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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 20:58

 

Ceux qui ont vu ce lundi de pentecôte sur BFM télé, le débat entre Christian JACOB et Marine LE PEN, ont été édifiés sur l’incohérence dans laquelle se trouve l’UMP.

 

Christian JACOB, qui rejette avec la dernière des énergies le Front National et qui approuve sans ambages le vote de l’UMP pour un socialiste, en cas de duel avec le parti de Marine LE PEN, reproche dans le même temps à cette dernière d’avoir contribué à faire battre Nicolas SARKOZY et de demander à ses candidats de se maintenir au second tour des législatives.

 

Cette totale confusion dans la ligne adoptée par l’UMP, résulte de l’existence en son sein de deux courants inconciliables, que l’on cherche à tout prix à faire coexister.

 

Le premier  républicain, issu en particulier  de la pensée de Philippe SEGUIN. Il se veut être celui d’une droite sociale et tolérante, fondée sur le rassemblement.    

 

Il a été incarné dans la période récente par Jacques CHIRAC qui fit rapidement le choix du rassemblement républicain dans lequel toute une partie de la gauche modérée a pu se reconnaître à au moins deux occasions. Une première fois en 1995 avec le thème de la fracture sociale, une deuxième fois en 2002, lorsque Jacques CHIRAC rassembla sur son nom, sans la moindre réserve, la droite et la gauche, pour se faire élire à la présidence de la République avec un score sans précédent. 

 

Le second courant qui traverse l’UMP, est celui d’une droite classique, sécuritaire et libérale, sur laquelle Nicolas SARKOZY a  fondé sa doctrine et sa stratégie politique.

 

Inventeur de la droite décomplexée, Nicolas SARKOZY s’est engagé dans une politique marquée par la division, adoptant nombre des thèmes de l’extrême droite, à travers le refus du communautarisme et de l’assistanat, ce qui lui permit, en 2007, selon l’expression unanimement reprise par les commentateurs, de « siphonner les voix du Front National ».

 

2012 fut le point culminant de cette politique. La stigmatisation devait atteindre les couches les plus fragiles de la société, immigrés, chômeurs, assistés. Les travailleurs étaient opposés entre eux, entre  vrais et faux travailleurs.  Nicolas SARKOZY en était même arrivé à contester la légitimité des syndicats, obligeant le Premier ministre, en pleine campagne électorale à manifester son désaccord avec cette position.

 

On ne voyait plus alors très bien ce qui opposait le Front National et ce courant de l’UMP, et si la droite républicaine n’avait pas fait preuve d’une particulière vigilance, on peut penser que Nicolas SARKOZY aurait passé le pas et aurait offert de s’allier avec le Front National ainsi que le lui demandait une large majorité de son électorat.

 

Cela aurait été dans la logique des choses.  

 

En l’absence d’accord avec le Front National, Nicolas SARKOZY, a été conduit à épouser son idéologie pour ramener à lui ses électeurs. François MITTERRAND et François HOLLANDE n’eurent pas ce handicap. Les électeurs de la gauche extrême et les écologistes venant à eux sur de simples accords d’états-majors ou « pour barrer la route à la droite ».

 

Nicolas SARKOZY disparu, le problème demeure entier.

 

On aurait pu penser que l’UMP reviendrait à une politique de rassemblement républicain, mais rien n’est moins sûr.

 

Jean-François COPE a pris comme slogan de campagne « Choisissons la France ». Slogan ambigu qui aurait pu être adopté par le Front National. Le secrétaire général de l’UMP l’a justifié par les nombreux drapeaux étrangers, en particulier maghrébins, brandis à la Bastille le soir du 6 mai, par des immigrés ayant la double nationalité.

 

C’est un signe qui montre que Jean-François COPE risque d’entraîner à nouveau son mouvement dans une politique de droite, qui s’aliène les électeurs modérés du centre, sans avoir ceux de l’extrême droite.      

 

La bataille est désormais engagée. Il n’y a pas entre Jean-François COPE et François FILLON qu’une bataille d’égos. Il y a deux politiques fondamentalement distinctes.

 

Le courant droitier de l’UMP, conduit par Jean-François COPE, qui ne pourra échapper à une alliance avec le Front National s’il persiste sur cette voie.

 

La droite sociale celle de Philippe SEGUIN, dont François FILLON assume la filiation et qui refermerait la parenthèse du sarkozisme.

 

     

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Published by gpancraz
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