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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 06:27

Billet publié dans l'Express.fr du 8 septembre 2014  

Au début de son mandat, François Hollande a donné l’impression qu’il cherchait plus à temporiser, qu’à rentrer véritablement dans la partie. Gagner du temps, calmer le jeu, telle a été sa stratégie, convaincu semble-t-il que la crise était liée à  l’un de ces cycles économiques qui ont traversé régulièrement notre pays au cours de son histoire et qu’elle était sur le point de s’achever.  

Il en était si persuadé, qu’il avait pris le risque d’annoncer une inversion de la courbe du chômage pour la fin de l’année 2013 et une reprise de la croissance pour 2014.

Mais le balancier restera bloqué et il lui a fallu reconnaitre que la crise était bien structurelle. Sa résolution aura lieu avec Bruxelles et sa solution dépendra avant tout de la bonne santé des  entreprises, certainement pas de leur confrontation avec les travailleurs.

D’où la nomination de Manuel Valls à Matignon et corrélativement l’éviction d’Arnaud Montebourg qui suivit.

Le changement que François Hollande avait annoncé dans sa campagne ne sera donc pas au rendez- vous, les français lui en tiennent rigueur, ils le lui manifestent à chaque échéance électorale.  

Les sondages vont confirmer un rejet de plus en plus important de sa politique. Le président en est arrivé à devoir désormais se protéger. Il va se « replier » sur l’international et sur le secteur consensuel des évènements mémoriels et des inaugurations. L’affaire Gayet est loin. Il s’agit de travailler sur la personnalité du président, le père de la nation, au-dessus de la mêlée et laisser le Premier ministre en première ligne prendre les coups.  

Au moment où cette stratégie s’est mise en place, dans un contexte des plus difficiles qui soit, son ancienne compagne a sorti  un brûlot visant à le détruire. François Hollande n’avait certainement pas besoin de cela. Certains commentateurs ont alors parlé de démission, tandis que d’autres ont assuré que c’en était  fini pour lui. Un sondage IFOP-JDD publié dimanche 7 septembre va dans ce sens : pour 85% des français, François Hollande ne doit pas se représenter.  

Mais on sait qu’en politique, rien n’est jamais acquis ni perdu et on rappelle à cet égard les 3% que pesait François Hollande, à deux ans de l’élection présidentielle.

En présence d’une situation qui ne connait pas de précédent, la question se pose tout naturellement de savoir si le président peut rebondir.  

François Hollande n’a pas d’autre solution que de mettre en œuvre avec la plus grande énergie la politique qu’il estime la plus pertinente pour la France. S’agissant à l’évidence d’une politique de rigueur budgétaire, le FMI vient encore de le rappeler, il ne pourra la conduire sans annoncer qu’il ne se représentera pas aux prochaines élections  présidentielles. Seule cette disposition lui permettra de faire face en toute sérénité aux difficultés qu’il rencontrera inévitablement avec une politique de réduction des déficits. François Hollande deviendrait alors ipso facto le président le plus détesté de la 5eRépublique, mais aussi celui qui a su mettre la France au-dessus de ses contingences personnelles, avec comme référence le général de Gaulle à droite et Pierre Mendès France à gauche.

Mieux qu’un rebond hypothétique et si la réussite est au bout, il rentrerait alors à jamais dans l’Histoire. 

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Published by gpancraz
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