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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 10:03

 

A tort ou à raison, lorsqu’un élu donne « sa signature » à un candidat aux élections présidentielles, il est considéré  comme faisant parti de son camp ou au moins comme étant proche de ses idées. Il y a là une certaine logique, on ne voit pas très bien la raison pour laquelle un élu parrainerait un candidat dont il ne partage pas les convictions. Dire le contraire comme on l’entend parfois, ne correspond pas à la réalité.   

 

Ceux qui ont fait l’expérience de parrainer Jean-Marie LE PEN, alors qu’ils n’étaient pas connus pour être engagés auprès de lui et qui étaient en général classés divers droite, ont ensuite été catalogués Front-National, une étiquette qu’ils ont eu le plus grand mal à supporter.

 

Mais au-delà de cet aspect, les choses ont pris aujourd’hui une toute autre dimension. Au risque politique et à l’inconfort personnel, s’ajoute désormais un risque financier autrement plus important.

 

Les communes ont tendance de plus en plus à se regrouper dans des structures juridiques telles les communautés de commune, dont le développement a pris de l’importance au cours de ces dernières années.

 

Cela permet en particulier aux toutes petites communes rurales ou de montagnes, celles qui sont les plus reculées et souvent les plus pauvres, celles dont justement le premier magistrat souvent isolé politiquement serait susceptible de se laisser convaincre de parrainer un candidat de renom national, de bénéficier de services tels collecte des ordures ménagères, transport, services sociaux, services culturels, loisirs, ou encore subventions pour rénover, aménager ou mieux encore, pour créer le fameux gîte rural… gage de vie meilleure et espoir de renaissance pour ces petites communes en voie de disparition.

 

Et puis et pourquoi pas, et c’est loin d’être négligeable, chacun de ces maires espère un jour ou l’autre, si ce n’est déjà fait, accéder à une vice-présidence et peut-être même une présidence de ces établissements, qui sont des fonctions bien rémunérées. 

 

Les maires se trouvent par la même, en quelque sorte liés au sein de ces structures intercommunales, le plus souvent dominées par les grands partis, et il leur sera difficile d’entrer en délicatesse avec eux.

 

Cela explique largement les difficultés de la candidate du Front National. Ce n’est pas de « l’intoxication » comme certains le soutiennent, c’est la réalité et il est probable que Marine LE PEN n’aura  pas ses 500 signatures.

 

Mais qu’elles seraient alors les conséquences politiques de l’absence de la présidente du Front National à l’élection présidentielle ?

 

Nicolas SARKOZY qui pense aujourd’hui pouvoir tirer avantage d’une telle hypothèse, sera le premier à en subir les conséquences. Dans la situation de rejet dont il est l’objet, seule une infime minorité des électeurs de Marine LE PEN se reporterait sur lui. Ils s’abstiendront, vraisemblablement pour une part importante, et pour une autre part se partageront entre François BAYROU et François HOLLANDE. Ce serait alors un deuxième tour assuré entre eux.

 

A plus long terme, le fait d’avoir vu exclure de la course à la présidentielle un candidat qui aurait pu représenter jusqu’à prés d’un quart du corps électoral, est certainement la meilleure façon de le renforcer, surtout en période de crise économique grave, ce qui peut conduire à toutes les aventures.

 

C’est pour cette raison que le scrutin proportionnel aux élections législatives, avec le département comme circonscription électorale, devient un impératif de salut public. La démocratie et la paix sociale exigent que des mouvements politiques d’une certaine dimension soient représentés à l’Assemblée Nationale, de l’extrême gauche à l’extrême droite.

 

Le scrutin proportionnel a d’autres avantages, il évite les marchandages entre partis, les accommodements comme ceux dont nous venons d’être témoins à Paris, cela donne une plus grande indépendance aux partis, cela permet aux idées de s’insérer progressivement dans la vie publique, cela facilite la parité et la mixité.

 

Le grief de l’instabilité ministérielle que l’on oppose à la proportionnelle n’est pas recevable. Il résultait sous les précédentes Républiques de ce que, en cas de crise, le gouvernement remettait sa démission. Le rapport doit être inversé. En cas de crise l’Assemblée Nationale doit être dissoute, le gouvernement demeurant en place, pour expédier les affaires courantes, jusqu’à l’élection de la nouvelle assemblée.

 

La proportionnelle permettrait aussi d’apaiser le débat politique qui en a bien besoin, à ce moment de notre histoire qui voit s’ouvrir devant nous une période d’incertitude.

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Published by gpancraz
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