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13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 17:01

 

 

Les best of de l’été le montrent encore mieux. Voilà des politiques, de préférence membres du gouvernement, qui s’entêtent à aller se produire dans des magazines télévisés, où le jeu consiste à les moquer,  les ridiculiser, les humilier, parfois même les agresser et à les offrir en pâture à un public instrumentalisé par l’animateur, afin d’en régaler des téléspectateurs, ravis de pouvoir prendre ainsi leur revanche sur les « puissants ».

 

Bouffons des temps modernes ils sont les victimes expiatoires d’un jeu  dégradant dont ils ressortent toujours un peu plus discrédités, ils feignent de s’en amuser, laissant croire par la même qu’ils sont dans l’coup, ils simulent le rire et pour les plus habiles le fou-rire, ils se doivent d’être sympas, cool, in, et pour être sûrs d’y parvenir, ils laissent au vestiaire leur  cravate, le plus souvent leur veste, presque toujours leur dignité.   

 

Ils acceptent la non objectivité d’un RUQUIER ricanant de ses propres turpitudes, la mièvrerie d’un FOGIEL paraissant toujours surpris par son extrême mauvaise foi, l’invraisemblable cynisme d’un ARDISSON, qui sous le couvert de « vannes », censées les rendre acceptables, va « balancer » sur les invités, leurs collègues, leurs amis, des plaisanteries désobligeantes voir plus, les mettant dans la pire des situations sous les huées et les ricanements d’un public ravi.

 

Ils feignent de ne pas se rendre compte que l’on se joue ouvertement d’eux, ni que les questions qu’on leur pose n’ont d’autre objet que de les faire conspuer par un public complice, interrompus par d’ interminables éclats de rire, par une autre question ou une musique assourdissante  le but étant, non d’écouter leur réponse, mais avec leur propre assentiment, de les railler.

 

Voilà, le mauvais moment est passé. Pour un peu d’atteinte, d’abaissement, d’avilissement  de la fonction parlementaire ou ministérielle on gagne un passage à la télé, viatique de la politique française.

 

Citée pour mémoire, une autre possibilité, celle-ci extrêmement bénéfique pour l’invité, très prisée des médias, mais réservée à « quelques privilégiés » seulement : on tape, mais plus souvent on laisse taper par un silence ou un sourire complice, sur le gouvernement dont on fait parti. Rama y a excellé. Elle est aujourd’hui la 6e personnalité politique préférée des français (Paris-Match IFOP 7 au 8 juillet 2011).

 

En fin de compte l’important c’est que tout le monde y trouve son compte, audience comprise, pour le reste…

 

 

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Published by gpancraz
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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 03:46

 

Le billet d’Eric SEYDOUX

 

 

Je n’en peux plus, arrêtez avec ce feuilleton d’été, je vous en prie, ne m’en parlez plus, c’est nul, c’est complètement loupé, c’est une histoire à dormir debout. Sexe, politique et fric, ça commence à dater, c’est ringard et en plus c’est bâclé. Il y a des limites, il faut tout de même que cela tienne un minimum la route, arrêtez s’il vous plait de vous moquer du monde. Je puis vous assurer que même sur internet, le moindre blog n’aurait jamais accepté une histoire pareille, et avoir l’audace de nous la raconter à la télé à des heures de grande écoute, j’avoue être totalement perturbé !

 

Ecoutez ça ! C’est l’un des types les plus puissants au monde, richissime, français de surcroît, qui un jour à midi, au lieu de partir traiter des affaires de la plus haute importance,  préfère aller conter fleurette à une femme de ménage. Celle-ci lui accordera une « relation consentie » ou non selon la version. Moi je veux bien tout ce que l’on veut, mais il y a tout de même des limites, le pire des producteurs de navets de série X n’aurait jamais osé proposer un truc pareil.

 

Non vraiment l’été, la télé c’est du grand n’importe quoi, tout le monde file en vacances, et nous on doit se débrouiller comme l’on peut avec des séries à trois balles, des reportages milles fois diffusés, j’allais oublier, le tour de France, vous excuserez du peu, et maintenant ce mauvais feuilleton tourné outre atlantique, dans lequel bien évidemment, nous français avons le mauvais rôle.

 

J’aurais mieux fait de partir en vacances dites-vous ? Certes, mais je vous signale que même en vacances je regarde la télé, rien que dans mon camping-car, j’en ai deux. Donc vous voyez, cela ne règle rien. Tenez, là, pendant que je vous parle, je zappe pour essayer de trouver quelque chose de correct, à part les chaînes d’information en continu et encore qui répètent toujours les mêmes informations, rien, strictement rien...

 

« Alerte info » sur i télé, ah, quand même ! c’est quoi encore cette affaire ? Un bandeau passe et repasse. Quoi ? Les programmes de la rentrée, déjà ? Qu’est ce que je vous disais, pour cet été c’est râpé, enfin voyons tout de même.

 

Je n’arrive pas à y croire ! on nous annonce que pour septembre, une version française est en préparation, c’est son jeune producteur qui l’a annoncée à « c dans l’air ». Le casting a commencé lundi 11 juillet au 36 Quai des Orfèvres.

 

Toujours la même tarte à la crème. C’est l’histoire d’un homme politique très puissant et très influent, que personne, mais vraiment personne, pas même ses opposants, les plus farouches comme les plus obscurs, n’ose contrarier, à un point tel  que la fille de son éphémère ex maîtresse avec laquelle il avait eu une « relation consentie » mais brutale, filleule de sa première femme, copine de la fille qu’il a eu avec cette dernière, a attendu huit ans pour déposer plainte pour tentative de viol ; il a voulu avoir avec elle une relation « non consentie »…Je ne vous dit pas le souk. Les critiques sont très réservées, d’autant que le feuilleton d’été a fait  un vrai flop. Les français n’aiment pas ce genre. On dit que ce n’est pas conforme à leur esprit gaulois.    

 

En ce qui me concerne j’attends de voir, mais je vous le dit tout net et je vous préviens par avance, si c’est un remake du  feuilleton de l’été, ne comptez pas sur moi pour disserter la dessus. Désolé, mais j’ai déjà donné.

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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 12:47

Le billet d’Eric SEYDOUX

 

J’étais heureux. Ma conscience bien tranquille, convaincu de me trouver du côté des justes, des bons, du droit et surtout de la morale, « moi qui suis de gauche », ne manquais- je jamais de glisser dans les conversations, phrase magique que je ne me lassais pas de m’entendre prononcer, sans crainte du qu’en dira-t-on. Elles me procurait bien être et fierté et rendait mon auditoire attentif, attentionné, intéressé, prudent, car j’évoquais pour mes interlocuteurs l’intelligence, la culture, la générosité, la solidarité, et aussi, le combat du bien contre le mal, de la modestie contre l’arrogance, du pauvre contre le riche, du travail contre le capital, de l’amour contre la haine. J’en étais même arrivé à me demander comment les autres pouvaient faire pour vivre à côté de toutes ces valeurs et de ce bonheur inouï qu’elles me procuraient.

 

J’étais heureux ! Ma vie n’était que rêve et enchantement, j’allais de congrès ouverts en comités fermés, de manifestations publiques en réunions privées, de meeting en symposiums, tous de la plus haute importance, tous à présence indispensable, pour réfléchir, intervenir, applaudir ; je dormais chez les camarades, je déjeunais aux buffets, je dépassais systématiquement mon forfait ; je militais pour une grande et belle cause. Ah, si vous saviez comme j’étais heureux.

 

Et puis le malheur est arrivé sur moi. Cela s’est fait peut-être même sans que je m’en rende compte tout de suite. Envahi par une impression bizarre, celle que l’on ressent souvent à l’adolescence lorsque le  monde d’amour, de solidarité, d’honnêteté dans lequel l’on vit, s’étiole, se fissure de mille lézardes pour faire une place au cynisme, à l’hypocrisie, à l’intrigue, vices ordinaires de la vie, que l’on croyait pourtant honnis du parti et de ses partisans.

 

Au début, je me suis trouvé mille justifications pour écarter mes doutes et mes interrogations, puis seulement cent, puis dix, et un jour je n’en ai plus trouvées malgré tous mes efforts, et là, j’ai commencé à voir des défauts apparaître dans mon édifice si amoureusement bâti, d’abord des détails, mais des détails qui travaillent l’esprit.

 

C’est un jour, un ami de toujours, nommé dans un cabinet ministériel qui ne répond plus à mes appels, ou plus exactement qui ne me rappelle pas alors que sa secrétaire, marque de son importance nouvelle,  m’assurait à chacun de mes appels qu’il le ferait …

 

Et un autre petit défaut et puis un autre plus gros, et d’autres encore, de plus en plus gros, et puis, comme cela arrive souvent avec quelqu’un qui vous trompe, on ne voit plus que des défauts, d’énormes défauts qui maintenant vous broient l’esprit jour et nuit, un en particulier choquant, nauséeux, l’avidité de ces petits cadres du parti, divisés en petits clans informels et mouvants, à se répartir le moindre des postes, à tous les niveaux, même les plus modestes, par principe et pas seulement pour garder la main comme certains le prétendaient cyniquement, mais pour asseoir toujours et un peu plus leur pouvoir pour le prochain coup.

 

Au sommet, une politique du chien crevé au fil de l’eau, sacrifiant sans vergogne un Jean-Pierre CHEVENEMENT, à des nationalistes corses aux idées peu recommandables, dont les amis venaient d’assassiner un préfet, une politique refusant obstinément la prise en compte d’une situation d’insécurité, opposant à une population modeste qui en souffrait, le subtil concept de « sentiment d’insécurité » avec le qualificatif de raciste pour ceux qui ne l’acceptaient pas, une politique bradant de façon irresponsable une croissance aussi avantageuse qu’inattendue, avec l’aberrante loi sur les 35 heures, une politique  refusant par lâcheté les réformes essentielles pour l’avenir du pays, une politique enfin qui conduisit à engager  des milliers de jeunes dans l’assistanat, avec de pseudos emplois que l’on savait déboucher sur rien d’autre que du vent …

 

Alors, il y eut l’espoir d’un BESSON ou d’un BOCKEL pour insuffler dans le parti majoritaire de droite, les idées de gauche, dans l’intérêt général. Mais le premier rejoignit le camp majoritaire, sans avoir eu le temps de faire le travail, quant au second à qui en incombait désormais la charge,  il ne s’en préoccupa point, trop assailli par les devoirs de sa propre charge qu’il préféra à toute autre, laissant par la même sur le bord du chemin des partisans de qualité, certainement parmi les meilleurs des socialistes, tant au niveau de l’intelligence politique que  de la rigueur morale, qui à chaque réunion demandaient sans recevoir de réponse, la construction d’un vrai parti de gauche au service du libéralisme,  déplorant sans plus de réponse, une inaction endémique, qui rendait totalement inaudible un mouvement qui de toute façon n’avait rien à dire, ainsi que le montre surabondamment son désolant site internet,  avec des leaders  qui ne surent briller ni par leur idées ni par leur talent et qui ne trouvèrent comme refuge, pour leurs médiocres déclarations, que quelques bienveillants journaux électroniques…

 

Justement éconduits du gouvernement ils s’en allèrent raccrocher leur petit wagon à la caravane BORLOO/RAMA en partance pour on ne sait où, avec pour seul viatique un discours opportuniste permettant toutes les voltes-faces, toutes les compromissions, toutes les trahisons et bien sûr si nécessaire, tous les repentirs.     

   

Mais au fait, « insuffler dans le parti majoritaire de droite les idées de gauche dans l’intérêt général », c’est quoi exactement ? Et bien je le reconnais, je n’en sais rien, car à vrai dire ce travail n’a jamais été entrepris par quiconque, même en dehors des mouvements politiques.

 

Le Cercle des Libertés Egales, se propose de s’atteler à cette tâche.

 

Le Cercle des Libertés Egales peut-il  y parvenir ?

 

Oui, je le pense car il n’y a pas d’autre choix. Une condition toutefois, éviter l’écueil qui consiste comme ceux qui n’ont rien à dire à sombrer dans l’énumération indigente et absurde de lieux communs tels ceux que Jean-Louis BORLOO ou RAMA YADE ânonnent à longueur de plateaux de télévision : humanisme, éducation, progrès, générosité, égalité…

 

Pas de doctrines non plus ou de théories fumeuses, le groupe de réflexion constitué autour de Marc d’HERE, n’aura de sens qu’à partir d’une analyse de situations, d’évènements concrets qui animent le quotidien des français.

 

Ce qui fera l’identité du Cercle des Libertés Egales ce sera sa position sur la crise, sur l’Euro, sur l’immigration, sur l’affaire DSK et la morale en politique, sur les primaires du parti socialiste, sur le défilé du 14 juillet, sur le fonctionnement de la justice, sur la Grèce, sur le mariage des homosexuels, sur l’opportunité d’une taxe sur les transactions financières... Tous sujets dont il devra s’emparer pour donner sa vision des choses, sa vision de la société.

 

Le Cercle des Libertés Egales devra s’ouvrir sur l’extérieur, diffuser au fur et à mesure ses contributions et réflexions aux  différents partis, mouvements, clubs, proches ou susceptibles d’y trouver intérêt, sans a priori, sans exclusive, sans crainte d’être stigmatisé.

 

Le Cercle des Libertés Egales doit contribuer ainsi à décomplexer la vie politique de ses tabous, des axiomes qui la rigidifient, et qui ne servent en réalité qu’à inhiber ceux qui sont en désaccord avec le parti dominant de gauche, le parti socialiste étant depuis longtemps devenu maître dans cet art, imposant son impérialisme, lui même d’ailleurs pris au piège de la plus belle manière qui soit par son extrême gauche qui s’est affublée du faux nez attrayant d’écolos ou/et de verts, alors qu’ils ne sont que les héritiers en moins talentueux des gauchistes irresponsables d’une autre époque.

 

Le Cercle des Libertés Egales est désormais l’ultime espoir pour la gauche libérale. Sa responsabilité est grande, il n’a d’autre alternative que de réussir.

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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 05:25

 

Le billet d’Eric SEYDOUX

 

 

La Cour estime « Qu’il est possible de dégager des marges de progrès et la transparence n’est pas toujours au rendez vous. » (Extrait du Rapport 2011 sur les services de la présidence de la République) Formule type, magique et  passe partout à la fois,  qui s’adapte à toutes les situations, à tous les contrôles, formule qui l’air de rien, montre la grande rigueur de la Cour, son  exigence pour aller vers la perfection, l’absolue perfection, celle qui n’existe vraisemblablement pas en ce bas monde de la gestion des fonds publics, mais qui valorise tant l’organisme de contrôle et cela compte aussi n’est ce pas ? Et après tout, pourquoi pas ? De toute façon, sachez qu’il n’y a rien à dire, la démocratie c’est ainsi, un point c’est tout !

 

Avec l’ensemble du corps politico-social je ne peux que m’émerveiller comme chacun de mes semblables sur une institution, si noble, si objective, si rigoureuse qui a l’œil sur les dépenses publiques et depuis qu’il en a fait la demande en 2008, sur celles du Président et de ses services. « En progrès » « Peut mieux faire »  « A peine moyen »  « Un bon point ». Faites gaffe tout de même, pour la nourriture, le chauffage, les crayons, les feutres, le nombre de journaux achetés au président de la France, car tout y passe désormais. Mais ainsi que je viens de le dire, no comment, c’est la démocratie !

 

Institution dirigée depuis François MITTERAND par un politique de la majorité et depuis Nicolas SARKOZY, par un politique de l’opposition, l’un de ses adversaires les plus sûrs, qui va lui adresser en même temps qu’un vrai faux satisfécit - c’est mieux, mais si l’on n’était pas là (…) - de vrais réserves, épinglant de ci de là les services de la présidence, à propos de tout et de rien. Ici encore rien à dire, car c’est la démocratie qui le veut !

 

Vous l’avez certainement vu comme moi, avec des yeux brillants et   pétillants de malice, une petite bouche gourmande, aligner gentiment devant les caméras, des formules tortueuses, alambiquées à souhait, perverses s’il en est, qui ne veulent rien dire en apparence , mais qui disent tout de même qu’il y a à dire et que de toute façon, il y aura toujours cet endémique déficit de transparence, formule usée jusqu’à la corde mais qui fait toujours recette,  surtout quand elle concerne le château, qui nous cache certainement quelque chose... Je n’en dirai pas plus que précédemment, c’est aussi cela  la démocratie !  

 

Tenez au fait, si je puis me permettre, avant d’en finir, puisque l’on n’arrête pas de parler démocratie, j’ai deux questions à poser : serait-ce anti démocratique de désigner pour diriger la Cour des Comptes un magistrat professionnel plutôt qu’un professionnel de la politique ? J’avoue ne pas avoir la réponse. Deuxième question, savez vous qui contrôle les dépenses de la Cour des Comptes ? Je vous la donne en mille, mais là j’ai la réponse ; personne ! Incontrôlable Cour des Comptes ! Otez moi d’un doute, est ce aussi cela la  démocratie ?

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 12:30

Par Youssef El TOUNSI

 

Depuis plusieurs jours Antenne 2 annonçait l’émission « Envoyé Spécial », sur la Tunisie, après la Révolution. Je puis vous dire que je n’aurais raté cette émission pour rien au monde, tant la souffrance des tunisiens m’insupporte. 7000 licenciements par mois depuis la révolution, le taux de croissance qui était de 7% est actuellement entre 0 et 1 %, le fonds de compensation qui permet aux tunisiens de bénéficier des produits de première nécessité à des prix bien en dessous de leur coût réel, n’arrive plus à être compensé ; la cherté du crédit, l’inflation, l’insécurité, qui écartent toute perspective d’avenir tant au plan des investissements que de la création d’entreprises dont les chiffres dégringolent, le tourisme moteur de l’économie au bord de l’implosion…

 

Je me suis dit, qu’il était bien qu’un grand média européen comme antenne 2 agisse comme un électro choc, afin que les dirigeants du gouvernement, même provisoire, prennent les  mesures pour y remédier, en particulier sur la sécurité qui ne dépend pas d’autre facteur que celui d’une volonté politique, la volonté populaire étant acquise.

 

Jeudi 2 juin 2011, à 20h30, devant ma télé, j’ai  assisté à un spectacle pitoyable. On nous a montré le pur produit d’un journalisme de bazar, parisien jusqu’à la caricature, avec reportrice se dandinant  comme dinde en goguette dans les rues de Tunis, de Sidi Bou Saïd, de la Marsa et d’ailleurs, s’escrimant par le seul effet de sa suffisance à vouloir nous nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

 

On a même pu voir une Beldi (bourgeoise de Tunis) venir nous expliquer qu’elle tenait une maison d’hôte et que depuis la révolution elle avait plus (oui +) de réservations qu’avant, que les gens accouraient de partout en disant, « nous voulons vous aider pour votre révolution » (!) Si Ben Ali voyait un tel truc du fond de sa tanière, il en baverait de jalousie, il n’aurait jamais osé, tout BEN ALI qu’il était, monter un tel bidonnage. Et je passe sur l’interdiction, avant la Révolution  d’acheter des cartes routières ou d’ouvrir une maison d’hôtes, ou de fréquenter des français, que n’importe quel journaliste stagiaire aurait pris soin de vérifier, avant de balancer de telles âneries à des millions de téléspectateurs.  

 

Dans la maison d’hôte en question se trouvait une infirmière en vacances  (apparemment la seule cliente) venue de France pour connaître le pays vraiment de l’intérieur. On nous l’a montrée se baladant sur l’avenue BOURGUIBA (les champs Elysées de Tunis), nous expliquer, avec une dame de la maison d’hôte qui l’accompagnait portant autour de son cou un immense drapeau tunisien, que tout allait bien que tout était merveilleux que tout était beau.

 

Certes il y avait bien des rouleaux de  barbelés tout le long de l’avenue, ainsi que des chars pour protéger le ministère de l’intérieur, mais c’est certainement du pur folklore pour amuser les touristes. Tout à coup, venu de nulle part, et sans que cela ait semblé arranger les affaires de notre équipe télévisuelle, une bande de manifestants très agressifs faisant front contre la police arrivée en masse, envahirent le centre de Tunis. Notre infirmière perplexe eut alors cette réflexion « je ne sais que penser.» Mais son accompagnatrice qui est du coin devait sauver la situation et nous rassurer immédiatement en disant : « ce ne sont pas des manifestants, ce sont des casseurs » Ouf, tant mieux, merci madame, alors tout va bien. Même pour qui n’est pas du pays, l’atmosphère  qui régnait sur la ville était celle de l’émeute pérenne, la police paraissant en effet traiter cette curiosité locale avec le flegme et le professionnalisme que crée l’habitude. Il valut mieux partir, précision donnée toutefois par la reportrice que les « casseurs ne s’attaquaient ni aux touristes ni aux européens !»...

 

Le soir à la veillée, ayant réuni quelques copines dans la maison d’hôte pour honorer la télévision française, la maîtresse des lieux nous fit assister à un début de discussion à bâtons rompus entre des intellectuelles d’un assez bon niveau, malheureusement à l’évidence très peu représentative du peuple tunisien, interrompue par l’annonce faite « oh my god » que le couvre feu venait d’être instauré sur l’ensemble de la Tunisie pour la nuit...

 

Bon tout cela n’étant en définitive pas très grave, on se dirigea dans le sud pour s’entretenir avec un responsable d’une chaîne hôtelière qui assurait (bien que les hôtels soient archi vides et pour la plupart fermés), qu’il espérait à peu près se trouver dans une situation équivalente à celle de l’année précédente. C’est ce que l’on appelle le miracle de la révolution tunisienne ou plutôt de la télé française.

 

Subrepticement mais sans insister on nous a montré de pauvres hères, dont la détresse et la peur se lisaient sur leur visage, la peur de rentrer le soir chez eux les mains vides. Il s’agissait de salariés licenciés d’un hôtel,  en train de faire  un « siting » devant l’établissement fermé. Perspicace, la journaliste nous fit observer que grâce à la révolution ils avaient désormais le droit de manifester.

 

Ensuite on nous emmena au marché central de Tunis, pour nous montrer combien les étals étaient bien achalandés, ce qui était absolument exact, même si des esprits chagrins comme le mien auraient pu déplorer que devant ces étals aucun client ne se pressait pour se faire servir.

 

Le clou du clou, fut  la promenade du Ministre du tourisme, dans une rue commerçante d’une cité tunisienne, répondant vraisemblablement à l’invite de la télé française. Aux commerçants qui se trouvaient là et qui le suppliaient de rétablir la sécurité, il eut cette réponse incroyable : « rendez vous compte, je suis là parmi vous, auriez vous pu l’imaginer il y a quelques mois ? » La journaliste ajoutant qu’il n’avait même pas de garde du corps.

 

Et puis on nous a ramené dans un hôtel, le Dar Djerba, où l’on avait regroupé l’ensemble des touristes des autres hôtels de la chaîne, pour nous faire assister à un spectacle on ne peut plus grotesque, de touristes adipeux en train de simuler une danse orientale, tandis qu’un père de famille manifestait sa satisfaction pour avoir eu une réduction de 30% par rapport à l’an dernier et qu’il avait même fait des excursions. Quelle impudeur !

 

Enfin on eut droit à l’incontournable Sidi Bou Saïd, n’omettant pas de signaler que ce lieu fut apprécié en son temps  par Châteaubriand, Colette, Simone de Beauvoir, Gide et tutti quanti, notre journaliste prophétisa une baisse de la fréquentation devant un « Café des Nattes » désert comme aucun tunisien ne pouvait avoir vu la célèbre placette, vide, désespérément vide pas un visiteur, alors que l’on a habituellement du mal à y circuler à n’importe quelle période de l’année.

 

Envoyé Spécial aurait dû faire cette émission il y a quelques mois au lendemain de la Révolution. Aujourd’hui plus personne ne conteste le passage de la Tunisie vers la Démocratie. Il fallait alors montrer le vrai visage de la Tunisie, qui va vers la catastrophe économique et donc sociale. Bien sûr les journalistes ont trouvé dans Tunis des Messieurs biens mis, pour leur dire qu’en réalité la Révolution bénéficierait à leurs enfants et que c’était pour eux qu’ils l’avaient faite.

 

Mais si le peuple, ou plus simplement les gens ne pouvaient attendre jusque là ? Parce que le problème c’est qu’en Tunisie, comme ailleurs, Révolution ou pas Révolution, c’est chaque jour que l’on doit manger. Une course de vitesse est engagée. Il ne faudrait pas que le peuple tunisien lassé d’attendre de percevoir des fruits toujours trop verts ait la tentation de s’en remettre à un nouvel homme providentiel, reprenant à son compte la fameuse réplique de Jacques CHIRAC, arguant ici même, devant des confrères journalistes médusés, de ce que la première des libertés était de manger à sa faim.

 

Si le peuple a plus faim aujourd’hui qu’avant la Révolution, s’il vit plus dans l’insécurité qu’avant le départ de BEN ALI  et des TRABELSI, on ne voit pas très bien comment la Tunisie s’en sortira. Le destin est entre les mains des tunisiens et d’eux seuls, encore faut-il que ce type de reportage, très regardé en Tunisie ne vienne accroître un malaise déjà très profond.           

 

Croisons les doigts pour que la Révolution tunisienne ne soit pas comme ce reportage, raté.

  

* A montrer impérativement dans les écoles de journalisme. 

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 15:25

Le billet d’Eric SEYDOUX

 

« L’affaire » GARELLI

 

Gilbert GARELLI vient d’être suspendu de l’UMP par Christian ESTROSI avec l’accord de Lionel LUCAS. C’est l’évènement de l’été. Vous ne connaissez pas Gilbert GARELLI ? Vraiment ? Moi non plus. Nous ne disposons à l’heure où je vous parle d’aucune photo de lui faute d’archives le concernant. C’est dire son déficit de notoriété à l’ère d’internet et de tous les réseaux sociaux. Et bien c’est fait, Gilbert GARELLI ne sera plus l’illustre inconnu qu’il était jusqu’alors (697000 résultats sur Google). Et désormais lorsque sa femme ira faire ses courses au super marché du coin, on entendra les gens chuchoter dans son dos « c’est la femme de Gilbert GARELLI, vous savez, celle dont le mari… » Le rêve de nombre de nos semblables, comme de moi-même puis-je vous l’avouer,  sortir enfin de l’anonymat.

 

L’affaire a vraiment pris de l’ampleur, son acte a même été qualifié « d’ignominie » par le parti socialiste, via sa section locale qui s’est fendue d’un communiqué. Ignominie ? Vite mon petit Larousse : « action de quelqu’un qui a perdu son honneur pour avoir commis une action infamante » Ouh là là, je n’aimerais pas être à la place de Gilbert GARELLI, une notoriété pareille très peu pour moi. Perdre son honneur, je vois ce que cela veut dire, j’ai un doute sur infamant « d’une saleté repoussante » selon le même dictionnaire « qui provoque le dégout, sale répugnant ». Bon, je crois que là son compte et bon.

 

Mais quelle mouche a donc piqué ce conseiller municipal de La Colle Sur Loup, homme de bien s’il en est, qui a consacré sa vie à l’intérêt commun, pour en être arrivé au point de craquer à ce point. Il a dû selon l’expression également consacrée, péter un câble. C’est sûr. 

 

Ce qu’il a fait ? Figurez vous qu’il s’est amusé, si l’on peut dire, à adresser un mail à ses amis politiques pour on ne sait quelle obscure réunion du parti, en remplaçant les « e » des pronoms personnels et des articles par des « i », donnant ainsi une connotation raciste à ses propos, qui se voulaient imiter l’accent arabe. Et puis il leur a donné rendez vous à la mosquée de Strasbourg pour le 15 août, invitant les femmes à mettre un foulard... La totale quoi.

 

Ce n’est pourtant pas les accents qui manquent dans ce bas monde, des juifs aux corses en passant par les chtis, les alsaciens et les lorrains, bon sang, ça passait tout seul ! Et bien non, le seul qu’il ne fallait pas prendre il l’a pris. Pareil pour la religion.

 

Et que l’on ne vienne pas me dire que plus il y a d’interdit plus c’est amusant, tout ça n’est que sornettes. Il y a des choses auxquelles on ne doit pas toucher un point c’est tout même dans des courriers privés. Il a été dénoncé par l’un des dits amis, bravo, il y a encore de nos jours d’honnêtes gens, cela rassure, vraiment.

 

Pas vraiment ? Alors, excusez l’expression triviale, à moi, on ne me la fait pas, et n’allez pas essayer de me faire croire qu’il a choisi  par pur hasard les musulmans, et c’est même à se demander en définitive s’il ne l’a pas fait exprès.

 

Enfin, tout de même, Gilbert GARELLI serait-il le seul en France à ignorer que se moquer de n’importe quel accent c’est de l’humour, mais que de l’accent arabe,  c’est raciste. Pareil pour la religion. Allez allez, ne me faites pas rire, c’est voulu, tout cela est cousu de fil blanc, j’en suis convaincu. De plus, et si par impossible le moindre doute subsistait, son appartenance à l’UMP établit surabondamment les faits. S’il avait été socialiste ou écolo, on aurait pu avoir un doute, mais un élu UMP…

 

ESTROSI a bien fait de le suspendre immédiatement, il a coupé court à toute polémique. Il a fait preuve d’un grand courage politique. Il devrait maintenant l’exclure et demander sa démission, n’est ce pas la sanction requise pour ce type d’affaire ? Et puis je m’excuse, les lois qui répriment le racisme cela existe, une petite poursuite correctionnelle cela donnerait à réfléchir à certains, ne croyez vous pas ? Moi si, vraiment.                     

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 15:07
 
Une soirée télé, ou le retour triomphal de Vincent PEILLON 

 

Le revoilà, ouf il était temps, comment a-t-on pu se passer de lui si longtemps. Il était là l’autre soir, comme si rien ne s’était passé. Comment l’avez-vous trouvé ?

 

Impeccable, vraiment impeccable, propre, net, parfait, rien à dire. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard s’il a eu le prix si envié de l’homme politique le plus élégant de l’année. Chemise blanche col ouvert faussement froissée, sous costume foncé bien taillé.  S’il n’avait pas fait politique sûr qu’il aurait fait people. Une vraie gravure de mode. Allez, il faut bien le dire, reconnaissons le, il est beau Vincent PEILLON. On aime ou on n’aime pas, mais il n’empêche qu’il est beau. Et puis quelle classe ! Sourire légèrement retenu, un brin moqueur, avec brushing laqué impeccable, quelle classe.

 

Tiens et c’est peu dire, je trouve qu’il ressemble à Michaël VENDETTA, mais oui, vous savez, celui qui a gagné ce jeu de téléréalité, il se surnomme lui-même le « beau gosse » et se proclame l’inventeur de la « bogosserie ». C’est cela ! Oui, mille fois oui, Vincent PEILLON n’est pas beau, c’est un beau gosse, une belle petite gueule en quelque sorte.

 

Et puis d’une intelligence peu commune, un véritable stratège de la politique ! Son haut fait d’arme, « le 14 janvier 2010 », à l’émission à vous de juger, il a planté Antenne 2 pour l’avoir invité à débattre avec Eric BESSON sur l’identité nationale, d’autant que Marine LE PEN était en première partie. Il fallait donner une leçon à ces saligauds d’Antenne 2. Il fallait bousiller cette émission indigne. Cela leur apprendra à faire n’importe quoi. Il avait, cela va de soi, demandé par la même occasion la démission d’Arlette CHABOT, c'est-à-dire son licenciement. Interdire ce type d’émission, sanctionner lourdement leur promoteur. Dégagez moi tout ça ! Sympa non ! J’imagine Eric BESSON ou Marine LE PEN faire un truc pareil. Il ne semble pas s’être excusé de sa goujaterie. Il a même considéré qu’il s’était sacrifié pour le bien commun.

 

Antenne 2 ne l’a plus invité, la presse dans son ensemble n’avait pas trouvé son haut fait d’arme très normal, mais il s’est vite refait une santé en publiant un livre dont je ne me souviens plus du titre. En réalité ce n’est pas très grave car personne ne parle du livre, c’est juste le prétexte pour pouvoir repasser à la télé. Il « a fait » COLOMBANI  et ARDISSON. Il s’est distingué à cette occasion en soutenant dans l’horrible affaire Laetitia, qu’il fallait toujours donner une chance à un détenu et que l’enfermement n’était pas une solution. Il n’a pas dit, à moins que cela ait été coupé au montage, ou que je me sois trouvé distrait à ce moment là, ce qu’il convenait de faire pour donner une chance aux victimes.

 

Et puis Arlette CHABOT a quitté Antenne 2 la semaine dernière, et lui y est revenu la semaine suivante, dans l’émission Mots Croisés d’Yves CALVI du 12 avril 2011, pour parler avec Eric BESSON…  du nucléaire. Avec un sujet « propre » on peut compter sur lui. Il faut dire que cette fois ci on avait remplacé Marine LE PEN par Noël, MAMERE. Antenne 2 est venue à résipiscence. Un vrai sujet avec des débatteurs comme j’aime, là je dis OK !  

 

Antenne 2 peut  se passer d’Arlette CHABOT, mais pas de Vincent PEILLON.

 

Toujours aussi beau, toujours aussi sûr, toujours aussi intelligent, même chemise faussement froissée… quel retour ! Il l’a joué modeste, consensuel. Certes, sortir du nucléaire mais pas de suite, pas un mot plus haut que l’autre, tellement soft qu’Eric BESSON lui a dit qu’il ne comprenait rien à sa position sur la sortie du nucléaire. Il s’est contenté, pour lui répondre, de son fameux petit sourire boudeur. Après tout l’important n’était-il pas de récupérer ce fin analyste de la politique française. J’espère pour l’honneur d’Antenne 2 que le départ d’Arlette CHABOT n’a rien à voir avec le retour de cet  histrion de la politique.

 

Dans la deuxième partie, Antenne 2 nous offrait le couple Ariane CHEMIN, Edwy  PLENEL. Hargneux comme jamais, haineux, furieux, grotesquement tonitruants, éructant à tour de rôle,  un spectacle à peine croyable. Ils  sont tombés à bras raccourcis sur Philippe BILGER et Robert MENARD, qu’ils ont déclaré indignes d’exercer leur profession respective, au motif qu’ils soutenaient que l’extrême droite avait le droit d’exprimer ses idées, et que tous les sujets pouvaient être abordés, laïcité, immigration, peine de mort…Jean François KHAN ayant même affirmé que ce qui n’était pas républicain, c’est que le Front National, ave 20% d’électeurs n’ait aucune représentation politique et que c’était les partis traditionnels, par leur comportement, en particulier la gauche, qui alimentaient le FN. Mais lui, eu égard à ses états de service a été épargné.

 

Edwy PLENEL, se demandait comment l’ancien leader de journalistes sans frontières pouvait en être arrivé à tenir de tels propos, tandis qu’Ariane CHEMIN s’est alors interrogée sur la question de savoir comment un grand média comme RTL, pouvait employer un type comme Robert MENARD. Un spectacle peu glorieux pour ces journalistes, à la dérive de leur idéologie.

 

Avec des  pourvoyeurs tels Edwy PLENEL et Ariane CHEMIN, le FN a encore de beaux jours devant lui. (10 avril 2011)

 

*«Toute forme de mépris, si elle intervient en politique, prépare ou instaure le fascisme » (Albert CAMUS)

 

Eric Seydoux

 

 

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 14:50

Deux poids, deux mesures. 

Toute la classe politique unanime, une fois n’est pas coutume, -exceptions faites de Clémentine AUTAIN et de Marine LE PEN- invoque la présomption d’innocence, plaide l’absence de preuve, refuse la curée, prêche la plus extrême prudence, recommande  d’attendre la version du mis en cause, prescrit d’exclure tout jugement hâtif, demande de ne rien précipiter avant qu’une décision de justice ne soit rendue.

Il faut sauver le soldat STRAUSS KAHN ! Pour  Christine Boutin c’est un coup monté. Pour Dominique PAILLE c’est une peau de banane glissée par on ne sait qui. Pour beaucoup d’autres encore, le mot complot revient sans cesse. C’est la suite logique de la PORSHE et du tailleur à 3000 € minimum le costume, affirme-t-on ! Pour Jean-Marie Le GUEN et  François PUPPONI qui le connaissent bien, l’homme est à des années- lumière des faits qui lui sont reprochés. Anne SINCLAIR le confirme dans un communiqué. Bernard TAPIE n’y croit pas non plus. Alain DUHAMEL lui-même, tance sévèrement une Marine LE PEN qui a osé déclarer  « n’être pas étonnée par cette affaire ». Une contre- enquête, est diligentée dans l’urgence depuis Paris par des communicants. Il en résulte que l’avion avait été réservé à l’avance, qu’il possède sept portables, qu’un seul a été oublié, qu’il a d’ailleurs demandé à son chauffeur d’aller le récupérer, qu’en toute hypothèse il nie les faits. Alors ? Alors, mille Bravos pour cet appel de la classe politique et médiatique au respect des grands principes de justice! Et que cette grande modération dont la presse a fait la preuve en ce triste jour, se retrouve pour des tas d’autres affaires à propos desquelles elle s’est montrée jusqu’alors si intransigeante, si intraitable, si implacable, sans la moindre hésitation pour « jeter aux chiens » l’honneur d’hommes et de femmes, sans avoir besoin d’un  délit, d’une infraction, ou même d’un début de manquement à la loi.

Un seul mot, une seule boutade, une seule virgule mal placée suffisait.  Suffisait pour prononcer des condamnations sans appel, sans droits de la défense, sans procédure, pour les relayer sans répit, pour les répercuter de radios en télé, de quotidiens en magazines, pour les dupliquer à l’infini, le jour et la nuit, pour clouer les ignobles condamnés au pilori, pour les lyncher jusqu’à ce que mort s’en suive, mort professionnelle, mort civile, mort politique, quand ce ne sera pas mort tout court, sans vergogne, sans scrupule, sans pitié.

Oserais-je ? Mais si la même chose était arrivée à …. ? Non ! Pas d’inutile polémique en ce jour de grâce, tenons nous en à ce fameux proverbe Corse, « les morts sont morts, sauvons les vivants. » (15 mai 2011) 

 

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 14:14

J’ai dû manquer un épisode.

 

Jean Pierre PERNAUT ouvre son journal avec une information à peine croyable : une femme de ménage d’un grand hôtel newyorkais a tenté d’extorquer de l’argent à un sexagénaire en voyage d’affaires, après avoir eu une relation charnelle avec lui ! Dieu merci, il ne s’est pas laissé faire. L’enquête a établi qu’il s’agissait d’une femme jeune,  immigrée et de couleur. La victime est un haut fonctionnaire  français, il avait oublié sa carte d’un parti de la droite radicale sur la table de nuit, c’est comme cela qu’on l’a retrouvé. Grand seigneur, il n’a pas déposé plainte.

 

Tout de même ! C’est un peu gros, cette femme qui va avec un homme marié pendant ses heures de service, et qui a le toupet de lui demander de l’argent ! Il ne lui a rien donné, nada, que dalle, il a eu raison, non mais, et puis quoi encore. J’espère qu’elle sera sévèrement condamnée et qu’elle perdra sa place, cela la fera réfléchir. Il faut tout de même qu’il y ait un peu de morale dans ces histoires là, vous ne croyez pas ? 

 

L’affaire a pris de l’ampleur et c’est tant mieux, de grands débats sont organisés, LCI, antenne 2, la 5. L’intervention de BADINTER est reprise par toutes les télés : « il faut être très sourcilleux en matière de présomption d’innocence, d’exigence de preuves, de droits de la défense… » Cela ne m’étonne pas, avec lui, les criminels ont toujours raison et les victimes ont toujours tort. Ah, pardonnez moi, je n’avais pas fait attention, c’est une rediffusion. Il paraît qu’à l’époque, à cause de l’acte sexuel, la victime était présumée coupable et l’auteur présumée victime…A moins que ce ne soit le contraire, je ne sais plus, oui en effet, BADINTER ne peut soutenir un type d’extrême droite. Enfin peu importe, j’ai dû manquer un épisode, attendons la suite.

 

Aujourd’hui, on nous montre un APATHIE très remonté, il a pris parti pour la femme, il demande la dissolution de ce parti fasciste, avant d’en revenir à la présidentielle. Il affirme que DSK n’a pas dit son dernier mot, car qu’on le veuille ou non, il demeure une valeur sûre, il aurait d’ailleurs été choisi par la jeune immigrée  pour la défendre, elle voulait absolument un socialiste français, car on lui a dit qu’ils étaient les meilleurs défenseurs des noirs, des opprimés, des immigrés, des déshérités, des femmes et bien sûr des pauvres.

 

Et c’est vrai qu’il est bon l’animal ! Voilà une sale  affaire  d’extorsion de fonds précédée d’une histoire sexuelle pas très claire, vous ou moi aurions coulé à pic, et bien non, avec lui, retournement de situation, et quel retournement ! C’est le SOFITEL et l’Elysée qui doivent maintenant s’expliquer, à lui on ne demande rien, ni audition, ni confrontation, ni enquête de   crédibilité. Figurez vous qu’il a réussi à établir qu’en réalité le haut fonctionnaire vivait en concubinage avec une femme en instance de divorce, dont le fils s’était fait choper devant la gare du Nord avec du cannabis alors que sa commercialisation est toujours interdite en France. Et  voilà le travail ! C’est-y pas beau ça madame ? Rien à dire, chapeau l’artiste ! 

 

L’épisode du jour  débute par le Président à VILLACOUBLAY. Qui vient-il  accueillir ? Je n’arrive plus à suivre, j’ai dû encore manquer un épisode. Les otages ?  Mais non, les otages c’était hier, tiens que sont-ils devenus ceux là, les pauvres, ils sont arrivés au mauvais moment …

 

Ah voilà, ça y est, c’est  BERLUSCONI, il fait une visite éclair en France, c’est à propos du sommet de Marrakech, on avait fini par l’oublier celui là avec toutes ces histoires. Il est dans le salon d’honneur, en train de rire à  avec le Président. Je me demande ce qu’ils peuvent bien se raconter pour rire à ce point. Tiens c’est bizarre Anne SINCLAIR est là aussi, le Président se retourne, ah non, c’est incroyable ! Mais c’est DSK !!! Quelle histoire ! C’est sûr maintenant, j’ai dû manquer un épisode. (11 juillet 2011) 

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 14:10

Je n’aime pas ce BORLOO là, voilà !*

 

Il commence une phrase, renonce à la terminer, puis une autre et une autre encore qui toutes subissent le même sort,  il bafouille, crachouille, embrouille tout, saute d’un sujet à l’autre. Non, vraiment, il n’y arrive pas et cela l’agace singulièrement que l’on puisse se laisser aller à lui poser des questions, qui appellent des réponses tellement évidentes qu’il a le plus grand mal à les formuler.

 

Comment faire pour construire des logements sans avoir le moyen de les financer ?  « Mais c’est du grand n’importe quoi, c’est pourtant simple, soyez un peu journaliste ! Ecoutez bien, c’est de  la stratégie ! Tout est dans la stratégie, on se réunit chaque semaine, pas besoin d’argent, on construit, cela crée de la richesse et voilà !… » Sa réponse le satisfait, et tel un repreneur d’entreprise en difficulté, sur le point d’enlever un gros morceau il ajoute : « on va avoir une méthode de résolution des problèmes, voilà ! »

 

Convaincu d’avoir fait mouche et devant ses interlocuteurs médusés, il enfonce le clou : « c’est avec une méthode et de la stratégie que l’on va tout résoudre. » Sans lien avec ce qui précède il enchaîne : « la violence à l’école n’est pas liée à la mondialisation » sans plus de lien il annonce : « on va faire baisser le chômage. » Comminatoire avec les banquiers profiteurs : « Il est inacceptable que le système bancaire ne participe pas de façon plus active, il faut accorder des crédits à taux 0 pendant 10 ans, 20 ans, voilà ce qu’il faut, voilà ! »

 

On le sent à bout, exaspéré, excédé par tant d’ignorance. Il supplie de le croire : « avec moi, 100% des élèves qui sortent du CE1 sauront lire, » assène-t-il encore.  « Il suffit de le vouloir, et de réunir les équipes pour cela ! » 

 

Est-il en rupture avec l’UMP, se hasarde l’un des questionneurs, « tout le monde s’en fout (sic), les gens veulent qu’on leur parle des étudiants, de la crise du logement, de la formation de la qualification… de la crise des pays arabes » il repart pour un long tunnel qui se tortille dans tous les sens, tunnel sans queue ni tête, puis  reprend de plus belle : « l’action, l’action, encore l’action, tenez, la dégradation des quartiers… »

 

Est-il en rupture avec le gouvernement ? « Non ! Sarkozy a fait reculer le FN et a donné l’autonomie aux universités.» Revêtant alors l’habit de sauveur de la République en danger : « Nous sommes l’antidote du Front National, la force anti Front National !!! » Sur l’immigration ? Pas de problème, il a sa réponse : « nous sommes tous des enfants d’immigrés, seule la date d’arrivée change », ouah ! Belle formule, elle sera certainement reprise sur les chaines d’information en continu.

 

Tout à coup très Georges Marchais « vous avez posé une question, c’est que vous avez envie que j’y réponde » Oui, il y a du Georges Marchais dans cette façon de répondre indigné, à côté des questions, et de se retourner contre  les journalistes.  La dette ? Enfin, un sujet à sa dimension : «  Il faut faire beaucoup plus pour réduire la dette, voilà ! » La mondialisation ? Rien de plus simple : « Il faut se réorganiser en fonction de la mondialisation, voilà ! »

 

Encouragé par ces propos d’une grande profondeur, il lance en confidence : « La moitié des députés UMP viennent me voir et me disent,  Jean-Louis, c’est toi qui a raison, continue… » Conscient de son état de surexcitation il confie, « ce qui m’énerve c’est ce sentiment d’abattement, regardez le plombier polonais, panique à bord, et puis avec de la volonté… il suffit juste de s’en occuper » (…) « Et vas y roule ma poule ! » (re sic)

 

Au fait, va-t-il se présenter à la présidentielle ? Il ne sait pas, mais ses amis font l’objet de pressions. De pressions ? « Oui ils sont invités à des réunions,  à des réceptions… » Voilà ! Certains pourraient entrer au gouvernement ? Blasé il laisse tomber « si cela les amuse d’aller faire un petit stage gouvernemental qu’ils y aillent » et magnanime : « je n’y vois aucun inconvénient ».

 

Sur le nucléaire, très à l’aise : « Il faut sortir du charbon et de la lignite ». Encore plus à l’aise, il est pour le mariage des homosexuels, « je leur dis à mes copains de l’UMP rappelez vous du PACS c’était l’horreur, maintenant vous trouvez ça formidable ». La dépénalisation du  cannabis ? Sans la moindre hésitation : « j’adorerais être pour, mais je suis contre » ( ?) Sur le SMIC, péremptoire : « c’est difficile et puis je vois que le temps passe… » Il est pour des taxes carbones, sur les transactions financières,  sur les tankers...

 

Alors, sera-t-il candidat ? Il ne le sait pas encore. Pour moi, il n’y a pas de doute, je n’aime pas ce BORLOO là, voilà !(1er juillet 2011)

 

* Dimanche 26 juin à 18 heures, sur i télé, après le pique nique de l’Alliance à EPINAY...

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