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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 06:27

Billet publié dans l'Express.fr du 8 septembre 2014  

Au début de son mandat, François Hollande a donné l’impression qu’il cherchait plus à temporiser, qu’à rentrer véritablement dans la partie. Gagner du temps, calmer le jeu, telle a été sa stratégie, convaincu semble-t-il que la crise était liée à  l’un de ces cycles économiques qui ont traversé régulièrement notre pays au cours de son histoire et qu’elle était sur le point de s’achever.  

Il en était si persuadé, qu’il avait pris le risque d’annoncer une inversion de la courbe du chômage pour la fin de l’année 2013 et une reprise de la croissance pour 2014.

Mais le balancier restera bloqué et il lui a fallu reconnaitre que la crise était bien structurelle. Sa résolution aura lieu avec Bruxelles et sa solution dépendra avant tout de la bonne santé des  entreprises, certainement pas de leur confrontation avec les travailleurs.

D’où la nomination de Manuel Valls à Matignon et corrélativement l’éviction d’Arnaud Montebourg qui suivit.

Le changement que François Hollande avait annoncé dans sa campagne ne sera donc pas au rendez- vous, les français lui en tiennent rigueur, ils le lui manifestent à chaque échéance électorale.  

Les sondages vont confirmer un rejet de plus en plus important de sa politique. Le président en est arrivé à devoir désormais se protéger. Il va se « replier » sur l’international et sur le secteur consensuel des évènements mémoriels et des inaugurations. L’affaire Gayet est loin. Il s’agit de travailler sur la personnalité du président, le père de la nation, au-dessus de la mêlée et laisser le Premier ministre en première ligne prendre les coups.  

Au moment où cette stratégie s’est mise en place, dans un contexte des plus difficiles qui soit, son ancienne compagne a sorti  un brûlot visant à le détruire. François Hollande n’avait certainement pas besoin de cela. Certains commentateurs ont alors parlé de démission, tandis que d’autres ont assuré que c’en était  fini pour lui. Un sondage IFOP-JDD publié dimanche 7 septembre va dans ce sens : pour 85% des français, François Hollande ne doit pas se représenter.  

Mais on sait qu’en politique, rien n’est jamais acquis ni perdu et on rappelle à cet égard les 3% que pesait François Hollande, à deux ans de l’élection présidentielle.

En présence d’une situation qui ne connait pas de précédent, la question se pose tout naturellement de savoir si le président peut rebondir.  

François Hollande n’a pas d’autre solution que de mettre en œuvre avec la plus grande énergie la politique qu’il estime la plus pertinente pour la France. S’agissant à l’évidence d’une politique de rigueur budgétaire, le FMI vient encore de le rappeler, il ne pourra la conduire sans annoncer qu’il ne se représentera pas aux prochaines élections  présidentielles. Seule cette disposition lui permettra de faire face en toute sérénité aux difficultés qu’il rencontrera inévitablement avec une politique de réduction des déficits. François Hollande deviendrait alors ipso facto le président le plus détesté de la 5eRépublique, mais aussi celui qui a su mettre la France au-dessus de ses contingences personnelles, avec comme référence le général de Gaulle à droite et Pierre Mendès France à gauche.

Mieux qu’un rebond hypothétique et si la réussite est au bout, il rentrerait alors à jamais dans l’Histoire. 

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4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 04:17

Ce mercredi 3 septembre au grand journal de Canal + Serge Raffy, un proche de François Hollande,  a fait une relation plutôt paradoxale entre la déclaration du Président de la République qui a qualifié l’exécution abominable du journaliste Steven Sotloff d’acte barbare, et le livre de Valérie Trierweiler « Merci pour ce moment ».

Plus tard, aux guignols de l’info, on nous a montré la marionnette de Valérie Trierweiler, décapiter celle de François Hollande.

Canal + est passé à cet instant, certainement sans en avoir conscience, du paradoxe à l’indécence.

J’imagine que nombre de téléspectateurs ont dû comme moi être choqués que l’on puisse « jouer » avec l’horreur de la décapitation à l’arme blanche dont a été victime un homme de la part de sauvages. C’est la pire des indécences que l’on puisse commettre dans un monde policé et civilisé.

Il y a depuis déjà longtemps une banalisation totale de l’abject, pratiquement sans limite, le plus souvent sous couvert d’humour et en l’espèce il est vraisemblable que le fait que la victime soit de nationalité américaine, a pu rendre possible cette mise en relation du plus mauvais gout.

On imagine aisément les effets que ce genre d’images peut avoir sur des esprits faibles et la  jubilation des barbares qui pourraient les visionner.  

Dans un article publié le 17 juillet 2014 dans l’hebdomadaire Le Point, Michel Onfray affirmait que pour résister à la barbarie, il fallait combattre l’incivilité.  

C’est vrai qu’il y a dans la publication d’un tel livre de la part de l’ancienne compagne du Chef de l’Etat une forme d’incivilité et c’est vrai aussi que tout ce qui entoure médiatiquement cet évènement fait partie objectivement de cette incivilité dont parle le philosophe, que l’on ne combat plus, et même qui constitue une nouvelle valeur dont on se prévaut car elle serait signe d’un esprit libre sans préjugé, sans tabou, sans limite, et donc évolué.

Oui, on ne combat plus l’incivilité, au contraire, on l’admet, on l’excuse, quand on ne l’encourage pas.

On sait que ceux que l’on appelle les jihadistes sont admirés par une partie de la jeunesse qui vit en occident et on sait que les auteurs de ces crimes abominables ne sont pas des arriérés mentaux mais des gens venus d’Europe qui ont été élevés avec nos systèmes d’éducation, tant scolaires que médiatiques.

Cette barbarie est un constat flagrant de l’échec de l’évolution de notre civilisation. La publication de livres comme celui qui fait l’actualité du jour, qui « jette aux chiens » l’intimité d’un Président de la République, sans susciter l’aversion, en est l’un des signes les plus incontestables.

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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 05:12

Billet publié dans l'Express.fr du 1er septembre 2014  

On s’attendait à un affrontement avec des « frondeurs » que l’on disait exaspérés.  

On eut juste droit à deux ou trois « coups de gueule », à quelques « coups d’épée dans l’eau », à un slogan en forme d’évidence : « Vive la gauche », et bien sûr aux inévitables sifflets et applaudissements, propres à toutes les universités d’été dignes de ce nom.

C’est Christiane Taubira qui ouvrira le bal. Elle a décidé de rendre visite aux frondeurs, elle parlera ensuite. A sa sortie, elle explique, avec le tempérament qui la caractérise, que la situation des français est difficile, que le pays est démoralisé, qu’il faut refaire de la politique, c’est-à-dire qu’il faut  s’interroger sur la vie dans la cité… Les frondeurs ont tenté de faire de cette déclaration leurs choux gras. Non, ce n’est pas de Christiane Taubira que viendra le clash, si clash il y a. Cela aurait été d’ailleurs déplacé, de la part de quelqu’un qui n’est  pas membre du parti socialiste.

Arnaud Montebourg arrivera plus tôt que prévu.  Il n’a plus rien à perdre, il a les traits tirés, il est blême, c’est certainement avec lui que quelque chose va se passer. On le connait, il ne va pas en rester là. On l’écoute, chacun retient son souffle. Grosse déconvenue, il se contente pour l’essentiel de commenter son éviction : « Les hommes politiques ont vocation à se faire congédier,  même quand ils ont raison ».

Benoit Hamon, hagard, parcourt les allées des stands de l’esplanade de l’Encan. Il n’a toujours pas réalisé ce qui lui est arrivé. Il répète à qui veut l’entendre un énigmatique : « je ne suis pas loin des frondeurs ». Il ne sera pas non plus l’homme du jour.

Martine Aubry, qui aurait eu des choses à dire est absente. Elle a d’autres préoccupations. Elle  sollicite pour sa bonne vieille ville de Lille l’encadrement des loyers. On dit qu’elle prépare sa rentrée politique. Nous verrons bien. En attendant elle laisse passer les trains.

Dimanche, en milieu d’après-midi, Valls a fait un discours rassembleur. Il a repris la main, a vrai dire il ne l’a jamais perdue. Il a même fait applaudir l’entreprise. Il pourra poser la question de confiance à l’Assemblée Nationale, il ne lui manquera pas une voix.

Sous la 5e République c’est bien le président qui nomme le Premier Ministre et qui détermine la politique qu’il sera chargé d’appliquer. Pas le parti, encore moins une Université d’été.

La Rochelle n’aura été en réalité qu’un exutoire en trompe l’œil, rien de plus.  

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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 07:40

Billet publié dans l'Express.fr du 26 août 2014  

Dans un entretien au journal le Monde donné dans son cabinet de Bercy le 22 août, Arnaud Montebourg, l'enfant terrible du parti socialiste, a déclenché le feu nuclaire  : "Je suis à mon poste de combat pour    faire évoluer des politiques qui méritent d'être changées" puis un instant après : "La société est exaspérée. Il faut l'écouter, l'entendre et répondre à ses demandes. Il est temps de    réagir"   

    Si l'on s'est habitué à voir des membres du gouvernement jouer au jeu des petites phrases,  je n'ai pas souvenance d'un ministre, qui plus est de l'économie, s'être laissé aller à une critique aussi fondamentale de la politique qu'il est chargé    de conduire, sans immédiatement après annoncer sa démission, ou être invité à le faire.   

    La dernière qui s'était essayée à cet exercice de façon infiniment plus ténue, en voulant seulement plus de moyens pour mettre en oeuvre sa politique, ce fut la ministre de l'environnement Delphine Batho et on sait ce qu'il advint.   

    Arnaud Montebourg se sent fort, une partie de la gauche y compris au parti socialiste est en opposition  contre la politique gouvernementale. François Hollande ne peut se payer le luxe d'une crise au sein de son propre camp. Le départ d'Arnaud    Montebourg orienterait ce gouvernement trop à droite, la situation deviendrait invivable avec un tel leader à l'extérieur.   

    Non le Président n'a pas le choix. Le ministre de l'Economie peut critiquer la politique qu'il est chargé d'appliquer, rien ne pourra lui arriver. Sa fête de la rose du 24    août à Frangy-en-Bresse l'a consacré chef de l'opposition à François Hollande au sein du parti socialiste et même au-delà. Sa critique de la politique gouvernementale fut cinglante et    même à certains égards franchement "mélanchonienne", pharmaciens, notaires, avocats, huissiers, ophtalmo furent montrés du doigt...Son invité Benoît Hamon avec plus de prudence et de forme l'a suivi. Il ne pouvait faire autrement. C'était lui qui il n'y a pas si longtemps, était le leader incontesté de l'aile gauche du parti socialiste.        

    Arnaud Montebourg se dit qu'il manoeuvre à merveille. Il affine sa stratégie. Connaissant les règles du jeu, il sait qu'une élection présidentielle se gagne par un positionnement à gauche de la gauche modérée, quand on est à    gauche et à droite de la droite modérée, quand on est à droite. En faire suffisamment depuis son promontoire de Bercy et dimanche de Frangy-en-Bresse pour devenir le seul opposant interne à    François Hollande à l'Elysée, sans pour autant perdre son aura ministérielle.   

    Dans une situation similaire, François Mitterrand avait nommé Michel Rocard Premier ministre.   

    Peut-être se dit-il  que François Hollande affaibli, après s'être "occupé " de Manuel Valls qui chute de façon significative dans les sondages, "s'occupera" de son  cas , en lui proposant de le    nommer à Matignon...

    Grave erreur, François Hollande n'a jamais été aussi bon que dans l'adversité. Il a demandé à Manuel Valls de lui remettre la démission de son gouvernement.

Arnaud Montebourg prend le risque de l'isolement. Il ne sera pas député, il ne sera plus au gouvernement. Il aura du mal à faire entendre sa voix. Mélenchon occupe tout l'espace de la gauche dans l'opposition. Il connaitra peut être comme bien d'autres avant lui sa première traversée du désert.

 

 

 

 

 

 

En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/arnaud-montebourg-ou-le-piege-de-matignon_1570031.html#84XTwt7TucEBL11l.99  

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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 07:07

Billet publié dansl'Express.fr du 2 décembre 2013 

Soirée d’exception vendredi sur France 2.  La fête de la chanson française  a « cassé la baraque » pour son 10e anniversaire ! Je ne connaissais pas cette émission de variété, je savais juste qu’elle me priverait de « Ce soir ou jamais ! » présentée par l’excellent Frédéric TADDEI. J’ai donc voulu savoir ce qu’elle pouvait avoir de si intéressant. A l’arrivée, je ne regrette rien. Une ambiance de feu, hors des sentiers battus avec un concept justement un peu à la TADDEI. On mélange tout, on touille, on retouille, en apparence du grand n’importe quoi,  en réalité un petit chef d’œuvre télévisuel.

La scène support du spectacle, a jailli sur nos écrans aux environs de 21 heures. Elle me fait penser à une peinture baroque avec ses couleurs chaudes et vives, son jeu d’ombres et de lumières, une technique de clair-obscur, assurée par la multitude des faisceaux lumineux des projecteurs, qui balaient dans tous les sens un espace très encombré, donnant à l’ensemble un aspect théâtral,

Des dizaines et des dizaines de chanteurs vont défiler, pour beaucoup d’entre eux, avec à peine le temps d’un propos, de trois notes de musique ou celui de fredonner un petit air connu d’une  chanson actuelle ou plus ancienne, certaines datant même de plus d’un siècle. Des reprises, des rediffusions empruntées à toutes les époques, des faux et des vrais directs, on ne sait plus. Un melting-pot dans lequel se succèdent tous les présentateurs de la chaîne, Michel DRUCKER, Daniela LUMBROSO, Stéphane BERN, Laurent RUQUIER, Sophie DAVANT… qui accentuent encore cette recherche du contraste et de la diversité que l’on a observée. Et puis à espace régulier, on va « calmer le jeu », une chanson entière sera interprétée, parfois même deux, on souffle un peu, puis ça recommence.

Presque tous les grands noms de la chanson française sont présents, d’une façon ou d’une autre, certains tels BRUEL ou Johnny HALLYDAY interviennent plusieurs fois tout au long de l’émission, d’autres font une apparition furtive, et pour d’autres encore, leur nom à juste été prononcé, BREL, GAINSBOURG, DALIDA…Quelques oublis de taille, FERRAT, BRASSENS, REGGIANI, BECAUD… Mais à vrai dire, je ne pense pas que le but de cette fête annuelle  est qu’ils soient tous là chaque année et encore moins qu’ils chantent nécessairement.

Ce qui compte c’est la chorégraphie de ce spectacle qui nous enivre des heures durant, en hommage à la chanson plus qu’aux chanteurs. Un ballet harmonieux du son et de l’image, un patchwork qui permet à la chanson française de donner à travers ses talents, du bonheur et de l’émotion, de donner à des fans une idole, de nous ravir par des comportements inédits qui sont le sel du spectacle. Mais la chanson c’est aussi le bisness et malheureusement aussi quelques comportements inappropriés. Rien de tout cela n’a été oublié ce vendredi soir !  

-Pour le talent c’est à  ZAZ et à Olivia RUIZ que je décernerais la palme de la soirée. Des voix comme il n’en existe qu’une ou deux par siècle, naturelles, belles, simples, vraies, sans la moindre sophistication, avec en plus la personnalité et le charme. Un indice indiscutable, ZAZ et Olivia RUIZ, sont pour moi les seules chanteuses qui arrivent à interpréter PIAF, à rendre cette voix d’exception, sans chercher à l’imiter, en étant tout simplement elles-mêmes.  

-La partie bonheur avec Joey STARR, que l’on n’attendait pas dans cette rubrique, qui chante en duo avec NICOLETTA. Deux mondes que tout devrait séparer et qui démontrent que tout est possible. S’ils sont arrivés à s’aimer, au sens le plus noble du terme, ainsi que le  précise NICOLETTA, rien n’est impossible.  

-L’instant émotion avec Georges MOUSTAKI qui intervient par téléphone, de façon saisissante, comme s’il était toujours de ce monde.  

-Le phénomène fan-groupies incontestablement le mieux représenté par Patrick BRUEL, avec ce que l’on a appelé la bruelmania. Il a été le plus présent en temps dans l’émission. On peut être sensible au charme de l’interprète du café des délices et dire en même temps que son talent de chanteur et sa carrière ne justifiaient pas un tel privilège.

-La partie inédite de la soirée sera avec C.JEROME tout d’abord, qui est apparu souriant sur un document télé, véritable pièce de musée. Claude FRANCOIS ensuite, qui chante « Je n’suis pas bien portant » avec Gaston OUVRARD, (j’ai la rate qui s’dilate…). TROMAE, l’interprète de « formidable », qui nous révèle sa dernière chanson, « Tous les mêmes », avec un visage divisé en deux verticalement, un côté femme, un côté homme. Astuce remarquable, gâchée par Laurent RUQUIER qui devait dire « S’il n’y en avait qu’un qui mériterait d’être là pour la chanson française, c’est bien lui ». Réflexion aussi inutile que déplacée dans une telle émission qui se veut consensuelle. Le singulier duo formé par REGINE, la reine des nuits branchées et l’extravagant rocker Didier WAMPAS, suscitera la curiosité et l’intrusion sympathique de la jeune chanteuse israélienne TAL dont on dit le plus grand bien, l’étonnement. Je n’oublie pas et  je m’en serais voulu,  un document où Enrico MACIAS chante en anglais, avec l’accent de Bab el Oued.

-La grossièreté qui est malheureusement de plus en plus présente dans la chanson française devait aussi avoir sa place dans la soirée. C’est Guy BEART qui s’en est chargé le premier. Daniela Lumbroso ayant voulu le flatter en faisant allusion à une liaison qui aurait pu exister avec la divine Brigitte BARDOT, l’interprète de « ma petite est comme l’eau » répondit avec une goujaterie toute animale : « Elle ne m’a jamais excité » et d’ajouter « je suis sûr que Gainsbourg ne l’a jamais baisée ». La grossièreté me choque toujours, venant de plus d’une vedette qui n’en a pas besoin pour exister et  plus encore de la part d’une personne âgée qui doit justifier par sa tenue, le respect qui lui est dû. Quelques instants plus tard, Laurent RUQUIER habillé en cow-boy complétait la partie indélicatesse avec un commentaire selon lequel « il tirait plus vite que son ombre », commentaire d’ordre sexuel à destination de la présentatrice qui l’accompagnait.

-Enfin, bisness is bisness. Cela concerne aussi la chanson française et même la chanson tout court. C’est la partie fausse émotion, avec toutes sortes de récompenses, disques de platine à foison, pluie de trophées, à des artistes plus ou moins connus, sans oublier bien sûr tous les nouveaux albums qui viennent de sortir et dont on fait la promotion. Le clou de la soirée, le prix RTL ( ?) remis à Nolwenn LEROY. Elle aurait été consacrée par le public. Qui dit mieux ? Elle a ensuite chanté une chanson « Le continent » me semble-t-il, pas du tout convaincante, à peine audible, au milieu d’une musique trop forte pour comprendre le moindre mot mais peut-être que cela était voulu ainsi, comme le fait d’avoir mis Roberto ALAGNA juste après.

Du bel art en tout cas et un grand bravo aux concepteurs de cette émission, en particulier  à son réalisateur Tristan CARNE et à Daniela LUMBROSO la présentatrice principale qui comme à son habitude allie intelligence et finesse d’esprit. Ils ont paraît-il réuni jusqu’à 4 millions de téléspectateurs sur le service public.  

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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 06:34

Billet publié dans l'Express.fr du 27 novembre 2013   

Sans aucunement prendre parti sur  un conflit dont j’ignore tout, en écoutant Dominique VOYNET sur les motivations de sa décision de ne pas être candidate à sa réélection à la mairie de Montreuil, j’ai pensé à la KAHENA, cette reine guerrière du 7e siècle qui fut considérée comme la première féministe de l’histoire, dont le nom signifie en grec « être pure » et qui paya  de sa vie sa lutte contre la dynastie des califes. Que l’on soit ou non d’accord avec elle sur le fond des choses, on ne pourra enlever à Dominique VOYNET d’être une femme de conviction, une femme qui aura été jusqu’à l’extrême limite de ses forces, dans un monde de plus en plus impitoyable.

Moins de quarante-huit heures après, cet évènement de la mairie de Montreuil est déjà oublié. On passe à autre chose. Tout va si vite. Francis Collomp, les journalistes de RFI, le tireur parisien, eux aussi, déjà remisés aux oubliettes de l’actualité, en quelques jours, en quelques heures, c’est selon. La coupe du monde, les retraites, le régime fiscal…Alors, les états d’âme d’une maire, fut-ce de Montreuil, fut-ce même  d’EELV…

Mais cette fois-ci, nous aurions tort de laisser inscrire aussi vite cet évènement, au compte « pertes et profits » de notre société médiatique. Nous aurions tort, car la décision de Dominique VOYNET ne peut en rien être classée au rayon des péripéties  des municipales, comme il en existe tant. Ses déclarations sont loin d’être anodines, elles sont « un signal d’alerte » d’une dégradation de nos mœurs politiques. L’ancienne ministre de l’écologie demande que « la vie politique change, car l'atmosphère y est irrespirable ».

 « Suspicion, mensonges, calomnies, insultes ». Dominique VOYNET refuse de continuer à vivre dans un monde qu’elle dénomme être du « fight club » et qu’elle ne supporte plus. Au-delà de l’affaire de Montreuil, il y a une réalité que personne ne peut plus aujourd’hui nier. Tous ceux qui sont « en politique » savent que depuis longtemps, les coups les plus bas sont légions, que les rivalités les plus profondes sont au sein même des familles politiques où  s’y livrent les combats les plus vils. Mais aujourd’hui, les choses vont bien au-delà. A une époque où l’on siffle les symboles de la République, où l’hyper matérialisme règne en maître absolu, l’invective et la grossièreté, la hargne et l’insulte sont devenues une stratégie vis-à-vis de ses adversaires, mais aussi vis-à-vis de ses « amis » politiques.  

Ce qui me frappe surtout, c’est que lorsque de telles agressions peuvent se produire, elles s’accomplissent dans l’indifférence générale, sans que les responsables des partis concernés ne condamnent ni même ne désapprouvent des comportements aussi indignes. Le silence, devenu trop souvent synonyme de lâcheté et de couardise. 

Ce qui me paraît encore plus grave,  c’est que de telles méthodes se rencontrent partout, du haut en bas de l’échiquier politique et jusque dans les collectivités locales les plus infimes, les plus modestes, autrefois les plus unies, qui maintenant se délitent doucement, avec les dernières digues qui sautent, les derniers rivages inexorablement rongés par l’ignorance et l’amoralité de ceux qui sont à la manœuvre, devant des spectateurs horrifiés mais impuissants qui préfèrent laisser faire. Il semble que pour certains la honte ne soit plus de ce monde, l’honneur et la dignité non plus. Bon appétit messieurs ! Pourrait-on alors leur lancer à la manière de Ruy Blas.

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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 07:47

Billet publié dans l'Expresss.fr du 4 novembre 2013

Ghislaine Dupont et Claude Verlon, envoyés spéciaux de Radio France Internationale (RFI) ont été assassinés samedi par un groupe armé dans le nord du Mali, à Kidal, où ils venaient d’arriver pour un reportage.

Les malheureux journalistes ont-ils pris un risque « insensé » en se rendant dans une région dominée par des bandes armées, incontrôlés et fanatisés, alors même que l’armée avait refusé de les y accompagner et que par conséquent l’extrême dangerosité des lieux était avérée ?

Les responsables de Radio France Internationale ont répondu clairement par la négative. « Les journalistes n’ont pris aucun risque inconsidéré » a affirmé la directrice de RFI. Elle a d’ores et déjà fait savoir que loin d’abandonner la partie, la « mission » d’information de la radio serait poursuivie dans cette région du monde comme partout ailleurs.     

Cette notion même de « mission » qui se situerait au-dessus de ce que l’on peut avoir de plus cher, la vie, surprend. Dans les sociétés évoluées, on se refuse de plus en plus à mourir pour des idées, pour la patrie ou même pour Dieu. Alors pourquoi le devrait-on au Mali, au nom du droit à l’information ?

C’est la question qu’il est légitime de se poser et que beaucoup se posent. D’une façon plus générale, pourquoi devrions-nous être solidaires de tout ce qui se passe dans ce bas-monde ? Quelles seraient les raisons qui nous rendraient responsables les uns des autres ? Serait-ce l’amour du prochain, qui fonde nos sociétés judéo-chrétiennes, ou plus prosaïquement, ainsi que l’avait soutenu Leibnitz au 17e siècle, au motif que tout évènement qui se produit quelque part, est susceptible d’influer sur le reste de la planète et que de la sorte, il  nous concernerait tous et directement ?

Aujourd’hui, la mondialisation et les formidables moyens de communication que nous connaissons dans tous les domaines, valident en grande partie la théorie du philosophe allemand. Albert Memmi l’a reprise à son compte dans « L’exercice du bonheur », lorsqu’il parle de « l’actuelle unification progressive des sociétés humaines ». Il en résulte, selon l’auteur de « La statue de sel », que notre responsabilité des uns envers les autres, croît à mesure que se développe notre dépendance réciproque et que c’est ainsi que se créent des formes nouvelles de solidarité, dont le fondement peut être qualifié d’objectif.

Elles dépassent désormais la seule solidarité économique. Il en est une qui domine toute les autres, celle de communiquer, qui se joue des frontières des despotes et qui vaincra l’ignorance. Elle rapproche les hommes au-delà même de tout ce que l’on imagine. Mais elle ne serait rien sans le droit d’informer qui explique et justifie les sacrifices que certains consentent au nom de l’universel.      

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20 octobre 2013 7 20 /10 /octobre /2013 20:04

L’ensemble de la presse et les politiques qui se sont exprimés, ont donné l’impression qu’il existait une quasi-unanimité pour flétrir la façon dont le Président de la République a géré l’affaire « Léonarda ».

L’opposition de droite lui a fait le reproche d’être intervenu personnellement dans une affaire qui aurait dû rester au niveau du préfet du Doubs. L’aile gauche de la majorité présidentielle, celui de perpétuer la politique de Nicolas Sarkozy, jusqu’à avoir pris, selon EELV, une décision « incompréhensible et inhumaine ». Enfin,  le  premier secrétaire du Parti Socialiste, son principal soutien, prenait une position distincte de celle qu'il venait d’exprimer solennellement devant les français.

Les griefs les plus communément faits au Président de la République sont de deux ordres : en intervenant dans une affaire particulière, le Chef de l’Etat aurait mis à mal l’autorité présidentielle (1). Son offre de proposer à Léonarda de revenir seule en France, ne serait pas pertinente (2).

1-Le Président devait-il intervenir personnellement dans l’affaire Léonarda ?

A une affaire privée, relative au droit de séjour d’une famille en situation irrégulière, s’est substituée,  une affaire de politique intérieure, impactant gravement l’harmonie de la majorité présidentielle. Le risque d’une démission du ministre de l’intérieur, bien que démenti,  n’a jamais été aussi important. On sait que ses opposants les plus déterminés sont à gauche et que toutes les occasions seront bonnes pour l’attaquer. EELV avait déjà fait savoir qu’il ne participerait pas à un gouvernement qui serait dirigé par Manuel Valls et les leaders du Parti de Gauche n’ont  pas de mots assez durs pour le stigmatiser.

Parmi beaucoup d’autres, deux interventions en apparence anodines sont significatives des remous que cette affaire a causé au sein du gouvernement. Le ministre de l’éducation nationale devait mercredi dernier, à la sortie du conseil des ministres, dans la cour même de l’Elysée, critiquer les conditions dans lesquelles avaient eu lieu la procédure d’expulsion diligentée sous l’autorité de son collègue, estimant que l’école devait-être sanctuarisée. Le mal était fait, même si quarante-huit heures plus tard sur Europe 1 il se déclarera solidaire du ministre de l’intérieur, reprenant la formule du Premier ministre « fermeté et humanité ».

La ministre du logement, intervenait à son tour. Elle  parlait « d’une collégienne à l’accent franc-comtois » et de « la capacité pour tous les enfants d’où qu’ils viennent de s’intégrer ». Il s’agissait ici encore, en creux, d’une critique de la politique de l’immigration conduite par le ministre de l’intérieur, illustrée par l’affaire Léonarda.

De petites phrases assassines en postures, de positionnement en rivalités, l’harmonie de la majorité présidentielle s’est trouvée une fois de plus menacée et peut-être cette fois-ci plus gravement que jamais.

Seul le Président de la République pouvait mettre fin à ce qui apparaissait de plus en plus comme la crise la plus grave qu’a connu la majorité. Sur un sujet aussi clivant, son intervention s’imposait.        

2-Le Président a-t-il pris la bonne décision ?

Si l’on en croit le rapport de l’Inspection Générale de l’Administration (IGA), sauf l’interpellation de Léonarda qui a eu lieu à l’occasion d’une sortie scolaire, techniquement, ce dossier ne pouvait mettre en difficulté le ministre de l’intérieur ni même le préfet du Doubs. Tous les recours avaient été épuisés et aucun des critères montrant de la part de cette famille une volonté réelle d’intégration ne se trouvait réuni. Le spectacle que Léonarda et ses parents devaient donner à l’opinion publique pendant que se déroulait l’enquête de l’IGA et encore après l’intervention du Président, ne devait pas plaider, très loin s’en faut, en faveur de cette famille.

Le Président de la République ne pouvait, dans ces conditions, que prendre acte de la décision prise par l’autorité administrative. Il devait le dire à sa manière. « Si elle veut poursuivre sa scolarité en France, un accueil lui sera réservé et à elle seule ». Cette façon de s’exprimer, très mitterrandienne, voulait bien dire ce qu’elle voulait dire. Le lendemain le ministre de l’intérieur devait, dans le Journal du Dimanche « sous titrer » le propos présidentiel: « la famille de Léonarda ne reviendra pas ».

Autrement dit le Président, confronté à la réalité d’un dossier « en béton armé » selon une expression chère aux avocats, ne pouvait agir autrement.

Mais politiquement il ne pouvait pas écarter d’un revers de main la partie la plus à gauche de sa majorité et les manifestations lycéennes qui lui faisaient écho. Et même si ainsi que le soulignait le rapport de l’IGA, Léonarda n’était pas ce que l’on peut appeler une élève assidue, elle pourrait poursuivre ses études en France si elle (ses parents) le souhaitait.   

Tout cela paraît clair. Ce qui l’est moins c’est la très singulière intervention du premier secrétaire du Parti Socialiste,  qui a déclaré immédiatement après la déclaration du président que : « Tous les enfants de la famille doivent pouvoir faire leurs études en France », ce qui, compte tenu de leur nombre (5) et de leur âge, la petite dernière est âgée de 17 mois, ne pourrait se faire sans autoriser les parents à séjourner en France. Cette intervention inappropriée du chef du parti principal de la majorité présidentielle est peut-être ce qu’il y a de plus troublant dans cette affaire, au plan politique s’entend.

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 05:59

Billet publié dans l'Express.fr du 7 octobre 2013

On dit que les meilleurs arbitres sont ceux qui passent inaperçus sur les terrains où ils officient. Si l’on se réfère à la prestation de François-Xavier Demaison, maître d’œuvre de l’hommage rendu à  Edith Piaf ce samedi soir sur Franc 2, à l’occasion de l’anniversaire des 50 ans de sa mort, on peut penser que nous étions très loin des critères de jugement qui existent dans le sport.

Je m’attendais un peu bêtement, esprit simple que je suis, à ce qu’Edith Piaf soit le personnage vedette de la soirée et j’étais même persuadé que l’ouverture se ferait sur l’immense star, avec la rediffusion de l’une ou de plusieurs de ses tonitruantes chansons.

Il n’en a rien été. Il nous a tout d’abord fallu  attendre un temps interminable, avant d’entrer un peu dans ce qui devait être l’objet de la soirée. Il nous a fallu attendre que François-Xavier Demaison fasse préalablement son propre show dans les rues de New York, qu’on lui laisse le temps d’arriver  sur la scène du « Beacon theatre », qu’il passe chez son barbier et que l’on assiste même à son rasage, qu’il lui fasse répéter laborieusement quelques phrases d’une chanson d’Edith Piaf, bref il nous a fallu attendre qu’il se mette lui-même en scène, avant qu’enfin, Nolwenn Leroy et Zaz  nous chantent la foule, Christophe Willem « Mon Dieu »,  Camélia Jordano « L’hymne à l’amour » et d’autres encore tout au long de la soirée.  

Mais entre chaque interprétation plus ou moins réussie, notre présentateur donnait l’impression qu’il n’était pas là pour commémorer Edith Piaf à travers ses chansons, mais que c’était les chansons de la grande chanteuse, qui servaient d’intermède à ses différentes blagues ou gags qui apparaissaient être en réalité le fil rouge de l’émission.

Les caméras revenaient sans cesse dans les coulisses que l’on nous montrait être  en une joyeuse pagaille, avec  des vedettes indisciplinées, tout cela se voulant parfaitement maîtrisé par François-Xavier Demaison qui à l’évidence, vivait intensément un moment crucial de sa carrière.

Les chanteurs qui étaient là pour la star des années 40-50, se livraient à des numéros sans aucun rapport avec sa commémoration. On nous a ainsi montré Patrick Fiori, qui cherchait son costume de scène et le jeu consistait à demander à chaque fois s’il l’avait retrouvé. Après qu’il eut chanté « l’accordéoniste », parfaitement costumé, on eut droit à la solution de l’énigme, François-Xavier Demaison était torse nu dans sa loge, il lui avait prêté son propre habit.

François-Xavier Demaison devait alors nous apprendre des choses d’un incroyable intérêt. Non pas sur la chanteuse fêtée, mais sur lui. « Figurez- vous  que ma mère est corse, comme celle de Patrick Fiori, mais que je chante plus mal que lui.. ». 

Après ce numéro du costume, de la plus grande subtilité qui soit,  François-Xavier Demaison, se mit à téléphoner à Patricia Kaas. Elle n’était toujours pas arrivée, alors que bientôt elle allait chanter. Grand Dieu ! Mais où est-elle ? Cinq coups de téléphone au moins, seront dénombrés au cours de l’émission sur le portable de cette dernière. « Personne n’a vu Patricia Kaas ? »

Nous serons enfin rassurés. Sur une autre caméra, on  devait nous apprendre que la chanteuse avait été repérée et on nous la montrait faisant du shopping dans les rues de New York. Et de fait, elle arrivera juste à temps pour chanter, chargée de paquets, mettant fin à l’insoutenable suspense qui nous étreignait tous.

Elle chantera alors avec des gants de boxe rouges, une chanson,  à la gloire de Marcel Cerdan, chanson  totalement inconnue du grand public et en tout cas de moi, allusion je suppose à la relation qu’Edith Piaf eut avec le grand champion de boxe de ces années-là.

On eut aussi droit, dans la même veine, à une très brève interview de Charles Aznavour, juste pour lui faire répéter,  qu’il avait partagé sa vie 8 années durant, mais chose à peine croyable, pas son lit…

Après cette parenthèse, on en reviendra très vite à François-Xavier Demaison et on nous montrera Elodie Frejet lui dire tout de go : «  Je suis contente d’être avec toi, toi qui est si beau, si intelligent, si charismatique… ». Une plaisanterie certes, mais qui consciemment ou non validait l’esprit dans lequel avait été conçue l’émission.  

Enfin pour le reste, ce qui aurait dû être le plus important, je veux parler des interprètes de la soirée, au bout de trois quart d’heures d’émission, je n’arrivais toujours pas à trouver chez eux l’esprit de la grande chanteuse. Charles Dumont apportera l’élément qui me manquait : « Edith créait ses chansons lorsqu’elle les chantait ». Je compris alors que seule Piaf pouvait chanter Piaf, mais samedi soir, sur France 2, elle avait été exclue de sa commémoration.

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 05:35

Billet publié dans l'Express.fr du 1er octobre 2013

Octobre 2016. Dans l’hebdomadaire Marianne, Nicolas Domenach, toujours aussi bien renseigné, affirme  que les conseillers du Président se frottent les mains. L’un d’entre eux lui aurait confié : « Les français ne sont pas encore prêts à élire une femme de 43 ans à la fonction suprême.»

C‘est en effet Nathalie Kosciusko-Morizet qui est sortie vainqueur des primaires de l’UMP. Elle a bénéficié de l’aura qui l’enveloppe depuis qu’elle a ravi Paris à la gauche. Elle a aussi bénéficié du spectacle affligeant donné par les caciques de son parti, qui se sont entredéchirés sur fond de Front National. Au second tour elle n’a fait qu’une bouchée de celui qui fut Premier ministre de Jacques Chirac dans les années 90. L’héritier de Jacques Chaban-Delmas à la mairie de Bordeaux, qui on s’en souvient, avait zappé les dernières législatives de crainte d’être battu, manquait à l’évidence de combativité.   

Au centre rien ne change. François Bayrou et Jean-Louis Borloo n’ont pas réussi à se mettre d’accord au sein de leur nouveau parti créé il y a à peine trois ans et dont ils sont les deux co-présidents. Des primaires, limitées au Conseil National du mouvement doivent intervenir entre eux la première semaine de novembre. Rama  Yade et Chantal Jouanno ont signé une tribune dans le journal Le Monde, pour dénoncer ce qu’elles appellent « une confiscation de la démocratie au profit de quelques apparatchiks ». 

Jean-Luc Mélenchon, de plus en plus critiqué par ses partenaires communistes, a été mis en minorité lors d’une assemblée citoyenne du Front de Gauche. Il a du mal à surmonter l’entrée au gouvernement de Pierre Laurent et de Marie-Georges Buffet qui a eu lieu au printemps, suite à la démission d’Arnaud Montebourg. Il se lancera dans la course sans leur accord.  

Après leur recul significatif aux européennes, les cadres d’EELV s’entre déchirent. Le sénateur Jean-Vincent Placé a été missionné pour rétablir le calme et reprendre la main auprès des électeurs. Pleinement absorbée par son ministère et de plus en plus avare de sa communication, la ministre du logement, dans un communiqué remis à l’AFP, lui a rendu hommage. Elle ne doute pas qu’il fera une campagne « empreinte de réalisme et de bon sens ».   

Marine Le Pen a changé le nom de son parti qui s’appelle désormais le Rassemblement des Républicains Sociaux et Patriotes. Elle espère, se référant aux derniers sondages, renouveler l’exploit des européennes en réunissant le plus de voix sur son nom au premier tour.

Jean-Marc Ayrault, l’indéboulonnable Premier ministre dont on ne donnait pas cher de la peau quelques mois seulement après son entrée en fonction, a confié à Serge Moati, dans son émission « confidences de Matignon » diffusée sur « Arte » que ce qu’il y a de passionnant en politique, c’est son caractère imprévisible. Regardez, explique-t-il, en décembre 2013, certains sondages mettaient François Hollande à 17%  de satisfaits, du jamais vu sous la 5e République, et aujourd’hui on ne voit pas qui pourrait le battre…Il révèle que Delphine Batho sera la directrice de campagne si le président se représente, et que d’ores et déjà elle est programmée pour reprendre Paris dans un peu plus de trois ans.  On dit aussi que le Premier ministre pense déjà à 2022, mais il a démenti...  

A cinq mois de l’élection présidentielle, la campagne bat son plein. Seule la descente en deuxième division du Paris Saint Germain, lâché par son sponsor qatari, perturbe quelque peu l’actualité politique...

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