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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 19:40

On s’interroge sans cesse sur les raisons pour lesquelles les populations qui relèvent de l’identité « arabo-musulmane », peinent à s’intégrer aux peuples d’occidents, en particulier en France, alors que beaucoup de leurs ressortissants sont proches de ce pays par la langue, par l’histoire et surtout par le fait que c’est le plus souvent vers l’ancienne puissance coloniale qu’ils se tournent naturellement, en tant que de besoin, pour chercher refuge, se faire soigner, travailler, étudier, vivre une nouvelle vie…

 

Une base historique favorable à l’intégration

 

Cette difficulté à s’intégrer est d’autant plus étonnante qu’à l’ère coloniale, dans une certaine mesure, le « petit peuple » était fier de servir la France, à travers notamment son armée à laquelle il a donné tant de combattants loyaux et téméraires.

 

La bourgeoisie cherchait souvent à ressembler au colonisateur à en adopter la culture, la langue, parfois même les habitudes, signes évidents de la consécration d’une ascension sociale réussie.

 

Les guerres de libération ont entamé, plus relativement qu’on aurait pu l’imaginer le prestige de la France, y compris en Algérie, où après quelques atermoiements, les algériens demeurèrent dans leur ensemble francophiles, en particulier les jeunes algériens nés après l’indépendance, traités de « fils de CHIRAC » par les islamistes, qui leur reprochaient d’avoir pour seule ambition d’obtenir un visa pour la France.

 

Les peuples du Maghreb qui constituent une part importante de l’immigration arabo-musulmane, ont une passion réelle pour la France,  avec comme c’est le cas pour toutes les passions des hauts et des bas, des bons et des mauvais jours, si l’on excepte les intégristes de tout poil.

 

Alors, que s’est-il passé pour qu’aujourd’hui, même après avoir réalisé son rêve et plus encore, après avoir acquis la nationalité française, un jeune maghrébin demeure souvent et avant tout tunisien, algérien, marocain, qu’il soit ou non né en France, qu’il parle ou non la langue de ses parents, qu’il connaisse ou non le pays de ses origines.

 

Les causes sont certainement comme toujours multiples et on les connaît. L’attachement viscéral au pays de ses ancêtres, le besoin d’identification, une réaction contre un sentiment de discrimination, le réflexe du repli communautariste, tout cela pour une population qui par sa culture, sa religion, ses mœurs, se distingue plus que d’autres des autres communautés. 

 

Des mœurs incompatibles,  véhiculés par la télévision

 

Mais il y a une cause de non intégration que l’on doit viser tout particulièrement. C’est le développement, dans les pays d’occident de mœurs incompatibles avec ceux qui animent ces populations arabo-musulmanes.

 

Aujourd’hui, dans la société française, c’est l’impudeur qui domine. On ne  connait plus de sentiment de honte, la grossièreté la plus insigne, a droit de citer, elle devient même une valeur. Plus de retenue, de réserve, de délicatesse, l’éducation devient un signe de ringardise, l’impolitesse est toujours préférée à la civilité.

 

Pour s’en rendre compte, il suffit à chacun d’observer les nombreuses émissions télévisées à succès qui nous sont proposées et qui sillonnent nos jours et nos soirées. Les RUQUIER, ARDISSON, TEX, NAGUY, DAVANT et j’en oublie certainement, n’ayant pas la prétention de les connaître tous.

 

Chacun dans son style, à sa manière, de façon plus ou moins criarde, plus ou moins triviale,  propose des émissions dans lesquelles, sur fond de démagogie, il permet aux téléspectateurs d’y trouver, selon les cas, grossièretés, plaisanteries graveleuses, qui tournent presque toujours autour du sexe, dissimulé dans une présentation pseudo scientifique, ou de la façon la plus vulgaire qui soit.

 

A partir de 12 heures NAGUY s’évertue à transformer en vannes salaces tout ce qui passe à sa portée, sombrant volontiers si l’occasion lui en est donnée dans la scatologie de bas étage. Le samedi soir, tout en tenant compte d’un public qui se veut plus intellectuel, RUQUIER  s’inscrit dans le même registre, en n’omettant pas de nous rappeler plusieurs fois par soirée, sans que l’on en connaisse les raisons, sa préférence sexuelle pour les hommes. Quelques heures auparavant ARDISSON qui adopte le vocabulaire le plus cru qui soit, estimant n’avoir pas à s’embarrasser du moindre euphémisme, s’évertue à nous démontrer que nous sommes dans une société pourrie, raciste à l’extrême, indifférente aux malheurs des gens.

 

Et puis il y a ceux chez qui l’on peut tranquillement aller exhiber son intimité devant des  millions de personnes. Des gens « normaux » viennent nous raconter avant le déjeuner, « pour rire », chez TEX, et après le déjeuner le plus sérieusement du monde, chez Sophie DAVANT, leurs ébats sexuels, leurs premières expériences, leurs performances, leurs échecs, ceux de leur mari, de leur femme, de leur ex comme ils disent, de leurs maîtresses, de leurs amants, ne nous épargnant aucun détail, aucune description, et dont le caractère affligeant voire troublant accroit toujours plus, semble-t-il,  l’intérêt de l’émission.

 

Confrontés à la réalité du pays, les immigrés, dont on observera qu’ils ne participent pas, sauf peut-être quelques rares exceptions,  à ces émissions, ne veulent pas de cette société.

 

Paradoxalement cette exigence du respect d’autrui, existe avec plus de force encore chez ceux qui ont pourtant habituellement un comportement, que l’on peut qualifier de particulièrement incivils, mais qui n’acceptent pas les débordements venant de la société française et de ses communicants.  

 

Mieux, ils tiennent à tout prix à montrer qu’ils ne font pas parti de ce monde, et le manifestent dès que l’occasion leur en est donnée.

 

C’est ainsi qu’en France, les maghrébins titulaires pour nombre d’entre eux de la double nationalité votent, plus que leurs compatriotes restés au pays, pour les mouvements islamistes qui fondent une partie de leur discours sur « les mœurs dépravés » des occidentaux.

 

On a observé que de jeunes musulmanes, qui ne portent pas le foulard dans leur propre pays, se voulant moderne et libérées des entraves d’une société qu’elles jugent oppressante, vont se couvrir lors de leur départ pour la France. Le foulard étant pour elles une façon de signifier leur rejet d’une société  jugée décadente.

 

Si la France attire toujours pour son modèle social, les maghrébins savent que ce ne sera pas en France qu’ils trouveront, au moins à l’heure qu’il est,  une culture ou des mœurs auxquels ils pourront adhérer et qui pourraient se substituer aux leurs propres.

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Published by gpancraz
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