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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 06:49

  

 

Cet article  a été sélectionné par le journal en ligne l'EXPRESS.fr et publié à sa Une.

FO et la CGT n’ont pas signé l’accord du 11 janvier 2013, relatif à la « sécurisation de l’emploi ». Son objet est de  permettre aux partenaires sociaux de négocier des baisses de salaires et/ou une augmentation du temps de travail, en échange d’un maintien de l’emploi, pendant la durée de l’accord, qui sera au maximum de deux ans.

 

Le gouvernement a cherché, par ce mécanisme, à préserver l’intérêt des salariés, tout en permettant aux entreprises, d’avoir « les moyens de s’adapter aux problèmes conjoncturels».

 

Le texte a été signé par le MEDEF et par trois organisations de salariés CFDT, CFTC et CFE-CGC. Il doit maintenant être soumis au parlement.

 

FO et la CGT, ont appelé les salariés à manifester et à faire grève le 5 mars contre son adoption. FSU et Solidaires se sont associés au mouvement.  

 

A l’heure où la France est confrontée à un péril  économique sans précédent et que la gauche, la mort dans l’âme, remet en cause des acquis sociaux aussi sacrés que ceux portant sur les salaires, le temps de travail,  les retraites et peut-être même sur les prestations familiales, FO et la CGT, ont voulu adresser au gouvernement un message clair : aucune régression sociale ne sera admise. 

 

Certaines organisations syndicales s’opposent en effet à toute concession, de quelque nature que ce soit et poursuivent le même combat, avec les mêmes armes, qu’avant la crise.

 

Elles  refusent de prendre en compte le formidable bouleversement économique qui se produit à travers le monde, la concurrence effrénée des pays émergents, qui ont un différentiel sur le coût du travail, qui peut aller de 1 à 10, le déferlement sur le marché de la mondialisation d’une main d’œuvre de plus en plus qualifiée.

 

Elles utilisent toujours les mêmes modes d’action que ceux qui ont fait leur force, à une époque où la France connaissait la croissance, le plein emploi et le protectionnisme, alors  que la grève, les occupations de lieux de production, les démonstrations de violence, sont aujourd’hui sans effet sur les plans sociaux et les  fermetures d’entreprises, qui résultent de  l’affaissement généralisé des commandes. 

 

Les solutions, que certains de leurs responsables préconisent, sont aussi hors du temps : «prendre l’argent là où il se trouve », chez les « riches »,   interdire les licenciements, dont le seul objet est d’accroître le profit des patrons, nationaliser les entreprises déficitaires.

 

Conservatisme aveugle ? Surenchère sur fond de rivalités syndicales ? Démagogie ordinaire ?

 

Et si ces syndicats étaient tout simplement dans l’air du temps ? L’Europe connait aujourd’hui une forte poussée populiste, avec l’incroyable triomphe de Beppe Grillio aux élections générales en Italie.

 

Caractérisé par un type de discours prenant pour cibles « les élites » et prônant le recours au « peuple », le populisme a existé dans sa forme syndicale dans les années 50, avec Pierre Poujade. Très à droite, ce syndicalisme populiste se définissait comme une rébellion qui puisait dans le répertoire de la révolte contre les « gros », le fisc, les notables, au nom du bon sens des « petites gens ».

 

Toutes choses égales par ailleurs, se trouve-t-on aujourd’hui en présence d’un nouveau syndicalisme populiste, qui cette fois-ci serait de gauche ? S’interroger sur ce qui pourrait alors être considéré comme une dérive, est peut-être la meilleure façon, pour ceux-là même qui y tendent, sans certainement l’avoir voulu,  d’en prendre conscience.

 

 

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Published by gpancraz
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