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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 19:36

« Si je suis battu, j’abandonne la vie politique. »

 

Pour cette seule phrase prononcée dans le cours d’une causerie de peu d’intérêt, peut-être même sans y avoir pris garde,  l’un des hommes les plus puissants de la planète, dès le résultat annoncé, disparait de la scène publique.

 

Démuni du pouvoir, sans aucune perspective de le reconquérir un jour, ceux qui avaient, et parfois depuis si longtemps, investi en lui et qui composaient l’essentiel de ses relations personnelles, le fuiront, avec en plus une sensation étrange, celle d’avoir été trompés.

 

Très vite seul avec lui-même, libéré peut-être même sans vraiment l’avoir voulu de toutes ses autres contraintes, il se trouvera d’abord confronté à quelques problèmes matériels.

 

La cérémonie de passation des pouvoirs lui vient de suite à l’esprit. Terrible épreuve que celle d’aller célébrer sa propre défaite, alors que l’on voudrait pouvoir s’évanouir dans l’au delà. Singulière tradition que celle qui consiste à  rendre hommage à son contempteur alors qu’on le hait plus que tout au monde. Curieux cahier des charges, qui lui fait obligation de faire bonne figure, d’aligner sourires et traits d’humour avec une recommandation particulière pour l’autodérision…Un abaissement qui n’a pour seule échappatoire que l’humilité, dont on dit qu’elle est  la porte ouverte à toutes les perfections, maigre consolation.   

 

Son chauffeur de toujours, si fidèle, si modeste, si soumis, lui paraît maintenant un tantinet détaché. Ils n’en a plus que pour quelques jours. Il doit certainement penser à son affectation future. Mais il ne peut désormais plus rien pour lui. Lui-même devra d’ailleurs se trouver un job. Au pire ce sera le cabinet. Mais c’est du boulot et cela fait une éternité qu’il n’a pas ouvert un code. Il y a bien-sûr le Conseil, mais sous la présidence de Jean-Louis …On parlait d’humilité, il en faudra vraiment pas mal. Mais c’est  mieux que rien, et ça reste dans ses cordes.

 

Il se trouvera ensuite confronté à l’une des plus cruelles réalités de la vie, l’ingratitude. Jean-François n’a pas rappelé, François non plus, sans parler d’Alain qu’il a sorti du trou, même Nadine… Ce n’est certainement pas cela qu’il a voulu, tout abandonner ainsi... Cela a été vite, très vite, trop vite…Il a pourtant espéré qu’ils le harcèleraient, qu’ils le supplieraient,  « tu es notre chef, on ne peut rien faire sans toi, c’est avec toi que l’on va reconquérir le pouvoir… » Bien au contraire, ils n’arrêtent pas de répéter qu’ils respectent sa décision d’abandonner la politique. Ils ont fermé la porte. 

 

Les copains de toujours ne répondent plus : « il est en réunion » « il vous rappellera dès que possible » « il vient juste de partir en rendez vous extérieur », « il n’est toujours pas rentré ». Cela va être dur, très dur. 

 

Plus d’égard, plus d’attention... Il reste les dîners en ville, et quelques conférences.

 

Tiens un SMS. C’est CARLA, qui part se reposer chez ses parents. Il a  l’impression qu’elle lui fait la gueule.  Bon, il faut arrêter, il devient parano.   

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Published by gpancraz
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