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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 12:07

Il est amusant ou consternant d’observer, à l’occasion des nombreux débats qui ont lieu sur « les affaires », que les deux grands partis d’alternance se renvoient inlassablement leurs turpitudes respectives à la figure. Un peu, comme si les manquements des uns, justifiaient ceux des autres ou en tout cas, permettaient d’une certaine façon de les absoudre.

Pour les uns, le problème est politique et doit se régler politiquement, remaniement, dissolution, référendum, démissions…

Pour les autres, c’est la loi qui empêchera les malhonnêtes de devenir des élus ou des ministres de la République, c’est la loi qui permettra de « moraliser » la vie politique, présupposant par là même son immoralité... Et l’on préconise alors toutes sortes de déclarations sur l’honneur, de publications à tous vents de patrimoines, d’incompatibilités, d’interdictions, de suspicions et bien sûr, la   création d’une énième et  inévitable Haute Autorité …

En réalité, chacun sait bien qu’aucune de ces mesures ne résoudra rien et il suffirait de les examiner avec soin une à une pour s’en rendre compte. La réalité du problème est ailleurs.

Les institutions de la 5e République qui régissent la vie politique, ont été inspirées il y a plus d’un demi-siècle par un homme, le général de Gaulle, appelé à la tête de l’Etat pour régler le problème algérien.

La constitution de la 5e République a ainsi été fondée sur deux grandes idées, en relation avec la situation de l’époque :

1ère idée : Le pouvoir politique sera détenu par le Président de la République, qui l’exercera à travers une majorité parlementaire soumise, l’opposition ne disposant quant à elle que d’un droit de contestation.

2ème idée : Le pouvoir sera réservé aux deux grands partis dominants, qui l’exerceront selon le principe de l’alternance.

Plus tard, François Mitterrand inventera la cohabitation, puis  Jacques Chirac, paradoxalement à la demande de Lionel Jospin, rendra tout risque de cohabitation pratiquement nul, en faisant avec le quinquennat, correspondre le mandat présidentiel et celui de député.

Aujourd’hui, notre Constitution, s’oppose à ce que des  courants importants du peuple français, représentant plusieurs millions d’électeurs, soient représentés à  l’Assemblée Nationale, tandis que  des partis se trouvent surreprésentés par rapport à leur poids politique réel, au seul motif qu’ils ont accepté de devenir des appendices du parti dominant. Est-il normal que ni François Bayrou, ni Marine Le Pen, Ni Jean-Luc Mélenchon, qui font partis des grands leaders de la politique française ne puissent pas faire entendre leur voix à l’Assemblée Nationale ?

N’est-il pas temps que la France revienne à des institutions conformes à celles d’une démocratie normale, avec des institutions qui correspondent aux mœurs et à la situation économique et politique de notre temps et non à ceux de la guerre d’Algérie.

La République « normale » serait qu’aujourd’hui l’Assemblée Nationale ne soit pas une chambre d’enregistrement, que le gouvernement puisse ne plus être assuré, quelle que soit la politique qu’il conduit, de ne jamais être censuré, et que sur des sujets essentiels, en particulier ceux de société, soient mises en place des structures de conciliation composées de toutes les parties susceptibles de représenter les courants de pensée. L’idée selon laquelle, en élisant le Président de la République, les français ont acquiescé à tout son programme, est d’une absurdité totale.

Il faut arrêter de donner l’impression que tous les cinq ans ou tous les dix ans, un tiers des français gouverne contre un autre tiers, le troisième tiers étant définitivement exclu du champ politique.

Pour y arriver, il ne faut plus que les vainqueurs des élections, soient animés de sentiments de puissance et d’invulnérabilité. Cet état d’esprit est en grande partie responsable de ce à quoi nous assistons, la défaillance d’un homme  devient celle du camp auquel il appartient à raison de la solidarité qui les lie dans le combat contre le camp adverse. Cet état d’esprit est directement lié à la Constitution de 1958, qui donne tous les pouvoirs au vainqueur, sans partage et donc sans contrôle. Nicolas Sarkozy avait commencé sur la voie du partage du pouvoir, en particulier en donnant à l’opposition la présidence de la commission des finances et la Première présidence de la Cour des comptes, institution à laquelle il avait soumis les comptes de l’Elysée.

Il est temps d’aller plus loin, vers une République qui impliquerait l’ensemble des courants politiques à tous les stades du pouvoir, une République de conciliation qui se substituerait à une République des antagonismes. 

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Published by gpancraz
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