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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 07:10

 

Ce billet a été sélectionné par le journal en ligne l’Express.fr et publié à sa Une le 18/12/2012) 

Il est des sujets qu’il vaut mieux ne pas aborder. Ils sont déplaisants par quelque bout qu’on les prenne. Celui concernant Gérard Depardieu en fait parti. Soit on l’accable et l’on rejoint la cohorte des accusateurs qui ont surgi de toutes parts, ce qui serait facile mais sans grand panache, soit on prend le parti de s’interroger sur son comportement, et aussi par la même sur celui des innombrables artistes, comédiens, hommes d’affaires, sportifs, qui ont pris le chemin de l’exil fiscal, et l’on court très vite le risque d’être accusé de les soutenir.

 

En y allant sur la pointe des pieds, je ne résiste cependant pas à poser une question qui fait grand débat depuis le 10 décembre, date de la diffusion de l’information du départ du comédien français pour la Belgique. Pour quelle(s) raison(s) Gérard Depardieu a-t-il suscité une colère si forte, alors que la plupart des quelques 2000 autres exilés fiscaux qui l’ont précédé dans ce pays, quelle que soit leur notoriété, ont été épargnés, sauf quelques uns qui furent tancés, mais sans commune mesure avec ce qui se passe à l’heure actuelle pour l’interprète sacré du cinéma français.

 

Cette question paraît d’autant plus pertinente, qu’à sa décharge, contrairement à beaucoup d’autres,  qui n’avaient pas attendu tout ce temps après avoir fait fortune, Gérard Depardieu âgé de 64 ans a longtemps « résisté ». Certes, le moment n’est certainement pas très bien choisi, mais est-ce là la seule explication à cette ire si forte et généralisée ?

 

Si Gérard Depardieu est reconnu comme un immense comédien, il n’est pas de ceux qui  suscitent la sympathie. On peut encore noter qu’il a eu lors des dernières présidentielles, un engagement politique qui l’a desservi. D’une façon générale les français, n’aiment pas le mélange des genres, sauf exceptions, surtout lorsque le candidat soutenu a perdu. Mais est-ce suffisant ?     

 

Contrairement à ce que l’on peut penser, les meilleures explications se trouvent souvent à la périphérie. En l’espèce, on peut se demander si au delà du problème fiscal, sa nouvelle domiciliation en Belgique, juste à la frontière, qui plus est dans un ancien poste de douane, n’a pas sonné comme une provocation. Une sorte de bras d’honneur qui serait conforme à une  personnalité sans nuance.

 

Il y aurait là, une certaine cohérence avec l’explication que lui-même a donnée à son départ en Belgique : « J’en avais mare d’être traité de salaud ». Un autre immense comédien parmi ceux qui l’ont soutenu, très très peu nombreux il est vrai, a été dans le même sens. Michel Galabru a dit sur France 5 « Si vous donnez un coup de pied au c…à un chien, il s’en va. »

 

Il n’est pas impossible que les questions d’argent ne soient pas les seules en cause dans cette affaire. Peut-être ne savons-nous plus suffisamment honorer ou soutenir ceux qui comme Gérard Depardieu, artistes, sportifs, chefs d’entreprises, créateurs,  donnent à la France, au-delà de l’aspect matériel des choses, une image qui contribue à sa grandeur. Les temps ne sont pas si lointains où des hommes de toutes conditions considéraient comme un honneur, le fait de donner leur vie pour leur pays, simplement par amour de la patrie. Aujourd’hui il n’est plus question de donner sa vie, pas même son argent, même si l’on en possède beaucoup. Est-ce par égoïsme ou en réaction à un manque de considération dont ces hommes se sentent victimes, voire même d’un ressentiment qui pourrait exister à leur endroit, sans que l’on sache trop pourquoi.   

 

Peut-être faudrait-il alors mieux s’interroger sur les causes de ces départs qui devraient nous attrister au lieu de nous rendre agressifs. Un vent mauvais souffle sur la France. Il est le résultat d’une crise économique plus profonde qu’elle ne paraît. Il ne faudrait pas qu’à cette crise économique succède une crise morale.  

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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 07:05

 

Ce billet a été sélectionné par le journal en ligne l’Express.fr et publié à sa Une.

Arnaud MONTEBOURG ne démissionnera pas car il n’a aucune porte de sortie. Aux dernières législatives, il n’avait pas sollicité le renouvellement de son mandat de député, sa réélection n’apparaissant pas assurée. Il est donc condamné à s’accrocher à son portefeuille, malgré les dissensions qui l’opposent au Premier ministre. Il ne sera pas non plus « démissionné », François HOLLANDE souhaitant le conserver au sein du gouvernement, en tant que représentant d’une gauche radicale.  

 

Mais tout cela à un prix pour les deux parties, et en l’espèce le prix est élevé. Arnaud MONTEBOURG devra accepter d’avaler les couleuvres d’une politique qu’il désapprouve, quant à Jean-Marc AYRAULT, il devra s’accommoder des incessantes diatribes de son ministre.

 

Mais cela peut-il durer encore longtemps ?

 

Le problème que nous observons entre les deux hommes n’est pas récent, il va au-delà des personnes et remonte à la campagne présidentielle. Lorsque dans son fameux discours du Bourget, François HOLLANDE proclama avec force : « mon véritable adversaire c’est la finance », beaucoup interprétèrent cette imprécation, comme une marque de défiance  vis-à-vis des chefs d’entreprises. Par la suite, François HOLLANDE eut beau tempérer son propos en précisant qu’il tiendrait compte des réalités économiques, une ambiguïté était née.

 

Elle fut confortée par la nomination d’Arnaud MONTEBOURG, comme ministre du redressement productif, dont la dialectique à bien des égards anti-patronale, est connue de tous.

 

Peut-être a-t-on alors considéré, que l’on pourrait jouer de cette ambiguïté, le Premier ministre, convaincu quant à lui de ce que rien ne pourrait se faire sans les chefs d’entreprises et les investisseurs, se chargeant ensuite de faire « la synthèse ». On sait ce qu’il adviendra …  

 

PSA, les marchés publics d’Ile de France, le made in France, et maintenant Florange, ont été les exemples les plus criants d’une confrontation entre un Premier ministre et son ministre,  qui ne connaît pas beaucoup de précédents.

 

Le ministre du redressement productif médiatisera à chaque fois une politique très interventionniste, comminatoire envers les patrons, pouvant aller jusqu’à proposer la nationalisation de l’entreprise, avec mise en exergue du patriotisme économique, sans aucunement se soucier des engagements européens et internationaux de la France.

 

Le Premier ministre, en présence d’une politique diamétralement opposée à la sienne, arbitrera et recadrera inlassablement son fougueux ministre, laissant transparaître de plus en plus son agacement, devant une situation qui le déstabilise gravement, décrédibilise le gouvernement, perturbe les parlementaires et conduit les syndicats à la radicalisation.

 

Signe d’une évidente dégradation de la cohérence gouvernementale, on assiste à l’Assemblée Nationale au spectacle pervers et destructeur, du ministre du redressement productif qui, dès qu’il prend la parole sur quelque sujet que ce soit, est applaudi à tout rompre par les députés de la majorité debout, qui lui manifestent ainsi leur solidarité, mais qui marquent dans le même temps  leur ferme désapprobation à un Premier ministre décontenancé.

 

Autre signe, celui là directement adressé par les électeurs ce dimanche 9 décembre, à l’occasion de trois élections législatives partielles. Tout en les relativisant, les résultats du premier tour montrent que le printemps 2012 est déjà loin et que le gouvernement, devant des citoyens perplexes, doit se montrer uni et convaincu, sur la politique qu’il met en œuvre. Arnaud MONTEBOURG et dans une moindre mesure Cécile DUFLOT ne doivent plus pouvoir continuer à jouer dans leur coin leur petite musique.

 

La logique des institutions aurait dû conduire François HOLLANDE à demander à Arnaud MONTEBOURG de lui remettre sa démission. La logique qui résulte de l’équilibre politique de la majorité, s’y est opposée. Mais le bon sens exige une reprise en main, et l’instrument le plus adapté pour sortir de ce qui s’apparente il faut bien le dire à une véritable crise, est sans aucun doute le remaniement ministériel. On en connaît les vertus thérapeutiques. Il pourrait intervenir après le second tour des élections législatives partielles, et ce serait faire, selon la formule consacrée, « d’une pierre deux coups ». 

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 07:24

 

Jean-François COPE n’est plus si sûr que cela d’avoir gagné. Il n’a pas réussi à s’en convaincre. Sinon, on ne voit pas très bien pourquoi il accepterait de discuter à l’infini avec son concurrent, d’écourter son mandat, et d’envisager de faire toutes sortes de concessions...

 

Ses partisans non plus ne sont plus sûrs de rien, si tant est qu’ils l’ont été un moment. Le premier d’entre eux, Luc CHATEL est de plus en plus gêné par cette situation, on le sent véritablement mal à son aise. Il demande à ce que la parole soit redonnée aux militants. Henri GUAINO, son soutien le plus prestigieux vient de le déclarer à son tour.   

 

Le sentiment général est que c’est Jean-François COPE qui endosse la responsabilité de ce qui s’est passé. Et on entend dire partout, y compris dans son propre camp, que si l’élection était recommencée dans des conditions « normales », ce serait François FILLON qui l’emporterait. 

 

Ce qui est sûr, c’est  que Jean-François COPE va laisser des plumes dans cette affaire et il s’en rend parfaitement compte. Moins sûr de lui qu’à l’accoutumée, il essaie à l’évidence de gagner du temps, pensant peut-être pouvoir revenir dans le jeu. C’est la seule possibilité qui lui reste, gagner du temps.

 

La pression qui s’exerce de toute part est de plus en plus forte. Il a avoué que ces derniers jours ont été terribles pour lui. On l’a senti déstabilisé.

 

Mais en créant le R.UMP, François FILLON a peut-être sauvé son adversaire. Il est sûr que sans ce groupe, Jean-François COPE n’aurait pas pu tenir longtemps dans cette situation. Personne n’aurait accepté que les choses demeurent en l’état et il n’aurait pu échapper au verdict des militants, qui aurait dû intervenir, d’une façon ou d’une autre, dans un délai raisonnable.

 

Avec ce groupe, la pression qui s’exerçait sur Jean-François COPE s’est atténuée, pour se reporter sur cet évènement pour le moins inédit.

 

Mais après tout, est-ce que ce ne serait pas là la solution ? Chacun son groupe, et peut-être demain, chacun son mouvement.

 

Jean-François COPE préfèrera mille fois être président d’une UMP amoindrie, plutôt que de risquer de tout perdre. Et perdre après un scrutin faisant suite à des présomptions de fraudes, serait pour lui désastreux.

 

Quant à François FILLON, qui a parlé de fracture politique et qui a affirmé qu’il ne souhaitait plus être président du mouvement, il sait bien que revenir dans un parti aussi divisé, avec des opposants aussi résolus, ne pourrait que l’affaiblir. En revanche, à la tête d’un groupe de députés sûrs, qui avec le temps ne demanderait qu’à s’étoffer, il pourrait constituer une véritable force politique beaucoup plus efficace.

 

Autre avantage, accéder directement à l’investiture pour les présidentielles, sans passer par des primaires, ce qui lui éviterait, lui l’ancien Premier ministre,  d’aller prendre des risques dans des combats abscons et qu’il abhorre.           

 

Oui, deux groupes et peut être demain deux mouvements sont peut-être la solution. Plus d’indépendance, plus de clarté sur le fond, et en même temps la possibilité pour la droite d’avoir une plus large assise, le R.UMP de François FILLON pourrait contrer la tentation UDI,  l’UMP de Jean-François COPE permettrait d’éviter l’hémorragie vers le Front National. Une stratégie qui aurait le mérite de rassurer des militants désappointés.

  

Ce schéma aurait enfin un autre avantage et il n’est pas négligeable. François FILLON, à la tête d’un groupe qu’il a constitué, n’aurait pas à s’effacer en cas de retour de Nicolas SARKOZY...

 

A mieux y regarder on peut se demander si François FILLON ne profite pas de l’aubaine du pataquès qui a suivi les élections pour créer sa propre force qui correspond mieux à sa personnalité et à sa façon de faire de la politique. On ne le sent pas pressé d’aboutir à une solution avec son concurrent, et on voit bien que son groupe se met tranquillement en place, sans vraiment donner l’impression que l’on est dans du provisoire.        

 

Après tout, ne dit-on pas que le hasard fait parfois bien les choses ? 

Publié et mis en Une par l’Express.fr

 

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 09:29

Publié et mis en Une par l’Express.fr

 

Nicolas SARKOZY n’est pas né de la dernière pluie. Il sait bien qu’un accord entre Jean-François COPE et François FILLON n’est pas imaginable en l’état et certainement pas dans un délai de trois jours. En leur adressant ce vendredi un ultimatum par l’intermédiaire de l’Agence France Presse, et en les mettant en demeure de trouver une solution dans les 72 heures sous peine d’être disqualifiés,  l’ancien président a surtout voulu montrer qu’il fallait toujours compter sur lui.*

 

Les observateurs avaient déjà noté que Nicolas SARKOZY  avait cherché à atténuer le triomphe annoncé de François FILLON. Jean SARKOZY avait assisté à l’une des réunions publiques de Jean-François COPE et les plus proches collaborateurs politiques de l’ancien président, Henri GUAINO et Brice HORTEFEUX, lui avaient apporté son soutien.  

 

Nicolas SARKOZY aurait en effet pu difficilement revenir dans la course, si François FILLON était élu président de l’UMP avec une marge importante. Pourvu d’une stature d’homme d’état et nanti d’une incontestable image de présidentiable, il aurait très vite tourné la page du sarkozysme, dès lors qu’il aurait été plébiscité par les militants. Jean-François COPE ne s’y était d’ailleurs pas trompé, sa référence incessante et paradoxale à l’ancien président, devant lequel il s’effacerait s’il le lui demandait, a été sa meilleure arme contre son concurrent.    

 

L’élection inattendue du maire de Meaux, ne pouvait donc que faire le jeu d’un candidat en stand by, qui n’aurait rien eu à craindre du nouveau responsable du parti.

 

Mais la situation délétère qui a suivi avec un Jean-François COPE qui est apparu -à tort ou à raison- comme peu scrupuleux, ne lui permettait plus de se contenter d’attendre dans son ombre, avec le risque de voir le parti se désintégrer sous ses yeux. Peut-être a-t-il voulu  aussi, avec son communiqué, amoindrir durablement les deux prétendants principaux à sa succession, en mettant l’accent sur leurs insuffisances.    

 

Comme c’est souvent le cas dans ces situations, les ennemis d’hier, conscients du péril imminent qui les menaçait ont immédiatement renoué le dialogue. ** Pas pour longtemps semble-t-il, Jean-François COPE cherchant manifestement à gagner du temps, parle d’une réforme des statuts puis d’un vote pour la présidence du parti, seulement en 2014, François FILLON voulant à tout prix, maintenir le principe d’un vote immédiat.

 

S’ils ne parviennent pas à s’entendre, on peut estimer que l’ancien président, compte tenu de la fermeté de ses propos,  aura vu écorner inutilement son autorité. S’ils y parviennent, les deux protagonistes pourront se prévaloir d’une légitimité chèrement acquise et l’un comme l’autre ne se sentiront plus tenus de ménager l’ancien président de la République.

 

On peut dès lors se demander si Nicolas SARKOZY, dans une situation qui demeure de toute façon, extrêmement confuse, a eu raison de sortir prématurément de sa réserve, d’autant qu’au train où vont les choses,  la route paraît désormais bien longue jusqu’en 2017.

 

* « Nicolas SARKOZY demande à François FILLON et à Jean-François COPE de trouver une solution avant mardi, faute de solution les deux hommes seront disqualifiés. »(AFP 30/11/12) 

** Luc CHATEL : « Il faut redonner la parole aux militants » (JDD  2/12/12)

 François FILLON : « dès demain lundi nos  équipes sont prêtes à se réunir avec celles de Jean-François Copé pour réfléchir ensemble à ces modalités d'un nouveau vote. » (Royaumont val d’Oise 2/12/12)

 

 

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 17:38

 

  

Ce billet a été sélectionné par le journal en ligne l’Express.fr et publié à sa Une. 

Celui dont on vantait il n’y a pas si longtemps encore le flegme tout britannique, et le sang froid que l’on déduisait de sa passion pour la course automobile, s’est révélé être en réalité, bien moins sûr de lui et beaucoup plus fébrile qu’il ne le laissait paraître de prime abord.

 

Déjà, le fait pour l’ancien Premier ministre, d’avoir renoncé à sa circonscription de la Sarthe parce qu’on le donnait battu et d’avoir préféré  se réfugier dans l’un des fiefs parisien du parti, au prix d’un passage par les Tiberi et d’une polémique ravageuse avec Rachida DATI, a mis en évidence une personnalité peu encline à la bravoure.

 

Et lorsque l’épreuve de l’élection à la présidence du parti s’est présentée à lui, alangui par son quinquennat à Matignon et enivré par des sondages flatteurs, il s’est contenté de gérer l’avance qu’on lui prédisait et qu’il pensait suffisante pour le conduire benoitement à une incontestable victoire.

 

Mieux même, il est apparu comme se projetant d’ores et déjà en 2017, en faisant une campagne de second tour sur le thème du « rassemblement »...

 

Déclaré battu, son immense désillusion fut aggravée par un profond sentiment d’injustice et sa véritable personnalité sera,  à l’occasion de cette incroyable déconvenue,  mise un peu plus à nu.

 

Dans la panique qui s’est alors emparée de lui, il devait commettre une succession d’erreurs :

 

- L’appel au secours à un Alain JUPE sur le déclin, dont la médiation n’a pas résisté plus de 48 heures devant un Jean-François COPE aguerri aux combats les plus rudes.

 

- Le recours à la justice qui a immédiatement dépêché un huissier au siège du parti, ce qui a eu pour effet de conduire Nicolas SARKOZY, à faire connaître sa désapprobation.

 

- La création d’un groupe parlementaire, le « Rassemblement UMP », qui a permis au nouveau président du mouvement, mis en difficulté par la demande de référendum de son adversaire, de lui opposer une fin de non recevoir, au motif indiscutable que l’on ne négocie pas avec un groupe dissident.

 

Confronté à l’épreuve du feu, François FILLON que l’on croyait rompu aux vicissitudes de la vie politique, a surpris son monde en faisant montre, dans ce « combat des chefs » d’un certain amateurisme et d’une assez grande fragilité.

 

 

 

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 07:08

 

 

François FILLON a certainement sous estimé Jean-François COPE et il va le payer au prix fort. Il ne s’est pas véritablement opposé à sa nomination au poste de secrétaire général de l’UMP, pensant que le moment venu, il n’aurait aucun mal, lui l’ancien Premier ministre, dont toutes les enquêtes d’opinion reconnaissaient l’indiscutable aura de présidentiable, à devenir le président du mouvement.

 

Le député-maire de Meaux avait pourtant fait part ouvertement de ses intentions pour 2017 et de sa détermination pleine et entière de parvenir à l’investiture. Ayant manifesté une telle ambition, chose assez rare en politique, François FILLON a été particulièrement imprudent de laisser à son adversaire déclaré, les rênes de l’appareil électoral.

 

François FILLON a encore manqué de vigilance lorsque Jean-François COPE a fait campagne sur le terrain de la « droite décomplexée », illustrée par les fameuses anecdotes du racisme anti-blanc et du pain au chocolat. Tandis que ce dernier collait au terrain devant des militants encore traumatisés par leur lourde défaite, l’ancien Premier ministre, convaincu que son adversaire s’enfonçait,  prenait de la hauteur. Jean-François COPE, un peu à la manière de Nicolas SARKOZY, ne lui laissait aucun répit, le harcelant et prenant toutes les initiatives. François FILLON en position défensive, se contentait de faire des commentaires plus ou moins nuancés et de jouer la montre.

 

Après l’annonce des résultats et quelques péripéties, tel un boxeur groggy qui ne retrouvait plus son coin, il déclarait renoncer à la présidence de l’UMP et lançait un pathétique appel au secours à un Alain JUPPE pourtant sur le déclin.

 

Incapable de se faire élire député dans son fief de Bordeaux, l’ancien Premier ministre de Jacques CHIRAC voyant là une occasion rêvée de revenir sur le devant de la scène, au lieu d’agir dans la discrétion, se précipita devant les caméras de télévision pour jouer les pères fouettards. Il affirmera benoitement que la Commission nationale des recours, pourtant seule habilitée selon les statuts à trancher le conflit, ne pourrait le faire, ses membres ayant pour la plupart pris parti dans l’élection. Curieux argument. On ne voit pas comment une commission de militants aurait pu être composée d’hommes neutres. Ce seul argument sera insuffisant pour invalider cette instance à laquelle François FILLON a dit qu’il ne faisait aucune confiance. Jean-François COPE aura vite fait de lui opposer une fin de non recevoir.

 

La messe est dite. Proclamé président de l’UMP, on voit mal Jean-François COPE reconnaître sa défaite et dans le même temps un comportement frauduleux qui compromettraient  gravement son avenir politique, outre que ses adversaires, une fois le parti investi, lui feraient payer chèrement son audace d’avoir tenté de leur ravir ce qu’ils considéraient comme acquis.  

 

Il ne lâchera rien, la médiation JUPPE a peu de chance d’intervenir. Quant aux risques d’explosion du parti, ils sont nuls. L’orage passé, tout le monde viendra reprendre sa place au sein du mouvement dont les structures et les moyens financiers sont les meilleurs garants de l’avenir de chacun.

 

D’autant que le Parti Socialiste a par deux fois fait la démonstration, que l’appareil n’est plus la clé de la présidentielle, François FILLON ayant alors tout intérêt à travailler dans le sens de primaires ouvertes et à ne plus s’exposer comme il l’a fait. Il s’est inutilement affaibli.

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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 07:55

 

A l’heure où il n’y a pas de jour où l’on ne s’interroge sur la place des français issus de l’immigration dans la société française et où la bataille pour les présidentielles y est devenue permanente, une question vient à l’esprit : y a-t-il en France, à terme prévisible, une probabilité d’élire, un Président « issu de la diversité » ?  

 

Les français ont accueilli l’élection puis la réélection de Barak OBAMA, dans un enthousiasme quasi unanime. Le fait qu’il soit métis a indiscutablement été l’élément déterminant de cette ferveur.

 

Mais paradoxe bien français, la France quant à elle ne paraît pas prête à passer le pas.

 

Les élections législatives des 10 et 17 juin 2012 le confirment. Le calcul est simple. La diversité représente 12% de la population, si l’on avait voulu que la diversité soit représentée selon son importance, il aurait fallu que 69 députés puissent se prévaloir de cette appellation.

 

Or malgré un effort sans précédent, assumé par le Parti socialiste, seuls 3,3% des candidats à la députation en sont issus et en définitive, seuls 7 d’entre eux ont fait leur entrée au Palais Bourbon, soit 1% de la représentation nationale. Et le chiffre de 7 aurait pu encore être divisé par trois sans la ferme volonté du parti socialiste (le plus souvent contre l’avis de ses militants et de ses cadres), de placer des candidats dans une dizaine de circonscriptions qui lui étaient « acquises ».

 

Et si l’on regarde maintenant à droite où cette volonté n’a pas existé, on constate que Rama YADE, l’égérie de la diversité, la « chouchoute des médias », la reine des sondages,  a été éliminée dès le premier tour des législatives. De même que  des têtes d’affiche comme Fadela AMARA, Nora BERA, Jeannette BOUGRAD et même la pétulante Rachida DATI, la star des magazines, sont restées sur le bord de la route, à raison de l’absence même d’investiture pour la plupart.

 

Le Front de gauche, malgré un engagement pour le moins très fort dans ce domaine, n’a proposé aucune circonscription « gagnable » à l’une ou l’un de ses militants issus de la diversité, quant à EELV, il s’est contenté d’investir Leila BENCHARIF dans la 4e circonscription de la Loire, qui a été battue par son adversaire UMP...

 

Et l’on ne voit pas à l’heure actuelle de personnalité politique susceptible, ne serait-ce que d’être citée, pour une nomination à Matignon ou à l’une des présidences du parlement. Un Malek BOUTIH pétri de talent et d’intelligence, aurait pu être au moins pressenti pour le perchoir de l’Assemblée Nationale. Quant au Sénat il peut seulement s’enorgueillir de la parenthèse Gaston MONERVILLE dans les années 50-60. On est bien loin d’un « président OBAMA » pour la France.

 

Les causes de cette réticence ? L’une d’entre elles est certainement la confusion souvent faite, dans une  France profondément laïque, entre diversité et islam. Promouvoir la diversité au plus haut niveau sera certainement le meilleur moyen de « laïciser » la diversité aux yeux de l’opinion et de favoriser de la sorte, « à la base », une intégration qui demeure encore globalement en situation d’échec.

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 14:56

 

 

L’histoire qui m’est arrivée est absolument invraisemblable. Je suis sûr que vous n’allez pas me croire. Cadre dans une société de crédit, cela faisait presque une année que je faisais du jogging le dimanche matin avec Jean-André, un voisin qui a son pavillon juste à côté du mien. A la base, c’était  pour améliorer mes performances au travail. Il n’y a rien de tel et en plus cela ne coûte rien. Juste l’essence une fois sur deux pour aller au Bois. Aucune raison de s’en priver. Et puis un jour, c’était au printemps dernier, Jean-André a lancé l’air de rien, pendant que nous courions et si l’on faisait le marathon de New-York ? J’ai pensé qu’il déconnait, (on déconne toujours un peu quand on court) grosse rigolade,  je vous dis pas, je ne pouvais plus courir, scié que j’étais. Mais Jean-André lui ne riait pas. D’ailleurs ce n’est pas dans ses habitudes. Et dès que nous sommes arrivés, il m’a fait entrer dans son garage et il m’a expliqué que sur un C.V, dans la partie « hobby, loisir et autres activités », avoir fait le marathon de New-York, ça classe tout de suite un bonhomme,  il devient ipso facto sportif, endurant, performant, et tout et tout …La participation seule suffit à te donner l’aura d’un vrai champion. Tu vois la tête des gens autour de toi en train de se chuchoter « il paraît qu’il a fait le New-York » Je ne sais pas si tu te rends compte, a-t-il insisté, tu passes dans un autre monde, d’un seul coup d’un seul. Et puis  il a sorti sa calculette, regarde m’a-t-il dit on peut s’en tirer avec un budget de 2.600 €, équipement et frais d’engagement compris. Il faudra juste trouver quelqu’un pour nous accompagner à l’aéroport. Bon et puis une ballade à New-York en plein mois de novembre, c’est plutôt sympa non ? Personnellement je n’avais  jamais mis les pieds en Amérique...J ‘avoue que j’étais emballé. A 39 ans, je cherchais à donner un nouvel élan à ma carrière…Bon c’est vrai que ce n’est tout de même pas donné…

 

La tête d’Eric (Eric c’est mon boss) quand j’ai posé mon congé avec dans la case « motif facultatif » Marathon de New-York… j’allais m’gêner…

 

Et puis le cauchemar, l’horreur, l’incroyable, « le marathon de New-York risque d’être annulé ». C’est pas vrai, ils vont pas me faire un coup pareil, j’ai déjà pris mes billets d’avion, des billets « ni modifiables ni remboursables », les autres étaient hors de prix. Ça c’est les américains, le moindre pet de travers et on casse tout ! J’étais hors de moi. J’ai tout de suite téléphoné à Jean-André, mais il m’a rassuré, il m’a dit qu’il avait appelé deux fois l’organisation, qu’on lui avait dit que la course n’était pas annulée, qu’aucune décision n’avait été prise en ce sens.        

 

Ouf, tant mieux. Le surlendemain, en survêt, ma femme au volant et direction ROISSY. L’avion était même à l’heure, les passagers tiraient une gueule pas possible, on se demande bien pourquoi. Arrivés là-bas, nous avons eu un mal de chien pour trouver un taxi,  une panique pas possible, enfin je passe sur les détails. On fonce à l’organisation pour les dernières formalités et qu’est ce que l’on s’entend dire ? Je vous le mets en mille, « cancelled ! » quoi ? what ? Qu’est-ce qu’elle dit celle là ? cancelled ! cancelled ! Le trou noir. Pour l’accueil ils auraient pu trouver mieux ! Et nous qui arrivons de France vous y avez pensé ? Non, mais je vous pose la question ? Et le billet ni modifiable ni remboursable, qui va nous le rembourser ? J’étais furieux, hors de moi. Je peux vous dire qu’ils n’étaient pas fiers. Je leur en ai dit de toutes les couleurs. Ils ont dû se rendre compte de l’énormité de la situation, de l’incongruité même, ils avaient l’air complètement consternés, abasourdis, on l’aurait été à moins. Mais moi j’en ai rien à faire de votre cancelled leur ai-je dit. Vous ne croyez tout de même pas que vous allez vous en tirer comme ça, ce serait trop facile. Et les frais d’inscription, le taxi, le dossard, le téléphone, qui va nous les rembourser, sans parler du métro qui ne fonctionnait même pas, et du mal de chien que l’on a eu pour trouver une sandwicherie ouverte. Ça aussi c’est cancelled ?

 

Ils nous connaissent mal nous les français, nous ne sommes pas du genre à nous laisser faire. Ils vont voir de quoi nous sommes capables… Et bien, oui monsieur, justement, ça tombe bien que vous parliez de ça, et bien oui, quand ils ont débarqué en France, on leur a pas dit cancelled, on leur a laissé faire le job et c’est tout, et pourtant on peut pas dire que nous non plus nous n’avions pas un big problem ? Ah non mais sans blague !

 

Au retour c’est sa femme qui est venue nous chercher. Avec Jean-André, nous avons  pris un avocat et nous avons déposé plainte. On m’a dit qu’une association des victimes du marathon de New-York allait être créée. Et comment que je vais y adhérer ! Et mon préjudice moral, qu’en faites-vous. Et puis je les préviens d’avance, je n’accepte aucune transaction, ils devront payer cash, la totalité de mon préjudice qui est énorme, mon avocat me l’a assuré. Ils vont comprendre ce que c’est qu’un français à New-York !

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 06:14

 

La lettre que je reproduis ci-après a été publiée dans businessNews.com.tn, site d’information tunisien que nous recommandons à tous ceux qui s’intéressent à la Tunisie. C’est à la suite du décès de son beau-père que Nizar CHAARI a écrit cette lettre. Mohamed Aziz MILED a été un homme d’affaires tunisien. Issu d’un milieu modeste, il a commencé sa vie en vendant à la criée , à Hammamet, des tapis de Kairouan sa ville natale. Il devait se lancer dans le tourisme, l’hôtellerie et les transports. Il a fait parti de ces hommes de l’ère Bourguiba, ces enfants de l’indépendance, qui partis de rien ont pu, par leur travail, leur persévérance et leur amour de la Tunisie arriver au sommet de l’échelle sociale. On l’a dit proche de l’ancien régime. Mais comment pouvait-il en être autrement. Je n’ai pas connu Aziz MILED. Je ne connais pas son gendre ni quiconque de sa famille. Je ne puis donc pas témoigner qu’Aziz MILED avait toutes les vertus que son gendre lui prête. Mais pour qui aime passionnément la Tunisie, pour qui connaît les tunisiens,  une telle lettre, si criante de vérité, si émouvante, est pour moi une preuve suffisante. La Tunisie est faite de ces hommes bons, modestes, sensibles et généreux. L’hommage que lui a rendu son gendre montre que cette trempe d’homme se perpétue, et c’est réconfortant. En France, c’est l’affaire ALLIOT Marie qui l’a mis sur le devant de la scène. Il l’avait invité à l’accompagner dans son avion pour aller de Tunis à Tabarka (175 kms), où lui-même se rendait, et c’est ce qui devait déclencher la polémique qui a abouti à la démission de la ministre. Aziz MILED a été victime des polémiques politiciennes françaises. Pour lui, Michèle ALLIOT  MARIE était une amie de longue date qui était dans son pays et à qui il devait l’hospitalité. Aziz MILED était un  Tunisien, il s’est éteint le 7 novembre 2012.Paix à son âme.     

                                                               *

A mon père Aziz MILED, vous avez vécu dignement, vous êtes parti dignement 

Si Aziz, je n’ai pas pu dormir cette nuit sans écrire ces quelques mots. Ça ne vous servira à rien, que Dieu ait pitié de votre âme, mais ça servira sûrement à ceux qui liront ces lignes.

Si Aziz, je voudrais que tout le monde sache que vous êtes parti avec le sourire aux lèvres. Je voudrais que tous ceux qui vous ont fait du mal jusqu’à la dernière minute de votre vie et ceux qui ont trouvé drôle de commenter la date de votre départ sachent que vous êtes parti dignement tel un chevalier qui a combattu toute sa vie sans arrêt et sans souiller le code de la chevalerie.

Hélas, Si Aziz, vous êtes parti sans que les Tunisiens ne sachent vraiment qui vous êtes réellement. Moi même, je ne savais rien de vous avant de connaître votre fille, un certain jour de mai 2006. C’est probablement une lacune dans ma culture, mais c’est sûrement votre discrétion. « Vivons cachés, vivons heureux » me disiez-vous. Mais ça, c’était avant, Si Aziz. C’était avant les chaînes télé, Facebook et Twitter, vous ai-je répondu dans votre bureau, un certain jour de 2011.

 

 Si Aziz, je vais respecter vos souhaits de ne pas parler des gens, mais je ne peux pas ne pas révéler au moins le peu que je connais de votre noblesse et de vos valeurs. Je ne vous ai jamais dis cela, mais sachez là où vous êtes, que le premier jour où je vous ai rencontré sur la plage du Sindbad à Hammamet, est un jour inoubliable pour moi. Tout le monde m’avait prévenu que vous étiez un homme fort de caractère, juste mais qui impressionnait par son charisme. Moi, j’ai trouvé en vous un père, un homme simple, et un bon vivant.

Un an après cela, je suis venu avec mes parents, demander la main de votre fille, vous m’avez dit avec votre sourire calme : « Il était temps ». Vous n’avez pas vu en moi le jeune homme de famille modeste que j’étais, vous m’avez dit tout au contraire : «Tu me rappelles ma jeunesse. »

 

J’étais plein de fougue et d’ambition, vous m’avez appris à me modérer, à patienter. Un jour, en 2009, je suis venu vous voir chez vous, exaspéré, après une nième licence de Radio donnée à une autre personne que moi, et moi qui avais-fait ma demande depuis 2006, je me sentais laissé pour compte. Je vous ai demandé de me faire une faveur et de me pistonner chez le président. Vous m’avez répondu : « Nous, on ne demande pas ». Et pour finir la discussion, vous avez ajouté : « La seule fois où j’ai demandé au président quelque chose, c’était lors d’une cérémonie après les élections de 2004, je lui ai demandé : « Monsieur le président, j’ai un seul souhait, j’aimerais vivre avec ma famille sans avoir peur d’être opprimé sous votre présidence »

Si Aziz, excusez-moi si je n’étais pas assez mûr pour comprendre toutes les leçons que vous m’avez donné implicitement, car vous n’aimiez pas dire les choses directement. Mais je vous promets de retenir la dernière leçon : la patience du guerrier, rester debout jusqu’au dernier souffle, ne pas fléchir, s’il faut que je meurs, ainsi soit il. Je mourrais car tout le monde mourra un jour. La différence entre une mort et une autre, c’est l’allure.
Et vous, vous êtes mort dignement, votre mémoire sera dans les esprits de ceux qui vous ont côtoyé, ceux que vous avez aidés, ceux que vous avez guidés et les autres. Car même ceux qui ne savent pas qui vous êtes réellement, maintenant, ils seront intéressés de le savoir.

Si Aziz, votre vie sera une source d’inspiration pour plusieurs générations de Tunisiens, votre amour pour la perfection sera un outil de travail pour plusieurs personnes et votre sens du challenge sera le défi de plusieurs d’entre nous.

 

Lancer une agence de voyages quand on vient de commencer sa vie, construire un hôtel quand on a à charge toute une famille, apprendre à voler quand on est destiné à monter à cheval, créer une compagnie aérienne privée dans un pays où l’état monopolise tout et tant d’autres défis relevés avec brio.  


Survivre à tant de gouvernements, survivre à tant d’envieux, survivre à tant de bâtons dans les roues, ça c’est de la persévérance.

 

Aimer sa patrie à ce point, donner tout pour illuminer le nom de la Tunisie dans le monde. Etre l’ambassadeur des ambassadeurs pour que ce bout de terre ait une image brillante partout, ça c’est de la dévotion.


Si Aziz, je pourrai continuer à raconter des anecdotes qui m’ont servi de leçons toute la nuit, je pourrais même en faire un livre, qui sera probablement quelque chose à faire.

Mais ce soir, je voulais juste dire à tout le monde que vous êtes parti avec le sourire sur le visage et c’était votre plus beau sourire, celui d’un homme qui a fait ce qu’il avait à faire et qui est parti le cœur léger. Rabbi yarhmek papa. »

 

Nizar CHAARI, à Tunis le 8 novembre 2012 à 3 :00 h

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 07:12

Ce billet a été sélectionné par le journal en ligne l’Express.fr et  publié à sa Une.

La religion catholique qui dominait la France et qui a donné au mariage son caractère sacré de l’union devant Dieu d’un homme et d’une femme est un concept qui est devenu aujourd’hui ultra minoritaire. A une époque encore pas si éloignée que cela les divorcés étaient écartés de la vie sociale et on raconte que Madame de GAULLE les refusait à sa table. L’adultère de la femme était réprimé pénalement. Les fiches de renseignement des personnes qui comparaissaient en justice contenaient juste après la mention « s’adonne-t-il à la boisson », « vit-il en concubinage ». Ne parlons pas des homosexuels qui étaient les parias de la société et personne ne se serait prévalu « d’en être » comme on disait. La force de la famille qui était concernée toute entière et plus largement encore la réprobation sociale, interdisait tout écart.

 

Tout cela n’existe plus. Le mariage n’est plus un sacrement devant Dieu et pour beaucoup de couples qui demandent à se marier à l’église, c’est plus le décorum de la cérémonie qu’ils recherchent que l’expression de leur foi. Pour la plupart on ne les revoit plus à la messe dominicale et combien de couples vous disent qu’ils ne sont plus entrés dans une église depuis leur mariage. Selon les statistiques l’Union libre est en passe de devenir la règle et une majorité de couples divorceront après leur mariage, tandis que de plus en plus choisissent le PACS plus commode et moins onéreux. Les homosexuels ne sont plus au ban de la société, bien au contraire, ce sont ceux qui les stigmatisent qui le sont et qui sont même poursuivis pénalement.

 

Alors pourquoi les français s’opposeraient-ils à ce qui nous est présenté comme un simple problème d’égalité entre des citoyens ? La formule « Le mariage pour tous » est très significative à cet égard. Si toutes les préventions que nous avons énumérées n’existent plus, qu’elles seraient les raisons  qui pourraient s’opposer à ce que des homosexuels puissent se marier comme des hétérosexuels ?  Et de fait, si l’union en vue de la procréation entre un homme et une femme ne fonde plus l’institution mariage, il n’y en a pas. Sauf l’homophobie. Une opinion divergente ne peut être émise que par un vieux réac ou un homophobe, ce qui revient au même. J’en ai fait la dure expérience.

 

55, 60, 65%, la bataille de chiffres importe peu. Nous sommes entrés dans un autre monde. La page est tournée. Les catholiques ne devraient pas mener contre la société laïque ce combat d’arrière garde. Il est perdu d’avance. Reste le mariage religieux. Et pour les croyants c’est la seule chose qui doit compter. Redde Caesari quae sunt Caesaris, et quae sunt Dei Deo.  Rendez à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu. (Matthieu XXII, 21).

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