint, sans aucune information sur l’existence d’un chantier de la réforme envisagée et de ses grandes orientations.

 

Et plutôt que de s’engager dans l’élaboration d’un plan cohérent susceptible de couvrir l’ensemble des questions qui se posent dans un secteur donné, le Premier ministre a préféré le plus souvent opter pour une méthode simple qui consiste à financer les mesures prises pour certaines catégories sociales, non par le budget de l’Etat pris dans sa globalité,  mais par d’autres mesures prises auprès d’autres catégories sociales. Ainsi la revalorisation de l’allocation de rentrée scolaire a été financée par l’abaissement du crédit d’impôt lié au quotient familial des plus aisés.  

 

De même, au lieu de bâtir le plus rapidement possible, comme le candidat Hollande l’avait préconisé au cours de sa campagne, un grand projet de refonte de la fiscalité, constitutif certainement d’un travail long et périlleux, permettant une harmonie de l’action, on s’est contenté de mesures mettant directement à contribution telle ou telle catégorie sociale, patrons, restaurateurs, riches  ou retraités…

 

Le risque d’une telle méthode est de donner au citoyen, qui s’estime concerné, parfois d’ailleurs à tort, le sentiment d’être en ligne de mire, ou pour employer une expression à la mode, stigmatisé.

 

Et de tels sentiments sont encore accentués lorsque le gouvernement, croit devoir se justifier des mesures qu’il entend prendre. Par exemple, la publication d’études qui établissent que les retraités ont des revenus supérieurs aux actifs, afin de préparer dans l’opinion la prise de décision à leur endroit d’une taxe, taxe par ailleurs modeste et fondée, mais qui leur donne le sentiment que ce prélèvement n’est pas un acte de solidarité, mais en  quelque sorte, une « sanction » contre  leur train de vie supposé.

 

Dans le même ordre d’idée, ne serait-il pas mieux d’expliquer aux restaurateurs que dans la situation que connaît le pays, on se trouve devant la nécessité de leur reprendre l’avantage qu’en d’autres temps l’Etat leur avait concédé, plutôt que de préparer cette décision par la publication d’un rapport, dénonçant le non respect du pacte qu’ils avaient conclu.

 

Sans parler des patrons petits ou grands, « subventionnés », souvent montrés du doigt comme étant responsables des déboires sociaux, chômage, pouvoir d’achat, ou encore les propriétaires d’habitations, qu’ils soient eux aussi petits ou grands, dont on dit qu’ils sont des « spéculateurs » qui laissent  leurs concitoyens à la rue, et qui se sentent eux aussi dans le collimateur du gouvernement, alors même que le Premier ministre a annoncé que ces mesures extrêmes ne concerneraient que les biens de l’Etat, des institutionnels et des grandes entreprises.

 

Une politique qui peut aboutir, même sans bien sûr l’avoir voulu, à cibler et à cliver, qui peut conduire à culpabiliser ceux qui ont le sentiment qu’ils ont été désignés comme les responsables ou pour en supporter le poids et qui peut se révéler sur le long terme préjudiciable à la cohésion nationale, pourtant si essentielle en période de grave crise économique.

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 14:07

 

Etiez-vous ce matin devant votre petit écran, pour l’émission « Les 4 vérités », sur France 2, avec Laurent FABIUS ? Pour ceux qui ont loupé ce moment de télévision, je leur dis que c’est  vraiment dommage. Si vous aviez vu le journaliste vedette de télé-matin, totalement « bluffé » qu’il était ! Ce n’est pas dans les habitudes de Roland SICARD de marquer son émotion, vous le connaissez comme moi, lisse comme un miroir sans teint, clair comme de l’eau de roche. Et bien là il a craqué, ses yeux l’ont trahi. Et nous avons tous compris qu’il y avait dans son regard insistant, à la fois de l’admiration, du respect et même de la fascination.

 

Mais me direz vous, cela voudrait-il dire que Roland SICARD, dont on n’a jamais pu percer le secret de ses convictions profondes, serait de gauche ? Ou pire encore, serait-il fabiusien ? Vous n’y êtes absolument pas ! Ce n’est pas de l’interviewé qu’il s’agit, ni même de ses idées ou de son programme de politique étrangère, je serais même incapable, je dois vous l’avouer, de vous dire le moindre mot de ce qu’il a raconté pendant dix minutes. Non, c’est de sa pochette qu’il s’agit !

 

Oui de sa pochette, de ce petit bout de tissu qui n’a l’air de rien et qui est tout, qui classe un homme et plus encore un homme politique. Surtout qu’en France il n’y a pratiquement plus que quelques spécimens dont fait parti Laurent FABIUS, qui puissent se permettre d’arborer un tel signe qui vous distingue du tout venant, signe que l’on dénomme  improprement « accessoire de mode ».

 

Ce matin notre ministre des affaires étrangères avait choisi une pochette assez simple genre  « volutes bleues de fumée sur fond blanc ». Comment vous dire, oui, c’est ça, le même bleu que celui de sa décoration qui était juste au-dessus. Une splendeur ! Ah oui, cela en jetait. Tout cela sur un costume noir, chemise blanc-parfait, je ne vous dis pas. C’est surtout le gonflant de la pochette  qui était particulièrement bien réussi. D’ailleurs tout était là. Pour moi, un peu trop gonflant, bon, mais après tout,  je ne suis pas ministre.   

 

Non, je pense que pour lui le plus dur a dû être de réussir cet admirable petit nuage qui s’échappait du sommet de sa veste. On ne peut pas dire que c’était discret, mais cela ne choquait pas. Je n’ai trouvé ça ni vulgaire, ni même déplacé. Je sais que des esprits chagrins vont encore venir nous dire que pour des socialistes un peu plus de discrétion en une période où certains de nos concitoyens n’ont pas à se loger voire à se nourrir…Qu’ils sachent que je ne suis pas d’accord avec eux. J’ai assez râlé pour le jean de la ministre du logement, vous ne voudriez tout de même pas que je recommence avec la pochette de FABIUS, de quoi aurais-je l’air, je vous le demande ?

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 07:54

Ce billet a été sélectionné par le journal en ligne l’Express.fr et publié à sa Une. 

Les rumeurs qui ont circulé ces derniers jours sur le remplacement imminent de l’hôte de Matignon, ont créé une certaine tension qui a relancé le procès en incompétence qui avait été engagé contre ce dernier.

Le congrès du Parti socialiste de Toulouse, a alors pratiquement eu pour seul objet de désamorcer cette situation de crise tout en dénonçant l’opposition qui serait à l’origine de ces manœuvres indignes. Tous se sont succédés à la tribune, pour dire qu’à partir de maintenant ils feraient corps avec leur Premier ministre.

En réalité on sait bien que le jeu de certains de ceux ou de celles qui sont venus la main  sur le cœur soutenir Jean-Marc AYRAULT et qui ont peut-être même contribué, certainement sans l’avoir voulu à cette situation, va consister à tout faire pour se trouver « placé », le moment venu, afin de décrocher la timbale et que par conséquent leur promesse sera difficile à tenir.  

Trop de monde au Parti Socialiste s’estime mériter d’exercer « la fonction ». Jusqu’à la burlesque péroraison sur la chaîne de télévision qui l’emploie, de la compagne du ministre du redressement productif, auquel personne n’avait jusqu’alors pensé, et qui a été très caractéristique de cette situation.

Mais il n’y a pas que cela. Candidat ou non à Matignon, chacun veut, comme c’est souvent le cas au parti socialiste, jouer sa propre partition. Chacun cherche à imprimer son rapport de force pour peser, tant vis-à-vis des siens que de l’Elysée et être toujours prêt pour le coup d’après. Et s’il se trouve que l’on est ministre, tout l’art consistera à ce que l’exercice de la fonction ne puisse en aucune façon venir flétrir la ligne politique support de ses ambitions. Il est donc nécessaire d’envoyer des signes clairs, des messages. « Non je n’ai pas oublié  » chantait Enrico MACIAS à ses admirateurs, qui doutaient de sa sincérité après qu’il eut revêtu les habits du succès.

On en arrive alors à ce que l’on appelle les couacs que l’on a injustement fait endosser  au Premier Ministre. Entre autres exemples, le cannabis pour Vincent PEILLON sujet sensible alors qu’il a en charge l’éducation des jeunes, les marchés publics pour Arnaud MONTEBOURG, qui ne peut ignorer qu’ils ne s’attribuent pas « de la main à la main » mais après une procédure de mise en concurrence complexe, les « pigeons » pour Pierre MOSCOVICI qui reculera devant le mouvement de ces inattendus ramiers, le refus pour Manuel VALLS d’imposer aux policiers la délivrance d’un récépissé comme promis pendant la campagne, l’introduction de la préférence sexuelle de nos écrivains dans les manuels scolaires, par Najat VALLAUT BELKACEM, qui a suscité l’ire des associations de parents d’élèves,  la redevance pour Jérôme CAHUZAC dans les résidences secondaires, celles sur les écrans d’ordinateur pour Aurélie FILIPETTI …

Tout cela sans toujours la concertation et la réflexion nécessaire, avec comme devise : si ça passe, tant mieux pour moi,  si ça ne passe pas, tant pis pour le Premier ministre. C’est à ce dernier que l’opposition, pour des raisons évidentes d’efficacité de son combat politique, fera  reproche. Elle lui fera tout endosser en le désignant « animateur de la symphonie des couacs ».

Et n’ayant rien trouvé à lui imputer « personnellement », elle  a exploité avec il faut bien le dire une certaine mauvaise foi, son observation selon laquelle « la loi sur le logement  serait retoquée par le Conseil Constitutionnel », compte tenu de l’erreur de procédure qui entachait sa régularité. L’opposition s’est alors ruée là dessus pour affirmer, avec la péremption qui sied dans ces cas là, que le Premier ministre avait « violé » le sacro-saint principe de la séparation des pouvoirs. Diable ! En fait, une attaque aussi injustifiée que dérisoire. Le Premier ministre n’a rien violé, son commentaire relevait du truisme et n’aurait jamais été élevé au rang de polémique nationale en temps normal.

Pour autant, il est  sûr que cette situation qui l’affaiblit ne peut perdurer. Sur EUROPE 1,  Jean-Marc AYRAULT avait averti que, « la prochaine fois ce sera le bon de sortie » selon la formule même de Jean-Pierre El KABBACH. Il sera pourtant difficile pour le Premier ministre, d’aller au clash dans la situation actuelle.

Et on peut se demander si les promesses faites par ses amis politiques seront tenues.

Déjà, Harlem DESIR, qui lui aussi veut marquer son territoire  a « poussé le congrès » sur le vote des étrangers, alors que le Premier ministre avait éclipsé ce point dans son discours. Il est vrai qu’Harlem DESIR n’est pas ministre.   

Et puis, les lampions de la fête à peine éteints, Cécile DUFLOT qui avec une régularité de métronome a su largement nourrir le procès en amateurisme fait au Premier ministre, a parlé de réquisitionner les logements vacants, sujet extrêmement sensible qui touche à l’un des droits auxquels les français sont le plus attachés, le droit de propriété. Matignon avait-il donné son feu vert à une pareille annonce ? Dans la foulée, elle a encore proposé de reloger les sans logis dans des bureaux, casernes, hôpitaux et autres bâtiments administratifs désaffectés, alors que l’opportunité de la transformation de ces locaux en habitation avec mise aux normes, nécessitant des travaux d’importance sur plusieurs années, avec des budgets conséquents, ne semble pas avoir été décidée. Premier nouveau couac ? Certainement pas, madame DUFLOT ne s’est engagée à rien, elle n’est pas socialiste…      

Pour ces derniers, nous verrons bien si Toulouse aura été le signal du renouveau gouvernemental ou seulement le congrès du bal des hypocrites.

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 08:40

 

Ce billet a été sélectionné par le journal en ligne l’Express.fr et publié à sa Une. 

Le verdict de l’UCI est tombé. Tranchant comme le couperet d’une guillotine. Lance AMSTRONG s’est dopé, il est déchu de ses sept titres de vainqueur du tour de France, il devra rendre la totalité de ses primes. Il est aussi condamné, même si cela n’est pas contenu dans l’arrêt de la très honorable institution cycliste internationale, à toutes les peines complémentaires habituellement prévues dans ces cas, bannissement de toutes activités sociales et caritatives, mise à l’index généralisée, droit pour quiconque de le clouer autant qu’il le désire, au plus infâme des piloris.

 

J’ai senti la délectation monter de toute part ou presque. Nous n’aimons pas les tricheurs ? Certainement. Mais plus encore, nous ne supportons pas les champions, surtout les grands champions. Les petits, passe encore. Un ou deux tours, pourquoi pas. Mais cinq, mais six, mais sept ! Ça va pas non, vous n’y pensez pas ! En plus figurez-vous que le bonhomme -un américain- venait juste de se remettre d’un cancer. Non, trop c’est trop, vraiment insupportable. Et tenez vous bien, les dizaines d’analyses, de prélèvements de toutes sortes, peut-être même les centaines, effectués à l’issue des courses, ou bien après, ou bien avant,  par les laboratoires les plus sophistiqués, n’avaient rien donné. A l’époque, personne ne s’en était ému. Une si belle histoire, un si fabuleux champion, avec de si généreux sponsors et un public porté aux anges. Qu’aurait-on été cherché là ? Tout le monde était gagnant ! Il faut donc un temps pour tout. Cinq ans, dix ans après, viendra le moment de « voir à voir ». Ce sera une affaire dans l’affaire, une superbe affaire. Le beurre et l’argent du beurre et un petit supplément de vertu en plus, après tout, pourquoi pas ?

 

Et c’est alors que les hommes surent suppléer la science défaillante. Ses coéquipiers, ses amis, ses frères d’arme, qui bénéficiaient à tous points de vue de l’affaire, dénoncèrent, après une assurément très mûre réflexion,  le tricheur. Repentir pas très actif, mais qu’importe. Leur « conscience » leur demandait de parler. Alors ils parlèrent. Ils firent même plus, ils désignèrent, expliquèrent, accusèrent,  condamnèrent, bref en un mot jetèrent aux chiens, sans le moindre émoi, celui qui fut leur leader, qui leur avait donné gloire et fortune et dont ils n’eurent pas le courage de se départir tant que l’argent coulait à flot. Petit problème, ils utilisaient les mêmes produits prohibés que lui... Autre petit problème, aucun des sept tours ne sera attribué. En réalité, il parait qu’aussi loin que l’on remonte dans le classement, tout le monde se serait dopé...

 

Si tel était le cas, on ne pourrait alors presque plus parler de tricherie, tous les coureurs se trouvant en quelque sorte à égalité de moyens. Et selon la formule bien connue tous les dopages du monde n’ont jamais fait gagner à un méchant canasson le grand prix de l’Arc de Triomphe. Reste l’interdiction. Il convient de demeurer intransigeant, tant pour des raisons de santé publique que de morale sportive, même à une époque où d’aucuns préconisent la dépénalisation de certaines drogues.

 

Alors ? Alors à la différence de nombre de mes concitoyens, j’aime les vainqueurs, j’aime les champions, j’aime ceux qui réussissent en sport comme d’ailleurs dans tous les domaines de la vie, car je sais que gagner, ne serait-ce que son pain quotidien, est à la fois la chose la plus belle et la plus difficile au monde. Cela ne m’a pas empêché d’adorer notre gentil Poupou national, même si  je lui ai préféré Anquetil...Encore que paraît-il, lui aussi se serait dopé... Puisqu’il gagnait. On ne l’a jamais démontré. Et alors ? Cela ne prouve rien ! C’est ce que l’on appelle le renversement de la charge de la preuve, de plus en plus usité de nos jours.

 

En revanche je suis consterné, lorsque je perçois chez certains de mes contemporains, ce que Georges POMPIDOU appelait ce « léger frémissement de narines », quand ce n’est pas une certaine  jubilation ou quand je lis des articles impliquant l’ancien Président de la République, qui aurait-été, bien évidemment, au courant et en quelque sorte complice de toute cette histoire…  

 

Vous l’avez très bien compris. J’assume, au moins le temps de cette affaire,  être un vieux réac et je reprends même à mon compte la formule de Michel DRUCKER : « Lance AMSTRONG demeurera à mes yeux un formidable champion ». C’est dire.

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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 08:26

Publié et mis en Une par l’Express.fr

 

 

Si les adhérents de l’UMP ont la volonté profonde d’élire un président de parti, ce qui est loin d’être sûr, c’est incontestablement Jean-François COPE qui est apparu comme ayant le meilleur profil pour remplir le job. Vivacité d’esprit, percussion, art de la réplique, combativité, bien à son aise, avec un ton, un langage beaucoup plus proche des militants, jusqu’à la polémique, telle celle fameuse sur  « le pain au chocolat », qu’il a assumé. Il a même réussi à faire admettre à David PUJADAS qui lui opposait le caractère marginal du racisme anti-blanc, que « ce n’est  pas parce qu’il n’y a que peu de cas qu’il ne faut pas en parler ». Il a ainsi rappelé au passage qu’il avait été -pour seulement 2000 cas recensés-  le champion de la croisade anti-burqa, alors que Jean-Marie LE PEN avait été contre son interdiction. Il s’est montré plus à droite que son concurrent, avec une réelle intransigeance sur la stratégie du  « ni-ni », que ce dernier a dû reprendre à son compte, mais avec beaucoup plus de nuances et peu d’enthousiasme, devant même aller jusqu’à se  justifier en expliquant qu’il n’avait jamais appelé à voter socialiste. Il a insisté sur le fait qu’il était maire de Meaux, où il a battu la gauche et réduit le Front National et qu’enfin s’il ne célèbrerait pas de mariage « gay », contrairement à l’ancien Premier ministre, c’est parce que lui, en tant que maire, pouvait se prononcer.  

 

François FILLON, tout le monde l’a souligné, s’est voulu d’entrer de jeu être le « rassembleur ». Il a ainsi joué la carte du présidentiable. Il a insisté sur sa qualité d’ancien locataire de l’hôtel Matignon, d’ancien député de la SARTHE, et d’ancien plus jeune député de l’Assemblée Nationale. Il a dû se justifier sur sa venue à Paris, dans une circonscription plus sûre. On aurait pu penser que son but était d’engager le combat de Paris. Même pas, chacun l’a bien compris, il ne serait vraisemblablement pas candidat à la mairie. Certainement que le risque de perdre est trop élevé. Non, il est venu à Paris seulement parce que quelques amis, dont Jean TIBERI, le lui ont demandé… Il aurait annoncé sa volonté d’aller reprendre à la gauche la place forte de Paris, que cela aurait certainement eu plus d’allure.   

 

Il semble que François FILLON sûr de son fait, se soit contenté d’assurer, comme l’on dit de façon un peu triviale,  le service minimum. Sa prestance, sa tenue, sa mesure dans le verbe, une certaine distance au point d’être apparu quelque peu guindé, lui ont donné cette présidentialité  que les adhérents de l’UMP ont toujours appréciée chez lui et qui est en définitive sont seul véritable atout.

 

En y regardant de plus près, Jean-François COPE est apparu comme « le combattant suprême » contre la droite et le Front National réunis, ayant démontré qu’il n’hésitait pas à monter au feu, y compris dans des circonscriptions populaires et difficiles, alors que dans le CV de François FILLON  le qualificatif « d’ancien » apparaît trop souvent et celui de « conquérant » nulle-part.   

 

L’investiture par des primaires ouvertes, que l’UMP va adopter pour la désignation de son candidat aux présidentielles, ne permet plus de rendre quasi certain, le choix du chef du parti, comme candidat à l’élection majeure. Quel que soit le résultat du 18 novembre, rien ne sera donc joué. Nous sommes, en temps politique, à des années lumières de la présidentielle et nous l’avons vu, trop de choses peuvent se produire d’ici là.

 

Le positionnement de Jean-François COPE, donné largement battu, est en définitive des plus logiques. Les adhérents de l’UMP sont par hypothèses des politiques, qui réfléchissent aux stratégies de prise de pouvoir. Une partie importante d’entre eux prônent de plus en plus un rapprochement électoral avec le FN. Jean-François COPE l’a bien compris, d’où les petites phrases, tout en se montrant intransigeant sur une quelconque alliance ne serait-ce que purement électorale. ..

 

Les militants plus à droite que les électeurs, pourraient craindre, qu’une politique, trop tournée contre le Front National, telle que la préconisent les fillonistes  ne soit fatale pour longtemps à leur mouvement. L’UMP seule, a de plus en plus de difficulté pour trouver des majorités tant au plan local que national.

 

Les préjugés seront-ils les plus forts ? La politique a-t-elle encore son mot à dire ? Il n’est pas sûr que ce soit le plus présidentiable des deux qui l’emporte. Réponse le 18 novembre.

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 06:39

Mais arrêtez cinq minutes avec toutes vos histoires de formalisme inadéquat, de procédures non-conformes et avec toutes vos salades de paperasserie. Cécile elle, elle  a des gens à loger, elle les loge et tout le reste n’est que polémique stérile qu’elle traite avec l’indifférence qui lui est due. Voilà  pour commencer, c’est clair ?

Vous l’avez entendu mercredi à l’Assemblée ? Non ? Moi oui, j’avais pris mon RTT, je ne voulais louper ça pour rien au monde.  Ah, c’est dommage, j’aurais voulu que vous la voyiez, une vraie lionne ! Je veux pas médire, mais ce pauvre AYRAULT qui avait pris la parole juste avant avait bien essayé de formuler de vagues regrets, expliquant qu’il était trop respectueux de la séparation des pouvoirs, « qu’il s’était peut-être trompé en anticipant un peu la décision du Conseil Constitutionnel » qu’il reconnaissait la boulette, que la procédure était sans nul doute la meilleure garantie des libertés et qu’à ce titre elle devait être strictement respectée, bref qu’il faisait en quelque sorte amende honorable, qu’il comptait réparer tout cela assez rapidement pour que la loi sur le logement puisse s’appliquer et  que les bénéficiaires ne soient  pas lésés et tout et tout et tout...

Si vous aviez entendu ce que les autres lui ont balancé en retour… « Amateurisme » « bricolage » « camouflet» et j’en passe. Ça tirait de tous les bouts. J’ai senti le Premier Ministre pas comme il aurait dû être. Enfin, pas à son aise si vous préférez. C’est pas pour dire, moi je l’aime bien AYRAULT, mais franchement il ne sait pas s’y prendre. Trop règlement-règlement, trop consensuel. On fait de la politique que diable !    

Et puis, cela a été le tour de Cécile. Tu vas voir papa, je vais te régler ça en moins de deux, t’inquiète, j’en ai vu d’autres, c’est pas pour dire, mais honnêtement le congrès des verts, à côté,  c’est quand même autre chose. Elle  n’a pas sourcillé d’un poil. Une vraie canonnière.

D’abord, pas de regrets et encore moins d’excuses, et puis quoi encore ! Elle leur a dit vous savez quoi ? Le gouvernement a besoin de moi pour reloger alors je reloge, je reloge et je reloge, pendant que les autres ils font tout pour m’empêcher de reloger et maintenant avec votre  histoire de Conseil Constitutionnel, et bien il y a des gens qui attendaient leur logement et qui ce soir vont dormir dans la rue à cause de vous, Voilà !

Vous avez entendu ça ? Ces  pauvres chéris de la commission qui ont été se plaindre parce que ce n’est pas leur petit texte qu’ils nous avaient si délicatement mitonné qui a été examiné en séance. La belle affaire, de toute façon cela n’aurait rien changé au final, ils le savent bien. Alors à quoi ça sert ? Tiens au fait à quoi ça sert ?

Non, il ne sait pas leur parler. La preuve, ce n’est pas à Cécile que l’opposition s’attaque, c’est  au Premier ministre. Il n’a qu’à  s’en prendre qu’à lui-même. Comment ? Vous-ai-je bien entendu ? Qu’il lui en veuille après tout ça ? Tout ça quoi ? Il ne manquerait plus qu’il lui en veuille. Pensez donc, ils étaient assis juste à côté l’un de l’autre. Seule la travée les séparait. Ils n’ont pas arrêté de se causer. Un moment je ne sais pas ce qu’elle lui a dit, il a même ri. Alors vous voyez. Non, croyez moi, heureusement que Cécile est là, elle au moins elle n’a peur de rien !

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 06:29

 

1998 a été l’année de la découverte d’une France « noire-blanc-beur ». Elle sera l’honneur de tout un peuple, à qui elle offrira sa première coupe du monde de football.

 

Elle fut le symbole de la diversité triomphante…Une bande de copains, issus d’une même nation, quelles que soient leurs origines. Cette volonté de le démontrer, en se battant pour l’équipe de France qui les avait réunis, a tout dépassé.   

 

Nicolas ANELKA n’en faisait pas parti. Son talent n’était pas en cause. Il était selon l’expression consacrée,  l’un des plus doués de sa génération. Sa « personnalité », ne cadrait pas avec l’esprit « équipe nationale ». Peut-être ne se reconnaissait-il d’ailleurs pas dans ce type de structure sportive, fondée à l’origine sur le patriotisme des Etats. Toujours est-il qu’il fut également écarté des sélections du mondial en  2002 et en 2006.

 

Mondial 2010. Raymond DOMENECH décida de l’emmener en Afrique du Sud. C’était son premier mondial. Il n’attendit pas plus longtemps que la mi-temps du deuxième match pour dire, à son entraîneur, selon ce qui fut rapporté, « va te faire enculer,  sale fils de pute ». Ces quelques mots résumèrent à eux seuls  la perception qu’il avait de l’équipe de France. Il ne fit aucune excuse. Il ne manifestera jamais le moindre regret.

 

Plusieurs joueurs, rendus fous furieux par la sanction infligée à l’enfant de TRAPPES, qui à leurs yeux comptait infiniment plus que le pays qu’ils étaient censés représenter, allaient montrer au monde entier ébahi, de quoi ils étaient capables. Ils ridiculisèrent leur pays sans le moindre scrupule. L’affaire du bus fit le tour du monde.

 

Le syndrome ANELKA, qui couvait sous les flons-flons de 98, était apparu au grand jour. Il était plus profond qu’on ne le supposait. Il atteignait de plus en plus de joueurs.

 

Depuis longtemps, des signes évidents avaient-été adressés à tous ceux qui voulaient bien prendre la peine de les observer. L’instant de l’avant-match pendant lequel on jouait les hymnes nationaux, avec les joueurs alignés comme des petits soldats apparaissait pour la plupart, comme un moment de véritable supplice. Laurent BLANC avait demandé aux joueurs de chanter. Ceux qui suivirent sa prescription, peu nombreux il est vrai,  se contentaient sans le moindre enthousiasme de bouger un peu les lèvres dès lors que la caméra était sur eux.

 

Pas question non plus de condamner les sifflets qui leurs furent infligés au Stade de France lorsque l’équipe nationale fut opposée à des équipes du Maghreb. Ce n’était pas leur problème. Au mieux, ils trouvèrent cela étrange.

 

De plus en plus une ambiance délétère s’insinuait à l’intérieur de l’équipe. Les actes anti sportifs allaient se multiplier. Entre joueurs, refus de se serrer la main lorsque l’on était remplacé. L’autorité de l’entraîneur était de moins en moins reconnue. On observait même des actes d’incivilités envers les supporters. A l’évidence nombre de joueurs n’avaient aucun respect pour le maillot qu’ils avaient « l’honneur » de porter.  

 

Au mieux, ils allaient s’en tenir à l’aspect footballistique au sens strict. Dès le match terminé, ils fixent leur casque audio sur leurs oreilles, pour signifier à tous que c’est fini. Le match et c’est tout. Rien de plus.

 

Et Zizou ? Le gentil Zizou si poli, si timide, si talentueux. Le contre exemple parfait de tout ce qui vient d’être dit. La vraie vitrine de l’intégration réussie, de la diversité comme on l’aime. La preuve par l’exemple de tout ce que les politiques gouvernementales ont cherché à faire depuis des décennies. La preuve qu’il n’existe pas de syndrome ANELKA.

 

Mondial 2006… d’un coup de tête d’un seul, il est rentré dans le rang. Plus de Zizou bien élevé et soumis. Il a montré de quoi il était capable. Une histoire de maillot tiré et  de mots  comme il s’en dit à longueurs de terrains et à longueur de temps et voilà ! Ma sœur a été insultée expliquera-t-il. Cela lui est apparu suffisant pour fiche en l’air à travers une finale de coupe du monde, l’espoir de tout un peuple.

 

Les compétitions européennes de l’équipe de France s’étaient déjà déroulées dans le même état d’esprit. Euro 2008. La France termine dernière de son groupe dans une ambiance détestable. NASRI et BENZEMA auraient perturbé le groupe, par un manque de respect envers les anciens joueurs. Problèmes générationnels nous a-t-on dit.

 

Euro 2012, le syndrome ANELKA est plus que jamais présent. BENARFA a envoyé « bouler » Laurent BLANC, à la mi-temps d’un match, MENEZ a invité l’arbitre à aller se faire enculer, décidément, tandis que NASRI en mal d’imagination a proposé à un journaliste d’en faire de même.

 

Didier DESCHAMPS a repris en main l’équipe de France. Il a averti, il n’acceptera plus le moindre écart. Les sponsors eux aussi ont remis de l’ordre. On ne s’insulte plus, on se serre la main quand l’usage l’exige.

 

Il ne s’est pas contenté de faire les gros yeux. Il s’est attaqué au problème de fond. Contre l’Espagne il a gommé l’aspect cocardier de l’équipe de France. Les joueurs étaient vêtus tout de blanc. Le bleu symbole de la France a complètement disparu. L’écusson, signature du club France, qui plastronne habituellement sur la poitrine des joueurs, se remarquait à peine cousu sur la manche gauche du maillot. Le coq a été placé en haut et à gauche. Stylisé et dans une discrétion telle, qu’il faut un gros plan et une image à l’arrêt pour l’identifier. Il est sur le même plan et dans la même configuration que le logo du sponsor, situé sur la droite. L’objectif est évident, neutraliser l’équipe de France pour jouer dans le même état d’esprit que pour un club. Dégager le club France de tout ce qui n’est pas du domaine strict du sport. On a alors vu contre l’Espagne une équipe se livrer toute entière comme on ne l’avait pas vu depuis bien longtemps.

 

DESCHAMPS semble avoir réussi la métamorphose de l’équipe de France en en changeant la nature. Les Etats nations disparaissent, pourquoi pas les équipes nations ? C’est peut-être à ce prix que sera éradiqué le syndrome ANELKA.

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