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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 21:00

Lorsqu’il a décidé de se présenter à l’élection présidentielle de 2012, François BAYROU savait que toute nouvelle aventure solitaire serait vouée à l’échec et qu’il ne pourrait plus se payer le luxe d’une autre traversée du désert.

 

Il a donc fait savoir, dès son entrée en campagne, qu’il choisirait son camp à l’issue du premier tour, annonçant de la sorte, par un faux suspense,  son retour au bercail.

 

Faux suspense, car il ne faisait de doute pour personne, que son choix était fait et que son camp serait celui de la droite, non que cette droite là fut son idéal, mais parce qu’elle était sa seule issue.

 

La droite a depuis toujours été sa famille politique, elle est la sensibilité dominante de sa base électorale, c’est avec elle qu’il s’est engagé et qu’il a gouverné.

 

Avec la gauche il n’y a jamais rien eu de très sérieux, hormis quelques vagues flirts sans lendemain. Il ne laissera aucune place à l’ambiguïté et il dénoncera le projet socialiste comme étant en inadéquation avec la situation de crise que connaît le pays.

 

Sa ligne étant tracée, il n’aura de cesse de ménager  Nicolas Sarkozy qui le lui rendra bien. Ils se rencontrèrent à plusieurs reprises et ils en déduisirent, sans se l’avouer,  qu’ils étaient indispensables l’un à l’autre.

 

Nicolas Sarkozy ayant la main, et sachant que François BAYROU était le dos au mur, a pensé qu’il pouvait pousser les feux extrêmement loin, en direction du Front National.

 

Ce fut une erreur. François BAYROU n’a pas supporté la campagne de Nicolas SARKOZY, qui reprenait à son compte un à un les thèmes du Front National, même s’il savait que c’était par pur opportunisme.

 

François Bayrou aurait pu malgré tout se contenter de renvoyer les deux parties dos à dos et se prévaloir d’avoir contribué au résultat final.

 

Mais se sentant tenu par son engagement de choisir et ayant une très (trop) haute idée de ce que doit être la politique, il a refusé ce qu’il considérait être une compromission grave avec sa conscience et il s’est prononcé pour le candidat de gauche « à titre personnel ».

 

il est passé en un instant de son  statut de centriste d’opposition, à celui de centriste rallié à la gauche et s’est alors trouvé dans la situation de se voir imputer par la droite, la défaite de son candidat.

 

La droite l’a alors logiquement rejeté, et la gauche, considérant qu’il était de droite,  ne l’a pas soutenu.

 

Certains, proches de François Hollande comme Pierre Moscovici, ou d’autres, qui ont montré comme Daniel Cohn Bendit, qu’ils avaient une haute idée de la politique, demandèrent que  pour l’occasion, on fasse preuve d’une certaine élégance.

 

Peine perdue. La patronne du parti socialiste n’a rien voulu entendre, rappelant à ceux qui l’auraient oublié, que la politique ne reconnait que les rapports de force.

 

L’UMP et le PS l’ont ainsi exclu du jeu politique, alors même qu’il s’était sacrifié pour préserver des valeurs relatives au respect de l’être humain, valeurs que pourtant les uns comme les autres n’ont cessé de mettre en avant pour stigmatiser le Front National. 

 

Voilà désormais François Bayrou, seul avec sa conscience, sanctionné pour s’en être prévalu.

 

Et peut-être qu’un jour, l’histoire dira qu’un dimanche de 2012, dans la deuxième circonscription des Pyrénées atlantiques, la gauche et la droite ont fait « tomber » l’un des adversaires les plus sincères du Front National.

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Published by gpancraz
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