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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 18:28

 

Nicolas SARKOZY a décidé de durcir le ton autant qu’il est possible.

 

A l’occasion des rassemblements d’Annecy et de Marseille, qui ont lancé sa campagne officielle, il a attaqué avec une très grande virulence François HOLLANDE, le traitant à plusieurs reprises de menteur, il a cherché à démontrer par le biais d’une interminable tirade, que contrairement à lui, son adversaire n’aimait pas la France, il a expliqué, preuve de son expérience à l’appuie, que  le candidat du parti socialiste n’avait pas l’envergure suffisante pour diriger le pays.

 

Nicolas SARKOZY est un trop fin politique pour se laisser aller sans raison majeure à ce type de déclaration qui peut se retourner contre lui, tant elle est susceptible de décrédibiliser son auteur, au-delà du cercle de ses partisans.

 

La raison d’une telle prise de risque est évidente, elle est stratégique. D’une part, tout faire pour que le débat soit circonscrit entre lui-même et son adversaire socialiste, une exclusion du second tour par Marine LE PEN serait pour lui la pire des humiliations, d’autre part, modifier la nature du combat de l’élection présidentielle, en entrainant François HOLLANDE dans un « barouf » insensé, le terrain bilan-programme, sur lequel les candidats se trouvent depuis plusieurs mois,  ne lui étant pas favorable et ne paraissant pas pouvoir le devenir.

 

Nicolas SARKOZY a beaucoup hésité avant de se lancer dans la bataille. Les signes de lassitude qu’il a montrés ces dernières semaines n’étaient pas feints. Il sait qu’à la différence de 2007, il ne pourra récupérer qu’une partie trop insuffisante des voix du Front National et du centre, François BAYROU, comme Marine LE PEN, préférant désormais voir la gauche arriver aux affaires, plutôt que de le voir reconduit dans ses fonctions.

 

L’exercice entrepris par Nicolas SARKOZY est des plus périlleux, mais il a estimé qu’il n’avait pas d’autre issue.

 

Cette stratégie a déjà porté ses fruits, au moins en ce qui concerne le premier tour, puisque les études faites montrent un déplacement de deux à trois points des électeurs de Marine LE PEN vers Nicolas SARKOZY.

 

Ce déplacement d’une frange d’électeurs du Front National résulte de ce qu’une partie de cet électorat, préfèrera toujours un président de droite qui s’oppose aux évolutions préconisées par la gauche dans le domaine sociétal, plutôt qu’un président de gauche. Après avoir manifesté leur attachement pour la candidate de leur cœur, ils retrouveront celui de la raison susceptible de l’emporter.

 

Mais s’il creuse l’écart avec Marine LE PEN, rien ne bouge en revanche en ce qui concerne François HOLLANDE et on ne voit pas comment pourra s’inverser le cours des choses.

 

La stratégie suivie fait le jeu de François HOLLANDE qui dans le « contre », est réputé imbattable, maniant la dérision avec un art consommé, possédant  à la perfection l’art de l’esquisse, se trouvant particulièrement à l’aise dans la repartie et jouant avec beaucoup d’habileté d’un humour qui peut conduire à déstabiliser les adversaires les plus retors.

 

Il a dit et répété qu’il  ne s’engagerait pas sur la voie proposée par son adversaire. Il a opté à l’évidence pour « la force tranquille », que le président sortant, aurait-dû naturellement choisir, au lieu de l’agitation qui ne pourra que le desservir.

 

Une telle stratégie, dont on ne peut même pas être sûr qu’elle ne se retourne pas contre lui dès le premier tour, ne lui laissera  aucune chance pour le second. L’agressivité n’a jamais fait les présidents.

 

Une stratégie perdante ? Rien n’est jamais impossible en politique, mais cela y ressemble fort bien et de plus en plus.

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Published by gpancraz
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