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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 09:29

Publié et mis en Une par l’Express.fr

 

Nicolas SARKOZY n’est pas né de la dernière pluie. Il sait bien qu’un accord entre Jean-François COPE et François FILLON n’est pas imaginable en l’état et certainement pas dans un délai de trois jours. En leur adressant ce vendredi un ultimatum par l’intermédiaire de l’Agence France Presse, et en les mettant en demeure de trouver une solution dans les 72 heures sous peine d’être disqualifiés,  l’ancien président a surtout voulu montrer qu’il fallait toujours compter sur lui.*

 

Les observateurs avaient déjà noté que Nicolas SARKOZY  avait cherché à atténuer le triomphe annoncé de François FILLON. Jean SARKOZY avait assisté à l’une des réunions publiques de Jean-François COPE et les plus proches collaborateurs politiques de l’ancien président, Henri GUAINO et Brice HORTEFEUX, lui avaient apporté son soutien.  

 

Nicolas SARKOZY aurait en effet pu difficilement revenir dans la course, si François FILLON était élu président de l’UMP avec une marge importante. Pourvu d’une stature d’homme d’état et nanti d’une incontestable image de présidentiable, il aurait très vite tourné la page du sarkozysme, dès lors qu’il aurait été plébiscité par les militants. Jean-François COPE ne s’y était d’ailleurs pas trompé, sa référence incessante et paradoxale à l’ancien président, devant lequel il s’effacerait s’il le lui demandait, a été sa meilleure arme contre son concurrent.    

 

L’élection inattendue du maire de Meaux, ne pouvait donc que faire le jeu d’un candidat en stand by, qui n’aurait rien eu à craindre du nouveau responsable du parti.

 

Mais la situation délétère qui a suivi avec un Jean-François COPE qui est apparu -à tort ou à raison- comme peu scrupuleux, ne lui permettait plus de se contenter d’attendre dans son ombre, avec le risque de voir le parti se désintégrer sous ses yeux. Peut-être a-t-il voulu  aussi, avec son communiqué, amoindrir durablement les deux prétendants principaux à sa succession, en mettant l’accent sur leurs insuffisances.    

 

Comme c’est souvent le cas dans ces situations, les ennemis d’hier, conscients du péril imminent qui les menaçait ont immédiatement renoué le dialogue. ** Pas pour longtemps semble-t-il, Jean-François COPE cherchant manifestement à gagner du temps, parle d’une réforme des statuts puis d’un vote pour la présidence du parti, seulement en 2014, François FILLON voulant à tout prix, maintenir le principe d’un vote immédiat.

 

S’ils ne parviennent pas à s’entendre, on peut estimer que l’ancien président, compte tenu de la fermeté de ses propos,  aura vu écorner inutilement son autorité. S’ils y parviennent, les deux protagonistes pourront se prévaloir d’une légitimité chèrement acquise et l’un comme l’autre ne se sentiront plus tenus de ménager l’ancien président de la République.

 

On peut dès lors se demander si Nicolas SARKOZY, dans une situation qui demeure de toute façon, extrêmement confuse, a eu raison de sortir prématurément de sa réserve, d’autant qu’au train où vont les choses,  la route paraît désormais bien longue jusqu’en 2017.

 

* « Nicolas SARKOZY demande à François FILLON et à Jean-François COPE de trouver une solution avant mardi, faute de solution les deux hommes seront disqualifiés. »(AFP 30/11/12) 

** Luc CHATEL : « Il faut redonner la parole aux militants » (JDD  2/12/12)

 François FILLON : « dès demain lundi nos  équipes sont prêtes à se réunir avec celles de Jean-François Copé pour réfléchir ensemble à ces modalités d'un nouveau vote. » (Royaumont val d’Oise 2/12/12)

 

 

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