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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 13:01

  

« J’ai du charisme, de l’aura, du poids, ­ au gouvernement je leur ferais de l’ombre… » C’est la petite phrase -parmi bien d’autres- qui a peut-être fait que depuis quelques jours, la présidente de la Région Poitou-Charentes est sur toutes les chaines de télévision avec hier matin Jean-Jacques Bourdin, le soir Yann Barthes, ce matin Christophe Barbier...

Ségolène Royal ne conteste pas avoir rencontré la journaliste du Point, qui a écrit l’article litigieux, mais elle a « démenti catégoriquement » sur twitter « les propos qui lui sont prêtés ».

Au-delà de cette affaire particulière sur laquelle il est difficile de se prononcer, lorsque ce type de conflit surgit entre la presse et les politiques on peut immédiatement éliminer  l’hypothèse du montage. Une telle malversation est inimaginable et équivaudrait pour son auteur à un suicide professionnel.  Au mieux pourrait-être mis en cause la mauvaise interprétation d’une phrase et dans ce cas, un simple réajustement suffit généralement à remettre les choses à leur place. 

Le plus souvent, on en arrive à une telle situation, lorsque l’interview est réalisée  sous forme d’une discussion à bâtons rompus, sans support écrit ou électronique pour en garantir l’authenticité. L’interviewé aura une totale liberté d’expression, il pourra faire passer un message ou une critique qu’il ne pourrait pas délivrer personnellement. L’intervieweur ayant pour sa part le champ libre, pour écrire ce qui lui paraîtra le plus intéressant au plan journalistique.  

C’est là tout le problème du « off » qu’il soit explicite ou implicite. Il y aura une sorte de pacte non écrit selon lequel le politique ira au-delà de ce qu’il lui est possible de dire, le journaliste acceptant tacitement de ne pas lui préjudicier, soit en ne publiant pas, soit en publiant mais en le préservant. 

Il faut pour que cela fonctionne, que l’interviewé  soit convaincu d’avoir la confiance du journaliste, et souvent il spéculera sur le fait que ce sera de son intérêt que de conserver des liens privilégiés avec lui. 

Il prendra cependant un risque. Ce type d’arrangement presse/politiques, sera considéré par nombre de journalistes, comme fondé non sur la confiance, mais sur  la connivence. N’ayant rien promis, ils refuseront alors d’entrer dans ce jeu et reproduiront fidèlement ce qui a été dit,  privilégiant le devoir d’information. Il ne restera alors plus à l’interviewé qu’à démentir.

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Published by gpancraz
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