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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 07:19

François Hollande ne pourra pas faire comme s’il s’agissait d’un non évènement. L’explication de la porte parole du gouvernement selon laquelle Valérie Trierweiler est une femme libre qui a le droit d’exprimer les opinions qu’elle veut n’est pas acceptable. Elle est la compagne d’un homme qui représente la France, elle ne peut donc agir comme bon lui semble. Les dommages qu’elle est susceptible de causer à l’image de son compagnon se répercutent sur celle de la France.

 

Il est incontestable qu’en réalité, Valérie Trierweiler n’a pas cherché à adresser un signe de solidarité à un ami fidèle, ce qu’elle aurait pu faire normalement par un simple appel téléphonique. Allant à l’encontre de la position prise par son compagnon Président de la République, elle a créé une situation délétère pour celui-ci, en soutenant  publiquement l’adversaire de celle qui demeure pour des raisons inexpliquées sa rivale.

 

Le modus operandi, le tweet, signe l’acte de malveillance.

 

L’hypothèse « règlement de compte » envers François Hollande, qui se serait montré trop empressé pour soutenir Ségolène Royal, émise par de nombreux observateurs, prend tout son sens.

 

Plusieurs faits révélateurs de l’existence d’une situation hautement problématique avaient déjà été notés. En particulier, l’absence dans le film de l’histoire du parti socialiste, créé pour la campagne de François Hollande, de la présence de Ségolène Royal au second tour de l’élection présidentielle de 2007, alors qu’il s’agissait d’un évènement sans précédent. Pour la première fois de l’histoire de la République, une femme accédait à ce stade de la compétition. Ce manquement qui rappelle ces dictatures qui écartent les parties de l’histoire qui ne leurs conviennent pas est indigne. De même que l’éviction de la cérémonie d’investiture de Ségolène Royal dont la présence était justifiée à plus d’un titre au regard du protocole et des invités qui se trouvaient présents, est apparue comme étant d’une grande indélicatesse.

 

François Hollande aurait dû être alerté par ces incidents, et d’autres encore, et y mettre bon ordre. Pour ne l’avoir pas fait il se trouve aujourd’hui en butte aux lazzis les plus attentatoires à sa dignité. Il apparaît comme un homme faible, incapable d’imposer à sa relation la plus proche, celle qui aurait dû le plus le protéger et qui au contraire le ridiculise, un devoir de réserve minimum.

 

Par un comportement que l’on connaît bien et qui consiste à aller de concession en concession, il a donné la possibilité à sa compagne de le mettre en danger politiquement.      

 

Ainsi, après quelques semaines d’exercice du pouvoir, tout le crédit qui résulte de l’élection présidentielle a été annihilé par un tweet -on a parlé de coup de poignard-  provenant, non de l’un de ses opposants les plus farouches, mais de sa propre compagne, qui a agi en pleine connaissance de cause avec la volonté évidente de lui nuire.

 

Ainsi,

 

-Elle n’a pas hésité, à quelques jours d’une échéance électorale majeure, à mettre en difficulté le parti socialiste, sans se préoccuper de savoir si le discrédit ainsi occasionné n’est pas susceptible d’avoir une incidence sur le résultat des élections ;

 

-Elle a donné à l’opposition une argumentation facile, pour lui permettre d’apporter la contradiction au parti socialiste, qui aura du mal à stigmatiser au nom de certaines valeurs humaines  la position  de l’UMP vis-à-vis du Front National ;

 

-Elle a obligé le Premier ministre à rappeler publiquement sa position en faveur de l’ancienne candidate à la présidentielle et par la même à s’opposer à la compagne du Chef de l’Etat à qui il devait au passage faire la leçon, créant au sommet de l’Etat une situation  trouble ;

 

-En mettant en lumière l’investiture de Ségolène Royal, à qui elle semble avoir pour seul reproche,  d’avoir été la compagne de François Hollande pendant plus de vingt ans et d’avoir eu avec lui quatre enfants, Valérie Trierweiler, outre qu’elle est sortie de son rôle,  n’a pas fait preuve d’une grande hauteur d’âme ;

 

-On peut s’étonner de cette hargne qui l’habite, contre l’ancienne compagne de François Hollande, alors que l’on aurait pu penser, que Ségolène Royal aurait eu à priori, des motifs plus importants de lui en vouloir ; 

 

-Sachant que la femme du Chef de l’Etat peut avoir sur lui une certaine influence, l’image qu’elle a donné d’elle, celle d’une femme hargneuse, rancunière et mesquine est préoccupante ;

 

- Dans la période difficile que connaît la France, on aurait préféré que la compagne du chef de l’Etat se montre soucieuse de problèmes plus graves qui touchent le pays, plus que de futiles rivalités amoureuses ;

 

-Elle a porté une atteinte considérable à l’image du Président de la République qui seulement quelques semaines après son investiture, va se  trouver dans une situation peut-être pire que celle qu’il n’a cessé de dénoncer chez son prédécesseur et qui va désormais le handicaper pendant tout le cours de son mandat ;

 

-Elle a mis le président de la République devant le fait accompli ce qui ne permet pas de supposer qu’il existe entre eux une grande relation de confiance ;

 

-Elle a montré qu’elle pouvait  se permettre de lui causer un tel affront, sans courir le moindre risque quant à leur situation relationnelle ;

 

-Elle a apporté de l’eau au moulin des humoristes et des caricaturistes qui font état d’une certaine faiblesse du chef de l’Etat vis-à-vis de cette dernière ;

 

-Elle n’a pas cherché à minimiser l’affaire ou à l’atténuer, de quelque façon que ce soit, après le tollé qu’elle a suscité.  

   

On apprend ce mercredi, qu’elle aurait demandé, à la rédaction du journal Le Monde, le retrait de deux photos la montrant assistant à la prise de vue de Raymond Depardon pour le portrait officiel du chef de l'Etat. « Un papier peu flatteur pour Valérie Trierweiler accusée de faire pression sur une rédaction pour le retrait de ces deux clichés. »

 

Ici encore et dans un autre domaine où n’existe même pas l’excuse de la passion amoureuse, son comportement, contraire à toutes les règles qui régissent les rapports entre le pouvoir et la presse, montre une grande fragilité de comportement de la première dame de France.

 

Plus inquiétant, une de ses amies a déclaré au Grand Journal de Canal+ mercredi 13 juin qu’elle a été étonnée de l’ampleur prise par cette affaire et qu’elle avait bien l’intention de conserver sa liberté de parole.

 

Une telle situation ne pourra perdurer sans entraîner de dommage au crédit du Chef de l’Etat.

 

S’il réagit vite et fort, personne ne pourra lui faire grief de n’avoir pu maîtriser une situation qui résulte d’une initiative prise à son insu. Dans le cas contraire, on pourra considérer qu’il a en quelque sorte « validé «  ce comportement.

 

On peut supposer alors que le Président ira au devant de grandes déconvenues, l’expérience ayant montré que dans ce type de situation, les choses vont plus en s’aggravant qu’en s’apaisant.  

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Published by gpancraz
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