Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 08:27

Jean-Luc MELENCHON

 

Jean Luc MELENCHON nous offre un style classique, à l’ancienne, cravate et chemise blanche impeccable, cheveux ni trop longs ni trop courts, front dégagé, physiquement, aucune fantaisie. Une bonne tête, un bon sourire, une grande gueule, comme seules les générations de l’immédiate après guerre en ont connues. Son éloquence 3e République, un peu rétro, ne surprend donc pas, pas plus que ses fausses colères, ses indignations extrêmes, qu’il met en scène avec tellement de conscience et de professionnalisme, que personne, ne s’en inquiète ni ne s’en offusque. 

 

Admirateur d’Hugo CHAVEZ, et de Fidel CASTRO, « grand bouffeur » de curés devant l’éternel, quelle que soient d’ailleurs leur religion, ce qui est assez rare, avec une prédisposition toutefois pour les moines tibétains, ce qui l’est encore plus, peut-être à raison du soutien quasi universel dont ils bénéficient, à moins que ce ne soit en ce qu’ils contrarient le régime chinois, dont il est l’un des plus fervents défenseurs. 

 

Sa ligne politique a le mérite d’être claire. Peut-être l’est-elle un peu trop, au point que l’on en arrive à se demander si cet ancien ministre « qui connait la musique » croit vraiment en une économie dirigée, règlementée et planifiée, une société simpliste où vivent des riches et des pauvres et  dans laquelle il suffirait de prendre de l’argent aux premiers et de le remettre aux seconds,  pour créer  ipso facto une société  juste, prospère, égalitaire et fraternelle.

 

L’homme paraît trop intelligent pour en être encore là, mais qui sait, pourquoi ne lui ferait-on pas crédit de croire en une société idéale…

 

Il dégage par sa verve, son allure de « redresseur de tort », une certaine sympathie qui tranche avec les doctrinaires marxistes, sérieux et ennuyeux, qui font qu’un Paul LAURENT ou même qu’un Olivier BESANCENOT, qui réunissent les critères de la jeunesse et de la modernité, paraissent l’un et l’autre, à côté de lui, d’une tristesse à mourir et d’un âge indéfinissable.      

 

Jean LUC MELENCHON a su trouver à gauche le créneau laissé libre par la déconfiture des partis d’extrême gauche qui n’ont pas su se rénover. Ancien ministre, il dispose de par son label « ex Parti socialiste » et  par sa prestance, une crédibilité qui fait défaut au Parti communiste comme au NPA.

 

Le président du Front de Gauche a l’habileté de proposer, lui aussi une politique largement marxiste, mais sans le dire, sans conceptualisation, ce qui rend les choses bien plus faciles.

 

Sa gouaille, son style direct, sa façon d’interpeller ses adversaires, sa prise à témoin constante du peuple, la force de sa voix, son intonation « un ton au dessus », son physique, et jusqu’à sa stratégie de « reprise » du parti communiste pour bâtir son assise politique,  font un peu penser à un Bernard TAPIE de gauche, qui recyclât le vieux parti des radicaux de gauche alors en perdition, comme il l’avait fait pour les entreprises en difficulté qu’il reprenait, après que leur passif eut été purgé, et dont il poursuivait l’activité avec le même objet social, mais sans les dettes.

 

Cela n’eut jamais l’heur de plaire aux anciens dirigeants qui se montraient réticents et criaient à l’escroquerie. Mais avaient-ils le choix, alors que leur seul problème était de conserver le plus longtemps possible, les derniers « clients »  d’entreprises finissantes, concurrencées par des marques plus en vogue comme en l’espèce EELV, voir même nous dit-on pour partie par le FN.

 

Les anciens dirigeants auront-ils  alors d’autre alternative que celle qui sera de s’adapter à leur nouveau leader ou de disparaître.

 

Qui pourrait en effet leur assurer, dans leur situation, un 10% net, le renflouement des caisses, le maintien des parts de marché, sans avoir besoin de toucher à la raison sociale.

 

Le gain sans le risque, qui dit mieux !     

 

Il n’y a pas comme on a pu le dire, d’accord avec le Parti socialiste, pour capter pour son compte l’électorat d’extrême gauche. Mais les faits montrent que cet accord est en quelque sorte tacite, et il existe par le seul positionnement du leader du Front de gauche. Au second tour, ainsi qu’il l’a à maintes reprises déclaré, il saura faire la différence entre la droite, nécessairement réactionnaire, et la gauche forcément socialiste.

 

Ainsi, au final, Jean Luc MELENCHON le révolutionnaire, se ralliera toujours, dans l’intérêt de tous et donc du peuple, bien évidemment,  à la gauche libérale, son but étant bien sûr de gouverner. Dans quel rapport de force ? C’est le peuple qui le dira. Ce qui lui permettra d’inviter ses troupes à patienter  en attendant le grand soir.

 

ARDITTI, pourfendeur à ses heures du grand capital, à qui l’on reprochait de faire de la publicité pour les Banques, a eu cette réponse incroyable, en forme d’excuse : « oui, certes, mais il faut bien vivre ! » 

 

Jean Luc MELENCHON un révolutionnaire ? Oui certes, mais jusqu’au premier tour, après, « il faut bien vivre ».gpancrazi.over-blog.com/

Partager cet article

Repost 0
Published by gpancraz
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de gérard pancrazi
  • Le blog de gérard pancrazi
  • : Une analyse de l'actualité politique. une réflexion sur le monde
  • Contact

Recherche

Liens