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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 06:56

C’est Pierre Bérégovoy qui inaugura en 1989, date de son achèvement, le ministère des finances rue de Bercy dans le 12e arrondissement de Paris. 16 ministres de l’économie et des finances lui ont succédé depuis, en y incluant Pierre Moscovici qui vient d’y être nommé. *

Dix d’entre eux sur quinze ont connu un destin contraire à ce que pouvait leur laisser espérer l’exercice de responsabilités d’une telle importance.  

Tragique pour Pierre Bérégovoy, particulièrement humiliant pour Dominique Strauss Kahn, la fin de ces deux ministres emblématiques de l’économie et des finances, fut parmi ce que la République a connu de pire.

A l’exception de deux des trois ministres de la société civile et de trois ministres dits « politiques », qui ont été nommés sur cette période, tous les autres auront un sort contrasté.

Le plus célèbre d’entre eux, Nicolas Sarkozy devait démissionner 8 mois après sa nomination, à la suite d’un désaccord profond avec Jacques Chirac : « j’ordonne, il exécute » avait dit ce dernier au cours d’une fameuse conférence de presse. Alain Madelin, dont l’avenir politique ne laissait place à aucun doute, démissionna 3 mois après avoir été nommé à ses fonctions, se trouvant en désaccord profond avec la politique de Jacques Chirac, dont il avait pourtant animé la campagne. On ne devait plus entendre parler de lui dans l’exercice du pouvoir. Il en fut de même pour Hervé Gaymard, qui dut remettre sa démission, trois mois après avoir été nommé, pour avoir choisi un appartement de fonction dont le loyer était hors de proportion avec les moyens de la République. Il était pourtant l’un des poulains de Jacques Chirac, promis au plus bel avenir. Lui non plus ne réapparut plus sur la scène publique. Christian Sauter qui venait de remplacer Dominique Strauss Kahn, qui avait lui-même démissionné pour cause « d’affaires », démissionna à son tour quatre mois plus tard, pour avoir voulu mettre en œuvre un projet relatif aux personnels des impôts, initié par son prédécesseur. Ceux-ci se mirent en grève et eurent raison de leur tout nouveau ministre. Considéré comme un homme d’une grande compétence, particulièrement rigoureux, il ira exercer ses talents à la mairie de Paris. Enfin Jean-Louis Borloo, un mois après son arrivée à BERCY dut laisser sa place à Christine Lagarde pour cause de tva sociale annoncée en pleine campagne des législatives et qui coûta bon nombre de députés à la majorité présidentielle. Cette dernière qui fit un parcours des plus satisfaisants,  se trouve à devoir répondre, devant la Cour de Justice de la République, de l’opportunité de l’arbitrage intervenu dans l’affaire Tapie,.

Laurent Fabius avec l’affaire du sang contaminé dont il devait ressortir blanchi et Edouard Balladur dont le manquement à l’éthique commit envers Jacques Chirac, plus préjudiciable que l’affaire Karachi, au moins pour l’heure, n’eurent pas la carrière espérée, bien que l’on ne puisse pas dire que leur passage à Bercy y soit pour quelque chose.    

Même si l’on peut être frappé par l’importance du nombre des ministres ayant exercé à BERCY et qui ont connu des fortunes diverses, on ne peut pas aller jusqu’à dire, même pour les plus superstitieux d’entre nous, (dont je m’honore de faire parti) qu’il y aurait  sur ce ministère une malédiction.

Deux ministres des finances  émanant de la société civile, Francis Mer et Thierry Breton ont fait l’un et l’autre un parcours sans faute, avec un record de longévité, chacun deux ans environ. Trois « politiques » ont également tiré leur épingle du jeu, Michel Sapin (1an), Jean Arthuis (2ans) et  François Baroin (10 mois et demi).

Cette étude, montre que le Ministère de l’Economie et des finances ne souffre pas un profil politique trop marqué, une personnalité trop tranchée. Il convient à des techniciens ou à des « politiques » modérés.

Quid pour Pierre Moscovici ? Il possède la compétence technique. Son engagement politique est plus marqué, plus incisif, plus percutant  dans l’expression et dans l’aspect partisan que celui d’un Michel Sapin ou d’un Jean Arthuis.

Pour autant, rien ne permet de lui prédire, comme certains le soutiennent, un sort contraire à ces derniers. Candidat aux législatives un échec serait une véritable surprise. L’élan de l’élection présidentielle, un talent de débatteur hors du commun, une intelligence à la Fabius, les fonctions mêmes qu’il occupe et les résultats de l’élection présidentielle, dans la 4e circonscription du Doubs, ne devraient pas permettre de le voir perdre son siège et par la même sa fonction ministérielle.

* Pierre Bérégovoy, Édouard Balladur,  Michel Sapin,  Alain Madelin,  Jean Arthuis,  Dominique Strauss-Kahn,  Christian Sautter,  Laurent Fabius  Francis Mer,  Nicolas Sarkozy, Hervé Gaymard, Thierry Breton,  Jean-Louis Borloo, Christine Lagarde, François Baroin,  Pierre Moscovici.

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Published by gpancraz
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