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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 06:59

Le billet d’Eric SEYDOUX  

 

« SARKO m’a tuer » ! Et tant pis pour l’éthique.  

 

Pour avoir retenu un tel titre, les auteurs de ce livre auront certainement dû faire preuve d’un manque évident d’imagination.

 

Ou peut-être que nos journalistes écrivains, après en avoir tellement abusé, s’en trouvèrent-ils démunis  au moment du couronnement de leur œuvre...

 

A moins qu’ils aient pensé que ce cliché éculé, correspondait le mieux à une cible de lecteurs éprouvés par une vie souvent difficile, qui pourraient trouver dans ce nouveau brûlot anti présidentiel une revanche sur le sort, un soulagement aux déboires de la vie, soulagement qu’ils auraient d’ailleurs pu aussi bien se procurer dans les récits qui emplissent les magazines, d’une LOANA déprimée et obèse ou dans les pitoyables reality show télévisuels dont on nous accable, succédanés des jeux du cirque, qui offraient à un public sadique et cruel, l’immolation de la victime, sur le théâtre même de sa fugace gloire.

 

« SARKO m’a tuer » ne serait alors qu’une transposition, à un livre, de ces émissions de télévision, dans lesquelles ont fait exposer, à de pauvres gens qui ont perdu tout sens de la dignité, du respect d’autrui, comme du leur propre,  leurs affaires de famille les plus sordides, leurs maux les plus intimes, leurs déboires professionnels, leurs avanies conjugales.

 

Voici deux journalistes, qui ont le privilège de se prévaloir du titre d’un journal, qui à une certaine époque fut certainement l’un des organes de presse le plus prestigieux qui soit et  qui ne trouvent rien de mieux, pour assurer leur pitance médiatique, que de procéder à une triste exhumation, d’ambitions inassouvies, de vanités déplacées et d’égos démesurés.

 

Voici deux journalistes qui savent bien qu’ils trouveront bienveillance et assistance auprès de tous ceux, et ils sont nombreux sous tous les régimes, qui s’étant trouvés un jour dépositaires d’une parcelle de l’autorité, ont cru qu’ils l’incarnaient, en même temps que la justice, la vérité, la vertu et que par conséquent on ne pourrait jamais les en démunir, sauf à commettre une terrible injustice, une violation intolérable du droit, une ignominie.

 

Comment alors pourront-ils hésiter, à aller exhiber leur âme martyrisée sous les feux glauques d’une lumière qui ne cherche qu’à meurtrir, et à s’en  remettre à ceux,  qui veilleront pour que la chose soit « plus belle encore», à ne retenir que les pages les plus perfides de leur histoire, sans trop de souci de vérité ou même parfois de vraisemblance, seul comptera, pour les uns d’assouvir le désamour de leur vie, pour les autres de conduire leur combat contre un président liberticide, enclin à tous les favoritismes, prévaricateur, corrupteur quand il n’est pas lui-même corrompu, affameur de pauvres, enrichisseur de riches, et que sais-je encore 

 

Ces journalistes-écrivains,  protégés par leur corporation, affectés par le syndrome du Watergate devenu l’ambition des médiocres, qui s’illusionnent de pouvoir, sur un coup un seul, faire vaciller le monde, faire chuter un pouvoir qu’ils abominent, se moquant avec désinvolture du discrédit qu’ils pourront jeter sur une profession, de plus en plus atteinte par ce mélange des genres, convaincus, d’être seuls à détenir la vérité et de la pureté de leurs convictions.

 

A force de pouvoir s’offrir tous les quatre matins sans la moindre mesure et toujours sans le moindre risque, la dénonciation « d’affaires d’Etat  d’une extrême gravité », à force d’avoir vu dans les caniveaux de Paris les corps gisants des témoins de ces affaires d’Etat, à force de dire que les juges, s’ils ne sont pas aux ordres, sont harcelés par des mains occultes dirigées par des cabinets noirs, à force de dire que la presse n’est pas libre, à force de dire que la France est une dictature autoritaire et bientôt sanguinaire, ils perdent tout crédit au profit d’une idéologie, tellement extrême, qu’on en vient à la rejeter en bloc.

 

S’il est de la fonction du journaliste de dénoncer les excès des pouvoirs, dans une société démocratique aussi policée que la nôtre, ce doit être avec prudence, circonspection et après avoir effectué un travail d’enquête rigoureux : croiser les sources, connaître la version des mis en cause en les interpelant, vérifier auprès des témoins cités la réalité des allégations qu’on leur prête, traiter chaque personne objet de l’enquête sur un pied d’égalité quelle que soit sa fonction, son aura ou sa personnalité.

 

Lorsque l’idéologie l’emporte sur tout le reste, lorsque l’on considère, prétention inouïe, détenir la vérité la seule qui vaille, la seule qui compte, au point de pouvoir se dispenser de toutes ces règles, lorsque l’on sait que de toute façon personne n’osera contester ce qui est dit, à peine de se trouver dans le camp trouble des auteurs des coups tordus, des barbouzes et des comploteurs, ce journalisme là se perpétuera, et tant pis pour l’éthique..

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