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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 16:39

Etre le 4e personnage de l’Etat à qui la garde républicaine en grande tenue rend les honneurs sabre au clair et dans un énorme roulement de tambour à chaque entrée dans l’enceinte de la chambre des députés, vivre dans un palais entouré d’une kyrielle de personnels pour vous servir, être invité aux cérémonies les plus importantes de l’Etat, détenir le pouvoir de couper la parole à un élu du peuple ou à un ministre dans l’exercice de leurs fonctions les plus éminentes, même quand, à l’évidence, il terminait sa phrase, être consulté par le président de la République sur des initiatives de première importance comme la dissolution de l’Assemblée Nationale, avoir le pouvoir de désigner un membre du Conseil Constitutionnel sur trois…doit à l’évidence donner le tournis si l’on n’y prend pas garde. Des honneurs comparables à ceux d’un chef d’Etat de plein exercice, mais un pouvoir qui en réalité se limite à superviser la gestion des services de l’Assemblée Nationale et en séance, à diriger les débats avec comme juge de paix un chronomètre et de temps à autre quelques « s’il vous plait, s’il vous plait… » pour calmer l’ardeur des députés échauffés par la vivacité des échanges. Mais malgré tout une parole qui compte, celle de celui qui est l’un des plus hauts dignitaires de l’Etat. C’est ce qui devait conduire Claude Bartolone à s’essayer à l’écriture d’un livre destiné à faire part aux français de sa vision des institutions de la France. Dans « Je ne me tairai plus » écrit en collaboration avec une journaliste du Monde, il se disait alors, pour la suppression du poste de Premier ministre, rien de moins… Ce livre fut, pour employer le langage trivial utilisé dans ces circonstances, « un flop éditorial ». En dépit d’une intense promotion, seuls 268 exemplaires trouvèrent acquéreur. Il est vrai que vendre un livre est certainement plus difficile que de passer à la télévision lorsque l’on est président de l’Assemblée Nationale. Cela aurait dû être pour un homme comme lui, rompu au monde de la politique, un avertissement. Mais dans le contexte décrit est-on toujours en mesure de recevoir des avertissements de cette nature ? Il semble que non. Devant Jean-Jacques Bourdin, jeudi 29 janvier, il a déclaré tout de go, en dehors de toute circonstance, dans ce qui fait partie du domaine réservé du chef de l’Etat, de façon totalement déplacée vis-à-vis de son collègue de la Haute Assemblée, qu’il considérait que le Sénat n’avait plus lieu d’être et qu’il serait mieux de le faire disparaître d’une façon ou d’une autre. Il fera même référence au Général de Gaulle, dont chacun sait que ce fut l’initiative qui mit fin à son règne. Comment à l’heure de la cohésion nationale, expliquer cette incroyable bévue qui devait conduire Gérard Larcher à mettre fin à toutes relations avec lui ? Claude Bartolone n’a peut-être pas perçu, qu’aussi prestigieuse soit-elle, la présidence de l’Assemblée Nationale, comme celle du Sénat, exige de leurs titulaires, mesure, diplomatie et réserve. Claude Bartolone est à l’évidence tombé dans le piège de la présidence du Palais Bourbon que ses prédécesseurs avaient su éviter.

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Published by gpancraz - dans politique
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