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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 08:59

 

Je ne suis pas persuadé que le groupe socialiste au Sénat, a rendu le meilleur service à François HOLLANDE, en inscrivant à l’ordre du jour de la Haute Assemblée, on peut dire prioritairement, le droit de vote, pour les élections municipales, des étrangers en situation régulière.

 

Dans une période de crise, peut-être sans précédent, à un moment où personne ne sait de quoi demain sera fait, il paraît pour le moins singulier que la majorité sénatoriale de gauche, n’ait rien trouvé de mieux, sitôt élue, que de mettre sur la place publique, à grand renfort de déclarations toutes plus tonitruantes les unes que les autres, un projet législatif qui est le cadet des soucis de la plupart des nationaux et qui laisse les étrangers concernés dans la plus totale des indifférences.

 

Les préoccupations des nationaux comme des étrangers sont ailleurs. La crise gronde et ces derniers plus que tous autres, savent qu’ils seront toujours les premières victimes d’une situation sociale qui risque de se dégrader dans les mois qui viennent. Il n’est pas sûr que dans ces temps où la xénophobie rôde, ils apprécient que l’on ait braqué sur eux une lumière aussi crue.

 

Enfin, les élections municipales ayant lieu en 2014, on se demande vraiment, sans pouvoir d’ailleurs apporter de réponse satisfaisante, ce qui a poussé la majorité sénatoriale à enfourcher ce cheval de bataille, toute autre affaire cessante, alors encore et que de toute façon, tant que la droite aura la majorité à l’Assemblée Nationale, ce projet qui date de l’ère JOSPIN ne pourra pas aboutir.

 

Seuls les sénateurs se sont passionnés pour débattre d’un sujet qui aurait dû être traité dans un climat serein, la période de pré campagne présidentielle, où tout est prétexte à polémique, à faux semblant et à sous entendus, n’étant certainement pas la mieux choisie pour y parvenir.

 

Cela n’aurait-il pas eu plus d’allure, si dès son élection, la nouvelle majorité sénatoriale, avait débattu par priorité et en dehors de toute polémique, de la crise qui nous frappe, des moyens d’en sortir, des mesures à prendre pour préserver les plus vulnérables.

 

Il est sûr que le parti socialiste aurait marqué des points, dans le domaine de la crédibilité à résoudre la crise, où son déficit est le plus important, il aurait donné un contenu concret au mot changement,  plutôt que d’aborder un sujet en décalage avec les préoccupations du pays.

 

Autrement dit, il n’est pas sûr que ce type de débat, soit profitable à François HOLLANDE.  Il n’en est certainement pas l’initiateur, ni de prés ni de loin et il est vraisemblable qu’il aurait préféré éviter de donner à la droite l’occasion de pouvoir retrouver, au moins l’espace d’un second tour, un électorat qui l’avait délaissé, le Ministre de l’intérieur, en parlant de communautarisme, de repas hallal et de piscines y ayant clairement fait référence.

 

Si l’on ajoute, polémiques et critiques relatives à « l’accord »  passé avec les écologistes, des investitures sur lesquelles l’équipe HOLLANDE n’a que peu de maîtrise, la « sortie » d’affaires de corruption dans le Pas de Calais, la « chicaya » Arnaud MONTEBOURG – Jack LANG, avec promesses de gifles et de plainte en diffamation, les petites phrases « assassines » qui se multiplient, on peut se demander si au sein du parti et dans son environnement, comme cela fût le cas avec Ségolène ROYAL, tout n’est pas fait pour entraver la marche du candidat vers l’Elysée.

 

Le problème vient de ce que, jusqu’à la candidature de cette dernière à l’élection présidentielle de 2007, le candidat a toujours eu la maîtrise totale du parti, ce qui lui était de toute façon nécessaire pour se faire investir. Avec le nouveau concept des élections primaires, on peut être désigné candidat sans le parti et faire campagne alors qu’il se trouve entre les mains de son ancienne concurrente et de son équipe. Sans mettre en cause la loyauté de ses dirigeants, la vigilance peut, de leur part, ne pas être la même, les dérapages, contrôlés avec moins de détermination, les ambiguïtés plus nombreuses, et tout ceci en l’absence de tout moyen de pression pour calmer les plus retors.

 

Il eut été impératif, qu’après les élections primaires, la direction du parti ait été rééquilibrée en faveur du candidat, voire, comme ce fut le cas pendant les primaires, qu’un intérim du secrétariat général soit organisé avec un proche du candidat.

 

Il est une règle absolue en la matière, « Le candidat à la présidentielle doit avoir le parti dans sa main ». Elections primaires ou pas, jamais personne n’a pu d’un revers de manche balayer les égos, les susceptibilités, les rancœurs ou/et les ambitions  des uns et des autres.

 

Peut-être que François HOLLANDE alangui par de très bons sondages, n’a pas jugé opportun d’exiger ce que Martine AUBRY aurait dû spontanément lui offrir. C’est étonnant pour un homme qui s’est préparé à cette épreuve avec tant de minutie, qui n’a rien négligé, jusqu’aux moindres détails concernant son physique, sa tenue vestimentaire, ses déclarations toujours très « calibrées », de laisser le parti, moteur de l’élection présidentielle sous la 5e République, entre d’autres mains que les siennes.

 

Il n’y a pas de semaine où des incidents de la nature de ceux que nous avons cités ne se produisent. Ils n’ont pas pour l’heure, semble-t-il, d’incidence sur l’avance du candidat qui a préféré se distancier du parti, plutôt que de l’investir. Ségolène ROYAL s’était trouvée confrontée à ce même problème, sa distanciation s’était traduite par son isolement. La situation est aujourd’hui différente. La stature que François HOLLANDE a su se donner et l’équipe qu’il a autour de lui, lui permet d’adopter la stratégie qui consiste à prendre de la hauteur en se tenant en dehors « de tout cela »… et par la même du parti.

 

C’est d’ailleurs dans la logique de la désignation du candidat, par un corps électoral élargi à l’ensemble « du peuple de gauche » duquel il tient sa légitimité. Mais en politique, est-il toujours raisonnable de s’en remettre à la seule logique ? gpancrazi.over-blog.com

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