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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 13:45

Marie-Ségolène Royal, est née en 1953, à Dakar, au Sénégal, alors Afrique Occidentale Française, où son père, officier d’artillerie de marine, avait été affecté, avant un séjour en Martinique.

Elle a 10 ans, lorsque la famille Royal s'installe dans le village de Charmes, dans les Vosges, d’où elle est originaire, et où, quatrième d’une fratrie qui compte huit enfants, elle y fait ses études primaires et secondaires, qu’elle terminera à  Epinal. Education provinciale de la France de l’après guerre, stricte et religieuse, comme l’était celle des filles de sa condition,  avec un père autoritaire et une mère soumise, qui se rebellera.

Elle passera ainsi d’une France des campagnes encore patriarcale, patriote et religieuse, à une France des idéologues, du  multiculturalisme, du matérialisme débridé, puis de l’égalitarisme, avec en toile de fond,  la fulgurante révolution de la communication.

 

Elle aime à répéter qu’elle s’est construite,  par opposition à ce qu’elle fut. Mais peut-on vraiment échapper à ce que l’on a été ?  

 

Double culture, double appartenance à la France de MAURRAS et à celle de JAURES. Ségolène ROYAL  eut l’intelligence de prendre, dans l’histoire comme dans son histoire personnelle, pourtant par certains côtés douloureuse, le meilleur pour laisser le  pire, là où beaucoup d’autres auraient tout rejeté.

 

Femme sans complexe, courageuse et déterminée, mais en réalité femme triste, qui cache une  éternelle douleur derrière un sourire en forme de masque, derrière une indignation ironique presque constante, femme secrète, fermée, qui ne se livre  pas, inattendue, qui émerveille, puis qui lasse et que l’on finit par fuir,  femme solitaire, femme seule, vivant hors du monde, hors des réseaux, hors de tout. Tournée sur elle-même, elle ne se préoccupe pas de son entourage qu’il la serve ou non. A-t-elle des amis fidèles, le sait-elle elle-même, cherche-t-elle d’ailleurs à en avoir ? Tous les responsables du parti socialiste, ou presque, sont venus à elle à un moment ou à un autre, puis sont repartis, vers d’autres aventures,  déçus, décontenancés, amers pour certains, convaincus que  le cri de« fraternité » n’était qu’un slogan de meeting.

 

Son indépendance d’esprit, qui pourrait être un atout, la confine à la froideur. Elle n’est pas une femme de concession  ni de compromis ; ce qui n’est pas une qualité quand on a le pouvoir, mais qui est un défaut majeur quand on cherche à le conquérir.

 

Elle a un bon sens de l’improvisation, même si à trop improviser elle finit par sur-réagir. On a l’impression qu’il manque chez cette femme politique un travail de fond pour la stabiliser et lui donner des repères. Les sondages aidant, il semble qu’elle ne dispose plus de beaucoup d’alliés au sein du parti socialiste. Il lui reste un électorat fidèle, qui apprécie chez elle une certaine originalité pour ne pas dire excentricité.

 

Avec Ségolène ROYAL, on doit toujours s’attendre à tout : excuses aux chefs d’Etat africains au nom de la France, show à l’américaine, genre prédicateur, promenade sur la muraille de Chine avec néologisme fortuit, contre-pied par ci, contre-pied par là, dès que l’occasion se présente. Elle sait, quand elle en éprouve la nécessité, assurer le spectacle. Elle sait aussi s’installer dans un silence pesant comme ce fut le cas pendant quelques mois.         

 

Son éducation, ses manières, ses accoutrements aujourd’hui abandonnés,  ravissaient un François MITTERAND qui ne dissimulait pas un petit faible pour cette jeune femme à la voix traînante, envoûtante ou énervante,  d’un autre temps, d’un autre monde.

 

C’est cette vie, cette éducation qui fit d’elle à la fois la femme de gauche qui contestera les structures de la société avant de les adopter, et la femme d’ordre, patriote, n’hésitant pas à s’envelopper dans le drapeau français, parlant sécurité, proposant « naturellement » les militaires pour l’éducation des jeunes délinquants, ce que quiconque à droite n’a jamais osé faire, sous peine de se faire traiter de fasciste.

 

S’y ajoutera une volonté sans nulle autre pareille, une force de caractère indéniable  et une détermination sans borne, qui firent d’elle, une femme d’une dignité et d’une fierté qui vire vite à la vanité, ambitieuse comme il va de soi, en fin de compte, toutes les qualités réunies pour réussir.

 

Paris, les années 70, Sciences po, l’ENA, le PS… et tout qui s’accélère, les années 80, les années 2000, de ministre de François MITTERAND, à qui elle offrira ses larmes au moment de son départ de l’Elysée, jusqu’à sa sélection pour la phase finale de la présidentielle, seule femme à être arrivée jusque là, après avoir battu et ringardisé FABIUS et STRAUSS KAHN, et malgré un parti miné par les intrigues, les coups bas,  les mauvais coups et les sales coups, qui ne la soutint pas, pas plus que ses leaders trop affairés par leur propre destin.    

 

Ecartée par les ultras du secrétariat général, dont elle a été la bête noire, toujours plus isolée, plus délaissée par un parti et par une Martine AUBRY qui la laisse s’épuiser, sans même  chercher désormais à  dissimuler son profond mépris, à cette femme dont elle estime qu’elle n’a ni les manières ni la lignée ni même les codes pour vivre à la Cour de SOLFERINO. C’est ainsi qu’elle lui signifiât, dans un dernier accès de goujaterie, comme les filles de grande famille savent le faire pour rabrouer des domestiques qui les excèdent : « Elle est trop impatiente la Ségolène ! »

 

Pour n’avoir existé que par elle-même, elle se trouve aujourd’hui trop isolée, trop méfiante ainsi que la vie le lui a appris, trop dans l’adversité, et en même temps, trop sûre d’elle-même et de son destin …

 

Les aventures politiques solitaires n’ont jamais prospérées, ce sera  sa dernière vanité politique que de n’y avoir pas cru…Reste peut-être une dernière rebuffade, dont elle seule a le secret. Les élections primaires lui en donneront sûrement l’opportunité. Mais cela suffira-t-il ?    

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