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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 20:51

 

On attendait Michel SAPIN, Jean-Marc AYRAULT, Pierre MOSCOVICI, Manuel VALLS, ou même pourquoi pas Arnaud MONTEBOURG, ce qui, pour ce qui concerne le choix de ce dernier, aurait pu être particulièrement habile, et  comme l’on dit en langage sportif, nous avons tous été pris à contre-pied, lorsque l’on a su que c’était Laurent FABIUS qui allait apporter la contradiction au Président de la République devenu candidat, lors de l’émission d’antenne 2 « Des paroles et des actes » suivie par 6 millions de téléspectateurs.

 

C’était le dernier responsable socialiste auquel nous aurions pensé, tant le déficit d’intérêt apparaissait grand pour François HOLLANDE, d’être représenté dans ce débat par l’ancien Premier ministre de François MITTERRAND. S’il s’agit à n’en pas douter d’un homme qui dispose de toutes les qualités nécessaires pour cet exercice et si intrinsèquement, il est certainement parmi les tous meilleurs, la première réaction a été de penser que Nicolas SARKOZY allait, un peu comme à la foire, s’offrir un carton, sur une cible particulièrement facile et qui s’est trouvée être de surcroît assez peu mouvante.

 

Et il n’eut pas fallu attendre bien longtemps, pour que le candidat-Président, muni de sa fiche sur laquelle l’on pouvait presque lire depuis nos écrans, les commentaires peu amènes faits par son contradicteur du jour envers celui qu’il venait soutenir, énonça tranquillement toutes les petites phrases assassines que chacun connaissait par cœur, ce qui lui permit, à bon compte, d’attaquer vigoureusement son adversaire, dans un domaine sensible, celui de l’aptitude à exercer la fonction, sans même pouvoir être taxé de bassesse.

 

Comme je le suppose, des millions de téléspectateurs avec moi, étions persuadés que tout ceci était tellement singulier, qu’il ne pouvait s’agir que d’un piège préparé d’avance par l’équipe HOLLANDE dans lequel « l’impétueux » Nicolas SARKOZY était tombé sans trop réfléchir.

 

Et bien non, nous attendîmes en vain, il n’y avait pas de piège ! Laurent FABIUS devait se contenter de maugréer sans conviction des phrases sans intérêt ou de demeurer coi.

 

Tous les observateurs noteront que sa prestation du jour était très moyenne et que si à un moment il y eu un échange rapide de petites phrases suivies de répliques assez vives, cet exercice est plus apparu pour Laurent FABIUS comme le moyen de montrer son talent, à titre personnel, comme l’on dit de façon triviale montrer « qu’il en avait sous le pied », plus que de véritablement chercher à valoriser celui qu’il était censé représenter.

 

Non, Laurent FABIUS n’avait ni motivation, ni volonté, ni le moindre entrain pour assumer le rôle qui lui avait été confié, il faisait « le service minimum », il n’aurait pas pu faire moins.

 

Ainsi, choisir pour un débat de la campagne qui peut-être essentiel pour faire rebondir son adversaire, le pire des contradicteurs qui soit, sans que l’on ait pu percevoir la moindre stratégie qui nous aurait donné un début d’explication est, pour reprendre le mot de Nicolas BEYTOUT, « curieux ».

 

Laurent FABIUS, justement à raison de l’antagonisme qui existe entre les deux hommes, ne pouvait se laisser aller à offrir une prestation médiocre, non seulement au nom d’une loyauté objective qui doit exister au sein d’un parti et qui aurait dû le cas échéant le conduire à renoncer à y aller, mais parce qu’à titre personnel, il jouait là la fin de sa carrière politique, à moins qu’il ait estimé que désormais elle était définitivement derrière lui ou qu’il ne croyait toujours pas dans les chances de François HOLLANDE.

 

Ce que l’on comprend moins c’est le choix de François HOLLANDE, ou à tout le moins, le fait qu’il ait accepté ou peut-être même suggéré  que ce soit Laurent FABIUS qui s’oppose à Nicolas SARKOZY.

 

En réalité tout ceci ne peut s’expliquer que par le fait que François HOLLANDE est un homme de consensus, qui déteste les conflits, qui cherche à réunir son camp dans les meilleures conditions, les fabiusiens étant une sensibilité du parti socialiste à ne pas négliger, c’était une façon en lui accordant une telle confiance de se réconcilier vraiment avec lui, trouvant peut-être aussi qu’il était intéressant d’avoir l’aval « sincère » de l’ancien Premier ministre de François MITTERRAND sur ses capacités d’homme d’Etat, afin de battre en brèche les critiques sur l’absence de responsabilités exercées par ce dernier.

 

C’était en quelque sorte une façon de faire « coup double » au sein de son propre camp et vis-à-vis de son adversaire.

 

Apparemment on avait peut-être oublié que dans un combat, l’absence de motivation est le pire des handicaps et que Laurent FABIUS sera une éternelle énigme.

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Published by gpancraz
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