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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 09:30

Billet publié dans l'Express.fr du 3 septembre 2013

Son image s’est trouvée profondément écornée tant par sa campagne à la présidence de l’UMP que par sa calamiteuse élection qui a suivie. Dépourvu de toute marge de manœuvre, noyé au milieu d’une kyrielle de vice-présidents et de délégués de toutes sortes, dont beaucoup lui ont été imposés, Jean-François Copé, plus diminué que jamais, n’a rien trouvé de mieux, après le mini séisme politique qui a suivi l’affaire Cahuzac, que de s’en aller à Brazzaville pour donner,  contre rémunération, une conférence sur un forum économique …

Président le plus contesté parmi tous ceux que le parti gaulliste a connu, il est sûr que l’été 2013 aura été l’un des moments les plus difficiles de sa carrière politique. Il se devait donc de tout faire pour reconquérir la confiance des siens. Malheureusement pour lui, les deux initiatives fortes qu’il a prises en ce début de rentrée –inventaire du quinquennat et Syrie- se sont avérées contre productives.

La guerre en Syrie a pu donner au président de l’UMP, l’espoir de prendre la tête d’un consensus, qui a semblé au départ se dégager, tant au sein de la majorité que de l’opposition.

Cependant les leaders de l’UMP, dont François Fillon, sont apparus réticents au projet d’intervention. Les sondages et la décision du président Obama d’en appeler au Congrès, après le retrait des anglais, a ensuite changé la donne politique. Faisant « machine arrière-toute », le président de l’UMP a alors posé des conditions. Il a déclaré ce samedi qu’il convenait d’attendre le rapport de la mission d’inspection de l’ONU (plusieurs semaines) et il a ensuite demandé que François Hollande consulte  préalablement les présidents des partis, ce que ce dernier ne semble pas à l’heure actuelle disposé à faire.

Déjà, ses vacances en Corse l’avaient convaincu qu’il fallait donner satisfaction à ceux qui réclament un inventaire du quinquennat de Nicolas Sarkozy. En particulier des partisans de François Fillon, cherchant par ce moyen à stigmatiser l’ancien président, oubliant au passage, que leur leader en avait été le Premier ministre.

Un détail qui ne lui a certainement pas échappé, il  aurait ainsi fait d’une pierre deux coups, lui-même n’ayant  participé à aucun des gouvernements de l’ère Sarkozy-Fillon.

Mais ne disposant pas du rapport de force suffisant pour agir sans l’aval de Nicolas Sarkozy et de François Fillon qui n’en veulent à aucun prix,  il y a de fortes chances pour que la  bombe à fragmentation, concoctée sur l’île de beauté par le président de l’UMP, ne devienne très vite  un pétard mouillé.

Mal élu, Jean-François Copé ne dispose pas de l’autorité nécessaire qui lui permettrait de prendre, selon les évènements, les positions qu’il estimerait conforme  à l’intérêt de son parti. Il en résulte que L’UMP parle de plusieurs voix, donnant l’impression d’un mouvement sans cap, dérivant au gré des courants.

Les mains liées, Jean-François Copé apparaît de plus en plus isolé. Ses alliés les plus proches prennent leur distance. Luc Châtel explique que sa fidélité envers Jean-François Copé n’est pas exclusive de sa loyauté envers François Fillon. Christian Jacob n’a pas attendu son avis (qui sera opposé au sien) pour prendre position en faveur d’un vote de confiance pour décider de la guerre en Syrie. 

Jean-François Copé voit de plus en plus son rôle se réduire à l’administration provisoire de l’UMP, dans l’attente des prochaines élections au sein du mouvement.

Au train où vont les choses, on peut se demander si sa présidence, ainsi exercée,  ne va pas être le tombeau de ses illusions présidentielles.    

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Published by gpancraz
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