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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 17:28

Le billet d’Eric SEYDOUX

 

Les coups pleuvent comme à Gravelotte. Depuis la rentrée de septembre, l’Elysée essuie un feu nourri. La guerre est déclarée, elle sera féroce, elle ne cessera qu’avec l’élection présidentielle. MEDIAPART est à l’offensive, la presse toute entière suit comme un seul homme, parlée, écrite, télévisuelle, elle reprend la litanie des informations, vraies ou fausses, démenties ou confirmées, vérifiées ou non, il importe, elles atteignent toutes leur objectif, saper, user réduire, laminer, pour qu’il ne reste plus rien ou pas grand-chose au moment de l’assaut final.

 

Crise morale artificiellement créée, qui singulièrement supplante une crise économique bien réelle alors que la France est désormais en filigrane, dans la longue succession des pays dans le collimateur des agences, alors que l’Europe s’effiloche et signal préoccupant,  des institutions caritatives  ne pourront plus assurer leur mission.

 

Crise morale que l’on emmêle à une crise économique, jusqu’à faire croire qu’en réglant la première on réglerait la seconde, jusqu’à dire que pour que tout aille mieux, il suffirait de prendre aux riches pour donner aux pauvres,  et qu’alors la croissance reprendrait, que les créations d’entreprises augmenteraient, que le tissu industriel se  reconstituerait et que l’emploi bien évidemment serait relancé …  

 

Démagogie absurde mais qui fonctionne même au-delà de l’irraisonnable, même parmi les plus avertis, même parmi les plus pourvus qui réclament de payer pour que tout aille mieux, peut-être pour seulement se donner bonne conscience, alors qu’ils savent bien que le problème est d’une toute autre dimension et que sanctionner ceux qui entreprennent, faire de la démagogie d’un autre temps, exhumer un Georges MARCHAIS qui fut même renié par les siens, conduit à saper la confiance, à créer un climat délétère, à pourrir les relations sociales, alors que l’on sait parfaitement que la solution est ailleurs.       

 

Crise morale alimentée par une juge qui déclare avoir les preuves de l’indélicatesse du président, par des témoins qui l’infirment, par le placement en garde à vue de proches du président, par l’affaire KARACHI, par la présence même du juge VAN RUYMBEKE, par l’affaire des emplois fictifs à la mairie de Paris, par la dénonciation d’une justice à deux vitesses, par la reprise incessante de l’adage du deux poids deux mesures, par l’affaire BOURGI, par l’affaire CLEARSTREAM, par BALLADUR que l’on dit compromis et peut-être demain en garde à vue, par un braquage à ORLY, par l’affaire SERVIER, par toutes les affaires qui sortent au rythme d’une affaire chaque jour.

 

Qui a fait quoi ? Peu importe, tout se retourne contre le président, qu’il soit concerné ou non que l’on démente ou non. Le doute s’insinue partout, il taraude les esprits, infiniment plus dévastateur que la vérité elle-même, qui ne semble plus exister.

 

Et c’est bien là la preuve de la gravité de la crise morale que nous traversons. Lorsque tout remonte au sommet, lorsque le bien ne se distingue plus du mal, lorsque l’on mélange tout, lorsque l’on amalgame tout, lorsque SARKOZY devient responsable de tout, alors rien ne pourra plus arrêter ce torrent d’eau saumâtre et de boue qui déferle de partout et qui paraît pouvoir tout emporter, tant il semble  irrésistible.

 

Nicolas SARKOZY pourra-t-il ébranler le roc de la suspicion, du doute, du scepticisme, pour les plus modérés, de la colère, voire de la haine pour les autres.

 

La Libye, succès diplomatique inouïe qui a changé l’image de la France aux yeux du monde arabe et même du monde occidental, la France qui résiste le mieux à la crise avec des prises de décisions promptes et efficaces, la France qui est la seule à avoir pu maintenir sa formidable politique d’aide sociale… Rien n’y fait et il semble que rien n’y fera.

 

Dans une société du résultat, une société du jetable, on n’attend plus, on ne répare plus, on change, on ne sait pas si ce sera mieux, mais on change, on change pour le changement, mot magique sur lequel depuis trente ans se font toutes les campagnes présidentielles, le changement, plus que jamais à l’ordre du jour.

 

Nicolas SARKOZY est le seul qui ne peut le promettre. Comment peut-il promettre de changer ce qu’il doit pleinement assumer sans reconnaître qu’il s’est  trompé ? Et il importe peu que ce soit ou non le cas.

 

Alors, la question doit être posée. Peut-il encore gagner, c'est-à-dire peut-il encore faire gagner son camp ? Il a seul la réponse. S’il pense pouvoir gagner, il ira.

 

Sinon, il s’effacera. S’effacer pour  éviter à son camp une défaite, une défaite certainement injuste, mais une défaite annoncée, même si en politique rien n’est jamais sûr.

 

Nicolas SARKOZY ne peut certainement pas terminer une brillante carrière par une défaite humiliante. Il sait que s’effacer effacerait tout, s’effacer devant l’injustice lui redonnerait dignité et grandeur, donnerait une chance à son camp et laisserait son avenir intact. Mais gagner lui donnerait aussi tout cela.

 

Alors ? S’effacer ou gagner ?

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Published by gpancraz
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