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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 06:52

 

A l’heure où la gauche, confrontée à la réalité de la situation économique, envisage de prendre des mesures de sauvegarde dans des domaines aussi tabous que les salaires, le temps de travail, les prestations sociales et dans celui des retraites, certains syndicats, parmi les plus importants,  s’y opposent avec la dernière énergie.

 

Ils refusent par la même, de voir  la formidable remise en cause de l’équilibre économique général qui s’opère à travers le monde, la concurrence effrénée des pays émergents, le différentiel des coûts du travail, qui se situe dans un rapport qui peut aller de 1 à 10, pour des activités identiques,  avec une main d’œuvre de plus en plus qualifiée, qui déferle sur le marché de la mondialisation.

 

Il ne tiennent certainement pas compte de ce qu’à une heure-et-demie d’avion de la France, le salaire minimum est de 143 €  pour 48 heures de travail par semaine (smic tunisien juin 2012), avec des personnels de la meilleure qualité, parlant de surcroît un français parfait.

 

Ils ne s’intéresseront pas plus  à cet indice qui en dit plus que de longs discours : pour la première fois cette année, le PIB des pays émergents devrait dépasser celui des pays développés.

 

Ils se contentent de répéter inlassablement, à l’occasion de chaque conflit social, «  qu’il y a de l’argent, qu’il suffit d’aller le prendre là où il est » qu’il faut interdire les licenciements (boursiers) et le cas échéant qu’il soit procédé à la nationalisation des entreprises. .

 

Ils utilisent singulièrement, pour répondre aux plans sociaux et aux fermetures d’entreprises, qui résultent de l’affaissement généralisé des commandes, les mêmes armes, que celles de leurs prédécesseurs dans les années 50, cherchant à obtenir des augmentations de salaire : grève, occupation, intransigeance. Nous étions alors dans une époque de croissance, de plein emploi et de protectionnisme… 

   

C’est dans ce contexte que FO et la CGT n’ont pas signé l’accord du 11 janvier 2013, relatif à la « sécurisation de l’emploi ». Cet accord a pour objet de  permettre aux partenaires sociaux de négocier des baisses de salaires et/ou une augmentation du temps de travail, en échange d’un maintien de l’emploi pendant la durée de l’accord, qui sera au maximum de deux ans.

 

Le gouvernement a cherché, par cet accord, à préserver l’intérêt des salariés en matière d’emploi, tout en permettant aux entreprises, d’avoir « les moyens de s’adapter aux problèmes conjoncturels». On peut raisonnablement penser qu’avec cette flexibilité, l’employeur embauchera plus volontiers qu’il ne le faisait.

 

Le texte a été signé par le MEDEF et trois organisations de salariés CFDT, CFTC et CFE-CGC. Il doit maintenant être soumis au parlement. FO et la CGT ont appelé les salariés à manifester contre son adoption.  

 

C’est pourtant le minimum de ce qui pouvait être fait dans la situation actuelle. Cet accord est   la partie la plus réaliste de l’action gouvernementale. Il est dommage qu’il n’ait pas fait l’unanimité. 

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 06:49

  

 

Cet article  a été sélectionné par le journal en ligne l'EXPRESS.fr et publié à sa Une.

FO et la CGT n’ont pas signé l’accord du 11 janvier 2013, relatif à la « sécurisation de l’emploi ». Son objet est de  permettre aux partenaires sociaux de négocier des baisses de salaires et/ou une augmentation du temps de travail, en échange d’un maintien de l’emploi, pendant la durée de l’accord, qui sera au maximum de deux ans.

 

Le gouvernement a cherché, par ce mécanisme, à préserver l’intérêt des salariés, tout en permettant aux entreprises, d’avoir « les moyens de s’adapter aux problèmes conjoncturels».

 

Le texte a été signé par le MEDEF et par trois organisations de salariés CFDT, CFTC et CFE-CGC. Il doit maintenant être soumis au parlement.

 

FO et la CGT, ont appelé les salariés à manifester et à faire grève le 5 mars contre son adoption. FSU et Solidaires se sont associés au mouvement.  

 

A l’heure où la France est confrontée à un péril  économique sans précédent et que la gauche, la mort dans l’âme, remet en cause des acquis sociaux aussi sacrés que ceux portant sur les salaires, le temps de travail,  les retraites et peut-être même sur les prestations familiales, FO et la CGT, ont voulu adresser au gouvernement un message clair : aucune régression sociale ne sera admise. 

 

Certaines organisations syndicales s’opposent en effet à toute concession, de quelque nature que ce soit et poursuivent le même combat, avec les mêmes armes, qu’avant la crise.

 

Elles  refusent de prendre en compte le formidable bouleversement économique qui se produit à travers le monde, la concurrence effrénée des pays émergents, qui ont un différentiel sur le coût du travail, qui peut aller de 1 à 10, le déferlement sur le marché de la mondialisation d’une main d’œuvre de plus en plus qualifiée.

 

Elles utilisent toujours les mêmes modes d’action que ceux qui ont fait leur force, à une époque où la France connaissait la croissance, le plein emploi et le protectionnisme, alors  que la grève, les occupations de lieux de production, les démonstrations de violence, sont aujourd’hui sans effet sur les plans sociaux et les  fermetures d’entreprises, qui résultent de  l’affaissement généralisé des commandes. 

 

Les solutions, que certains de leurs responsables préconisent, sont aussi hors du temps : «prendre l’argent là où il se trouve », chez les « riches »,   interdire les licenciements, dont le seul objet est d’accroître le profit des patrons, nationaliser les entreprises déficitaires.

 

Conservatisme aveugle ? Surenchère sur fond de rivalités syndicales ? Démagogie ordinaire ?

 

Et si ces syndicats étaient tout simplement dans l’air du temps ? L’Europe connait aujourd’hui une forte poussée populiste, avec l’incroyable triomphe de Beppe Grillio aux élections générales en Italie.

 

Caractérisé par un type de discours prenant pour cibles « les élites » et prônant le recours au « peuple », le populisme a existé dans sa forme syndicale dans les années 50, avec Pierre Poujade. Très à droite, ce syndicalisme populiste se définissait comme une rébellion qui puisait dans le répertoire de la révolte contre les « gros », le fisc, les notables, au nom du bon sens des « petites gens ».

 

Toutes choses égales par ailleurs, se trouve-t-on aujourd’hui en présence d’un nouveau syndicalisme populiste, qui cette fois-ci serait de gauche ? S’interroger sur ce qui pourrait alors être considéré comme une dérive, est peut-être la meilleure façon, pour ceux-là même qui y tendent, sans certainement l’avoir voulu,  d’en prendre conscience.

 

 

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 17:05

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Le surprenant échange épistolaire qui vient d’avoir lieu entre Arnaud Montebourg et Maurice Taylor, Pdg de l’entreprise Titan, est sans précédent notoire dans le monde de l’économie.

S’il est vrai que depuis qu’il est à Bercy, le pétulant ministre du redressement productif nous avait habitué à des prises à partie publiques contre des chefs d’entreprises, on peut citer à cet égard   Philippe Varin pour PSA, Lakshmi Mittal pour Arcelor Mittal ou Carlos Ghosn pour Renault, ces derniers s’étaient montrés fidèles à la tradition du monde de l’économie, et avaient su maintenir leur communication dans une certaine réserve.

Maurice Taylor ne les a pas suivis sur cette voie, et sa personnalité quelque peu atypique paraît insuffisante pour expliquer l’attaque virulente qu’il a porté à l’encontre de la CGT, des ouvriers français et de leur ministre, d’autant  qu’elle venait en réponse à une lettre de celui-ci, d’apparence anodine, dans laquelle il demandait au Pdg de Titan, d'entamer des discussions pour reprendre, au moins partiellement, l'usine Goodyear d'Amiens Nord, menacée de fermeture.

Comment peut-on alors expliquer l’ire qui s’est emparé du chef d’entreprise américain? Il semble résulter des courriers échangés que le ministre n’a pas été en mesure de donner  à la société Titan les éléments qui lui auraient permis de surmonter l’échec des négociations entreprises, ou de lui donner des gages sur la  situation grandement conflictuelle qui venait de l’opposer à la CGT, le Pdg de Titan ayant  particulièrement mal vécu ce dernier épisode, avec celui qu’il a qualifié de « syndicat fou ».

Il est sûr que la sollicitation du ministre, sans rien apporter au débat et en l’absence de tout élément objectif propre à le faire progresser, était vouée à l’échec et pouvait même être perçue, comme une pression indélicate, résultant de la seule qualité de son auteur.

Car en effet, chacun sait bien que l’Etat ne dispose dans ce domaine de la concurrence que de pouvoirs réduits, limités à ceux de ses services, en tant que facilitateur, pour agir sur ce type de transaction et que même si l’entreprise américaine avait fait preuve d’une certaine bienveillance,  elle  n’aurait rien eu à en attendre en retour.

En  allant au-delà de la péripétie Titan, on peut dès lors se demander, s’il est aujourd’hui du rôle d’un ministre de la République, de partir ainsi  à la chasse  aux repreneurs d’entreprises, et de jouer les Don Quichotte, épée de bois au clair et logo du ministère des finances au vent, ajoutant à l’échec programmé, le risque constant de se voir opposer une humiliante fin de non-recevoir, ou/et celui d’essuyer de son interlocuteur, dédain et mépris.

Il ne semble toutefois pas que ce type d’état d’âme soit partagé. Le démon du  verbe et de la communication prenant une fois de plus le dessus, Arnaud Montebourg a répondu à son tour au Pdg de Titan. Et il l’a fait de la pire des façons qui soit. Il a évoqué le marquis de Lafayette, il a fait référence au débarquement américain en Normandie et à je ne sais plus trop quoi ou qui encore … Il a enfin ajouté, pour corser le tout, une incroyable menace de contrôles douaniers « redoublés », contre les marchandises de son interlocuteur, menace qui en réalité, au-delà de son caractère totalement inapproprié, a retenti, pour le ministre du redressement productif, comme le terrible aveu de l’impuissance de l’Etat et par la même, comme celui de la sienne propre.

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 17:02

Ce billet a été sélectionné par le journal en ligne l'EXPRESS.fr et pubié à sa Une. 

Son interview parue au JDD de ce dimanche, en est encore le témoignage le plus frappant. Plus personne ne voit en elle la jeune écolo sympa, idéaliste et un brin candide qui avait fait sa notoriété. Derrière cette jeune femme au style « adolescente branchée », se trouve un stratège redoutable, qui sait avec précision où elle va. Elle pige vite, très vite, elle calcule à la perfection et on l’a vu  s’élever irrésistiblement jusqu’au sommet du pouvoir, sans avoir, depuis son entrée au « parti », commis la moindre erreur.

 

Son ascension au sein des verts a été fulgurante : elle y adhère en 2001, elle a alors 26 ans. Deux années plus tard, elle entre au collège exécutif et met seulement trois ans pour accéder au poste de secrétaire nationale. A la faveur des élections européennes de 2009, qui vit Daniel Cohn-Bendit conduire une liste regroupant l’ensemble des écologises sous la bannière « Europe Ecologie », elle participe activement au regroupement du mouvement sous le sigle EELV et en devient « naturellement » la secrétaire générale.

 

Nous sommes en 2010, neuf années seulement après son adhésion au mouvement des verts, la messe est dite. A 35 ans, sans réseau, sans club de réflexion, sans le moindre support, Cécile Duflot tient une partie du jeu de la politique française entre ses mains. Elle devient incontournable pour les échéances à venir, la présidentielle et les législatives de 2012.

 

La présidentielle : elle estime, contre l’avis de Daniel Cohn-Bendit, qu’une candidature EELV est nécessaire pour imprimer au sein de la gauche un rapport de force. Mais comme il n’est jamais simple de faire la campagne attendue par  les militants, sans s’opposer à celui avec lequel on espère gouverner, il faudra trouver un candidat. Un candidat qui ne lui fasse pas de l’ombre, le score important peu. Ce sera une candidate. Eva sera mise en orbite au début de l’été 2011. Cécile négociera alors dès l’automne, tout à son aise, ses mandats de députés.

 

Les législatives : du jamais vu, avec 2,5% à la présidentielle, soixante circonscriptions. La plus belle, la sienne, la 6e, à Paris, l’élue socialiste avait fait 64%. Bertrand Delanoë n’a toujours pas compris que la concurrente la plus dangereuse d’Anne Hidalgo, au sein de la gauche, pour les prochaines municipales, vienne ainsi chasser sur ses terres avec la bénédiction du parti socialiste.

 

L’entrée au gouvernement : tout va aller très vite. Elle a fait voter le principe de la participation du mouvement au gouvernement et pour mieux se faire comprendre, s’il en était encore besoin, elle a déclaré qu’elle démissionnera à cette fin du secrétariat général d’EELV.

 

La compatibilité des programmes EELV- PS : le premier problème, de pure forme, a été réglé, elle n’aura pas le ministère chargé de mettre en œuvre la politique pour lequel son parti se bat depuis plusieurs décennies. Elle sera ministre de l’égalité des territoires et du logement. Le second, de fond,  l’a été en pensant, le matin du conseil des ministres,  à enfiler son jean fétiche. On n’a plus vu que cela, et le reste est passé à la trappe. Elle va maintenant faire entendre sa petite musique, allegro ma non troppo.

 

Les principaux marqueurs d’Europe écologie les verts : l’écologie, le nucléaire, l’Europe, le cannabis, le dilettantisme, l’église, le mariage pour tous.

 

Pour le nucléaire, l’écologie et l’Europe, c'est-à-dire le cœur même de la politique d’EELV, le candidat Hollande avait pris ses dispositions. Ce n’est pas négociable. Jouer avec serait un casus belli. Il appartiendra aux parlementaires de faire le job, ils voteront contre le traité budgétaire européen. La partie a été serrée. Pour Daniel Cohn Bendit elle aurait dû démissionner. Jean-Vincent Placé porte parole officieux de la ministre explique qu’il faut faire évoluer les choses de l’intérieur... 

 

Reste le reste, moins fondamental, une marge de manœuvre existe. « On m’a mis une muselière qui me permet un tout petit peu de l’ouvrir. » Ce sera de la communication. Cela la connaît à merveille et ce sera suffisant pour les militants.

 

On commence par le cannabis, Vincent Peillon lui-même… alors pourquoi pas elle ? Pour ce qui est du dilettantisme, les conditions de la censure de la loi sur le logement par le Conseil Constitutionnel et la mise en vente de biens immobiliers, que l’Etat avait déjà vendus, devraient suffire. On peut passer à l’église. Elle sera pointée du doigt. La ministre annonce solennellement qu’elle pourrait faire saisir ses immeubles pour loger les plus démunis. Il y a toujours eu consensus contre l’église. C’est même presque trop facile, mais elle ne pouvait faire autrement. Dans sa situation, les marqueurs utilisables ne courent pas les rues. Pour le  mariage pour tous c’est pareil. C’est vrai que c’est curieux pour une ministre d’aller  manifester en faveur d’un projet mis en œuvre par le gouvernement auquel elle appartient. Non ? Mais comment faire ?

 

L’économie : En temps de grande crise, une ministre leader d’un parti de gouvernement ne pouvait faire plus longtemps l’impasse sur le sujet. D’autant que ledit gouvernement se réunit justement cette semaine pour débattre de la politique de la ville et de l’aménagement du territoire. La ministre a donc donné une interview au JDD paru ce Dimanche 17 février. On nous annonce une critique ferme de la politique gouvernementale. Le titre est choc : « La rigueur, Duflot résiste ». Le sous titre est un ton en dessous : « L’austérité ne doit pas accabler les territoires. » Quant aux réponses faites aux trois journalistes chargés de l’interviewer, elles sont d’un convenu triste à pleurer. L’égalité des territoires ? « C’est une nécessité vitale pour notre pays (…) c’est la cohésion nationale et la cohésion nationale est une obligation qui ne se discute pas. » Ou encore : « le devoir de la gauche c’est de  remettre en marche la fabrique de l’égalité et que la responsabilité des pouvoirs publics est d’être capable d’investir dans le moyen et le long terme ». Entrant dans le vif du sujet : « Il y a  un impératif de désendettement public » elle précise même « c’est certain ». Elle ajoute que « la réponse à la situation financière de la France ne peut se réduire uniquement à tailler dans les dépenses. » C’est là que certains, victimes de ce type de discours à double sens, ont cru y voir une attaque d’une témérité inouïe contre le gouvernement, alors que ce dernier n’a jamais soutenu que  la réponse à la situation financière de la France devait se réduire uniquement à tailler dans les dépenses.

 

Elle poursuit, plus consensuelle encore, que « les investissements  justes  sont ceux qui créent des emplois non délocalisables et qui permettent à la France, d’engager la transition écologique de son économie. » Que dire de plus ou de moins ?

 

Un mot sur la candidature de Nathalie Kosciusko-Morizet. Plus politique qu’Anne Hidalgo qui se crispe sur le sujet, elle lui reconnaît une sensibilité à la crise écologique, tout en la trouvant floue, notamment sur les sujets de société...            

 

L’habile Cécile n’a vraiment pas fini d’étonner… au risque de lasser.

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 16:38

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La manifestation organisée ce samedi 9 février, par « les Jeunesses Islamistes du parti Ennahda », à laquelle se sont joints les salafistes, est apparue pour le moins étrange. Elle est venue en contrepoint de la marée humaine qui la veille avait suivi le cercueil, du grand leader démocrate, assassiné devant son domicile. Les tunisiens ne s’y sont pas trompés, cette manifestation a été un échec. Seules deux à trois mille personnes, selon les chiffres les plus optimistes, étaient présentes sur l’avenue Habib Bourguiba.

Autre singularité, les manifestants s’en sont pris à la France, avec des slogans d’un autre âge faisant référence à la colonisation. Le prétexte en a été la déclaration de Manuel Valls réagissant à l’assassinat de Chokri Belaïd. Le ministre de l’intérieur devait affirmer qu’il existait de par le monde un « fascisme islamiste » qu’il convenait de combattre. Il était évident que cette observation, somme toute anodine, ne s’adressait aucunement aux islamistes au pouvoir en Tunisie, mais aux extrémistes qui usent de la violence terroriste, pour chercher à imposer leur idéologie.    

En réalité, cette manifestation lancée à la va-vite est l’un des signes qui montre qu’aujourd’hui en Tunisie, le mouvement islamiste est affaibli et profondément divisé.

Affaibli, par l’impossibilité devant laquelle il se trouve, de donner aux tunisiens le bien-être et la prospérité, que la chute de l’ancien président devait leur apporter. Affaibli, aussi par la mouvance salafiste qui cherche à imposer par la violence un islam radical, que ne rejettent pas tous les responsables d’Ennahda. Les nombreuses exactions commises depuis plusieurs mois, comme l’incendie d’une quarantaine de mausolées, dont l’origine ne fait aucun doute, créent une insécurité, qui vient s’ajouter au passif du bilan du mouvement islamiste au pouvoir.    

Et l’on comprend alors pourquoi les manifestants, qui représentaient la tendance la plus dure du mouvement islamiste, ont utilisé cette vieille ficelle usée de l’ingérence de l’ancienne puissance coloniale, qui a pendant longtemps permis de remobiliser le peuple et de masquer l’impéritie des gouvernants. Mais cette stratégie est vouée à l’échec. Les tunisiens, qui ont tissé des liens profonds avec la France depuis plus d’un demi-siècle, savent que la France est leur seconde patrie et qu’il existe entre les deux peuples des liens indéfectibles d’amitié et de coopération dans tous les domaines. Tenter de monter les tunisiens contre les français est une absurdité qui est la preuve même de l’affaiblissement du mouvement islamiste. 

Outre qu’il est affaibli, le mouvement Ennahda est profondément divisé. Il est traversé par deux courants. L’un modéré, avec  comme leader l’actuel Premier ministre, Hamadi Jebali, qui prêche pour un islam éclairé déconnecté du pouvoir politique. Il gouverne sans inconvénient avec des partis laïcs. L’autre ouvertement intégriste, pour qui la loi islamique doit prendre le pas sur la loi démocratique, prôné par le président du mouvement, le cheikh Rached Ghannouchi.

Il est sûr qu’objectivement, tant l’assassinat de Chokri Belaïd que la manifestation de l’avenue Habib Bourguiba, ont eu pour effet de durcir les positions au sein du mouvement Ennahda, d’exacerber les antagonismes et de mettre les modérés, tenus à la solidarité, en difficulté, sauf à être accusés de trahison.

On peut se demander alors, si la manifestation n’était pas en réalité, dirigée contre le Premier ministre jugé trop conciliant, d’autant que ce dernier a émis le projet de former dès cette semaine un gouvernement de technocrates composé de personnalités indépendantes, extérieures aux partis politiques, excluant par la même les responsables d’Ennahda. Les extrémistes du mouvement n’en  veulent à aucun prix.  Et ce n’est donc pas sans raison que  les manifestants ont mêlé à leurs slogans anti-français, d’autres adressés directement au Premier ministre, très explicites, selon lesquels le peuple a voulu un gouvernement islamiste et il n’est pas (ou plus) question de modifier ce qui a représenté  sa volonté.

Un bras de fer est engagé entre les deux leaders du mouvement Ennahda. Hamadi Jebali menace de démissionner. Sa démission ouvrirait une crise politique au sein du mouvement islamiste. Il ne fait aucun doute qu’aujourd’hui, le parti Ennahda est au bord de l’implosion, la semaine qui s’ouvre sera à cet égard décisive.  

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 10:44

 

 

Ses adversaires bien évidemment, ses alliés appartenant à d’autres formations que la sienne, ses proches au sein de son propre parti, les observateurs les plus impartiaux de la vie politique française, tous étaient unanimes pour le qualifier invariablement de mou, indécis, flou ou tout autre qualificatif équivalent. Chacun se souvient du capitaine de pédalo... C’est d’ailleurs pour cela qu’il n’avait même jamais été ministre disait-on. On lui reprochait de vouloir sans cesse rechercher un impossible compromis, plutôt que de trancher. Jusqu’aux fameux couacs du gouvernement qui firent les délices de la presse, il y a quelques semaines encore, et qui étaient imputés à son indécision. Et puis il y a eu le 11 janvier et l’intervention au Mali…  

 

Un homme complètement différent est apparu aux yeux du monde. Que s’est-il passé ? Comment a-t-on pu se tromper à ce point ?

 

Si on avait pris le soin d’y regarder d’un peu plus près, des signes étaient pourtant là pour  nous indiquer le contraire de la réputation qui était entretenue à son endroit. Dès avant  la bataille pour les primaires, alors qu’il ne pesait rien dans les sondages, il avait déjà surpris par sa détermination sans faille d’aller jusqu’au bout. Il avait  refusé, contrairement à tous et à Martine Aubry en particulier, tout « pacte » avec Dominique Strauss Kahn donné pourtant archi-gagnant de l’épreuve. L’homme allait démontrer ensuite un incontestable talent, passant les obstacles qui se présentaient à lui consciencieusement, les uns après les autres, sans même que l’on s’en rende compte vraiment. Et on le vit « naturellement », devenir le favori pour représenter le parti socialiste, puis pour succéder à Nicolas Sarkozy.

 

Dans une société du son et de l’image dans laquelle prédomine l’apparence, son physique bon enfant, son aspect jovial, son humour et ses jeux de mots, l’ont beaucoup servi. Ils ont été, pour lui une protection et pour ses adversaires un masque trompeur. Sous estimé, parfois même ignoré, il s’est par la même trouvé à l’abri des coups fourrés. On ne se méfie pas des « gros ». On les croit complexés, lourds, accommodants. Ils peuvent l’être, mais ils peuvent être aussi  tout le contraire et dans ce cas ils sont particulièrement redoutables.

 

Sous une apparence rassurante, sommeillait en réalité un florentin habile, et  l’aspect froid et sec qu’il cherchera à se donner physiquement à l’occasion de la campagne électorale, correspondra en réalité à sa véritable nature. 

 

Laurent Fabius dira de sa décision d’intervenir au Mali: « sa main n’a pas tremblé ». Alors même, peut-on ajouter, qu’il joue très gros. Ceux contre lesquels il a engagé la France militairement, détiennent sept otages.

 

Les déclarations qu’il a faites par la suite à l’occasion de cette épreuve, montrent bien qui il est : « Ce que l’on doit faire des terroristes ? Les détruire ». Ou  encore sur la stratégie sans concession des algériens lors de la prise d’otage : « L’Algérie a eu les réponses les plus adaptées »  Et à propos de l’opération en Somalie : « aussi lourdes soient les conséquences puisqu'il y a eu la mort, l'assassinat de l'otage et de deux soldats qui ont été tués, je revendique cette opération pleinement car c'est aussi un message que nous envoyons aux terroristes ». Certains l’ont alors qualifié de « petit Bush ». Tout le monde -sauf Jean-Luc Mélenchon- lui a rendu hommage…Il est devenu en quelques mois le responsable politique européen, qui a acquis la plus grande autorité et le plus grand prestige de par le monde.

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 06:22

 

Ce 11 janvier, une colonne de pick-up bondés d’hommes armés jusqu’aux dents, et harnachés de la tête aux pieds comme s’ils cherchaient à inspirer par leur seul accoutrement la terreur, déferlent en direction de Bamako. Informés des atrocités commises dans les villes du nord, les habitants de Bamako savent que rien ne pourra arrêter cette horde de « barbares », qui leurs promettent  une vie de misère et de grandes souffrances. Ce n’est plus qu’une question d’heures. Le président par intérim, fait alors appel à François Hollande qui décide de mettre fin sans délai au péril. Dans « la foulée » et en trois semaines, l’armée malienne et les troupes françaises, libèrent, l’ensemble des autres villes du pays.

 

Le 2 février, François Hollande a décidé de se rendre au Mali. Il y reçoit un accueil enthousiaste et coloré, comme savent le faire les africains lorsqu’ils reçoivent un chef d’Etat étranger, en particulier français. Les slogans, les drapeaux français et les pancartes brandies remercient la France et son président leur « sauveur », de la façon la plus chaleureuse qui soit. Cependant, tous les observateurs notent que le district de Bamako approchant les deux millions d’habitants, on aurait pu s’attendre à beaucoup plus que les quelques deux à trois milles personnes   regroupés sur la place de l’indépendance, pour la grande réunion publique. .

Pourquoi si peu de monde ? J’écarte immédiatement l’hypothèse farfelue avancée par certains, selon laquelle l’équipe de football du Mali allait jouer ce soir là un match décisif pour son avenir en Coupe d’Afrique des nations et que les bamakois se trouvaient au même moment devant leur poste de télévision.

 

Plus crédible serait que la peur est toujours présente dans les esprits. Cette peur incarnée par une femme âgée, qui explique craindre que la France partie,  ils reviennent. François Hollande devait d’ailleurs marteler, dans son discours que « le terrorisme a été repoussé, chassé, mais pas encore vaincu ». Ils se sont, répète-t-on à longueur de journaux télévisés, réfugiés avec armes et bagages dans le nord du pays, à la frontière algérienne, dans une région montagneuse grande comme la moitié de la France.

 

Cette incertitude, ajoutée à l’instabilité politique qui règne dans le pays, n’a peut-être pas été de nature à faire descendre dans la rue la grande foule, même en pareille circonstance.

 

Mais peut-être y a-t-il eu une cause beaucoup plus profonde. François Hollande dont le géni politique n’est pas contestable l’a certainement senti. Sur la fin de son discours il a affirmé que l’engagement de la France n’était que le règlement de la dette que nous avions envers les pays africains, qui avaient combattus à nos côtés pour chasser l’occupant nazi. François Hollande a peut-être voulu ainsi déculpabiliser les maliens, qui plus d’un demi siècle après leur indépendance, ont fait appel à l’ancien colonisateur pour qu’il vienne à leur secours.

 

La colonisation est quoique l’on fasse,  le péché originel qui demeure comme une tâche indélébile, dans l’esprit des générations qui se succèdent. Mais la décolonisation, ainsi que l’a parfaitement montré Albert Memmi (« Portrait du décolonisé arabo-musulman et de quelques autres » publié chez Gallimard), n’a pas eu les effets escomptés pour la libération et l’épanouissement des peuples, qui sont toujours plus d’un demi-siècle après, tributaires de l’ancienne puissance coloniale dans de nombreux domaines. Pire que tout, les jeunes n’aspirent qu’à une chose, obtenir  un visa et pour beaucoup d’entre eux, acquérir la nationalité française. A l’humiliation de la colonisation, a succédé celle qui résulte des effets de la décolonisation, certainement plus grande car non subie. Peut-on y voir là une des explications au peu d’affluence pour venir applaudir le président français ?

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 07:39

 

 

« Valérie m’a beaucoup aidée », a déclaré Florence Cassez vendredi 25 janvier  à sa sortie de l’Elysée. Cette familiarité qui montrait la  proximité qui s’était établie entre les deux femmes,  tranchait avec la réserve un peu froide, dans laquelle le président s’était cantonné pour assurer la gestion de cette affaire.

 

Le « combat » engagé par Nicolas Sarkozy, avait pris une dimension médiatique trop importante, pour que l’actuel locataire du palais de l’Elysée puisse envisager de s’en désintéresser. Mais il n’était pas question pour François Hollande, à l’instar de son prédécesseur,  de s’y impliquer personnellement. L’intervention de Valérie Trierweiler s’est alors imposée presque naturellement. Elle a donné à ce dossier l’approche sociale recherchée et a permis d’esquisser le rôle qu’elle pourrait tenir au sein de l’appareil présidentiel.

 

Ce dimanche 27 janvier, c’est un autre « gros morceau » de la politique française qu’elle a eu à assumer. Le président ne pouvant s’associer à la journée de mobilisation des partisans du « mariage pour tous » sans sortir de sa réserve, c’est sa compagne qui s’est rendue à l’invitation du Théâtre du Rond-point, où était donné un spectacle en continuation de la manifestation de l’après-midi. Contrairement à ce qui se passe en pareille circonstance, la première dame ne se contentera pas d’une présence « taisante ». A son arrivée, elle a soutenu devant la presse le projet de loi, en rappelant le principe d’égalité qui en est le fondement juridique et elle a affirmé la nécessité subséquente d’une évolution législative.  

 

Que de chemin parcouru par celle qui voulait se tenir à l’écart de « tout ça » et continuer, comme si de rien n’était, à exercer son activité de journaliste ! Projetée sous le feu des médias au printemps 2012, lorsque son compagnon entra dans le cycle des primaires à l’élection présidentielle, sa forte personnalité et son indépendance d’esprit avaient marqué les esprits.

 

Et puis en quelques mois les choses se sont décantées. Dans une interview au quotidien Le Monde des 16 et 17 décembre 2012, elle a reconnu qu’elle avait un « rôle » à assumer et à l’occasion du voyage d’Etat en Algérie qui a suivi, elle a confié à des lycéens sa décision de renoncer à la liberté  qu’elle avait jusqu’alors revendiquée.

 

Aujourd’hui, la première dame a investi sa fonction avec ferveur. Elle assure, si l’on se réfère aux deux exemples cités,  la partie  « relationnelle » des affaires, dans lesquelles le président souhaite pouvoir intervenir, sans qu’il lui soit nécessaire d’apparaître en personne.

 

Cela ira-t-il plus loin ? Rien ne l’interdit. Le président peut mandater, quiconque lui paraît le plus apte à accomplir une mission particulière qui relève de son autorité. Cécilia Sarkozy s’était vue charger de négocier auprès de Mouammar Kadhafi en juillet 2007 la libération des infirmières bulgares, tandis qu’en octobre 2008, Carla Bruni, accompagnée de sa sœur, s’était rendue à l’hôpital Sainte Anne à Paris, annoncer à l’activiste italienne Marina Petrella la décision du Président de ne pas l’extrader vers l’Italie.  

 

Il est peut-être encore trop tôt pour le dire, mais tant la personnalité de Valérie Trierweiler que la nature des interventions qu’elle a accomplies, peuvent laisser à penser que l’actuelle première dame, contrairement à beaucoup de celles qui l’ont précédée, ne se contentera pas, selon la formule consacrée, « d’inaugurer les chrysanthèmes ».

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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 08:24

 

Etiez-vous ce matin devant votre petit écran, pour l’émission « Les 4 vérités », sur France 2, avec Laurent FABIUS ? Pour ceux qui ont loupé ce moment de télévision, je leur dis que c’est  vraiment dommage. Si vous aviez vu le journaliste vedette de télé-matin, totalement « bluffé » qu’il était ! Ce n’est pas dans les habitudes de Roland SICARD de marquer son émotion, vous le connaissez comme moi, lisse comme un miroir sans teint, clair comme de l’eau de roche. Et bien là il a craqué, ses yeux l’ont trahi. Et nous avons tous compris qu’il y avait dans son regard insistant, à la fois de l’admiration, du respect et même de la fascination.

 

Mais me direz vous, cela voudrait-il dire que Roland SICARD, dont on n’a jamais pu percer le secret de ses convictions profondes, serait de gauche ? Ou pire encore, serait-il fabiusien ? Vous n’y êtes absolument pas ! Ce n’est pas de l’interviewé qu’il s’agit, ni même de ses idées ou de son programme de politique étrangère, je serais même incapable, je dois vous l’avouer, de vous dire le moindre mot de ce qu’il a raconté pendant dix minutes. Non, c’est de sa pochette qu’il s’agit !

 

Oui de sa pochette, de ce petit bout de tissu qui n’a l’air de rien et qui est tout, qui classe un homme et plus encore un homme politique. Surtout qu’en France il n’y a pratiquement plus que quelques spécimens dont fait parti Laurent FABIUS, qui puissent se permettre d’arborer un tel signe qui vous distingue du tout venant, signe que l’on dénomme  improprement « accessoire de mode ».

 

Ce matin notre ministre des affaires étrangères avait choisi une pochette assez simple genre  « volutes bleues de fumée sur fond blanc ». Comment vous dire, oui, c’est ça, le même bleu que celui de sa décoration qui était juste au-dessus. Une splendeur ! Ah oui, cela en jetait. Tout cela sur un costume noir, chemise blanc-parfait, je ne vous dis pas. C’est surtout le gonflant de la pochette  qui était particulièrement bien réussi. D’ailleurs tout était là. Pour moi, un peu trop gonflant, bon, mais après tout,  je ne suis pas ministre.   

 

Non, je pense que pour lui le plus dur a dû être de réussir cet admirable petit nuage qui s’échappait du sommet de sa veste. On ne peut pas dire que c’était discret, mais cela ne choquait pas. Je n’ai trouvé ça ni vulgaire, ni même déplacé. Je sais que des esprits chagrins vont encore venir nous dire que pour des socialistes un peu plus de discrétion en une période où certains de nos concitoyens n’ont pas à se loger voire à se nourrir…Qu’ils sachent que je ne suis pas d’accord avec eux. J’ai assez râlé pour le jean de la ministre du logement, vous ne voudriez tout de même pas que je recommence avec la pochette de FABIUS, de quoi aurais-je l’air, je vous le demande ?

 

*Billet publié sur ce blog le 30 octobre 2012 sous le titre "Fabius aux 4 vérités, un superbe moment de télé" Republié à l'occasion du nouveau passage du ministre ce 28 janvier 2013. Seule la couleur toute blanche de la pochette a changé.    

 

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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 20:39

Ce billet a été sélectionné par le journal en ligne l’Express.fr et  publié à sa Une.

Enfin, ça y est, la petite française si mignonne, si pleine de charme, portée aux nues par tout un peuple est arrivée, accueillie avec  tapis rouge, ministres et une armée de journalistes. L’ancien Président n’a pas pu se dégager de ses obligations, il la verra plus tard en privé. Le Président en exercice a été quant-à lui représenté par Laurent Fabius. Il la verra demain à 19 heures au Palais de l’Elysée. On avait espéré un moment les deux présidents main dans la main, attendant la petite française au pied de l’avion. Quel dommage, la seule fausse note. Il est vrai que tout a été si vite.

 

Discours, embrassades, émotions diverses...Chacun espère qu’il n’y aura aucune question de mauvais goût. Elle est libre, un point c’est tout. Une question fuse cependant, les témoins ? Ils ont été torturés par la police, réplique sèchement l’avocat, « bon, cela suffit, elle est innocente!»

 

La Justice est passée non ? Et pour ceux qui n’auraient pas tout suivi, je rappelle que selon la Cour suprême, l’un des témoins, une jeune fille mineure au moment des faits, qui avait été prise en otage, a reconnu la voix de Florence Cassez lorsque « la reconstitution illégale » de l’arrestation a été diffusée à la télévision mexicaine. Pour deux juges cela devait entraîner la nullité de son seul témoignage, pour les trois autres, la nullité de toute la procédure. Une deuxième irrégularité, a été relevée, la police a averti tardivement le consul de France de l’arrestation de la française, ce qui constitue une violation grave des droits de la défense. La messe est dite, Florence est libre.

 

Alors, à quoi sert-il désormais de se demander pourquoi la française a été mise en cause dans cette affaire relative à un gang qui enlevait, torturait, mutilait et tuait ses victimes pour extorquer à leurs familles une rançon ? Pourquoi rechercher les raisons pour lesquelles la police s’en serait prise précisément à elle ? Pourquoi s’interroger sur la question de savoir si le fait d’avoir vécu avec le chef du gang présumé a de l’importance ou encore, si d’avoir habité dans le fameux ranch où étaient détenus les otages peut avoir une quelconque influence sur la culpabilité de la française ? Enfin et surtout, pourquoi s’interroger sur la véracité des témoignages des victimes de ces crimes la mettant en cause ?

 

Seule une question demeure. Qu’est ce qui justifie que Florence Cassez devienne une héroïne des temps modernes, une icône reconnue et vénérée et  qu’elle soit reçue avec autant d’honneur. Il y a environ deux mille français emprisonnés de par le monde. Combien d’entre eux ont-ils à ce jour bénéficié du soutien et du traitement accordé à l’ex détenue du Mexique ?       

 

Evènement heureux, évènement malheureux… Deux heures avant celui de la petite française, l’avion transportant le corps de Yann Desjeux, l’otage Français abattu à Aïn Amenas où il travaillait, a atterri à Roissy dans l’indifférence quasi générale. 

 

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