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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 07:40

Le débat de l’entre-deux-tours, est pour le candidat en souffrance, le combat de la dernière chance. En quelque sorte celui  du boxeur dominé par son adversaire, qui ne peut plus compter que sur un coup du sort pour espérer l’emporter. La multiplication de ce type de confrontation, ne peut que favoriser celui qui n’a plus rien à perdre.

 

Nicolas SARKOZY qui sait que sa situation est de plus en plus difficile, dit et fait dire, que si l’on veut que les français se déterminent en pleine connaissance de cause, plusieurs débats seront nécessaires entre les deux tours, deux au minimum.

 

Pourtant, il n’avait  pas eu ce type de prévention lorsqu’il fut opposé au second tour à Ségolène ROYAL. Il était devant dans les sondages et il n’était pas question pour lui de prendre le moindre risque.

 

En 2002, Jacques CHIRAC qui savait qu’il avait gagné n’avait aucun intérêt à se colleter avec Jean-Marie LE PEN, excellent dans ce type de confrontation. Bien que la victoire lui fût acquise, c’est lui qui avait tout à perdre.  Il ne pouvait que perdre en prestige et en points. Aussi, après quelques hésitations, Philippe SEGUIN avait réglé le problème en expliquant qu’il n’était pas question que le président sortant se commette avec le leader de l’extrême droite. Le débat républicain de l’entre deux tour est tombé à la trappe sous les applaudissements de la gauche et de la droite réunies.

 

Mais il est des élections où l’on pense que le face à face a été déterminant. Une réplique telle que « vous n’avez pas le monopole du cœur » pour GISCARD en 1974, ou la fois suivante, « sauf qu’entre temps, vous êtes devenu le président du passif » pour MITTERRAND, aurait selon nombre d’observateurs fait l’élection.  Des mois de campagne, des convictions profondes, des idées fortes, peuvent-elles être ainsi réduites à une phrase de quelques mots ?

 

Ce qui est vrai, c’est que l’on ne connaît pas de candidat qui ayant été démis lors de ce type d’épreuve ait gagné l’élection. Mais on peut se demander si après coup, on n’arrive pas toujours à retrouver la petite phrase qui fait mouche et dont on soutiendra pour toujours,  qu’elle a été à l’origine de la victoire ou de la défaite.   

 

En réalité, personne n’est sûr de  rien dans ce domaine, sauf le pétulant Alain DUHAMEL, qui affirme avec l’insigne prétention qui le caractérise, que trois débats, rien de moins,  sont nécessaires pour couvrir l’ensemble des sujets, ses confrères étant beaucoup plus réservés.    

 

Ces face-à-face de second tour requièrent de la part des débatteurs en présence, habileté, répartie, sens de la formule, sang froid, maîtrise de soi, vivacité d’esprit. Il ne fait guère de doute que c’est  sur ces petites phrases bien senties, assénées au bon moment « à la vitesse du son », que le débat, sinon l’élection, se joue.

 

Mais  il serait dangereux, justement de jouer l’avenir d’une nation sur un coup de dé après une campagne fort longue, fouillée, complète. Le face-à-face de l’entre deux tour doit être le dernier acte d’une longue série d’autres et ne peut en soi être déterminant. Il doit rester une sorte de couronnement du meilleur.

 

Dans le tour de France, ce serait la dernière étape sur les Champs Elysées, une promenade de santé pour celui qui a le maillot jaune. Sauf en cas de duel serré, dans ce cas, cela se jouerait bien évidemment « au sprint » 

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Published by gpancraz
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