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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 06:44

 

Ce billet a été sélectionné par le journal en ligne l’Express.fr et  publié à sa Une.

Valérie TRIERWEILLER va porter plainte pour « diffamation et atteinte à la vie privée » à la suite du  livre « La Frondeuse », signé par Alix BOUILHAGUET et Christophe JAKUBYSZYN.

« Le caractère des propos sous forme d'affirmations des auteurs, adossés à des rumeurs non avérées et malveillantes visant à salir sa personne et ses proches, ont conduit Madame Valérie TRIERWEILER à prendre cette décision », a précisé Me GIFFARD dans un communiqué.

L’éditeur se frotte les mains. Ce sera un best-seller. Ce sera aussi la meilleure façon de parler d’un livre qui serait peut-être passé inaperçu dans la bousculade littéraire qui assaille la compagne du Président de la République.

 

« La Frondeuse » fait partie, à n’en pas douter, des retombées collatérales, à l’origine desquelles se trouve l’époustouflant tweet de la journaliste de Paris-Match, devenue première dame. En quelques mots, en quelques lignes à peine, sans bien sûr l’avoir voulu, elle a ouvert toutes les fenêtres de tir qui pouvaient la concerner, se mettant de la sorte, dans une situation de fragilité extrême

 

Toutes les excuses du monde ne pourront effacer une telle faute, venant de l’une de celles qui connaît le mieux le monde politico-médiatique auquel plus que jamais elle appartient. La seule stratégie pertinente eut été à l’évidence le silence, qui permet l’oubli, rend plus difficile les attaques et en altère en tout cas considérablement les effets.  

 

Mais le besoin de parler, d’expliquer, de justifier, de penser que l’on convaincra, par une action ordonnée et intelligente, a pris le dessus, alors que nous sommes dans un monde de rapports de force où prévaut l’irrationnel, dans un monde où les motivations de l’action ne sont que rarement fondées sur la raison et la justice, mais sur l’intérêt et la facilité de l’instant.

 

La vanité que l’on a de réussir là où tous ont échoué a fait le reste. Interviews, rencontres avec les journalistes auteurs de la biographie objet de la plainte, fuite dans la presse de l’envoi d’un colis à la prisonnière française la plus médiatisée au monde, vont se succéder.

 

Et il arriva ce qui devait arriver,  «La Frondeuse ». « La Frondeuse » n’est pas ce qu’elle pensait qu’elle serait, une biographie à sa gloire, un de ces récits qui feront remonter un peu ses épouvantables sondages. C’est le pire qui pouvait arriver. Ce livre accentue les traits d’une femme autoritaire, exclusive, impulsive et surtout très ambitieuse. Trop belle pour laisser indifférente, on y parle de ses relations avec les hommes politiques, parmi les plus grands, SARKOZY comme on l’avait dit de STRAUSS KAHN, n’aurait pas hésité à lui faire un brin de cour, jusqu’au « discret » DEVEDJAN, toujours là où on ne l’attend pas,  avec lequel les choses auraient peut-être été plus compliquées. Une vie ordinaire somme toute, aujourd’hui un véritable cauchemar. Alix et Christophe avaient pourtant l’air, si sympas.

 

Il était encore temps de se murer dans un silence « méprisant et hautain »…On lui a préféré la plainte en justice. On sait pourtant que la plainte ne doit jamais servir à assouvir une quelconque colère. Elle ne peut se situer que dans le cadre d’une stratégie globale qui doit tenir compte de tout et de tous. La rapidité avec laquelle elle a été déposée montre qu’il n’y a pas eu de véritable réflexion. De celle qui permet de prendre une décision, qu’une fois pesés, le pour et le contre, soigneusement, au trébuchet de la politique, tenant compte du lieu où tout cela se joue, en prenant tout son temps. Le temps, le temps  à défaut de silence et avec toujours à l’esprit, que dans ce domaine très complexe, en prise directe avec le monde médiatique, personne ne va jamais savoir comment les choses tourneront.

 

La motivation du dépôt de plainte, par une phrase des plus alambiquées à destination de la presse, que Me GIFFARD a semble-t-il eu beaucoup de mal à rédiger, montre s’il en était besoin que la diffamation est une infraction difficile à manier, tout comme la vie privée d’un homme ou d’une femme publique est difficile à protéger judiciairement.

 

La compagne du Président de la République ne veut pas admettre qu’elle n’est pas une femme comme les autres. Si les choses tournent au mieux pour elle, et qu’elle obtienne la condamnation des deux journalistes, qui n’auraient pas réussi à rapporter la preuve de faits diffamatoires, beaucoup ne pourront s’empêcher de penser que cela ne signifie pas qu’ils n’ont pas existé ou encore que les juges ont été influencés par la qualité de la plaignante... On sait bien que de nos jours on passe très vite du statut de victime à celui de coupable, et plus encore pour ceux qui sont le plus exposés médiatiquement.

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Published by gpancraz
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