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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 17:49

 

La palme de la semaine revient incontestablement à ce monsieur EPSTEIN, journaliste américain, qui est venu faire douter toute la presse française sur leurs propres conclusions de la semaine dernière, qui tendaient à établir que Dominique STRAUSS KAHN était une personne  malade qu’il était urgent de faire soigner.

 

Ce Monsieur EPSTEIN qui avait déjà soutenu qu’AL QUAÏDA n’était certainement pas seul dans l’opération du World Trade Center, réactive la thèse du complot dont l’UMP ou le FMI ou Dieu sait qui, serait l’initiateur. Sur quoi se fonde-t-il ?

 

Figurez vous qu’il a visionné les films non sonores, des caméras de surveillance de l’hôtel SOFITEL (qui n’ont donc pas été saisis par la justice) qui montrent : 1) des gens qui parlent à NAFISSATOU Diallo, « certainement  pour lui expliquer ce qu’elle doit dire à la police ». 2) NAFISSATOU Diallo qui se rend à plusieurs reprises  dans la chambre voisine de celle de DSK, « certainement pour préparer le coup », 3) deux responsables de l’hôtel qui se congratulent en attendant la police, « certainement pour se féliciter d’avoir réussi leur coup. » Enfin, Dominique STRAUSS KAHN ayant perdu l’un de ses nombreux téléphones portables, la seule déduction raisonnable qui peut en résulter, c’est que l’on a voulu, toujours dans le même dessein,  pirater l’une de ses lignes téléphoniques.

 

Voilà l’enquête de Monsieur EPSTEIN ! La presse française s’en contente pour dire selon les cas que c’est troublant ou qu’il y a bien eu complot.

 

Ah ! J’allais oublier le plus important : si les responsables de l’hôtel ont bien voulu donner à cet avocat les films, ils ont en revanche refusé de lui donner les explications qu’il leur demandait, ce qui lui a permis d’en déduire qu’ils n’étaient pas très nets, énième preuve du complot.

 

Tiens, mais au fait, cela me fait penser à quelque chose, un détail à vrai dire. Personne ne s’interroge sur la raison pour laquelle Dominique STRAUSS KAHN ne dépose pas plainte, alors qu’il vient d’agir de la sorte contre des médias français et contre Henri GUAINO pour des motifs infiniment plus futiles. Dans une affaire de cette gravité, si j’étais innocent comme l’agneau qui vient de naître, je n’hésiterais pas une seconde. Des gens qui m’ont mis dans une telle mélasse ne méritent aucune bienveillance!

 

Et pourtant Dominique STRAUSS KAHN ne déposera pas plainte. Ses avocats le lui auront fortement déconseillé. Pourquoi ? Car alors il lui appartiendrait de s’expliquer sur l’affaire, sur ce qui s’est passé dans cette fameuse chambre du SOFITEL … Et cela, il vaut mieux l’éviter.

 

C’est là où le bât blesse. Quoi que l’on puisse penser de cette affaire ou de l’intéressé, personne ne pourra jamais faire le moindre crédit à Dominique STRAUSS KAHN, tant qu’il ne se sera pas expliqué clairement sur les faits. Il aurait dû le faire spontanément depuis le premier jour et ne pas se contenter de « garder le silence », pour profiter des erreurs de son adversaire, ce qui a d’ailleurs bien fonctionné au plan judiciaire, mais qui a été dévastateur au plan personnel.

 

Car quiconque se verrait accuser à tort d’un tel crime, n’aurait de cesse que de vouloir donner sa version des faits et être entendu par la justice.

 

N’est-ce pas d’ailleurs ce que Dominique STRAUSS KAHN a immédiatement demandé dans l’affaire du CARLTON, infiniment moins grave pour lui ? Encore que l’exemple est peut-être mal choisi, car selon la procédure française, il sait qu’il sera entendu, qu’il le demande ou non.  

 

Quant à ce Monsieur EPSTEIN, grand enquêteur devant l’éternel, qui ne semble ne vouloir que du bien à notre compatriote, comment se fait-il qu’il n’ait pas songé à lui demander de bien vouloir lui confier sa thèse des faits, pour la confronter avec ses fameuses découvertes. Curieusement, la version du principal intéressé semble l’intéresser moins que celle des responsables du SOFITEL.

 

Est-il besoin de rappeler que la présumée victime avait elle été entendue par une armée de procureurs qui ne l’ont pas ménagé, pour ce que l’on en sait, et qui en sont d’ailleurs venus à bout assez facilement.

  

Aujourd’hui de nombreux mois après les faits, on ne connaît toujours pas la thèse de Dominique STRAUSS KAHN qui poursuit semble-t-il une stratégie complexe dans l’indécence d’un silence qui l’accable.

 

Le droit de garder le silence, privilège inouï, offert jusqu’à l’absurde par la justice américaine aux mis en cause, mais privilège en trompe l’œil, car il pèse, dans l’intime conviction de chacun, bien plus lourd qu’un aveu.

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Published by gpancraz
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