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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 10:00

 

Par Youssef El TOUNSI

 

La victoire du parti ENNAHDHA qui se réclame partisan d’une application modérée de la Charia est incontestable. Et s’il n’a pas la majorité absolue à l’Assemblée Constituante qui vient d’être élue, c’est à raison d’un mode de scrutin, établi pour permettre à la partie la plus large de la population d’être représentée, et ce sera le cas.

 

La démocratie a joué à plein. La prévision faite par de nombreux observateurs selon laquelle les pays arabo-musulmans sont, lorsqu’ils sont librement interrogés, pour un gouvernement fondé sur la loi islamique se révèle juste. Gérard LONGUET a eu tort de dire que 40% ce n’est pas la majorité. Sur un seul tour de scrutin, avec plus de 110 partis, 40% c’est un raz de marée.

 

Conformément à la volonté du peuple tunisien, le secrétaire général d’ENNAHDHA Monsieur HAMADI JEBALI a fait savoir qu’il sera le futur Premier ministre. Il a été précisé que des portefeuilles seront attribués aux autres partis. Par intelligence politique et dans le même esprit, on dit qu’ENNAHDHA soutiendrait à la Présidence de la République l’actuel Premier Ministre, BEJI CAÏD ESSEBSI, un grand démocrate, ancien ministre d’Habib BOURGUIBA, âgé de 85 ans, dont le rôle, selon la nouvelle constitution sera comparable à celui des présidents de la 4e République en France.

    

Intelligence politique qui va au-delà du casting. Il s’agit bien évidemment de faire assumer par l’ensemble des sensibilités politiques, la politique pour laquelle ENNAHDHA a été élu.  

 

ENNAHDHA veut aussi rassurer, il dit être respectueux du droit des femmes et ne pas vouloir remettre en cause leur liberté dans la société tunisienne. Il n’y a aucune raison de mettre en cause sa bonne foi.

 

Mais c’est une chose de ne pas porter atteinte à des libertés acquises depuis un demi siècle, et une autre que d’en garantir l’exercice. Le nouveau pouvoir sera-t-il en mesure de garantir les femmes tunisiennes, contre sa frange extrémiste qui pourrait au quotidien les harceler, par exemple parce qu’elles ne porteraient pas le voile ? Il lui suffirait de laisser faire pour que très vite, une liberté qui ne serait pas contestée en droit soit  dans les faits abolie.

 

De même, la polygamie peut demeurer interdite, mais le nouveau gouvernement osera-t-il engager des poursuites à l’encontre de ceux qui sont ses plus chauds partisans et qui porteraient atteinte à cette règle?

 

De même encore, les Conseils d’Université oseront-ils maintenir des règlements qui interdisent le niqab à l’université contre la volonté d’une partie non négligeable du mouvement islamiste ? Et dans l’affirmative, sera-t-on en mesure de faire respecter ces règlements ?

 

Il ne s’agit pas de faire de procès d’intention aux nouveaux responsables de la Tunisie, mais un risque existe. S’il surmonte cette difficulté, le parti ENNAHDHA  donnera incontestablement un nouveau visage à ce mouvement, qui incite pour l’heure à la perplexité quand ce n’est pas à la méfiance  

 

Car ce qui inquiète, c’est cette attaque contre la langue française, comme première langue étudiée et parlée après l’arabe, lancée par le leader charismatique d’ENNAHDHA, Rached GHANNOUCHI, comme paraissant être un point fondamental de sa politique.

 

Non que quiconque ait à revendiquer un quelconque droit dans ce domaine et il doit être dit que les tunisiens sont libres de privilégier les langues qui aujourd’hui leur apparaissent les plus adaptées à leur enrichissement culturel, à leur ouverture sur le monde et à leur développement économique.

 

Mais était-il opportun de placer ce débat dans une campagne de cette nature ? Son annonce devant une foule lui donne un contenu politique qui va au-delà d’une simple orientation linguistique pour la jeunesse tunisienne. Dans un moment de campagne électorale où s’expriment souvent les passions plus que la raison, le risque de glissement vers un comportement xénophobe ne peut-être exclu.

 

Il est toujours très facile et très efficace de ressortir les vielles lunes de l’anticolonialisme et il suffit de se référer aux nombreux commentaires de tunisiens sur les différents blogs et journaux électroniques pour voir combien s’exprime désormais le rejet de la France et que peu de chose suffit pour ranimer des braises qui ne seront jamais éteintes.    

 

Dans les années 60, Ahmed BEN SALAH avait cru avoir découvert une économie collectiviste qui devait donner à chaque tunisien prospérité et bien être. On sait ce qu’il advint.

 

Lorsque des  politiques partisanes se veulent imposer leur loi à l’économie, sans en avoir pesé avec soin les conséquences, le risque est grand d’aboutir à des catastrophes.

 

Mais  cela est-il véritablement étonnant ? Prendre ses distances avec la France, n’est ce pas pour la Tunisie la meilleure façon de régler son problème avec les mœurs occidentaux et avec tout ce qu’ils véhiculent au plan des libertés formelles ?

 

Les tunisiens de France ont voté ENNAHDHA majoritairement, plus que ne l’ont fait les tunisiens restés au pays, et les observateurs ont affirmés que c’était en réaction aux discriminations dont ils faisaient l’objet dans ce pays. Peut-être qu’eux-mêmes sont favorables à cette politique, même si pour la plupart ils sont également français. On s’était interrogé lorsque des milliers de franco-tunisiens avaient sifflé l’hymne national de la France à l’occasion d’un match de foot-bal. Est-ce la réponse à cette question ? La vérité peut parfois être cruelle, on le doit à la démocratie.    

 

A bien y réfléchir, ENNAHDHA fait, de son point de vue,  une analyse juste lorsqu’il dit que « le français pollue les tunisiens ». Ce n’est pas une phrase anodine, c’est la clé de l’ensemble du problème.

 

La langue française apporte une autre conception de la société, des valeurs fondamentalement différentes de celles qui existent dans les pays arabo-musulmans. Les dictateurs BOURGUIBA et BEN ALI avait épousé la cause française. Leur peuple ne les a jamais suivis. Sur le fond, les arabes demeurent dans leur grande majorité attachés à l’Islam en tant que mode de vie. Les tunisiens ne dérogent pas à la règle. ENNAHDHA a compris que la façon la plus efficace de combattre les mœurs occidentaux, qui « corrompent » la société tunisienne, est d’éloigner les tunisiens de la langue française.

 

Cette Révolution tunisienne est la victoire posthume du nationaliste arabe Salah BEN YOUSSEF, qui fut en concurrence dans les années 50 avec un Habib BOURGUIBA profondément français et atypique. On ne modifie pas le cours de l’histoire contre la volonté des peuples.

 

Il n’est pas écrit que le France et la Tunisie doivent avoir éternellement un destin commun. Là encore le peuple tunisien qui a recouvré sa liberté est seul à pouvoir se prononcer. Il fera la politique qui lui apparaitra la mieux adaptée à ses intérêts. Quant à la France, l’Europe devrait suffire à son bonheur.  

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 08:29

Le billet d’Eric SEYDOUX

 

Ne tournons pas autour du pot,  c’est un deuxième tour SARKOZY-HOLLANDE qui se profile à l’horizon des élections présidentielles de mai 2012 avec, si l’on en croit toutes les  expertises, un large avantage à François HOLLANDE.

 

L’écart donné par les instituts de sondage, en faveur du candidat du parti socialiste est si  important et sa persistance dans le temps si constante, que l’on ne voit pas très bien comment le candidat de la droite pourrait faire pour remonter un tel handicap. Les « affaires » viennent noircir un tableau déjà sombre, les chiraquiens dissimulent de plus en plus mal leur hostilité envers Nicolas SARKOZY, tandis que les prétendants à la succession, sauraient s’accommoder d’une défaite de leur leader.

 

S’ajoute une règle, jusqu’alors jamais démentie sous la Ve République : un candidat qui exerce le pouvoir, chef de l’Etat, ou chef de gouvernement en cohabitation,  n’a jamais été élu ou réélu à la présidence de la République. On cite à cet égard  GISCARD, BALLADUR, et JOSPIN.

 

S’ajoute aussi le formidable succès des élections primaires, qui ont boosté le candidat socialiste, en lui accordant une légitimité populaire qui est venue compenser pour une part encore à déterminer,  l’absence tant reprochée d’exercice de responsabilités. 

 

Mais ce qui fait que la politique est pour beaucoup une véritable passion, c’est la part d’irrationnel qui rend les choses plus compliquées qu’elles ne paraissent de prime abord.

 

Et chacun sait qu’en politique, les faits sont souvent réversibles.

 

La défaite annoncée de Nicolas SARKOZY, peut avoir pour effet d’inverser le rapport qui existe naturellement entre celui qui gouverne et son rival.

 

En perdant son statut de favori pour celui de challenger, le président sortant abandonne par la même une partie importante de la pression à son adversaire et glisse insensiblement vers le confortable statut de quasi opposant.

 

Le présumé vainqueur, devenu cible pour un temps, devra alors expliciter son projet et convaincre de sa pertinence, ce qui est un exercice toujours périlleux en ces temps de doute..    

 

Pour son deuxième mandat, Georges BUSH qui traînait derrière lui des sondages calamiteux,  fut réélu avec, sur son rival démocrate John KERRY, un écart de voix jamais égalé dans une élection présidentielle aux Etats Unis. 

 

Les jeux ne sont jamais faits d’avance, plus encore dans un domaine où l’incertitude règne en maître. Gpancrazi.over-blog.com/

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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 20:05

Il a fait des efforts pour se donner une image de présidentiable, le fameux look du présidentiable… Un peu ascète, un peu moderne, pas trop jeune, pas trop vieux, sympathique mais pas rigolard, cultivé mais pas ennuyeux, ni « sapé », ni clinquant, concentré mais pas tendu, décontracté mais pas désinvolte…

 

Cela a donné  un changement de coupe et de couleur de cheveux, le noir corbeau peigné plutôt en arrière, a remplacé le châtain avec raie sur le côté, les lunettes rondes ont laissé la place à des lunettes tendance, rectangles et allongées, avec branches assorties aux cheveux, à la tête plutôt ronde elle aussi, autrefois posée sur ses épaules, s’est substitué un long cou sur lequel trône un visage allongé, de plus en plus émacié au fur et à mesure du régime alimentaire auquel il s’est astreint, et à un teint plutôt rougeaud, trop bon vivant, a été préféré un teint blafard beaucoup plus sérieux.

 

L’expression est à peu de chose près la même. Le discours, un peu plus emphatique qu’il ne l’était déjà, est accompagné à certains moments du sourire malicieux qu’on lui connait, le jeu de mains est le même, seule la tête présente parfois, inexplicablement, une certaine raideur, sans que l’on puisse en percevoir les raisons.

   

N’ayant jamais exercé de fonction ministérielle, il lui a été nécessaire de se créer une stature qui corresponde à son ambition et qui vienne gommer celle d’un secrétaire général, chargé d’assurer la gestion des affaires courantes.

 

Ce changement a certainement été conçu, non comme une coquetterie, mais comme une nécessité, une sorte de transsubstantiation politique.

 

Mais à y regarder de plus prés,  ce changement physique correspond mieux à la réalité, à son véritable tempérament, à ce qu’il est.

 

Sous une apparence bonhomme, rondouillarde et sympa, sommeille un florentin habile, et  l’aspect froid et sec qu’il cherche à se donner physiquement, correspond infiniment mieux avec ce qu’il est.

 

François HOLLANDE a été certainement sous estimé par rapport à sa véritable nature. Son aspect jovial a pendant longtemps été pour lui un masque trompeur. On ne se méfie jamais des gros, on les croit complexés, lourd, accommodants. Ils peuvent l’être, mais ils peuvent être tout le contraire, et dans ce cas ils sont particulièrement redoutables.

 

Monsieur « bonnes blagues » ainsi que l’avait surnommé Laurent FABIUS, a su mettre son agilité d’esprit au service de réparties, qui animent le débat et qui rendent son auteur,  sympathique et rassurant.

 

Sa détermination est sans faille. Il a refusé, contrairement à Martine AUBRY, tout arrangement avec Dominique STRAUSS KAHN, et n’a pas manqué de le lui faire savoir avec fermeté, en le faisant photographier, sortant de l’immeuble où avait eu lieu l’entretien sollicité par ce dernier.

 

Il a su ramener « l’effet MONTEBOURG » a sa juste proportion, au point que 48 heures plus tard, il s’est évanoui sans laisser de trace. Ségolène ROYAL avec laquelle il eut pourtant des relations contrastées et alors qu’en 2007 il ne l’avait soutenu que du bout des lèvres, s’est ralliée à lui sans la moindre hésitation.

 

La sympathie qu’il inspire, lui a permis d’être soutenu par des concurrents du premier tour de la primaire, qui ont pourtant une ligne politique plus proche de Martine AUBRY, mais cette dernière, souvent hautaine, cassante quand elle n’est pas blessante, lui a il est vrai, facilité grandement la tâche.

 

Jacques CHIRAC lui-même, sous couvert à postériori d’’humour corrézien, lui a apporté son  soutien.

 

Comme il se plait à le dire, il s’est préparé à cette épreuve depuis longtemps et il s’est bien préparé. Il n’a pas commis la moindre faute. On ne lui connaît pas de point faible.

 

Il y a du François MITTERRAND chez François HOLLANDE.   Le désir de changement que chacun perçoit, allié à un homme qui démontre au fil des jours un incontestable talent, risque de tout emporter sur son passage. On ne voit pas très bien, à l’heure qu’il est, qui pourrait arrêter l’irrésistible ascension de François HOLLANDE.

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 17:04

 

Le billet d’Eric SEYDOUX

 

Il jubile, il a du mal à se contenir, c’est cela le bonheur, que peut-il espérer de plus ? Le peuple l’a reconnu. Audrey d’un côté, une rose à la main de l’autre, il est rare d’assister à pareille joie, sans retenue, sans réserve, une joie pleine et entière.    

 

Hier soir il a choisi Antenne 2. D’aucuns ont cru pouvoir dire que cela tombait bien, car c’est l’employeur de sa compagne. Mais de toute façon, il ne pouvait être question de TF1, ce média fait le jeu de la droite. Il l’a dit en son temps, avec toute la sévérité qu’on lui connaît. 

 

Il parle haut et fort, le front dégagé, la tête rejetée en arrière, le cou gonflé par toutes ces phrases, toutes ces formules patiemment ciselées, jusqu’alors répétées en vain, à perte de vue. Elles vont désormais recevoir toute l’attention et toute la considération qu’elles méritent.

 

A aucun moment le doute ne semble l’habiter, il est sûr d’avoir raison, de ne pas se tromper, rempli de ses convictions, il détient la vérité qu’il assène sans ménagement, sans nuance, sans la moindre précaution oratoire. Il a fait 17% sans intrigue, et sans dévoiement, alors ?

 

Vis-à-vis de ses concurrents, il a l’arrogance que sa position de force autorise. Il va adresser une lettre ouverte aux deux finalistes, avec des questions précises. Il faudra qu’ils lui répondent, par écrit leur précise -t-il. Il publiera les réponses, le peuple pourra ainsi contrôler leurs dires et se faire son opinion.

    

Il n’acceptera aucun compromis, aucune discussion, c’est tout ou rien, c’est à prendre ou à laisser, on ne transige pas avec l’honnêteté, l’intégrité, la vérité,

 

Ses conditions ? Très simples, il  veut une autre France, une autre République, un autre monde.

 

Il n’oublie pas le parti, dont il dit avec un certain mépris que son score  « l’a fait sortir du formol ».

 

Sa compagne l’a accompagnée au soir de sa victoire et a reçu avec lui et comme lui, l’hommage rendu à la star des primaires. Du rarement vu. Elle pourra désormais continuer à interviewer ses adversaires politiques. Le culot  paie. Et d’ailleurs qui proteste ?

 

Ce genre de personnage est à la fois effrayant et rassurant. Effrayant comme tous ceux qui sont convaincus de détenir une vérité révélée. Ils sombrent vite dans l’exclusive, le monothéisme, puis l’intégrisme. Mais rassurant, car après avoir assouvi leurs ambitions, ils finissent toujours par s’auto détruire, en s’isolant dans leur prétention et leur suffisance.

 

MELENCHON a eu ce parcours, il a fini par quitter le Parti Socialiste pour s’exiler à l’extrême gauche, sans crainte de pouvoir être contredit ou contesté par quiconque. Il a maintenant une petite clientèle, que son incontestable talent oratoire et le rêve qu’il procure par ses positions utopiques, ont su séduire.

 

Arnaud MONTEBOURG a sûrement bénéficié de cet électorat qui ne pouvait laisser passer l’occasion de lui rendre un hommage appuyé. Le saura-t-on jamais. C’est la faiblesse de ces primaires que de radicaliser cette épreuve. C’est un électorat plus politisé et plus militant que la moyenne qui y participe. MONTEBOURG le nouveau MELENCHON ? Peut-être, mais pas plus que le temps d’un premier tour des primaires.gpancrazi.over-blog.com/

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 08:50

Le billet d’Eric SEYDOUX

 

Audrey PULVAR triomphante, aux côtés de son compagnon, donnant l’impression, par son sourire éclatant, qu’elle est le véritable vainqueur de cette élection primaire. C’est toute l’ambiguïté de cette épreuve, résumée en une image, ce ne sont pas forcément les premiers intéressés, candidats ou électeurs socialistes, qui apparaissent être dans le jeu.

 

On doit élire le candidat du parti socialiste, mais tout le monde peut voter, et il semble que les militants de l’extrême gauche, très politisés,  ne s’en soient pas privés, ce qui explique le beau score du député de Saône et Loire.

 

Cela n’enlève rien à son succès, mais le système adopté, donne à cette élection un aspect baroque.

 

C’est le résultat de la disparition des grands leaders politiques, de l’effacement de plus en plus important des partis qui deviennent des gestionnaires plus que des découvreurs d’idées et de talents et qui laissent désormais à tous ceux qui le souhaitent, y compris à leurs opposants, le soin de décider à leur place du choix de leur candidat.

 

Pour le second tour de cette élection primaire, le trait sera encore accentué.

 

François HOLLANDE, par sa modération, a plus de chance de l’emporter à l’élection présidentielle  que Martine AUBRY. Il peut, contrairement à cette dernière, réunir à la fois toute la gauche et une partie de la droite modérée.

 

Conscients du danger, il n’est alors pas impossible de voir les militants et les sympathisants de  l’UMP se ruer aux urnes pour le second tour, estimant que du succès de Martine AUBRY pourrait dépendre leur victoire.

 

Les primaires, ainsi organisées par le parti socialiste, apparaissent comme un scrutin bâtard, qui a une apparence de légitimité démocratique, avec tous les instruments de vote, bureaux, urnes, listes, files d’attentes…Mais dont l’électorat ne correspond pas à son objet : élire celui qui représentera le mieux les idées du parti.

 

La solution ? Puisque ces primaires ont été un succès, il conviendrait de les institutionnaliser et que le même jour, l’ensemble du corps électoral se prononce pour son champion.

 

En quelque sorte, comme aux Etats-Unis d’Amérique...

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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 19:42

Le billet d’Eric SEYDOUX

 

Campagne 2006-2007,  Ségolène ROYAL surgit dans la vie politique française et bouscule tout sur son passage, elle écarte d’un revers de main STRAUSS-KAHN et FABIUS et s’installe dans les sondages. Point de stratégie compliquée, de calcul pour plus de gauche ou moins de gauche, elle dit ce qu’elle estime devoir dire sur les sujets importants et cela fonctionne, y compris auprès d’une partie de l’électorat de droite.

 

Mais le parti socialiste, avec à sa tête son premier secrétaire,  fera « le minimum syndical », en termes de soutien à sa candidate, il laisse notamment courir le grief injustifié d’incompétence, et à l’exception du cercle de ses partisans, elle ne sera pas soutenue comme le candidat du parti doit l’être. Trop de gens lui sont hostiles au sein de son propre camp.

 

Elle perd les présidentielles et commet immédiatement deux erreurs. Celle de repartir immédiatement en campagne le jour même de sa défaite et celle de vouloir désormais passer par-dessus les organes du Parti, plutôt que de se concentrer sur lui, sur ses cadres, ce que François HOLLANDE ne cessera de faire pendant ses 10 ans de Secrétariat Général, qu’il marquera de son empreinte.

 

Battue pour lui succéder, alors qu’elle vient de représenter son parti à la présidentielle, on a vu se reproduire au niveau de cette élection les oppositions farouches de son camp à son encontre pendant la présidentielle où se mêlent jalousies, problèmes personnels, refus d’une personnalité atypique in maitrisable, elle échappe, elle  inquiète.

 

Elle accepta ensuite de rentrer dans le rang, et ce fut une nouvelle erreur, malgré les présomptions de fraude, qui lui auraient permis d’avoir une position de rupture à l’intérieur du parti et de refuser une situation qui la conduisait à perdre.

 

Elle se plongea ensuite dans un profond silence, ce qui aurait été de bonne stratégie dans une optique de distanciation, mais qui est apparu comme un découragement, voire un abandon après son échec.

 

Enfin après son alignement sur le programme socialiste, alors qu’elle nous avait habitués à plus de pragmatisme  et d’originalité, elle devait sombrer dans l’irréalisme, la tutelle des banques, l’interdiction des licenciements boursiers et toutes sortes de mesures inadéquates dans la crise que nous vivons.

 

Au lieu de se lancer avec ses concurrents dans une compétition, pour savoir qui proposera de dépenser le plus, elle aurait dû montrer sa dimension de femme d’Etat en ne soutenant rien, qui ne tienne compte de la crise économique et de l’endettement de la France.

 

C’est dommage. La vie politique française ne regorge pas de personnalités de ce niveau. Mais  en politique, la victoire comme la défaite viennent de loin et ne sont que rarement le fait du hasard.

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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 20:42

Le billet d’Eric SEYDOUX

 

La Gauche Moderne est un petit parti qui gagne à être connu, tant son fonctionnement et la stratégie de ses dirigeants est caractéristique de la vie politique française, faite d’un ensemble de mouvements d’inégales importances, et dont un certain nombre, parmi les plus insignifiants d’entre eux, que l’on compte sur les doigts d’une main, ont, comme il est dit dans la publicité, « tout comme des grands », avec toutefois des nuances de taille.     

 

Une structure juridique de même nature, une doctrine faite de grands principes, modulables en tant que de besoin et surtout une stratégie qui domine tout, car déterminante, pour permettre à leurs principaux dirigeants d’exister, le nombre de militants n’ayant qu’une importance secondaire. 

 

A chaque élection présidentielle, ont observe des changements de stratégie, plus dans le sens du vent disent les mauvaises langues, que des idées.

 

En ce qui concerne La Gauche Moderne, même si elle  ne le dit pas ouvertement, car ce ne semble pas être dans sa culture, la suspension de l’un des membres de son bureau, en désaccord avec la nouvelle orientation du mouvement, établit clairement le passage « éventuel »à gauche de Jean-Marie BOCKEL avec armes et bagages. Il se donne encore jusqu’en février pour y réfléchir, les choses pourraient changer d’ici là, sait-on jamais, la politique est loin d’être une science exacte et les sondages se trompent si souvent que la prudence est de mise.

 

Ce qui me convainc dans cette analyse est que la suspension de Marc d’HERE, qui a ouvertement pris parti en faveur de Nicolas SARKOZY*, l’a été  immédiatement après le renoncement de Jean-Louis BORLOO dont on a pu penser qu’il n’a pas voulu nuire au président sortant.

 

Le bouclier de l’Alliance ayant disparu, La Gauche Moderne ne pouvait pas prendre le risque de voir un de ses responsables lui mettre des bâtons dans les roues dans sa stratégie nouvelle en sommant le mouvement de prendre parti immédiatement pour le Président. Le jeu devenait dangereux et il convenait de se débarrasser de l’importun. Ce qui fut fait en quelques instants dans des conditions expéditives comme il se doit. 

 

La question qui se pose désormais est celle de savoir si la Gauche Moderne pourra, le cas échéant, se rallier à la gauche en situation de l’emporter ? Il est fort peu probable qu’on lui fasse bon accueil.

 

Mais qui sait ? Dans le tourbillon d’un second tour, chaque voix compte et ses leaders qui sont tous issus des partis de gauche pensent pouvoir trouver les mots qui conviennent pour espérer obtenir de leurs anciens compagnons de lutte, l’absolution de leurs pêchés et leur permettre de pouvoir rentrer dans le giron gouvernemental.

 

Personnellement je n’y crois pas un seul instant, mais après tout pourquoi pas ? N’est ce pas aussi cela la politique ?   

 

 

*Marc d’HERE a constitué un groupe de réflexion informel avec quelques proches le Cercle des Libertés Egales qui se dit ouvert « à ceux qui, de sensibilité de gauche et de philosophie sociale-libérale, veulent s’engager dans le soutien à la politique de réformes justes de Nicolas SARKOZY »

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 06:41

 

Si j’avais écrit mon billet sur Valérie TRIERWEILER la semaine dernière, j’aurais dû assortir mon titre d’un astérisque pour indiquer qui elle est. Je ne veux certainement pas être désobligeant avec cette journaliste, mais outre que je ne lis que rarement PARIS- MATCH, je ne connaissais pas la chaîne de télévision Direct 8 et je dois avouer que je n’avais jamais entendu parler de son émission « Politiquement parlant », malgré l’engagement qu’elle a pris, je viens de l’apprendre, de ne pas y interviewer son compagnon, François HOLLANDE.

 

Présidentielles aidant et au train où vont les choses, elle aurait certainement fini par acquérir la notoriété, conférée aux « épouses » d’hommes politiques célèbres et plus encore en l’espèce, si elle devenait la première « compagne de France » de notre histoire.

 

Mais franchement, cela est presque désobligeant de ne pouvoir briller au firmament des célébrités que par la grâce de son compagnon. Si l’Express n’était intervenu, son rôle se serait limité à celui de « compagne » ce qui est assez frustrant pour une femme qui ne manque pas d’ambition : chargée en 2004 de  suivre le parti socialiste, elle suivit François HOLLANDE, ce qui montre que Valérie TRIERWEILER ne manque pas de perspicacité et qu’il est fort peu probable qu’elle ait eu l’intention de s’en tenir à un rôle de suiveuse perpétuelle.

 

L’affaire de la fiche de police, permet d’établir que  Valérie TRIERWEILER existe désormais de par elle-même, qu’elle a une vie propre et qu’elle a peut-être des choses intéressantes à nous faire connaître, au-delà de son compagnonnage avec le favori des élections primaires.

 

Avec cette affaire, elle devance son compagnon dans tous les journaux, celui ci étant relégué au rang de commentateur de l’évènement. Son visage apparaît sur tous les écrans, « Politiquement parlant »  ne sera plus une émission confidentielle et pour « Direct 8 », il y aura un avant et un après 4 octobre.

 

Le compagnon lui aussi va percevoir les fruits de cette fiche, qu’elle ait ou non existé. A une semaine des primaires, les jeux sont loin d’être faits. Il peut y avoir un second tour, dont on dit qu’il pourrait être incertain pour François HOLLANDE. Il ne pourrait compter sur le soutien de son ex compagne, et moins encore désormais, et il se heurterait à une  Martine AUBRY qui a montré sa particulière dextérité dans le jeu des combinaisons et des alliances. C’est dire combien il est impératif pour le compagnon de Valérie TRIERWEILER, de passer au premier tour.

 

François HOLLANDE pourrait-il alors profiter de la sottise de quelques policiers zélés, à moins que comme pour l’affaire DSK, ce soit la « divine providence » qui vienne donner le petit coup de pouce qui fait la différence ?

 

Je ne savais pas encore si j’irais voter aux primaires du Parti socialiste, mais là je n’ai plus aucune hésitation et je peux vous dire que c’est à François HOLLANDE que mon suffrage ira.

Oui, je veux absolument savoir  comment il passera la dernière épreuve.

 

Si j’avais un conseil à donner à la divine providence, c’est de s’orienter sur les écoutes téléphoniques. Chaque jour des millions de personnes en France qui passent des dizaines de millions de communications téléphoniques et qui se sentiraient espionnées…

 

Je lis déjà les titres de la presse : « Le compagnon de Valérie TRIERWEILER sur écoute téléphonique ! » gpancrazi.over-blog.com/

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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 06:59

Le billet d’Eric SEYDOUX   

 

Jean-Louis BORLOO qui a eu tous les prix de premier second rôle attribués par tous les festivals de la planète France, a renoncé à se présenter à l’élection présidentielle de 2012.

 

Il l’a annoncé ce dimanche 2 octobre au 20 heures de TF1 par surprise, même si cela n’en est pas vraiment une. Il dit s’être rendu compte de l’éclatement des centres et de ne pas vouloir ajouter à la confusion. Des motivations elle mêmes confuses, conformes à un Jean-Louis BORLOO qui n’a jamais brillé par une très grande clarté, pas plus que sur la direction qu’il compte désormais donner à son mouvement, préférant une fois de plus demeurer dans le flou.

 

On se rappelle qu’il avait donné le top départ de sa précampagne sur Antenne 2, le jour même de son anniversaire, le 7 avril 2011, alors qu’Arlette CHABOT « fêtait » son départ d’antenne 2. Il lui avait offert en cadeau, ce  magnifique scoop : « c’est  oui, certainement ! ».

 

Régulièrement, lui-même et ses proches annonçaient qu’il se préparait à cette épreuve avec détermination.

 

Les instituts de sondage avaient alors mis en place l’hypothèse BORLOO, même s’il se plaisait à dire que sa décision n’était pas encore prise.

 

Peut-être attendait-il les résultats de ces enquêtes pour se déterminer définitivement.

 

Ou peut-être et plus sûrement, s’agissait-il d’un coup de bluff pour se relancer politiquement après son départ du gouvernement, réunissant par la même autour de lui les évincés du sarkozysme, et afin de pouvoir, une fois encore, « peser le moment venu », selon la formule consacrée.  

 

Car se présenter à l’élection présidentielle l’aurait conduit à se découvrir, à faire campagne et il n’est pas du tout sûr que l’épreuve lui aurait été profitable.

 

Il n’ignore pas le travail qu’il convient de fournir pour intervenir à ce niveau de la politique. Il sait qu’il n’aurait pas pu se contenter d’énoncer quelques généralités, quelques banalités, ainsi qu’il en a le secret et que sa bonne bouille copain-copain n’y aurait pas suffi.

 

Il semble, en réalité, que nous ayons à faire à un dilettante habile, bien conscient de ses limites.

 

Ses prestations sont souvent décevantes. Il s’était fait lamentablement piéger, sur la TVA sociale, par Laurent FABIUS à la veille du second tour des législatives de 2007, et nombre de députés de la majorité présidentielle savent qu’ils lui doivent leur non élection. Le Grenelle de l’environnement a été un grand Barnum médiatico-politique, comprenant un catalogue de mesures glanées ci et là, qui n’avait pas permis de dire que l’homme avait une vrai envergure politique. 

 

Jean-Louis BORLOO a une réputation surfaite. On ne lui connaît pas de grandes productions politiques.

 

On se souvient qu’après avoir créé l’Alliance des Centres, dont il avait réuni les militants et les responsables dans un pique-nique médiatisé le dimanche 26 juin à Epinay, il avait été interrogé sur  i télé par plusieurs journalistes durant une heure. C’était à l’évidence l’occasion de développer ses idées, une ébauche de programme, de montrer qu’il avait une dimension d’homme d’Etat, qu’il pouvait être à l’origine d’une grande aventure politique.

 

Or tous ceux qui ont regardé l’émission se souviennent d’une prestation médiocre, dont l’impréparation était évidente, ne finissant pas ses phrases, ne paraissant pas savoir où il allait, on l’a vu bafouiller, s’embrouiller, feindre l’énervement d’avoir à répondre à des questions évidentes qui n’appellent pas de réponse, prétendant tout régler avec des théories fumeuses qui frisaient la discussion de bistro*  

 

On a pu alors se demander comment cet homme, si ce n’est ce besoin pour chaque majorité d’instiller en son sein un brin de « radicalisme », a pu  demeurer ministre de 2002 à 2010 sans interruption, ce qui est une performance très peu égalée.

 

Jean-Louis BORLOO est en effet toujours apparu comme un vrai radical, au sens du parti Radical. Il sait attendre pour se déterminer. Edgar FAURE, le plus célèbre d’entre eux, ne se plaisait-il pas à dire que ce n’était  pas la girouette qui tournait mais le vent ?

 

Que compte -t-il faire maintenant avec ceux qu’il a ralliés à lui ? Certainement une fois de plus attendre de voir comment tout cela va évoluer ? Ce serait alors sa dernière imposture. gpancrazi.over-blog.com/

 

* Voir sur ce blog notre billet « je n’aime pas ce BORLOO là, voilà !  » (11/07/2011)

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2 octobre 2011 7 02 /10 /octobre /2011 20:00

Le prince Jean Loup s’en est allé !

Ecarté de la Cour pour bouderie réitérée, il en conçut bien du ressentiment et on lui prêta  le lourd dessein de vouloir s’en aller guerroyer sur les terres du Roy de France, en vue de lui ravir son trône. Il s’en défendait vaillamment, et  lorsqu’on le questionna, il assura qu’ayant juré fidélité à son souverain il ne s’en dédierait point. Il se murmurait pourtant dans les seigneuries et les abbayes d’alentour que Jean loup de Valenciennes, surnommé ainsi car connu comme loup blanc, s’était fait ravir, à la suite de moult tromperies et embrouilles, la place de grand connétable, pourtant promise par Nicolas  l’Intrépide. Il se murmurait aussi, mais beaucoup plus bas encore, qu’il  n’en décolérait point et n’hésitait plus, par la même, à exprimer en aparté son désaccord avec l’impôt qui écrasait les gueux, pendant que les seigneurs en étaient exempts.

 

Le projet était hardi, l’idée généreuse et somme toute assez juste, pourtant il ne se trouva que quelques chevaliers errants pour le suivre : Jean-Marie le Preux, et ne fallait-il pas l’être pour se lancer dans pareille aventure ; les frères Hervé qui selon de mauvaises langues ne l’étaient point et une jeune femme de couleur, ancienne esclave à ce qu’elle se plaisait à raconter elle-même sur les places et marchés, ce qui la rendit un temps populaire auprès du petit peuple des bourgs et des villages. Pourvu d’un pareil équipage, Jean loup fourbissait ses armes, partout où il passait, mais sans jamais les brandir. Des savants furent alors requis pour réfléchir sur son stratagème, Sire Alain et Sire Eric furent dépêchés dans ses environs et bien que d’idées fort opposées, ils s’accordèrent pour n’y voir que forfanterie, hâblerie et fanfaronnades de nul intérêt. L’Intrépide favorisa leur avis au détriment de celui de ses conseillers et des médisants.

 

Il fut vrai que si certains à la Cour le disaient ambitieux, tous le désignaient comme  maniganceur, mais trop poltron pour se risquer à pareille aventure. Maniganceur il le fut sans le moindre conteste, seul lui avait pu pendant huit années entières se maintenir au conseil du Roi, tant de Jaques I, que de Jaques II, que de Nicolas I, avec des chanceliers d’humeurs aussi divergentes que Jean-Pierre le Gros, Dominique le Bellâtre, et  François l’Ombrageux qui pourtant ne le portaient pas dans son cœur. Il adhéra au parti du roi puis s’en exclut lui-même suivant en cela l’exemple du Bellâtre. Bref, il  intriguait son monde, étant lui-même intrigant, mais il en resta à l’intrigue. Jamais il ne se décida  à provoquer son Roy sur le Mont Elysée comme le voulait la coutume. Il disparut un soir d'octobre 1011 et ne demeura plus que dans quelques comptines qui le long de Seine, firent l’affaire des amuseurs publics et des libraires, dont la plus fameuse fut : « Tra  la la si vous saviez, le prince Jean Loup s’en est allé… » gpancrazi.over-blog.com/      

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