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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 03:37

Dans tous ses meetings, Nicolas Sarkozy reproche à Marine Le Pen d’avoir fait élire François Hollande, en prônant l’abstention au second tour des présidentielles de 2012.

Aurait-il été possible qu’il en fût autrement ? Imagine-t-on  Nicolas Sarkozy se faire élire avec les voix du Front National à la suite d’un appel de Marine Le Pen à le soutenir ?

On sait ce qu’il advint de l’un des hommes politiques les plus en vue des années 90, lorsqu’aux régionales de 1998, Charles Million avait accepté les voix du Front National pour se faire élire à la présidence du Conseil Régional Rhône- Alpes. La condamnation fut unanime, il fut exclu de l’UDF et disparut de la vie politique.

Mais il est vrai que les choses ont sensiblement évolué. En 2011, on est passé du pacte républicain au « ni-ni », et de Jean-Marie Le Pen à  Marine Le Pen. Et aujourd’hui,  peu nombreux sont les candidats de droite qui refuseraient les voix du Front national pour se faire élire, quand ils ne les sollicitent pas ouvertement.

Sur le fond, Nicolas Sarkozy prononce des discours que ne renierait pas Jean-Marie Le Pen et qui il y a quelques années, auraient fait l’objet d’une réprobation unanime. Le meeting de Nice ce mardi 21 octobre, sur l’immigration et sur ce que doit-être la France, est significatif de cette évolution.

Pendant ce temps, au Front National, on rejette l’appellation d’extrême droite. Son numéro 2 Florian Philippot issu du mouvement des citoyens de Jean-Pierre Chevènement se dit gaulliste. Il s’oppose aux affirmations d’Eric Zemmour sur le rôle de Vichy lors de la seconde guerre mondiale, affirmant que la France était à Londres et nulle part ailleurs. Dans le même esprit, Gilbert Collard autre figure emblématique du parti créé par Jean-Marie Le Pen, rappelle à qui veut l’entendre, qu’il avait soutenu la candidature de François Mitterrand en 1981.  

A gauche, aussi c’est le grand chambardement. Tout le monde s’accorde pour dire que le marxisme a vécu. Mais chose à peine croyable, selon Manuel Valls, Premier ministre d’une majorité socialiste, le socialisme aussi. Il le qualifie de « gauche passéiste ». On se rend alors compte que le social libéralisme de Manuel Valls et le centre droit d’Alain Juppé sont de plus en plus proches l’un de l’autre et que leurs politiques se rejoignent. Pour preuve, François Bayrou ne sait plus à quel saint se vouer, et va indifféremment de la gauche à la droite...

La « crise économique », qui va bien au-delà d’une simple crise, n’est pas sans influence sur les équilibres politiques nouveaux. Le temps n’est plus à la rêverie. Deux grands courants semblent désormais devoir s’imposer. D’un côté un centre libéral et européen qui regrouperait la gauche modérée représentée par Manuel Valls et la droite centriste incarnée par le duo Alain Juppé-François Bayrou. De l’autre, une droite nationale avec Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen. 

Manuel Valls, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen en ont tiré les conséquences. Ils sont pour la refondation de leurs partis avec un changement de nom. C’est l’effet visible de ce big bang politique qui se prépare en France en ce début du 21e  siècle.

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Published by gpancraz
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