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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 16:50

Jeune administratrice au Sénat, Rama Yade a eu l’immense chance de correspondre au casting de Nicolas Sarkozy pour la présidentielle de 2007. Jusqu’alors inconnue, elle fut ainsi dispensée de l’interminable et incertain parcours, qui conduit les cadres les plus chevronnés du parti, à une fonction gouvernementale.

 

Ce fut le grand saut. Elle sera nommée Secrétaire d’Etat chargée des affaires étrangères et des droits de l’homme, poste insolite, valant en prestige bien des portefeuilles ministériels de plein exercice.

 

Après quelques bévues, comme le fait d’aller soutenir une manifestation de rue ou de voler dans les plumes du président de la République qui avait eu la fâcheuse idée d’inviter le Guide suprême libyen à Paris, elle a su faire entendre sa petite musique, tout en veillant du mieux possible à demeurer en deçà de la ligne jaune. Les quelques dépassements qui eurent lieu, furent jugés insuffisants pour se priver de l’égérie de la diversité, d’autant que son éviction du gouvernement, aurait été le signe d’un échec patent,  dans un domaine où justement, la politique présidentielle était la plus vulnérable.

 

Tout le monde s’en accommoda, et à ce jeu, qui fit le délice des gazettes, elle sut faire preuve d’un savoir faire remarquable, qui n’eut pour seule conséquence, que de la faire accéder au Secrétariat d’Etat aux sports, celui qu’elle occupait ayant été supprimé. Elle n’en fut en rien contrariée, l’important n’était-il pas de bénéficier d’un support ministériel, pour donner du lustre à ses déclarations plus ou moins nuancées, sur la politique gouvernementale, et qui devaient la rendre si populaire ?

 

Elle fit tant et si bien, que les français la classèrent dans le groupe de tête dans les enquêtes relatives aux personnalités qui avaient sa préférence, celles ayant le plus d’avenir, celles susceptible de jouer un rôle important…Seuls des monstres sacrés comme Yannick Noah, Zinedine Zidane ou encore Mimi Mathy étant en mesure de lui damer le pion.

 

Et ce fut le début d’un lent déclin.

 

Elle se crut suffisamment solide pour en vouloir à un Nicolas Sarkozy à la ramasse dans les sondages, qui l’avait écarté du gouvernement et pour mépriser le poste d’ambassadeur à l’UNESCO qu’il lui avait octroyé, en déclarant à plusieurs reprises qu’elle ne lui avait rien demandé.

 

Cet emploi qui aurait fait le bonheur de responsables infiniment plus huppés qu’elle, ne suffit pas à calmer ses appétits pour une carrière qu’elle souhaitait, aussi considérable que fulgurante. L’UMP ayant de son côté marqué certaines réticences à ses ambitions, elle devait claquer la porte du premier parti de France qui avait refusé de lui confier en son sein, le département  jeunesse.

 

Elle s’engagea alors dans une aventure en solitaire ou presque, le parti Radical n’étant là que pour lui donner un support politique virtuel.

 

Trop instruite de la chose politique pour ignorer qu’il y a tout un monde entre popularité et élection, des personnalités d’une autre trempe qu’elle comme Simone Weil, pour ne citer qu’elle, en ayant fait l’amère expérience, trop vaniteuse pour accepter que sans l’investiture d’un grand parti, sans un ancrage militant et associatif, on n’a aucune chance de gagner, elle se lança dans les législatives à Colombes, où elle fut éliminée dès le premier tour avec un score des plus médiocres.

 

Privée de tout emploi politique et de tout mandat électif, son seul « ronron » deviendra notoirement insuffisant pour intéresser la galerie. Elle l’a tellement bien compris, que son blog est resté muet depuis sa défaite.

 

Réintégrer l’UMP serait sa seule chance de rebondir, mais en attendant son tour, dans la longue queue des postulants. Et là, le risque d’enlisement est important, d’autant que le petit jeu, des petites phrases, contre les petits copains, serait totalement proscrit.

 

Recluse dans le parti radical, dans lequel l’on trouve plus de vieux requins, aguerris par milles combats que de militants, que la jeune gazelle ne saurait effrayer, son avenir politique est des plus incertains.

 

C’est aujourd’hui, pour l’ex star des médias, la seule chose dont  elle peut être assurée.   

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Published by gpancraz
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