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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 06:54

    

Ce billet a été sélectionné par le journal en ligne l’Express.fr et publié à sa Une. 

La reconduite d’OBAMA à la tête des Etats-Unis d’Amérique ne doit pas être considérée comme la classique réélection  d’un président qui n’a pas démérité.

 

Cet évènement va bien au-delà. En réélisant Barak Hussein OBAMA, un noir métissé, comme il se plait lui-même à le souligner, le peuple américain a validé l’émergence d’une autre Amérique. Celle des noirs, des hispaniques, des minorités, des laissés pour compte, qui ont fait l’élection et qui sont désormais son nouveau visage. En réitérant 2008, on est passé cette nuit d’une Amérique blanche à une Amérique de la diversité. Ce phénomène va s’accentuer, les experts prévoient que l’immigration hispanique va encore s’accroître ces prochaines années dans des proportions importantes.

 

La résistance était conduite par Mitt ROMNEY, un mormon au physique de personnage de western des années 50, qui représentait une population blanche, attachée à la tradition de la vieille Amérique, en général  aisée, mais parfois aussi, misérable comme le sont les petits blancs du Kentucky qui ont très majoritairement voté pour lui.

 

Deux hommes, deux Amériques, deux politiques.

 

La campagne électorale l’a bien montré. Alors que pendant longtemps les différences entre les candidats des deux camps opposés étaient de l’ordre de la nuance et en exceptant la parenthèse de la sortie des années BUSH, on a bien vu cette fois ci qu’il y avait une véritable rupture. Barak OBAMA n’a eu de cesse d’apostropher son adversaire lui reprochant d’être « le candidat des riches », arme qu’il brandira avec succès tout au long de la campagne, alors même que la richesse était encore il n’y a pas si longtemps un idéal que l’on exprimait à travers la formule du « rêve américain ». Autre marqueur, la précarité n’est plus une situation de non droit de laquelle il faut sortir à tout prix et qui ne peut-être que transitoire. Elle va devenir, au fur et à mesure des dispositions prises en faveur des couches sociales défavorisées un « état » qui va s’organiser autour de ce qui pourra devenir un véritable statut.

  

Autres temps autres mœurs, la conquête de l’Ouest n’existe plus que dans les livres d’histoire. Le rêve américain aussi. L’Amérique se veut désormais sociale et repliée sur elle-même. On est dans l’obamacare. L’assurance santé pour tous, une révolution aux Etats Unis. L’Etat devra prendre soin de chacun. C’est la fin du « chacun pour soi et Dieu pour tous ». C’est un choix de vie, et tant pis pour ceux qui diront que le dynamisme s’en trouvera affecté.

 

Le dynamisme est désormais ailleurs et tout particulièrement en Asie. En Chine, au Japon, en Corée du sud, en Inde... Allez savoir pourquoi, c’est là-bas que désormais l’on va trouver les plus grandes potentialités, les plus forts taux de croissance, les plus fortes marges de progression sociale. Ils ont fait leur, le fameux « Enrichissez-vous ! ». Acceptant risques et sacrifices, n’hésitant pas à repousser toutes les limites pour y parvenir. Nous étonnant chaque jour un peu plus par leur volontarisme, leur esprit d’’initiative, leur faculté d’adaptation, leur lutte acharnée pour le profit…Pour eux le choc de compétitivité est déjà une vieille histoire.      

 

Les USA s’en éloignent. L’élection d’OBAMA devrait consacrer le « made in France », avec ses amortisseurs sociaux, sa couvertures sociale, son refus du risque, son principe de précaution constitutionalisé, ses syndicats intransigeants sur le respect du repos dominical et peut-être demain et pourquoi pas  l’interdiction de licencier.

 

Mais n’ayez crainte, c’est l’Etat qui paiera. Et à y regarder de plus près, n’est ce pas cela le véritable rêve ? 

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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 08:26

 

Ce billet a été sélectionné par le journal en ligne l’Express.fr et publié à sa Une. 

Moins de six mois seulement après la mise en place du gouvernement des questions se posent, mais plus sur la méthode utilisée par le Premier ministre que sur le fond de sa politique.

 

Si en effet toute remise en cause des orientations prises, se heurte à l’indiscutable évidence du vote des français et si toute critique  sur la situation de la France entraîne invariablement la même réponse, « c’est le résultat de la politique menée depuis dix années », on peut en revanche sans inconvénient s’intéresser aux modalités selon lesquelles Jean-Marc AYRAULT met en œuvre la politique gouvernementale. C’est pour le moment la seule chose que le gouvernement est en mesure d’assumer, et c’est ce qui explique pour une large part  la chasse aux « couacs » ouverte par l’opposition.

 

Il semble pour l’instant, que le Premier ministre et la plupart des ministres, exception faite de ceux qui ont déjà exercé des responsabilités ministérielles, (comme en particulier Michel SAPIN), n’ont pas encore pris la mesure de leur fonction. On les sent plus dans une dialectique d’opposants (Les patrons, les riches, les propriétaires) que de gouvernants. On pourrait citer à cet égard Vincent PEILLON, Cécile DUFLOT, et de façon encore plus significative, Arnaud MONTEBOURG.

 

Leur approche des problèmes peut-être hésitante, (souvent des missions ou des commissions sont désignées), parfois maladroites (le gouvernement n’accepte pas le plan de PSA ; on peut discuter de tout même des 35 heures), toujours parcellaire. On ne trouve pas encore comme on en a connu sous la précédente législature de projets d’envergure tels le grenelle de l’environnement, la réforme de la carte judiciaire, la réforme des retraites ou plus récemment ce que l’on a appelé la TVA sociale qui allait bien au-delà d’un relèvement du taux de l’impôt indirect.

 

Ainsi, le programme du candidat Hollande qui était, on s’en souvient, dominé par une réforme qu’il voulait d’envergure, de l’Education Nationale, est actuellement réduite à la semaine de cinq jours et à un allongement de la période des vacances de la Toussaint, sans aucune information sur l’existence d’un chantier de la réforme envisagée et de ses grandes orientations.

 

Et plutôt que de s’engager dans l’élaboration d’un plan cohérent susceptible de couvrir l’ensemble des questions qui se posent dans un secteur donné, le Premier ministre a préféré le plus souvent opter pour une méthode simple qui consiste à financer les mesures prises pour certaines catégories sociales, non par le budget de l’Etat pris dans sa globalité,  mais par d’autres mesures prises auprès d’autres catégories sociales. Ainsi la revalorisation de l’allocation de rentrée scolaire a été financée par l’abaissement du crédit d’impôt lié au quotient familial des plus aisés.  

 

De même, au lieu de bâtir le plus rapidement possible, comme le candidat Hollande l’avait préconisé au cours de sa campagne, un grand projet de refonte de la fiscalité, constitutif certainement d’un travail long et périlleux, permettant une harmonie de l’action, on s’est contenté de mesures mettant directement à contribution telle ou telle catégorie sociale, patrons, restaurateurs, riches  ou retraités…

 

Le risque d’une telle méthode est de donner au citoyen, qui s’estime concerné, parfois d’ailleurs à tort, le sentiment d’être en ligne de mire, ou pour employer une expression à la mode, stigmatisé.

 

Et de tels sentiments sont encore accentués lorsque le gouvernement, croit devoir se justifier des mesures qu’il entend prendre. Par exemple, la publication d’études qui établissent que les retraités ont des revenus supérieurs aux actifs, afin de préparer dans l’opinion la prise de décision à leur endroit d’une taxe, taxe par ailleurs modeste et fondée, mais qui leur donne le sentiment que ce prélèvement n’est pas un acte de solidarité, mais en  quelque sorte, une « sanction » contre  leur train de vie supposé.

 

Dans le même ordre d’idée, ne serait-il pas mieux d’expliquer aux restaurateurs que dans la situation que connaît le pays, on se trouve devant la nécessité de leur reprendre l’avantage qu’en d’autres temps l’Etat leur avait concédé, plutôt que de préparer cette décision par la publication d’un rapport, dénonçant le non respect du pacte qu’ils avaient conclu.

 

Sans parler des patrons petits ou grands, « subventionnés », souvent montrés du doigt comme étant responsables des déboires sociaux, chômage, pouvoir d’achat, ou encore les propriétaires d’habitations, qu’ils soient eux aussi petits ou grands, dont on dit qu’ils sont des « spéculateurs » qui laissent  leurs concitoyens à la rue, et qui se sentent eux aussi dans le collimateur du gouvernement, alors même que le Premier ministre a annoncé que ces mesures extrêmes ne concerneraient que les biens de l’Etat, des institutionnels et des grandes entreprises.

 

Une politique qui peut aboutir, même sans bien sûr l’avoir voulu, à cibler et à cliver, qui peut conduire à culpabiliser ceux qui ont le sentiment qu’ils ont été désignés comme les responsables ou pour en supporter le poids et qui peut se révéler sur le long terme préjudiciable à la cohésion nationale, pourtant si essentielle en période de grave crise économique.

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 14:07

 

Etiez-vous ce matin devant votre petit écran, pour l’émission « Les 4 vérités », sur France 2, avec Laurent FABIUS ? Pour ceux qui ont loupé ce moment de télévision, je leur dis que c’est  vraiment dommage. Si vous aviez vu le journaliste vedette de télé-matin, totalement « bluffé » qu’il était ! Ce n’est pas dans les habitudes de Roland SICARD de marquer son émotion, vous le connaissez comme moi, lisse comme un miroir sans teint, clair comme de l’eau de roche. Et bien là il a craqué, ses yeux l’ont trahi. Et nous avons tous compris qu’il y avait dans son regard insistant, à la fois de l’admiration, du respect et même de la fascination.

 

Mais me direz vous, cela voudrait-il dire que Roland SICARD, dont on n’a jamais pu percer le secret de ses convictions profondes, serait de gauche ? Ou pire encore, serait-il fabiusien ? Vous n’y êtes absolument pas ! Ce n’est pas de l’interviewé qu’il s’agit, ni même de ses idées ou de son programme de politique étrangère, je serais même incapable, je dois vous l’avouer, de vous dire le moindre mot de ce qu’il a raconté pendant dix minutes. Non, c’est de sa pochette qu’il s’agit !

 

Oui de sa pochette, de ce petit bout de tissu qui n’a l’air de rien et qui est tout, qui classe un homme et plus encore un homme politique. Surtout qu’en France il n’y a pratiquement plus que quelques spécimens dont fait parti Laurent FABIUS, qui puissent se permettre d’arborer un tel signe qui vous distingue du tout venant, signe que l’on dénomme  improprement « accessoire de mode ».

 

Ce matin notre ministre des affaires étrangères avait choisi une pochette assez simple genre  « volutes bleues de fumée sur fond blanc ». Comment vous dire, oui, c’est ça, le même bleu que celui de sa décoration qui était juste au-dessus. Une splendeur ! Ah oui, cela en jetait. Tout cela sur un costume noir, chemise blanc-parfait, je ne vous dis pas. C’est surtout le gonflant de la pochette  qui était particulièrement bien réussi. D’ailleurs tout était là. Pour moi, un peu trop gonflant, bon, mais après tout,  je ne suis pas ministre.   

 

Non, je pense que pour lui le plus dur a dû être de réussir cet admirable petit nuage qui s’échappait du sommet de sa veste. On ne peut pas dire que c’était discret, mais cela ne choquait pas. Je n’ai trouvé ça ni vulgaire, ni même déplacé. Je sais que des esprits chagrins vont encore venir nous dire que pour des socialistes un peu plus de discrétion en une période où certains de nos concitoyens n’ont pas à se loger voire à se nourrir…Qu’ils sachent que je ne suis pas d’accord avec eux. J’ai assez râlé pour le jean de la ministre du logement, vous ne voudriez tout de même pas que je recommence avec la pochette de FABIUS, de quoi aurais-je l’air, je vous le demande ?

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 07:54

Ce billet a été sélectionné par le journal en ligne l’Express.fr et publié à sa Une. 

Les rumeurs qui ont circulé ces derniers jours sur le remplacement imminent de l’hôte de Matignon, ont créé une certaine tension qui a relancé le procès en incompétence qui avait été engagé contre ce dernier.

Le congrès du Parti socialiste de Toulouse, a alors pratiquement eu pour seul objet de désamorcer cette situation de crise tout en dénonçant l’opposition qui serait à l’origine de ces manœuvres indignes. Tous se sont succédés à la tribune, pour dire qu’à partir de maintenant ils feraient corps avec leur Premier ministre.

En réalité on sait bien que le jeu de certains de ceux ou de celles qui sont venus la main  sur le cœur soutenir Jean-Marc AYRAULT et qui ont peut-être même contribué, certainement sans l’avoir voulu à cette situation, va consister à tout faire pour se trouver « placé », le moment venu, afin de décrocher la timbale et que par conséquent leur promesse sera difficile à tenir.  

Trop de monde au Parti Socialiste s’estime mériter d’exercer « la fonction ». Jusqu’à la burlesque péroraison sur la chaîne de télévision qui l’emploie, de la compagne du ministre du redressement productif, auquel personne n’avait jusqu’alors pensé, et qui a été très caractéristique de cette situation.

Mais il n’y a pas que cela. Candidat ou non à Matignon, chacun veut, comme c’est souvent le cas au parti socialiste, jouer sa propre partition. Chacun cherche à imprimer son rapport de force pour peser, tant vis-à-vis des siens que de l’Elysée et être toujours prêt pour le coup d’après. Et s’il se trouve que l’on est ministre, tout l’art consistera à ce que l’exercice de la fonction ne puisse en aucune façon venir flétrir la ligne politique support de ses ambitions. Il est donc nécessaire d’envoyer des signes clairs, des messages. « Non je n’ai pas oublié  » chantait Enrico MACIAS à ses admirateurs, qui doutaient de sa sincérité après qu’il eut revêtu les habits du succès.

On en arrive alors à ce que l’on appelle les couacs que l’on a injustement fait endosser  au Premier Ministre. Entre autres exemples, le cannabis pour Vincent PEILLON sujet sensible alors qu’il a en charge l’éducation des jeunes, les marchés publics pour Arnaud MONTEBOURG, qui ne peut ignorer qu’ils ne s’attribuent pas « de la main à la main » mais après une procédure de mise en concurrence complexe, les « pigeons » pour Pierre MOSCOVICI qui reculera devant le mouvement de ces inattendus ramiers, le refus pour Manuel VALLS d’imposer aux policiers la délivrance d’un récépissé comme promis pendant la campagne, l’introduction de la préférence sexuelle de nos écrivains dans les manuels scolaires, par Najat VALLAUT BELKACEM, qui a suscité l’ire des associations de parents d’élèves,  la redevance pour Jérôme CAHUZAC dans les résidences secondaires, celles sur les écrans d’ordinateur pour Aurélie FILIPETTI …

Tout cela sans toujours la concertation et la réflexion nécessaire, avec comme devise : si ça passe, tant mieux pour moi,  si ça ne passe pas, tant pis pour le Premier ministre. C’est à ce dernier que l’opposition, pour des raisons évidentes d’efficacité de son combat politique, fera  reproche. Elle lui fera tout endosser en le désignant « animateur de la symphonie des couacs ».

Et n’ayant rien trouvé à lui imputer « personnellement », elle  a exploité avec il faut bien le dire une certaine mauvaise foi, son observation selon laquelle « la loi sur le logement  serait retoquée par le Conseil Constitutionnel », compte tenu de l’erreur de procédure qui entachait sa régularité. L’opposition s’est alors ruée là dessus pour affirmer, avec la péremption qui sied dans ces cas là, que le Premier ministre avait « violé » le sacro-saint principe de la séparation des pouvoirs. Diable ! En fait, une attaque aussi injustifiée que dérisoire. Le Premier ministre n’a rien violé, son commentaire relevait du truisme et n’aurait jamais été élevé au rang de polémique nationale en temps normal.

Pour autant, il est  sûr que cette situation qui l’affaiblit ne peut perdurer. Sur EUROPE 1,  Jean-Marc AYRAULT avait averti que, « la prochaine fois ce sera le bon de sortie » selon la formule même de Jean-Pierre El KABBACH. Il sera pourtant difficile pour le Premier ministre, d’aller au clash dans la situation actuelle.

Et on peut se demander si les promesses faites par ses amis politiques seront tenues.

Déjà, Harlem DESIR, qui lui aussi veut marquer son territoire  a « poussé le congrès » sur le vote des étrangers, alors que le Premier ministre avait éclipsé ce point dans son discours. Il est vrai qu’Harlem DESIR n’est pas ministre.   

Et puis, les lampions de la fête à peine éteints, Cécile DUFLOT qui avec une régularité de métronome a su largement nourrir le procès en amateurisme fait au Premier ministre, a parlé de réquisitionner les logements vacants, sujet extrêmement sensible qui touche à l’un des droits auxquels les français sont le plus attachés, le droit de propriété. Matignon avait-il donné son feu vert à une pareille annonce ? Dans la foulée, elle a encore proposé de reloger les sans logis dans des bureaux, casernes, hôpitaux et autres bâtiments administratifs désaffectés, alors que l’opportunité de la transformation de ces locaux en habitation avec mise aux normes, nécessitant des travaux d’importance sur plusieurs années, avec des budgets conséquents, ne semble pas avoir été décidée. Premier nouveau couac ? Certainement pas, madame DUFLOT ne s’est engagée à rien, elle n’est pas socialiste…      

Pour ces derniers, nous verrons bien si Toulouse aura été le signal du renouveau gouvernemental ou seulement le congrès du bal des hypocrites.

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 08:40

 

Ce billet a été sélectionné par le journal en ligne l’Express.fr et publié à sa Une. 

Le verdict de l’UCI est tombé. Tranchant comme le couperet d’une guillotine. Lance AMSTRONG s’est dopé, il est déchu de ses sept titres de vainqueur du tour de France, il devra rendre la totalité de ses primes. Il est aussi condamné, même si cela n’est pas contenu dans l’arrêt de la très honorable institution cycliste internationale, à toutes les peines complémentaires habituellement prévues dans ces cas, bannissement de toutes activités sociales et caritatives, mise à l’index généralisée, droit pour quiconque de le clouer autant qu’il le désire, au plus infâme des piloris.

 

J’ai senti la délectation monter de toute part ou presque. Nous n’aimons pas les tricheurs ? Certainement. Mais plus encore, nous ne supportons pas les champions, surtout les grands champions. Les petits, passe encore. Un ou deux tours, pourquoi pas. Mais cinq, mais six, mais sept ! Ça va pas non, vous n’y pensez pas ! En plus figurez-vous que le bonhomme -un américain- venait juste de se remettre d’un cancer. Non, trop c’est trop, vraiment insupportable. Et tenez vous bien, les dizaines d’analyses, de prélèvements de toutes sortes, peut-être même les centaines, effectués à l’issue des courses, ou bien après, ou bien avant,  par les laboratoires les plus sophistiqués, n’avaient rien donné. A l’époque, personne ne s’en était ému. Une si belle histoire, un si fabuleux champion, avec de si généreux sponsors et un public porté aux anges. Qu’aurait-on été cherché là ? Tout le monde était gagnant ! Il faut donc un temps pour tout. Cinq ans, dix ans après, viendra le moment de « voir à voir ». Ce sera une affaire dans l’affaire, une superbe affaire. Le beurre et l’argent du beurre et un petit supplément de vertu en plus, après tout, pourquoi pas ?

 

Et c’est alors que les hommes surent suppléer la science défaillante. Ses coéquipiers, ses amis, ses frères d’arme, qui bénéficiaient à tous points de vue de l’affaire, dénoncèrent, après une assurément très mûre réflexion,  le tricheur. Repentir pas très actif, mais qu’importe. Leur « conscience » leur demandait de parler. Alors ils parlèrent. Ils firent même plus, ils désignèrent, expliquèrent, accusèrent,  condamnèrent, bref en un mot jetèrent aux chiens, sans le moindre émoi, celui qui fut leur leader, qui leur avait donné gloire et fortune et dont ils n’eurent pas le courage de se départir tant que l’argent coulait à flot. Petit problème, ils utilisaient les mêmes produits prohibés que lui... Autre petit problème, aucun des sept tours ne sera attribué. En réalité, il parait qu’aussi loin que l’on remonte dans le classement, tout le monde se serait dopé...

 

Si tel était le cas, on ne pourrait alors presque plus parler de tricherie, tous les coureurs se trouvant en quelque sorte à égalité de moyens. Et selon la formule bien connue tous les dopages du monde n’ont jamais fait gagner à un méchant canasson le grand prix de l’Arc de Triomphe. Reste l’interdiction. Il convient de demeurer intransigeant, tant pour des raisons de santé publique que de morale sportive, même à une époque où d’aucuns préconisent la dépénalisation de certaines drogues.

 

Alors ? Alors à la différence de nombre de mes concitoyens, j’aime les vainqueurs, j’aime les champions, j’aime ceux qui réussissent en sport comme d’ailleurs dans tous les domaines de la vie, car je sais que gagner, ne serait-ce que son pain quotidien, est à la fois la chose la plus belle et la plus difficile au monde. Cela ne m’a pas empêché d’adorer notre gentil Poupou national, même si  je lui ai préféré Anquetil...Encore que paraît-il, lui aussi se serait dopé... Puisqu’il gagnait. On ne l’a jamais démontré. Et alors ? Cela ne prouve rien ! C’est ce que l’on appelle le renversement de la charge de la preuve, de plus en plus usité de nos jours.

 

En revanche je suis consterné, lorsque je perçois chez certains de mes contemporains, ce que Georges POMPIDOU appelait ce « léger frémissement de narines », quand ce n’est pas une certaine  jubilation ou quand je lis des articles impliquant l’ancien Président de la République, qui aurait-été, bien évidemment, au courant et en quelque sorte complice de toute cette histoire…  

 

Vous l’avez très bien compris. J’assume, au moins le temps de cette affaire,  être un vieux réac et je reprends même à mon compte la formule de Michel DRUCKER : « Lance AMSTRONG demeurera à mes yeux un formidable champion ». C’est dire.

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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 08:26

Publié et mis en Une par l’Express.fr

 

 

Si les adhérents de l’UMP ont la volonté profonde d’élire un président de parti, ce qui est loin d’être sûr, c’est incontestablement Jean-François COPE qui est apparu comme ayant le meilleur profil pour remplir le job. Vivacité d’esprit, percussion, art de la réplique, combativité, bien à son aise, avec un ton, un langage beaucoup plus proche des militants, jusqu’à la polémique, telle celle fameuse sur  « le pain au chocolat », qu’il a assumé. Il a même réussi à faire admettre à David PUJADAS qui lui opposait le caractère marginal du racisme anti-blanc, que « ce n’est  pas parce qu’il n’y a que peu de cas qu’il ne faut pas en parler ». Il a ainsi rappelé au passage qu’il avait été -pour seulement 2000 cas recensés-  le champion de la croisade anti-burqa, alors que Jean-Marie LE PEN avait été contre son interdiction. Il s’est montré plus à droite que son concurrent, avec une réelle intransigeance sur la stratégie du  « ni-ni », que ce dernier a dû reprendre à son compte, mais avec beaucoup plus de nuances et peu d’enthousiasme, devant même aller jusqu’à se  justifier en expliquant qu’il n’avait jamais appelé à voter socialiste. Il a insisté sur le fait qu’il était maire de Meaux, où il a battu la gauche et réduit le Front National et qu’enfin s’il ne célèbrerait pas de mariage « gay », contrairement à l’ancien Premier ministre, c’est parce que lui, en tant que maire, pouvait se prononcer.  

 

François FILLON, tout le monde l’a souligné, s’est voulu d’entrer de jeu être le « rassembleur ». Il a ainsi joué la carte du présidentiable. Il a insisté sur sa qualité d’ancien locataire de l’hôtel Matignon, d’ancien député de la SARTHE, et d’ancien plus jeune député de l’Assemblée Nationale. Il a dû se justifier sur sa venue à Paris, dans une circonscription plus sûre. On aurait pu penser que son but était d’engager le combat de Paris. Même pas, chacun l’a bien compris, il ne serait vraisemblablement pas candidat à la mairie. Certainement que le risque de perdre est trop élevé. Non, il est venu à Paris seulement parce que quelques amis, dont Jean TIBERI, le lui ont demandé… Il aurait annoncé sa volonté d’aller reprendre à la gauche la place forte de Paris, que cela aurait certainement eu plus d’allure.   

 

Il semble que François FILLON sûr de son fait, se soit contenté d’assurer, comme l’on dit de façon un peu triviale,  le service minimum. Sa prestance, sa tenue, sa mesure dans le verbe, une certaine distance au point d’être apparu quelque peu guindé, lui ont donné cette présidentialité  que les adhérents de l’UMP ont toujours appréciée chez lui et qui est en définitive sont seul véritable atout.

 

En y regardant de plus près, Jean-François COPE est apparu comme « le combattant suprême » contre la droite et le Front National réunis, ayant démontré qu’il n’hésitait pas à monter au feu, y compris dans des circonscriptions populaires et difficiles, alors que dans le CV de François FILLON  le qualificatif « d’ancien » apparaît trop souvent et celui de « conquérant » nulle-part.   

 

L’investiture par des primaires ouvertes, que l’UMP va adopter pour la désignation de son candidat aux présidentielles, ne permet plus de rendre quasi certain, le choix du chef du parti, comme candidat à l’élection majeure. Quel que soit le résultat du 18 novembre, rien ne sera donc joué. Nous sommes, en temps politique, à des années lumières de la présidentielle et nous l’avons vu, trop de choses peuvent se produire d’ici là.

 

Le positionnement de Jean-François COPE, donné largement battu, est en définitive des plus logiques. Les adhérents de l’UMP sont par hypothèses des politiques, qui réfléchissent aux stratégies de prise de pouvoir. Une partie importante d’entre eux prônent de plus en plus un rapprochement électoral avec le FN. Jean-François COPE l’a bien compris, d’où les petites phrases, tout en se montrant intransigeant sur une quelconque alliance ne serait-ce que purement électorale. ..

 

Les militants plus à droite que les électeurs, pourraient craindre, qu’une politique, trop tournée contre le Front National, telle que la préconisent les fillonistes  ne soit fatale pour longtemps à leur mouvement. L’UMP seule, a de plus en plus de difficulté pour trouver des majorités tant au plan local que national.

 

Les préjugés seront-ils les plus forts ? La politique a-t-elle encore son mot à dire ? Il n’est pas sûr que ce soit le plus présidentiable des deux qui l’emporte. Réponse le 18 novembre.

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 06:39

Mais arrêtez cinq minutes avec toutes vos histoires de formalisme inadéquat, de procédures non-conformes et avec toutes vos salades de paperasserie. Cécile elle, elle  a des gens à loger, elle les loge et tout le reste n’est que polémique stérile qu’elle traite avec l’indifférence qui lui est due. Voilà  pour commencer, c’est clair ?

Vous l’avez entendu mercredi à l’Assemblée ? Non ? Moi oui, j’avais pris mon RTT, je ne voulais louper ça pour rien au monde.  Ah, c’est dommage, j’aurais voulu que vous la voyiez, une vraie lionne ! Je veux pas médire, mais ce pauvre AYRAULT qui avait pris la parole juste avant avait bien essayé de formuler de vagues regrets, expliquant qu’il était trop respectueux de la séparation des pouvoirs, « qu’il s’était peut-être trompé en anticipant un peu la décision du Conseil Constitutionnel » qu’il reconnaissait la boulette, que la procédure était sans nul doute la meilleure garantie des libertés et qu’à ce titre elle devait être strictement respectée, bref qu’il faisait en quelque sorte amende honorable, qu’il comptait réparer tout cela assez rapidement pour que la loi sur le logement puisse s’appliquer et  que les bénéficiaires ne soient  pas lésés et tout et tout et tout...

Si vous aviez entendu ce que les autres lui ont balancé en retour… « Amateurisme » « bricolage » « camouflet» et j’en passe. Ça tirait de tous les bouts. J’ai senti le Premier Ministre pas comme il aurait dû être. Enfin, pas à son aise si vous préférez. C’est pas pour dire, moi je l’aime bien AYRAULT, mais franchement il ne sait pas s’y prendre. Trop règlement-règlement, trop consensuel. On fait de la politique que diable !    

Et puis, cela a été le tour de Cécile. Tu vas voir papa, je vais te régler ça en moins de deux, t’inquiète, j’en ai vu d’autres, c’est pas pour dire, mais honnêtement le congrès des verts, à côté,  c’est quand même autre chose. Elle  n’a pas sourcillé d’un poil. Une vraie canonnière.

D’abord, pas de regrets et encore moins d’excuses, et puis quoi encore ! Elle leur a dit vous savez quoi ? Le gouvernement a besoin de moi pour reloger alors je reloge, je reloge et je reloge, pendant que les autres ils font tout pour m’empêcher de reloger et maintenant avec votre  histoire de Conseil Constitutionnel, et bien il y a des gens qui attendaient leur logement et qui ce soir vont dormir dans la rue à cause de vous, Voilà !

Vous avez entendu ça ? Ces  pauvres chéris de la commission qui ont été se plaindre parce que ce n’est pas leur petit texte qu’ils nous avaient si délicatement mitonné qui a été examiné en séance. La belle affaire, de toute façon cela n’aurait rien changé au final, ils le savent bien. Alors à quoi ça sert ? Tiens au fait à quoi ça sert ?

Non, il ne sait pas leur parler. La preuve, ce n’est pas à Cécile que l’opposition s’attaque, c’est  au Premier ministre. Il n’a qu’à  s’en prendre qu’à lui-même. Comment ? Vous-ai-je bien entendu ? Qu’il lui en veuille après tout ça ? Tout ça quoi ? Il ne manquerait plus qu’il lui en veuille. Pensez donc, ils étaient assis juste à côté l’un de l’autre. Seule la travée les séparait. Ils n’ont pas arrêté de se causer. Un moment je ne sais pas ce qu’elle lui a dit, il a même ri. Alors vous voyez. Non, croyez moi, heureusement que Cécile est là, elle au moins elle n’a peur de rien !

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 06:29

 

1998 a été l’année de la découverte d’une France « noire-blanc-beur ». Elle sera l’honneur de tout un peuple, à qui elle offrira sa première coupe du monde de football.

 

Elle fut le symbole de la diversité triomphante…Une bande de copains, issus d’une même nation, quelles que soient leurs origines. Cette volonté de le démontrer, en se battant pour l’équipe de France qui les avait réunis, a tout dépassé.   

 

Nicolas ANELKA n’en faisait pas parti. Son talent n’était pas en cause. Il était selon l’expression consacrée,  l’un des plus doués de sa génération. Sa « personnalité », ne cadrait pas avec l’esprit « équipe nationale ». Peut-être ne se reconnaissait-il d’ailleurs pas dans ce type de structure sportive, fondée à l’origine sur le patriotisme des Etats. Toujours est-il qu’il fut également écarté des sélections du mondial en  2002 et en 2006.

 

Mondial 2010. Raymond DOMENECH décida de l’emmener en Afrique du Sud. C’était son premier mondial. Il n’attendit pas plus longtemps que la mi-temps du deuxième match pour dire, à son entraîneur, selon ce qui fut rapporté, « va te faire enculer,  sale fils de pute ». Ces quelques mots résumèrent à eux seuls  la perception qu’il avait de l’équipe de France. Il ne fit aucune excuse. Il ne manifestera jamais le moindre regret.

 

Plusieurs joueurs, rendus fous furieux par la sanction infligée à l’enfant de TRAPPES, qui à leurs yeux comptait infiniment plus que le pays qu’ils étaient censés représenter, allaient montrer au monde entier ébahi, de quoi ils étaient capables. Ils ridiculisèrent leur pays sans le moindre scrupule. L’affaire du bus fit le tour du monde.

 

Le syndrome ANELKA, qui couvait sous les flons-flons de 98, était apparu au grand jour. Il était plus profond qu’on ne le supposait. Il atteignait de plus en plus de joueurs.

 

Depuis longtemps, des signes évidents avaient-été adressés à tous ceux qui voulaient bien prendre la peine de les observer. L’instant de l’avant-match pendant lequel on jouait les hymnes nationaux, avec les joueurs alignés comme des petits soldats apparaissait pour la plupart, comme un moment de véritable supplice. Laurent BLANC avait demandé aux joueurs de chanter. Ceux qui suivirent sa prescription, peu nombreux il est vrai,  se contentaient sans le moindre enthousiasme de bouger un peu les lèvres dès lors que la caméra était sur eux.

 

Pas question non plus de condamner les sifflets qui leurs furent infligés au Stade de France lorsque l’équipe nationale fut opposée à des équipes du Maghreb. Ce n’était pas leur problème. Au mieux, ils trouvèrent cela étrange.

 

De plus en plus une ambiance délétère s’insinuait à l’intérieur de l’équipe. Les actes anti sportifs allaient se multiplier. Entre joueurs, refus de se serrer la main lorsque l’on était remplacé. L’autorité de l’entraîneur était de moins en moins reconnue. On observait même des actes d’incivilités envers les supporters. A l’évidence nombre de joueurs n’avaient aucun respect pour le maillot qu’ils avaient « l’honneur » de porter.  

 

Au mieux, ils allaient s’en tenir à l’aspect footballistique au sens strict. Dès le match terminé, ils fixent leur casque audio sur leurs oreilles, pour signifier à tous que c’est fini. Le match et c’est tout. Rien de plus.

 

Et Zizou ? Le gentil Zizou si poli, si timide, si talentueux. Le contre exemple parfait de tout ce qui vient d’être dit. La vraie vitrine de l’intégration réussie, de la diversité comme on l’aime. La preuve par l’exemple de tout ce que les politiques gouvernementales ont cherché à faire depuis des décennies. La preuve qu’il n’existe pas de syndrome ANELKA.

 

Mondial 2006… d’un coup de tête d’un seul, il est rentré dans le rang. Plus de Zizou bien élevé et soumis. Il a montré de quoi il était capable. Une histoire de maillot tiré et  de mots  comme il s’en dit à longueurs de terrains et à longueur de temps et voilà ! Ma sœur a été insultée expliquera-t-il. Cela lui est apparu suffisant pour fiche en l’air à travers une finale de coupe du monde, l’espoir de tout un peuple.

 

Les compétitions européennes de l’équipe de France s’étaient déjà déroulées dans le même état d’esprit. Euro 2008. La France termine dernière de son groupe dans une ambiance détestable. NASRI et BENZEMA auraient perturbé le groupe, par un manque de respect envers les anciens joueurs. Problèmes générationnels nous a-t-on dit.

 

Euro 2012, le syndrome ANELKA est plus que jamais présent. BENARFA a envoyé « bouler » Laurent BLANC, à la mi-temps d’un match, MENEZ a invité l’arbitre à aller se faire enculer, décidément, tandis que NASRI en mal d’imagination a proposé à un journaliste d’en faire de même.

 

Didier DESCHAMPS a repris en main l’équipe de France. Il a averti, il n’acceptera plus le moindre écart. Les sponsors eux aussi ont remis de l’ordre. On ne s’insulte plus, on se serre la main quand l’usage l’exige.

 

Il ne s’est pas contenté de faire les gros yeux. Il s’est attaqué au problème de fond. Contre l’Espagne il a gommé l’aspect cocardier de l’équipe de France. Les joueurs étaient vêtus tout de blanc. Le bleu symbole de la France a complètement disparu. L’écusson, signature du club France, qui plastronne habituellement sur la poitrine des joueurs, se remarquait à peine cousu sur la manche gauche du maillot. Le coq a été placé en haut et à gauche. Stylisé et dans une discrétion telle, qu’il faut un gros plan et une image à l’arrêt pour l’identifier. Il est sur le même plan et dans la même configuration que le logo du sponsor, situé sur la droite. L’objectif est évident, neutraliser l’équipe de France pour jouer dans le même état d’esprit que pour un club. Dégager le club France de tout ce qui n’est pas du domaine strict du sport. On a alors vu contre l’Espagne une équipe se livrer toute entière comme on ne l’avait pas vu depuis bien longtemps.

 

DESCHAMPS semble avoir réussi la métamorphose de l’équipe de France en en changeant la nature. Les Etats nations disparaissent, pourquoi pas les équipes nations ? C’est peut-être à ce prix que sera éradiqué le syndrome ANELKA.

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 09:33

 

Ce billet a été sélectionné par le journal en ligne l’Express.fr et  publié à sa Une.

J’ai passé un merveilleux week-end, il ne faisait pas très beau, je suis resté à la maison et j’ai regardé la télé, les chaînes d’information en continu. Ce sont celles que je préfère. Vous avez tort, vous devriez les regarder, c’est plein de sketchs. Non, de vrais talents, de vrais artistes. On se demande ce que font nos programmateurs et pourquoi ils ne nous en montrent pas plus souvent. Vous n’avez pas vu celui de l’avocat ? Vous ne pouviez pas le louper, on nous l’a passé en boucle, d’habitude je râle, mais là vraiment cela valait le coup.

 

Un bonheur, un régal, plus vrai que nature. Ils avaient choisi un sujet moderne, une fiction  jouée à merveille par un jeune comédien plein de talent, j’ai oublié son nom. Un truc pas possible, c’est ce qui rendait le sketch marrant. Le type qui a imaginé ça est drôlement fortiche.

 

C’est l’histoire d’une jeune femme, bien sous tous rapports, respectabilité, qui milite pour les causes les plus nobles, style écolo, proche de la nature, culture bio, BCBG et tout, que l’on accuse d’avoir  -à tort bien évidemment- fait parti d’un horrible réseau international de la drogue, avec tous les trucs habituels, sommes d’argent gigantesques genre millions d’euros, tonnes de cannabis en provenance du Maghreb, gang de blanchisseurs en cols blancs, comptes en Suisse, personnages douteux, enfin quoi, tous les ingrédients habituels. Une vraie caricature, plus vraie que nature.

 

Et bien j’aurais aimé que vous voyiez ce jeune comédien jouer l’avocat sorti frais émoulu de l’école du barreau : confiance, assurance, aplomb, juste ce qu’il faut d’insolence, mon Dieu, je n’avais jamais vu un tel talent !

 

« Ma cliente n’a rien fait, elle est innocente, on a rien trouvé chez elle, surtout pas de l’argent,  c’est une erreur judiciaire ».  Qu’en dites vous ? Pas mal non ?

 

Un coffre ? Et alors, que je sache il n’a jamais été interdit à quiconque d’avoir un coffre, cela ne prouve rien ! Moi aussi j’ai un coffre ! Ah les 400.000 € ? Et bien nous y voilà. D’abord ce n’est pas 400.000, mais 350 000 €, première erreur, ensuite on ne les a pas trouvés chez elle, chez elle on n’a rien trouvé, ils étaient dans son coffre. Et sauf à me répéter, je vous redis que ce n’est pas interdit d’avoir un coffre.

 

Et l’argent qui se trouvait à l’intérieur ? Non monsieur ne faites pas de l’ironie, ce n’est pas à l’occasion d’une partie de poker avec des inconnus qu’elle l’a obtenu, c’est un héritage. Oui, un héritage. De qui ? De son arrière grand père aujourd’hui décédé. Avant de mourir il lui a laissé ses économies. Et bien oui, en espèces, ce n’est pas interdit non plus que je sache ? Et bien pas plus que ce n’est interdit d’avoir un compte en Suisse ! Pourquoi en Suisse ? Et pourquoi pas en Suisse, je vous le demande ? Quant à l’ami à qui elle a remis le produit de son legs pour qu’il le lui rende, justement via son compte Suisse, après certes qu’il l’ait fait passer par une de ses sociétés off shore, mais seulement pour lui rendre service, et rapatrier à nouveau son argent,  par porteur spécial, pour éviter tout risque de perte ou de vol, afin ça va de soi de pouvoir redéposer son bien dans son coffre dont je rappelle qu’aucune loi n’a jamais interdit sa possession, et bien cet ami vous disais-je fait ce qu’il veut, c’est du domaine du privé, voilà ! La liberté individuelle cela existe encore dans ce pays que je sache ! Quant à ma cliente, elle  n’était au courant de rien. C’est simple non ?

 

Ah, j’allais oublier. J’ai vu sur internet que les auteurs du sketch avaient prévu de terminer en ajoutant qu’ensuite, un Ministre aurait proposé pour régler tous ces problèmes de délinquance qui empoisonnent la société française de légaliser la vente du cannabis... Plus d’infraction, plus  de délinquant. Une sorte de sketch à message. On avait même parlé du ministre de l’éducation. Mais trop peu crédible, trop peu vraisemblable, cela a été supprimé. Non vraiment cela ne tenait pas la route. Cela aurait même tout gâché.  

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 06:44

 

Ce billet a été sélectionné par le journal en ligne l’Express.fr et  publié à sa Une.

Valérie TRIERWEILLER va porter plainte pour « diffamation et atteinte à la vie privée » à la suite du  livre « La Frondeuse », signé par Alix BOUILHAGUET et Christophe JAKUBYSZYN.

« Le caractère des propos sous forme d'affirmations des auteurs, adossés à des rumeurs non avérées et malveillantes visant à salir sa personne et ses proches, ont conduit Madame Valérie TRIERWEILER à prendre cette décision », a précisé Me GIFFARD dans un communiqué.

L’éditeur se frotte les mains. Ce sera un best-seller. Ce sera aussi la meilleure façon de parler d’un livre qui serait peut-être passé inaperçu dans la bousculade littéraire qui assaille la compagne du Président de la République.

 

« La Frondeuse » fait partie, à n’en pas douter, des retombées collatérales, à l’origine desquelles se trouve l’époustouflant tweet de la journaliste de Paris-Match, devenue première dame. En quelques mots, en quelques lignes à peine, sans bien sûr l’avoir voulu, elle a ouvert toutes les fenêtres de tir qui pouvaient la concerner, se mettant de la sorte, dans une situation de fragilité extrême

 

Toutes les excuses du monde ne pourront effacer une telle faute, venant de l’une de celles qui connaît le mieux le monde politico-médiatique auquel plus que jamais elle appartient. La seule stratégie pertinente eut été à l’évidence le silence, qui permet l’oubli, rend plus difficile les attaques et en altère en tout cas considérablement les effets.  

 

Mais le besoin de parler, d’expliquer, de justifier, de penser que l’on convaincra, par une action ordonnée et intelligente, a pris le dessus, alors que nous sommes dans un monde de rapports de force où prévaut l’irrationnel, dans un monde où les motivations de l’action ne sont que rarement fondées sur la raison et la justice, mais sur l’intérêt et la facilité de l’instant.

 

La vanité que l’on a de réussir là où tous ont échoué a fait le reste. Interviews, rencontres avec les journalistes auteurs de la biographie objet de la plainte, fuite dans la presse de l’envoi d’un colis à la prisonnière française la plus médiatisée au monde, vont se succéder.

 

Et il arriva ce qui devait arriver,  «La Frondeuse ». « La Frondeuse » n’est pas ce qu’elle pensait qu’elle serait, une biographie à sa gloire, un de ces récits qui feront remonter un peu ses épouvantables sondages. C’est le pire qui pouvait arriver. Ce livre accentue les traits d’une femme autoritaire, exclusive, impulsive et surtout très ambitieuse. Trop belle pour laisser indifférente, on y parle de ses relations avec les hommes politiques, parmi les plus grands, SARKOZY comme on l’avait dit de STRAUSS KAHN, n’aurait pas hésité à lui faire un brin de cour, jusqu’au « discret » DEVEDJAN, toujours là où on ne l’attend pas,  avec lequel les choses auraient peut-être été plus compliquées. Une vie ordinaire somme toute, aujourd’hui un véritable cauchemar. Alix et Christophe avaient pourtant l’air, si sympas.

 

Il était encore temps de se murer dans un silence « méprisant et hautain »…On lui a préféré la plainte en justice. On sait pourtant que la plainte ne doit jamais servir à assouvir une quelconque colère. Elle ne peut se situer que dans le cadre d’une stratégie globale qui doit tenir compte de tout et de tous. La rapidité avec laquelle elle a été déposée montre qu’il n’y a pas eu de véritable réflexion. De celle qui permet de prendre une décision, qu’une fois pesés, le pour et le contre, soigneusement, au trébuchet de la politique, tenant compte du lieu où tout cela se joue, en prenant tout son temps. Le temps, le temps  à défaut de silence et avec toujours à l’esprit, que dans ce domaine très complexe, en prise directe avec le monde médiatique, personne ne va jamais savoir comment les choses tourneront.

 

La motivation du dépôt de plainte, par une phrase des plus alambiquées à destination de la presse, que Me GIFFARD a semble-t-il eu beaucoup de mal à rédiger, montre s’il en était besoin que la diffamation est une infraction difficile à manier, tout comme la vie privée d’un homme ou d’une femme publique est difficile à protéger judiciairement.

 

La compagne du Président de la République ne veut pas admettre qu’elle n’est pas une femme comme les autres. Si les choses tournent au mieux pour elle, et qu’elle obtienne la condamnation des deux journalistes, qui n’auraient pas réussi à rapporter la preuve de faits diffamatoires, beaucoup ne pourront s’empêcher de penser que cela ne signifie pas qu’ils n’ont pas existé ou encore que les juges ont été influencés par la qualité de la plaignante... On sait bien que de nos jours on passe très vite du statut de victime à celui de coupable, et plus encore pour ceux qui sont le plus exposés médiatiquement.

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