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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 20:23

Me trouvant à Tunis, il y a pas mal d’années de cela, je me souviens m’être fait éjecter sans ménagement, de la rue dans laquelle j’avais passé « les années les plus douces de ma vie », pour être resté trop de temps devant ce que j’appelle toujours ma maison, un modeste appartement au rez-de-chaussée d’un immeuble vétuste situé à Bab ZIRA, l’un des quartiers les plus populaires de Tunis.

 

Je compris ce jour là, que l’homme devait toujours pouvoir être appréhendé par autrui dans ce que j’appelle son statut, à partir d’un concept clair, connu de tous, qu’il soit ou non conforme à ce qu’il est réellement et à ce qu’il représente.

 

Un tunisien a un statut qui lui est propre, un touriste aussi, mais un tunisien qui ne l’est plus et qui n’est pas pour autant un touriste, dont on ne sait pas trop ce qu’il vient faire en un lieu qui ne lui correspond pas, a un statut trop compliqué et devient un individu hors caste, qui sera repoussé et écarté.  

 

La notion de statut a de tout temps été très importante dans nos sociétés, elle rattache celui qui en bénéficie à un clan, à une tribu, à un groupe, à une communauté, à une nation, mais aussi à une profession, à une fonction, à un état, à une situation de fait, à une éthique, à un état d’esprit, à tout un ensemble qui fait de nous ce que l’on est,  dans tous les aspects de la vie.

 

Mais ce qui importe, ce n’est pas le contenu du statut, mais ce que l’on est censé représenter aux yeux d’autrui. Les gens ont besoin de classer, de catégoriser, d’étiqueter, pour se rassurer, mais ils exigeront que celui à qui correspond un statut en soit digne, faute de quoi il le perdra de facto. Ainsi l’on exigera d’un juge qu’il ait le statut d’un juge, le prêtre, celui d’un  prêtre, un président, celui d’un président...

 

Ségolène ROYAL en tant que femme ne représentait pas dans l’esprit des français le monarque tel que nous le connaissons depuis toujours, « elle n’est pas à la hauteur » disait-on d’elle,  cela voulait dire qu’elle n’avait  pas vocation à « endosser » ce  statut encore réservé aux seuls hommes, même si il y a des évolutions, mais très lentes, la France risque d’attendre encore longtemps sa Margaret THATCHER.

 

François HOLLANDE a bien compris cette notion de statut. Motivation sans bornes,  costume sombre, chemise blanche, chevelure impeccable, expression étudiée, gestuelle et intonations qui ont fait tant parler, quand elles n’étaient pas raillées, en ce qu’elles rappelaient François MITTERAND, le président « type » de la gauche, refus d’entrer frontalement dans les polémiques et dans les attaques ad hominem, parce que désormais son style est présidentiel, être au dessus du lot, au dessus de tous, déjà dans les cieux Elyséens, se donnant incontestablement la stature présidentielle et le statut de président, que les français attendent d’un candidat à la présidence de la République.

 

Le contre exemple particulièrement saisissant est celui des écologistes. Ils pourraient certainement faire un score à deux chiffres, ils disposent de l’électorat pour y parvenir. Mais en investissant comme candidate à la présidence de la République française, une femme plutôt bobo, gaucho, folklo, à peine audible tant son accent est indisposant  et qui n’a eu de cesse de s’attaquer aux symboles de la République que le président du même nom est censé incarner et protéger, ils se sont résignés à peut-être ne même pas recueillir les voix de leurs partisans les plus farouches. C’est vraiment l’anti candidate à la présidence.

 

La règle numéro un du candidat à la présidence de la République est de savoir incarner la fonction qu’il est censé exercer, telle que les citoyens qui l’éliront se la représentent. Entrer dans le costume du Président dit-on encore.

 

Nicolas SARKOZY s’il a su incarner l’image du ministre de l’intérieur puis en 2007 celle d’un candidat à la présidence avec toutes les règles que cela implique, s’est mis très vite, après son élection, « hors-statut » de la fonction présidentielle. Cécilia, « avec Carla c’est du sérieux », Disney Land, Petra, « casse toi pauv’con », l’EPAD, Clearstream, Ingrid BETTENCOURT, « descend si tu es un homme », Florence CASSEZ…notamment, ont été autant d’actes, quand ce n’était pas de véritables feuilletons,  qui l’ont mis en dehors du statut de président pour lequel il avait été élu et qui lui imposait de ne pas afficher sa vie privé, ne pas s’occuper des choses mineures, en particulier tout ce qui touche aux intérêts individuels, de parler un langage châtié.

 

Lors de la présente campagne présidentielle, il a poursuivi son erreur en n’assumant pas celui de candidat à la présidence de la République. Une absence évidente de motivation, une stratégie agressive avec attaques personnelles contre son principal adversaire (« menteur », « être français » « j’exige des excuses »..), une course quotidienne engagée derrière des entreprises en difficulté, avec promesses tous azimuts et salarié incrédules, le recyclage d’arguments d’une candidate dont il rejette la philosophie, mais dont il reprend au mot prés et au jour prés les propositions sur des sujets aussi dérisoires pour un candidat à cette haute fonction que  l’étiquetage de la viande hallal ou  le problème des peines non exécutées, qui sont des thèmes qui ne devraient pas être abordés spontanément par le président-candidat, de même que la dramatisation du chahut de Bayonne, par quelques illuminés séparatistes, auquel il a donné une dimension d’affaire d’Etat, qui a en définitive plus conduit à lui nuire qu’à mettre en difficulté son adversaire.

 

Nicolas SARKOZY qui s’est mis hors-statut de président de la République puis de candidat à la présidence, voit s’éloigner par ce fait et de plus en plus, toute chance de l’emporter.

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Published by gpancraz
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