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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 20:49

 

Un discours adapté

 

C’est Jean-Louis BORLOO qui a réactualisé le « discours réversible », qui avait disparu depuis le début de la 5e République, avec cette fameuse bipolarisation qui a causé tant de tort aux petits partis.

 

C’est un discours qui a pour caractéristique de n’aborder que des thèmes sur lesquels tout le monde est d’accord, il doit être flou et flatteur pour tous, adaptable à tous les types de situations, truffé d’exemples d’une évidence criante auxquels on ne peut que souscrire.

 

Ce discours ne doit jamais insulter l’avenir, il doit être le consensus même, il doit  permettre tous les ralliements, tous les retournements, toutes les voltes faces,  c’est ce qui fait son succès et c’est ce qui donne au ralliement toute sa « crédibilité ».

 

Un parti ou un mouvement

 

Il existe des ralliements en solitaire, parmi les plus récents, KOUCHNER, BESSON,  ALLEGRE. Les résultats sont contrastés et ils n’ont pas très bonne presse. Ce sont les plus difficiles et c’est toujours un suicide politique.

 

Les meilleurs ralliements se font à travers un parti. Il n’est pas nécessaire qu’il regroupe beaucoup de monde, quelques dizaines de militants- amis suffisent. L’idéal est que ces micro- partis puissent se regrouper au sein d’un mouvement ayant à sa tête un leader charismatique. Jean-Louis BORLOO a ainsi créé à cette fin, dans l’été, dès sa sortie du gouvernement, un tel  mouvement qui regroupe des partis qui ont vocation à rejoindre les partis de gouvernement, lorsque le temps sera venu. Il l’a justement appelé l’ALLIANCE. Le ralliement au vainqueur est  son seul objet.   

 

Un timing scrupuleux

 

Il y a ensuite l’acte de ralliement lui-même. Le ralliement est un acte que l’on doit effectuer avec d’infinies précautions. Il ne doit être ni trop hâtif ni trop tardif et c’est là que se trouve toute la difficulté. Un HOLLANDE à 27, 5% c’est tout de même tentant, mais on ne répètera jamais assez qu’en janvier rien n’est joué.

 

Vous n’avez d’ailleurs peut-être pas remarqué, mais nombre des partis de l’ALLIANCE genre Radicaux, Nouvelle Gauche, Gauche Moderne, Centre modéré… vont réunir leurs instances au mois de mars. C’est une tradition ? Je ne sais pas, mais c’est surtout une règle de bon sens.

 

Tous les spécialistes savent que la fameuse « cristallisation » se fait au mois de mars. On pourra alors choisir son candidat avec moins de risque d’erreur. Donc pas de ralliement précipité, en tout cas rien avant mars, c’est une règle absolue, sinon il vaut mieux aller jouer à la roulette.

 

Mais il ne faut pas non plus attendre trop longtemps, car si l’on joue le favori trop tard, croyant assurer le coup, on aura de grandes chances de ramasser des cacahuètes, tout le monde s’étant déjà rué sur lui bien avant.

 

Une stratégie personnalisée

 

Celle qui incontestablement fait toute mon admiration a été mise en place par Jean-Marie BOCKEL. Regardez moi le celui là, l’air de rien, avec « sa figure enfarinée », il dit être « à titre personnel » pour SARKOZY, mais ajoute immédiatement que son parti ne se prononcera définitivement qu’au mois de mars… Voilà de la belle œuvre ! Ah, le Jean-Marie, un vrai félin, il retombe toujours sur ses pattes. Ainsi, soit il s’alignera sur son parti au moment qu’il jugera le plus propice, soit il rappellera son choix initial le moment venu. C’est du cousu main. D’ailleurs constatez par vous-même, MITTERRAND, SARKOZY, BORLOO. Pour BAYROU il n’a rien dit, mais il ne s’interdit rien. Il lui suffit d’attendre et surtout de savoir se faire oublier. Ça  il faut le reconnaître, il sait faire, c’est même ce qu’il fait de mieux d’autant que personne ne lui demande jamais rien… Un maroquin avec un clou et deux bouts de ficelle, rien à dire, chapeau l’artiste.         

 

L’hypothèse d’un duel serré

 

Dans cette hypothèse, on conseille habituellement de jouer un deuxième choix plausible mais  pas trop marqué, afin de pouvoir au second tour, rallier tranquillement le candidat qui aura le plus de chance de l’emporter. Ainsi actuellement un BAYROU à 14 %, peut-être joué gagnant ou placé, c’est cocagne dans tous les cas de figure.

 

Le cas RAMA YADE

 

RAMA YADE s’interroge sur une mise en faveur de François BAYROU. Ce n’est pas très cohérent, mais ce  n’est pas impossible qu’elle ait eu un tuyau. Attendons pour voir. On doit observer, qu’elle a fait sa déclaration, le jour où l’on disait que SARKOZY envisageait la défaite. Ce pourrait être un signe de nervosité de sa part. A moins que ce soit pour elle la meilleure façon de rallier HOLLANDE au deuxième tour en cas de chute de SARKOZY. Cela serait en plus une jolie passerelle pour BORLOO qui pourrait à son tour le rejoindre, toute honte bue.

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 17:33

 

 

François BAYROU sait désormais qu’il ne pourra pas avoir de destin solitaire. Après avoir balancé entre l’UMP et le PS, il est maintenant convaincu que son avenir électoral, comme celui des siens est avec la droite.

 

La droite au sens large a depuis toujours été sa famille politique, c’est avec elle qu’il a gouverné, c’est avec elle qu’il est engagé électoralement. Elle est compatible avec sa base électorale, composée de démocrates sociaux, historiquement distincts de la droite gaulliste, et aussi et de plus en plus, d’écologistes modérés.

 

Il ménage désormais Nicolas SARKOZY, il ne considère plus l’UMP comme un parti hégémonique et totalitaire, et ces derniers voient en lui un allié naturel.

 

Il a dénoncé le projet du parti socialiste comme totalement inapplicable dans la situation de crise que connaît le pays, François HOLLANDE de son côté l’a écarté sans ménagement de tout destin politique commun, l’aile gauche du parti et plus encore l’allié Front de Gauche, n’accepteraient de toute façon pas une telle compromission.

 

Il est la dernière solution d’un président actuellement en « perspective négative », selon les  agences de notation et les instituts de sondages, qui ne pourra siphonner deux fois une même eau, exposé à tous les coups, face à un paysage désespérément vide, au gré de l’actualité nationale et internationale ce qui le rend particulièrement fébrile.

 

Un président trop absorbé par les présidentielles, qui ne pense pas assez que par-dessus tout et juste après il y a les législatives, qui pèsent infiniment plus tant pour un François BAYROU qui a fini de croire au père noël que pour les cadres du MODEM qui attendent impatiemment leur tour, que pour les députés sortants que pour les nombreux présidentiables de son propre camp qui savent que rien ne peut se faire sans elles.

 

Et si l’on ajoute au risque de voir les électeurs de Marine LE PEN se maintenir dans de très nombreuses circonscriptions, la désintégration en vol de Jean-Louis BORLOO, l’affaiblissement du Nouveau Centre, l’absence de crédit d’Hervé MORIN,  on ne voit pas très bien comment sans un accord MODEM - UMP,  le parti socialiste très implanté dans l’ensemble des collectivités locales, ne l’emporterait pas dans la très grande majorité des  circonscriptions, y compris même dans l’hypothèse ou le leader de la droite l’emporterait à l’élection suprême, ce qui est de plus en plus improbable selon les analyses d’opinion.

 

François BAYROU est sûr d’une chose, il ne veut plus entreprendre de nouvelle traversée du désert. Il sait que pour cela, il doit avoir un groupe solide à l’Assemblée Nationale, qu’il soit partie à une majorité gouvernementale ou dans l’opposition.

 

Un accord BAYROU - SARKOZY est à l’évidence incontournable. Il n’existe pas d’autre issue. On a parlé, le cas échéant de BAYROU à Matignon, tout est possible, en quelque sorte un remake à l’envers de l’épisode GISCARD – CHIRAC.

 

Ce sont les évènements qui l’ont conclu, ce sont eux qui pourront le faire évoluer ou le défaire, sans même que les intéressés aient à le formaliser ou à le dénoncer. Il y va de leur intérêt, chacun ayant besoin de cet accord qui ne fait aujourd’hui aucun doute, quelle que soit l’empathie de l’un envers l’autre.

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 10:03

 

A tort ou à raison, lorsqu’un élu donne « sa signature » à un candidat aux élections présidentielles, il est considéré  comme faisant parti de son camp ou au moins comme étant proche de ses idées. Il y a là une certaine logique, on ne voit pas très bien la raison pour laquelle un élu parrainerait un candidat dont il ne partage pas les convictions. Dire le contraire comme on l’entend parfois, ne correspond pas à la réalité.   

 

Ceux qui ont fait l’expérience de parrainer Jean-Marie LE PEN, alors qu’ils n’étaient pas connus pour être engagés auprès de lui et qui étaient en général classés divers droite, ont ensuite été catalogués Front-National, une étiquette qu’ils ont eu le plus grand mal à supporter.

 

Mais au-delà de cet aspect, les choses ont pris aujourd’hui une toute autre dimension. Au risque politique et à l’inconfort personnel, s’ajoute désormais un risque financier autrement plus important.

 

Les communes ont tendance de plus en plus à se regrouper dans des structures juridiques telles les communautés de commune, dont le développement a pris de l’importance au cours de ces dernières années.

 

Cela permet en particulier aux toutes petites communes rurales ou de montagnes, celles qui sont les plus reculées et souvent les plus pauvres, celles dont justement le premier magistrat souvent isolé politiquement serait susceptible de se laisser convaincre de parrainer un candidat de renom national, de bénéficier de services tels collecte des ordures ménagères, transport, services sociaux, services culturels, loisirs, ou encore subventions pour rénover, aménager ou mieux encore, pour créer le fameux gîte rural… gage de vie meilleure et espoir de renaissance pour ces petites communes en voie de disparition.

 

Et puis et pourquoi pas, et c’est loin d’être négligeable, chacun de ces maires espère un jour ou l’autre, si ce n’est déjà fait, accéder à une vice-présidence et peut-être même une présidence de ces établissements, qui sont des fonctions bien rémunérées. 

 

Les maires se trouvent par la même, en quelque sorte liés au sein de ces structures intercommunales, le plus souvent dominées par les grands partis, et il leur sera difficile d’entrer en délicatesse avec eux.

 

Cela explique largement les difficultés de la candidate du Front National. Ce n’est pas de « l’intoxication » comme certains le soutiennent, c’est la réalité et il est probable que Marine LE PEN n’aura  pas ses 500 signatures.

 

Mais qu’elles seraient alors les conséquences politiques de l’absence de la présidente du Front National à l’élection présidentielle ?

 

Nicolas SARKOZY qui pense aujourd’hui pouvoir tirer avantage d’une telle hypothèse, sera le premier à en subir les conséquences. Dans la situation de rejet dont il est l’objet, seule une infime minorité des électeurs de Marine LE PEN se reporterait sur lui. Ils s’abstiendront, vraisemblablement pour une part importante, et pour une autre part se partageront entre François BAYROU et François HOLLANDE. Ce serait alors un deuxième tour assuré entre eux.

 

A plus long terme, le fait d’avoir vu exclure de la course à la présidentielle un candidat qui aurait pu représenter jusqu’à prés d’un quart du corps électoral, est certainement la meilleure façon de le renforcer, surtout en période de crise économique grave, ce qui peut conduire à toutes les aventures.

 

C’est pour cette raison que le scrutin proportionnel aux élections législatives, avec le département comme circonscription électorale, devient un impératif de salut public. La démocratie et la paix sociale exigent que des mouvements politiques d’une certaine dimension soient représentés à l’Assemblée Nationale, de l’extrême gauche à l’extrême droite.

 

Le scrutin proportionnel a d’autres avantages, il évite les marchandages entre partis, les accommodements comme ceux dont nous venons d’être témoins à Paris, cela donne une plus grande indépendance aux partis, cela permet aux idées de s’insérer progressivement dans la vie publique, cela facilite la parité et la mixité.

 

Le grief de l’instabilité ministérielle que l’on oppose à la proportionnelle n’est pas recevable. Il résultait sous les précédentes Républiques de ce que, en cas de crise, le gouvernement remettait sa démission. Le rapport doit être inversé. En cas de crise l’Assemblée Nationale doit être dissoute, le gouvernement demeurant en place, pour expédier les affaires courantes, jusqu’à l’élection de la nouvelle assemblée.

 

La proportionnelle permettrait aussi d’apaiser le débat politique qui en a bien besoin, à ce moment de notre histoire qui voit s’ouvrir devant nous une période d’incertitude.

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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 16:56

 

Par Eric SEYDOUX

 

1- Une personnalité ambiguë 

 

Pourquoi vouloir à tout prix ressembler à un autre, si grand soit-il, d’un autre temps, d’un autre monde, au détriment de soi-même, de sa propre nature, de sa propre vérité.

 

Que s’est-il donc passé dans la tête de François HOLLANDE pour en être ainsi arrivé à se convaincre, que pour affronter l’épreuve suprême, il devait se créer une personnalité faite d’artifices, de mimiques, de faux semblants, d’intonations contenues dans d’interminables discours, prononcés un ton au dessus dans le souci d’éluder le procès dévastateur en manque d’énergie.

 

Mimétisme ? Volonté délibérée d’imiter son mentor ? Allez savoir, mais exercice   dévalorisant pour son auteur, qui marque ainsi sa défaillance dans la maîtrise de son instinct ou qui joue un piètre jeu de rôle, dans le cadre d’une stratégie préétablie, ce qui est pire.   

 

 

2- Un discours ambigu

 

Ne pas savoir attendre, ne pas  « donner du temps au temps » (…), succomber à la pression, lancer dans l’urgence des propositions incomplètes, tronquées,  non crédibles, annoncer d’ores et déjà, alors que c’est toujours la première annonce qui compte, un accroissement des dépenses, pour l’éducation, pour la croissance, pour la sécurité, annoncer un rétablissement de l’équilibre budgétaire,  annoncer le remboursement de la dette…rien que cela, et tout cela au seul moyen d’une grande réforme fiscale, c'est-à-dire payée par la classe moyenne, celle  qui fait l’élection, et tout cela sans dire lesquels paieront, combien ils paieront, créant ainsi l’incertitude, l’inquiétude, l’angoisse, ce qui en politique, l’histoire nous l’a tant enseigné, constitue le risque majeur, la seule faute qu’il  faut savoir ne pas commettre.

 

 

3- Des alliés ambigus

 

Martine AUBRY l’ignore par un pesant silence, elle s’est gardée de se mettre en congé de parti le temps de la campagne, elle neutralise ainsi le moteur principal du candidat, elle devient un handicap, ce dont elle se fiche comme d’une guigne… Arnaud MONTEBOURG ne cherche pas à l’épargner, il n’est pas sa préoccupation première rappelant au passage que le parti socialiste a lui aussi « ses affaires »… Benoît HAMON joue tranquillement dans son coin sa petite musique et laisse entrevoir sa différence… MELENCHON le tacle sévèrement, justement à l’endroit où il a déjà été blessé, au risque de le mettre hors du jeu définitivement, sans le moindre scrupule et sans susciter autre chose que de vagues protestations pires que de l’indifférence … Eva JOLY s’évertue avec talent, à faire fuir les électeurs les plus modérés, ceux justement qui in fine feront tout basculer d’un côté ou de l’autre, en foulant aux pieds chaque semaine un symbole de la République,  proposant dans le même temps à François BAYROU un accord de désistement (!) alors même que jugé trop à droite, il venait d’être écarté par le candidat socialiste, tout cela sous le regard indifférent d’ EELV, que les incohérences dévastatrices de leur candidate laissent de marbre, ayant été grassement servis voilà déjà plusieurs semaines...

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 08:37

On s’interroge sans cesse sur les raisons pour lesquelles les arabo-musulmans ne s’intègrent pas aux peuples occidentaux, en particulier à la France, dont beaucoup d’entre eux, sont pourtant proches par la langue, par l’histoire et par le fait que c’est vers elle que le plus naturellement du monde ils iront, en tant que de besoin, chercher refuge, se faire soigner, travailler, étudier, vivre une nouvelle vie…

 

Cette non-intégration est d’autant plus étonnante qu’à l’ère coloniale, le « petit peuple » était fier de servir la France, à travers son armée à laquelle il a donné tant de combattants loyaux et téméraires. La bourgeoisie quant à elle cherchait souvent à ressembler au colonisateur à en adopter la culture,  parfois même les mœurs, signes évidents de la consécration de son ascension sociale. Habib BOURGUIBA féru de littérature française, marié à une française et qui a eu toute sa vie durant la photo du président Mendès France sur son bureau, devait conserver à l’une des principales artères de Tunis, le nom de Charles de GAULLE, alors que d’aucuns s’accordaient à penser, à juste raison, qu’il n’aurait pas survécu à l’affaire de Bizerte.

 

Après l’arabisation de l’Algérie par le Président Houari BOUMEDIENNE, nombre de cadres et de Hauts fonctionnaires algériens durent quitter l’Algérie, car issus de la bourgeoisie au sein de laquelle, comme à Rome, il était « vulgaire » de parler le dialecte, ils ignoraient leur propre langue, certains d’entre eux ne pouvant même pas lire  les panneaux indicateurs des rues ou des villes.

 

A CASABLANCA, le lycée LYAUTEY  forme depuis des décennies l’élite de la société marocaine... 

 

Les guerres de libération ne devaient entamer que beaucoup plus relativement qu’on aurait pu l’imaginer, le prestige de la France y compris en Algérie, où après quelques atermoiements, les algériens demeurèrent dans leur ensemble francophiles, en particulier les jeunes algériens nés après l’indépendance, traités de « fils de CHIRAC » par les islamistes, qui leur reprochaient d’avoir pour seule ambition d’obtenir un visa pour la France.

 

Une passion pour la France, avec comme toutes les passions des hauts et des bas des bons et des mauvais jours, un fond d’amour viscéral, si l’on excepte les intégristes de tout poil.

 

Alors, que s’est-il passé depuis lors pour que même après avoir réalisé son rêve et encore parfois au delà après avoir acquis la nationalité française, un jeune maghrébin demeurera toujours et avant tout tunisien, algérien, marocain, avant d’être français, qu’il soit ou non né en France, qu’il parle ou non la langue de ses ancêtres, qu’il connaisse ou non le pays de ses origines.

 

Les causes sont certainement comme toujours multiples, mais il y en a une que je veux viser particulièrement car elle me paraît irréfragable, c’est l’impudeur qui domine désormais la société française. Les français manquent de plus en plus de pudeur, ils ne  connaissent plus de sentiment de honte, la grossièreté la plus insigne a droit de citer elle devient même une valeur. Plus de retenue, de réserve, de délicatesse, l’éducation devient un signe de ringardise, l’impolitesse est toujours préférée à la civilité, le délinquant en vient a être admiré et respecté, tandis que la victime apparaît comme un perturbateur, un réactionnaire répressif incapable de pardonner et qui ne retrouve un intérêt fugace, que lorsqu’il  réclame l’absolution de son tortionnaire.

 

Pour s’en rendre compte, il suffit à chacun d’observer avec un peu d’attention les nombreuses émissions télévisées à succès qui nous sont proposées et qui sillonnent nos jours et nos soirées. Les RUQUIER, ARDISSON, TEX, NAGUY, DELARUE, DAVANT et j’en oublie, ne les connaissant pas tous, chacun dans son style, à sa manière, de façon plus ou moins criante, plus ou moins triviale, nous proposent des émissions dans lesquelles, sur un fond de démagogie la plus vile, on peut y trouver selon les cas, grossièretés, plaisanteries graveleuses, tournant presque toujours autour du sexe, utilisé de la façon la plus vulgaire qui soit, parfois même sous une présentation pseudo scientifique et ce, dans devant des « spectateurs appâts », avec des invités ou des candidats, pour la plupart asservis et veules, l’ensemble conçu pour manipuler le public des téléspectateurs, par la flatterie de ses instincts les plus bas.

 

En voilà un  qui annonce qu’il exerce la profession de fonctionnaire des impôts ou de police ou pis encore de gardien de prison, il est immédiatement sifflé et conspué avec les encouragements d’un présentateur goguenard, tandis que juste après, le rappeur condamné pour trafic de stupéfiants qui a fait sa notoriété pour avoir réussi à échapper à la police et même pour l’avoir nargué, devient un véritable héros, un exemple pour ses semblables, un chanteur talentueux, victime d’une société qui n’a été que trop longtemps sourde et aveugle à l’art et à la culture.

 

A partir de 12 heures NAGUY s’évertue à transformer en vannes salaces tout ce qui passe à sa portée, sombrant volontiers si l’occasion lui en est donnée dans la scatologie. Le samedi soir, tout en tenant compte d’un public qui se veut plus intellectuel, RUQUIER  donne dans le même registre, en n’omettant pas de nous rappeler plusieurs fois par soirée, sans que l’on en comprenne les raisons, sa préférence sexuelle envers les hommes. Quelques heures auparavant ARDISSON qui adopte en tant que de besoin le vocabulaire le plus cru qui soit, estimant n’avoir pas à s’embarrasser d’euphémisme, s’évertue à nous démontrer que nous sommes dans une société pourrie, raciste à l’extrême, indifférente aux malheur des gens.

 

Et puis il y a ceux chez qui l’on peut tranquillement aller exhiber son intimité devant des centaines de milliers de personnes. Des gens « normaux » viennent nous raconter avant le déjeuner, « pour rire », chez TEX, et après le déjeuner le plus sérieusement du monde, chez Sophie DAVANT, leurs ébats sexuel, leurs premières expériences, leurs performances, leurs échecs, ceux de leur mari, de leur femme, de leur ex comme ils disent, de leurs maîtresses, de leurs amants, ne nous épargnant aucun détail, aucune description, et dont le caractère affligeant voire répugnant accroit toujours plus, semble-t-il,  l’intérêt de l’émission.

 

Tous ces gens ont-ils un instant songé, que pour leur père leur mère, leurs enfants, les copains de leurs enfants, leurs amis, leurs collègues de travail, leurs proches, qu’ils rencontreront le lendemain et dont ils croiseront le regard, ils deviendront et à jamais des êtres de peu de considération, des tristes sires. Tous ces gens, et les chaines de télévision qui les mettent en scène comme des marionnettes, ont-ils songé un seul instant qu’ils sont la vitrine de la France ?   

 

Confrontés à la réalité du pays, les immigrés, dont on observera qu’ils ne participent jamais à ces émissions, ne veulent pas de cette société, mieux ils tiennent à tout prix à montrer qu’ils ne font pas parti de ce monde « aux mœurs dépravés » et tiennent à le manifester dès que l’occasion leur en est donnée.

 

C’est ainsi qu’en France plus de 50% des tunisiens, dont la plupart ont la double nationalité, ont voté NAHDA, alors qu’en Tunisie, où la tradition islamique est encore importante dans certaines régions, seuls 37% d’entre eux ont voté pour ce parti. Paradoxalement, on trouve beaucoup plus de femmes musulmanes voilées en France que dans la Tunisie islamique de l’après-Ben Ali. C’est ainsi que de jeunes tunisiennes qui ne portent pas le foulard dans leur propre pays, se voulant moderne et libérées des entraves d’une société qui a eu tendance à restreindre leurs droits, se couvrent dès leur départ pour la France. Ce qui peut-être un signe de soumission, devient en France un moyen de protection, contre des mœurs que l’on réprouve, d’une société jugée décadente.

 

Par une pratique plus soutenue de leur religion, les maghrébins marquent ainsi leur différence, pour signifier qu’ils ne font pas parti de ce monde, tel qu’il leur est proposé. Si la France attire toujours pour son modèle social, les maghrébins savent que ce ne sera plus en France qu’ils trouveront une culture ou des mœurs auxquels ils pourront adhérer et qui pourraient se substituer aux leurs propres.

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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 08:59

 

Je ne suis pas persuadé que le groupe socialiste au Sénat, a rendu le meilleur service à François HOLLANDE, en inscrivant à l’ordre du jour de la Haute Assemblée, on peut dire prioritairement, le droit de vote, pour les élections municipales, des étrangers en situation régulière.

 

Dans une période de crise, peut-être sans précédent, à un moment où personne ne sait de quoi demain sera fait, il paraît pour le moins singulier que la majorité sénatoriale de gauche, n’ait rien trouvé de mieux, sitôt élue, que de mettre sur la place publique, à grand renfort de déclarations toutes plus tonitruantes les unes que les autres, un projet législatif qui est le cadet des soucis de la plupart des nationaux et qui laisse les étrangers concernés dans la plus totale des indifférences.

 

Les préoccupations des nationaux comme des étrangers sont ailleurs. La crise gronde et ces derniers plus que tous autres, savent qu’ils seront toujours les premières victimes d’une situation sociale qui risque de se dégrader dans les mois qui viennent. Il n’est pas sûr que dans ces temps où la xénophobie rôde, ils apprécient que l’on ait braqué sur eux une lumière aussi crue.

 

Enfin, les élections municipales ayant lieu en 2014, on se demande vraiment, sans pouvoir d’ailleurs apporter de réponse satisfaisante, ce qui a poussé la majorité sénatoriale à enfourcher ce cheval de bataille, toute autre affaire cessante, alors encore et que de toute façon, tant que la droite aura la majorité à l’Assemblée Nationale, ce projet qui date de l’ère JOSPIN ne pourra pas aboutir.

 

Seuls les sénateurs se sont passionnés pour débattre d’un sujet qui aurait dû être traité dans un climat serein, la période de pré campagne présidentielle, où tout est prétexte à polémique, à faux semblant et à sous entendus, n’étant certainement pas la mieux choisie pour y parvenir.

 

Cela n’aurait-il pas eu plus d’allure, si dès son élection, la nouvelle majorité sénatoriale, avait débattu par priorité et en dehors de toute polémique, de la crise qui nous frappe, des moyens d’en sortir, des mesures à prendre pour préserver les plus vulnérables.

 

Il est sûr que le parti socialiste aurait marqué des points, dans le domaine de la crédibilité à résoudre la crise, où son déficit est le plus important, il aurait donné un contenu concret au mot changement,  plutôt que d’aborder un sujet en décalage avec les préoccupations du pays.

 

Autrement dit, il n’est pas sûr que ce type de débat, soit profitable à François HOLLANDE.  Il n’en est certainement pas l’initiateur, ni de prés ni de loin et il est vraisemblable qu’il aurait préféré éviter de donner à la droite l’occasion de pouvoir retrouver, au moins l’espace d’un second tour, un électorat qui l’avait délaissé, le Ministre de l’intérieur, en parlant de communautarisme, de repas hallal et de piscines y ayant clairement fait référence.

 

Si l’on ajoute, polémiques et critiques relatives à « l’accord »  passé avec les écologistes, des investitures sur lesquelles l’équipe HOLLANDE n’a que peu de maîtrise, la « sortie » d’affaires de corruption dans le Pas de Calais, la « chicaya » Arnaud MONTEBOURG – Jack LANG, avec promesses de gifles et de plainte en diffamation, les petites phrases « assassines » qui se multiplient, on peut se demander si au sein du parti et dans son environnement, comme cela fût le cas avec Ségolène ROYAL, tout n’est pas fait pour entraver la marche du candidat vers l’Elysée.

 

Le problème vient de ce que, jusqu’à la candidature de cette dernière à l’élection présidentielle de 2007, le candidat a toujours eu la maîtrise totale du parti, ce qui lui était de toute façon nécessaire pour se faire investir. Avec le nouveau concept des élections primaires, on peut être désigné candidat sans le parti et faire campagne alors qu’il se trouve entre les mains de son ancienne concurrente et de son équipe. Sans mettre en cause la loyauté de ses dirigeants, la vigilance peut, de leur part, ne pas être la même, les dérapages, contrôlés avec moins de détermination, les ambiguïtés plus nombreuses, et tout ceci en l’absence de tout moyen de pression pour calmer les plus retors.

 

Il eut été impératif, qu’après les élections primaires, la direction du parti ait été rééquilibrée en faveur du candidat, voire, comme ce fut le cas pendant les primaires, qu’un intérim du secrétariat général soit organisé avec un proche du candidat.

 

Il est une règle absolue en la matière, « Le candidat à la présidentielle doit avoir le parti dans sa main ». Elections primaires ou pas, jamais personne n’a pu d’un revers de manche balayer les égos, les susceptibilités, les rancœurs ou/et les ambitions  des uns et des autres.

 

Peut-être que François HOLLANDE alangui par de très bons sondages, n’a pas jugé opportun d’exiger ce que Martine AUBRY aurait dû spontanément lui offrir. C’est étonnant pour un homme qui s’est préparé à cette épreuve avec tant de minutie, qui n’a rien négligé, jusqu’aux moindres détails concernant son physique, sa tenue vestimentaire, ses déclarations toujours très « calibrées », de laisser le parti, moteur de l’élection présidentielle sous la 5e République, entre d’autres mains que les siennes.

 

Il n’y a pas de semaine où des incidents de la nature de ceux que nous avons cités ne se produisent. Ils n’ont pas pour l’heure, semble-t-il, d’incidence sur l’avance du candidat qui a préféré se distancier du parti, plutôt que de l’investir. Ségolène ROYAL s’était trouvée confrontée à ce même problème, sa distanciation s’était traduite par son isolement. La situation est aujourd’hui différente. La stature que François HOLLANDE a su se donner et l’équipe qu’il a autour de lui, lui permet d’adopter la stratégie qui consiste à prendre de la hauteur en se tenant en dehors « de tout cela »… et par la même du parti.

 

C’est d’ailleurs dans la logique de la désignation du candidat, par un corps électoral élargi à l’ensemble « du peuple de gauche » duquel il tient sa légitimité. Mais en politique, est-il toujours raisonnable de s’en remettre à la seule logique ? gpancrazi.over-blog.com

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 17:49

 

La palme de la semaine revient incontestablement à ce monsieur EPSTEIN, journaliste américain, qui est venu faire douter toute la presse française sur leurs propres conclusions de la semaine dernière, qui tendaient à établir que Dominique STRAUSS KAHN était une personne  malade qu’il était urgent de faire soigner.

 

Ce Monsieur EPSTEIN qui avait déjà soutenu qu’AL QUAÏDA n’était certainement pas seul dans l’opération du World Trade Center, réactive la thèse du complot dont l’UMP ou le FMI ou Dieu sait qui, serait l’initiateur. Sur quoi se fonde-t-il ?

 

Figurez vous qu’il a visionné les films non sonores, des caméras de surveillance de l’hôtel SOFITEL (qui n’ont donc pas été saisis par la justice) qui montrent : 1) des gens qui parlent à NAFISSATOU Diallo, « certainement  pour lui expliquer ce qu’elle doit dire à la police ». 2) NAFISSATOU Diallo qui se rend à plusieurs reprises  dans la chambre voisine de celle de DSK, « certainement pour préparer le coup », 3) deux responsables de l’hôtel qui se congratulent en attendant la police, « certainement pour se féliciter d’avoir réussi leur coup. » Enfin, Dominique STRAUSS KAHN ayant perdu l’un de ses nombreux téléphones portables, la seule déduction raisonnable qui peut en résulter, c’est que l’on a voulu, toujours dans le même dessein,  pirater l’une de ses lignes téléphoniques.

 

Voilà l’enquête de Monsieur EPSTEIN ! La presse française s’en contente pour dire selon les cas que c’est troublant ou qu’il y a bien eu complot.

 

Ah ! J’allais oublier le plus important : si les responsables de l’hôtel ont bien voulu donner à cet avocat les films, ils ont en revanche refusé de lui donner les explications qu’il leur demandait, ce qui lui a permis d’en déduire qu’ils n’étaient pas très nets, énième preuve du complot.

 

Tiens, mais au fait, cela me fait penser à quelque chose, un détail à vrai dire. Personne ne s’interroge sur la raison pour laquelle Dominique STRAUSS KAHN ne dépose pas plainte, alors qu’il vient d’agir de la sorte contre des médias français et contre Henri GUAINO pour des motifs infiniment plus futiles. Dans une affaire de cette gravité, si j’étais innocent comme l’agneau qui vient de naître, je n’hésiterais pas une seconde. Des gens qui m’ont mis dans une telle mélasse ne méritent aucune bienveillance!

 

Et pourtant Dominique STRAUSS KAHN ne déposera pas plainte. Ses avocats le lui auront fortement déconseillé. Pourquoi ? Car alors il lui appartiendrait de s’expliquer sur l’affaire, sur ce qui s’est passé dans cette fameuse chambre du SOFITEL … Et cela, il vaut mieux l’éviter.

 

C’est là où le bât blesse. Quoi que l’on puisse penser de cette affaire ou de l’intéressé, personne ne pourra jamais faire le moindre crédit à Dominique STRAUSS KAHN, tant qu’il ne se sera pas expliqué clairement sur les faits. Il aurait dû le faire spontanément depuis le premier jour et ne pas se contenter de « garder le silence », pour profiter des erreurs de son adversaire, ce qui a d’ailleurs bien fonctionné au plan judiciaire, mais qui a été dévastateur au plan personnel.

 

Car quiconque se verrait accuser à tort d’un tel crime, n’aurait de cesse que de vouloir donner sa version des faits et être entendu par la justice.

 

N’est-ce pas d’ailleurs ce que Dominique STRAUSS KAHN a immédiatement demandé dans l’affaire du CARLTON, infiniment moins grave pour lui ? Encore que l’exemple est peut-être mal choisi, car selon la procédure française, il sait qu’il sera entendu, qu’il le demande ou non.  

 

Quant à ce Monsieur EPSTEIN, grand enquêteur devant l’éternel, qui ne semble ne vouloir que du bien à notre compatriote, comment se fait-il qu’il n’ait pas songé à lui demander de bien vouloir lui confier sa thèse des faits, pour la confronter avec ses fameuses découvertes. Curieusement, la version du principal intéressé semble l’intéresser moins que celle des responsables du SOFITEL.

 

Est-il besoin de rappeler que la présumée victime avait elle été entendue par une armée de procureurs qui ne l’ont pas ménagé, pour ce que l’on en sait, et qui en sont d’ailleurs venus à bout assez facilement.

  

Aujourd’hui de nombreux mois après les faits, on ne connaît toujours pas la thèse de Dominique STRAUSS KAHN qui poursuit semble-t-il une stratégie complexe dans l’indécence d’un silence qui l’accable.

 

Le droit de garder le silence, privilège inouï, offert jusqu’à l’absurde par la justice américaine aux mis en cause, mais privilège en trompe l’œil, car il pèse, dans l’intime conviction de chacun, bien plus lourd qu’un aveu.

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 09:38

Par Gérard PANCRAZI*

 

Président du tribunal de grande instance de Saint Pierre de la Réunion et venant de Corse où j’avais exercé pendant de nombreuses années, je savais combien la belle saison était propice à la programmation des voyages ministériels. Je ne fus donc pas étonné lorsque l’on m’informa que notre juridiction, située dans l’une des plus belles régions du monde, au fin fond de l’Océan Indien, aurait l’honneur d’une visite du Ministre délégué à la justice, Monsieur Michel SAPIN.

 

Je connaissais l’homme de nom, mais sans plus, il n’avait jamais trop fait parler de lui.

 

On m’informa qu’il arriverait à Saint Pierre par hélicoptère. Mon statut de magistrat du siège, dans lequel je puisais le double alibi de la préservation  de la sacro-sainte indépendance et de la dignité de la fonction, me donna le privilège de ne pas assister à l’atterrissage de l’excellence ministérielle, au milieu de la foule et du tumulte que provoquerait inévitablement un tel évènement…

 

C’est donc dans mon cabinet que je me retirais le jour venu, ayant cru que je pourrais travailler comme si de rien n’était. 

 

Mais c’était sans compter sur cet irritant stress qui ne cessait de monter en moi, plus l’heure avançait, me faisant aller d’une fenêtre à l‘autre dudit cabinet pour étudier les mouvements de la foule des badauds et ayant même fini par me persuader que ma secrétaire, pourtant d’une diligence exemplaire, ne m’avertirait pas « dès que la voiture du ministre aura franchi le portail d’enceinte », selon mes instructions réitérées.

 

Cruelle attente, mais aurais-je pu me résoudre à dévoiler, par une trop longue station sur le seuil de la juridiction, mon trouble et l’importance que j’accordais à cet évènement que j’avais tenté de minimiser tous les jours qui l’avaient précédé.

 

Personne n’avait su me dire par laquelle des deux entrées surgirait la tête de l’impressionnant cortège composé d’autant de curieux que « d’officiels », venus de toute l’île.   Cette incertitude, ajoutée à la petite adresse que j’avais décidé de prononcer en guise de bienvenue et que je trouvais de plus en plus inadaptée à la situation voire même quelque peu ridicule, me déstabilisait à un moment où j’allais devoir montrer le meilleur de moi-même.

 

Et puis, un peu comme au théâtre, on vint m’avertir que c’était à moi d’entrer en scène « ça y est, il arrive ! » cria ma secrétaire en ouvrant la porte, sans même que je l’y eu invité. La gravité de l’instant gommait touts les civilités. Elle ne m’informait pas, elle m’ordonnait : c’est à vous ! D’un pas le plus rapide qu’il était possible, tout en feignant de ne pas me précipiter, je me rendais comme un automate, là où la foule était la plus compacte et je vis à quelques mètres de l’entrée le Ministre avec à ses côtés, jouant des coudes, le Procureur qui ne voulait en aucune façon que quiconque lui volât la photo de sa vie.

 

Je saluais le Ministre en bafouillant un bienvenu Monsieur le Ministre, qui me parût de toute façon, plus sobre et mieux adapté à tout ce que j’avais préparé. Je l’invitais alors à entrer, après avoir demandé que les nombreux accompagnateurs restent à l’extérieur, à l’exception de sa suite et de la presse.

 

L’homme impressionnait par son calme et sa sérénité. Une décontraction toute naturelle, qui rendait l’atmosphère beaucoup plus respirable. Par son attitude naturellement tranquille, il détendait tout son monde, prenant ainsi, sans l’avoir recherché,  un ascendant sur tous ceux qui l’entouraient. Sa simplicité dans le comportement comme dans le verbe, sa sobriété, étaient reçues comme une preuve de considération à notre égard qui nous sublimait et nous rendait en fin de compte heureux de pouvoir vivre ce moment, qui en principe aurait dû être particulièrement pénible.

 

Chacun se rendait compte qu’il se trouvait en présence d’une personnalité hors du commun, alors que nous étions le plus souvent habitués, les uns comme les autres, à recevoir  des personnages dont la vanité et la  suffisance, avaient pour effet de mettre en évidence leur absence de relief et d’intérêt.  

 

L’ascendant que Michel SAPIN prend immédiatement sur les personnes qui l’entourent,  a pour nom le charisme. Mais contrairement à beaucoup, Michel SAPIN séduit les individus et non les foules. C’est peut-être ce qui explique son déficit de popularité. Mais il sait créer dans la relation personnelle un charme profond qui marque et que l’on n’oublie pas. C’est tout le contraire de la démagogie

 

Sur le fond, nous comprîmes vite que Michel SAPIN n’était pas venu « en touriste ». Il connaissait parfaitement les dossiers, dans le détail, avec ici encore l’impression qu’il les maitrisait depuis  toujours, ne se contentant pas de citer des noms et des chiffres, mais sachant apporter les nuances qui convenaient, faisant preuve de tellement de subtilité dans l’analyse des situations, que nous avions l’impression que c’était nous qui étions en train de nous informer et de nous éclairer auprès de lui alors qu’au départ nous étions persuadés du contraire.

 

Aucun sujet n’était éludé, en matière de corruption, juste avant que les « affaires » n’explosent, il en parlait avec une compétence qui surprenait de la part d’un non pénaliste,  donnant au passage à chacun d’entre nous une leçon de droit économique et financier.

 

Plus tard lorsque la loi SAPIN du 29 janvier 1993, qui a fondé la législation anti corruption en matière de Marchés publics entra en vigueur et que me fût confiée la responsabilité de diriger la MIEM**, je compris combien ce ministre, avait intégré dans son esprit l’intérêt général au détriment de tous les intérêts partisans, y compris le sien.

 

Homme de consensus comme il en existe peu aujourd’hui dans le monde de la politique, estimé et respecté sur tous les bancs du parlement de la droite à la gauche, il y a incontestablement chez Michel SAPIN du Pierre MAUROY, impressionnant par sa mesure qu’il sait mettre au service d’une détermination qui ne faiblit jamais, convaincu que  parfois, pour aller d’un point à un autre, ce n’est pas nécessairement la ligne droite le chemin le plus court.

 

Michel SAPIN est encore connu pour sa droiture, sa loyauté  et le respect qu’il a d’autrui. Outre qu’il est aujourd’hui l’un des rares hommes qui peut à la fois allier à ses qualités politiques, une compétence technique et juridique, en particulier dans le domaine de la commande publique, dont la législation qu’il sut mettre en œuvre et qui porte son nom demeure la référence, sa voix est écoutée par tous, y compris en Europe.

 

C’est dire que tous ceux qui connaissent Michel SAPIN, me comprendront lorsque je soutiens qu’il réunit toutes les qualités qui fondent la fonction de Premier ministre.

 

François HOLLANDE le pense aussi. Il a chargé Michel SAPIN du projet présidentiel, c'est-à-dire de la délicate mission qui consiste, dans la terrible crise que nous traversons,  à donner à ce projet une totale crédibilité, sans pour cela le rendre incompatible avec celui du Parti socialiste.

 

Outre la responsabilité majeure qui lui a été dévolue, c’est le signe évident de son futur avènement à MATIGNON ; Bruno LEMAIRE qui a toutes ces qualités, s’est vu confier les mêmes fonctions par Nicolas SARKOZY, dans la même perspective.

 

*Président de chambre honoraire à la Cour d’Appel de Paris. Président du TGI de la Réunion de  1989 à 1991. Chef de la MIEM de 1993 à 2004.

**Mission Interministérielle d’Enquête sur les Marchés.

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 15:09

 

Le billet d’Eric SEYDOUX

 

La Grèce ruinée, saignée, humiliée, ses dirigeants désemparés ne savent plus à quel saint se vouer, un peuple sous le vacarme assourdissant d’une terrible crise qui circule tel un cyclone au dessus de l’Europe et dont les politologues nous prédisent, qu’il se rapproche chaque jour un peu plus de la France.

 

La France désormais sous surveillance des agences de notation qui lui dictent leur loi, la dure loi du créancier qui doute de la solvabilité d’un débiteur, réduit à emprunter pour le rembourser.

 

S’ajoute le programme hors du temps d’un parti de gouvernement donné favori, qui propose de recruter massivement dans la fonction publique, de financer des milliers d’emplois jeunes, de réduire l’âge de la retraite, d’investir dans les énergies les plus onéreuses, d’allouer des indemnités aux jeunes, de rembourser l’emprunt, de distribuer de l’argent aux plus démunis, de nationaliser les banques, mesures folles dont le seul énoncé gêne, car  il donne, sans d’ailleurs que l’on sache trop pourquoi, le sentiment de commettre un acte de grande cruauté à l’égard de ses promoteurs.

 

La Grèce, qui a fait prendre conscience, à tout un chacun, de la gravité de la situation, qui montre que nous sommes arrivés au bout du bout et que  le « changement », les « riches » les  « niches » et le reste, n’y pourront rien.

 

Candidat à la présidentielle, François HOLLANDE, peut-il continuer à faire sien le programme du parti socialiste auquel il s’est adossé, même s’il a fait montre d’une certaine réticence ? Dans l’affirmative, il ne pourrait éviter   le procès en inexpérience et en incompétence, qui à n’en pas douter sera facilement gagné par ses adversaires.

 

Temporiser lui ferait perdre aussi celui en  inconsistance et en atermoiement déjà instruit par ses propres amis.

 

François HOLLANDE va-t-il alors reconnaître qu’il s’est trompé, même si un tel aveu n’a jamais lieu d’être en politique. Il ferait preuve d’un certain courage mais devrait alors procéder à un replâtrage de son programme dans l’urgence, en y incluant logiquement la rigueur et les économies, mais trouvera –t-il un accord pour cela et que feront alors l’extrême gauche et les écologistes ?

 

Les effets collatéraux de la crise grecque s’étendent désormais jusqu’à François HOLLANDE confronté à la dure réalité du terrain. Les primaires furent une promenade courtoise entre amis. On entre dans le vif du sujet. Il est temps pour lui de rentrer dans la partie car le match a déjà commencé. Et il n’est pas impossible que ce soit en ce moment même que se joue l’élection de 2012.gpancrazi.over-blog.com/

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 21:27

 

Le billet d’Eric SEYDOUX

 

Jusqu’à ce que l’on connaisse le résultat du vote des franco-tunisiens aux élections tunisiennes  pour élire une Assemblée Constituante, je ne voyais pas l’inconvénient qu’il pouvait y avoir à posséder une double nationalité et le débat qui avait été ouvert sur ce sujet, en particulier par la droite républicaine, n’avait mis en évidence aucun argument de nature à rendre pertinent une remise en cause de cette situation.

 

D’autant que ce débat était fondé sur un procès d’intention, fait aux binationaux issus des pays arabo-musulmans, consistant à dire, selon l’expression de Jean-Marie LE PEN, qu’ils étaient « des français de papier ».

 

Il y avait certes des indices, mais très insuffisants, pour laisser penser que ces franco-tunisiens étaient plus tunisiens que français. On rappelle à cet égard les incidents survenus à l’occasion d’un match de football, lorsque des milliers de tunisiens, ne se contentant pas d’encourager le pays de leur origine, ce qui n’est nullement choquant, sifflèrent l’hymne national au stade de France, qui pour le temps d’un match devint terre étrangère. Folklore communautaire avait-on dit... 

 

Avec le vote démocratiquement exprimé par les tunisiens de France, qui pour la plupart ont la nationalité française, qui vivent en France depuis de nombreuses années et qui pour beaucoup y sont nés, les choses se sont clarifiées. En votant majoritairement en faveur d’ENNHADHA, choix tout à fait respectable, ils ont par la même fait valoir que nombre d’entre eux avaient opté majoritairement pour un parti dont l’histoire et les références, peuvent faire penser que sa vocation est de s’éloigner de certains des grands principes républicains, contenu dans le bloc de constitutionnalité, fondement intangible de la nation française au sein de l’Europe.

 

Il y a des marqueurs de la nationalité française : laïcité, égalité entre homme et femme, prohibition de la répudiation et de la polygamie, prohibition du voile intégral dans l’espace public, prohibition de l’homophobie, des châtiments corporels…. Il s’agit de règles qu’un citoyen français ne peut transgresser, même en invoquant sa seconde nationalité et même s’il se trouve dans le pays de sa seconde nationalité. Ces principes sont si forts, si inhérents à la qualité de français, qu’ils ne peuvent disparaître aux frontières de la France pour ceux qui ont la nationalité française.

 

On peut donc avoir deux ou plusieurs nationalités, à une condition essentielle, que ces nationalités  soient compatibles entre elles.

 

L’immigration européenne n’a posé aucun problème car il s’agissait de peuples dont les mœurs et les valeurs étaient parfois différentes, mais totalement conciliables avec celles de la société française.

 

Les binationaux issus de l’immigration des pays arabo-musulmans, devenus français souvent par nécessité économique, rejettent cette nationalité plus parce qu’ils ont l’impression d’avoir trahi la nation de leur cœur, que par adhésion à des valeurs d’un autre âge.

 

La nationalité étant constituée de deux éléments de nature différente : un sentiment d’appartenance à une nation, que l’on exprime justement par l’adhésion à ses mœurs et à ses valeurs et l’octroi d’un statut juridique créateur de droits et d’obligations, pourquoi alors ne pas accorder aux immigrés qui le souhaitent, un statut juridique suffisamment protecteur, afin qu’ils ne soient pas obligés de subir une nationalité qui ne correspond pas à leurs aspirations profondes ?

 

Si « Les limites à la double nationalité » vous a plu, abonnez-vous (voir ci-dessus) à ma « news letter ». Vous recevrez gratuitement tous les articles régulièrement publiés sur mon blog.     

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