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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 10:44

 

 

Ses adversaires bien évidemment, ses alliés appartenant à d’autres formations que la sienne, ses proches au sein de son propre parti, les observateurs les plus impartiaux de la vie politique française, tous étaient unanimes pour le qualifier invariablement de mou, indécis, flou ou tout autre qualificatif équivalent. Chacun se souvient du capitaine de pédalo... C’est d’ailleurs pour cela qu’il n’avait même jamais été ministre disait-on. On lui reprochait de vouloir sans cesse rechercher un impossible compromis, plutôt que de trancher. Jusqu’aux fameux couacs du gouvernement qui firent les délices de la presse, il y a quelques semaines encore, et qui étaient imputés à son indécision. Et puis il y a eu le 11 janvier et l’intervention au Mali…  

 

Un homme complètement différent est apparu aux yeux du monde. Que s’est-il passé ? Comment a-t-on pu se tromper à ce point ?

 

Si on avait pris le soin d’y regarder d’un peu plus près, des signes étaient pourtant là pour  nous indiquer le contraire de la réputation qui était entretenue à son endroit. Dès avant  la bataille pour les primaires, alors qu’il ne pesait rien dans les sondages, il avait déjà surpris par sa détermination sans faille d’aller jusqu’au bout. Il avait  refusé, contrairement à tous et à Martine Aubry en particulier, tout « pacte » avec Dominique Strauss Kahn donné pourtant archi-gagnant de l’épreuve. L’homme allait démontrer ensuite un incontestable talent, passant les obstacles qui se présentaient à lui consciencieusement, les uns après les autres, sans même que l’on s’en rende compte vraiment. Et on le vit « naturellement », devenir le favori pour représenter le parti socialiste, puis pour succéder à Nicolas Sarkozy.

 

Dans une société du son et de l’image dans laquelle prédomine l’apparence, son physique bon enfant, son aspect jovial, son humour et ses jeux de mots, l’ont beaucoup servi. Ils ont été, pour lui une protection et pour ses adversaires un masque trompeur. Sous estimé, parfois même ignoré, il s’est par la même trouvé à l’abri des coups fourrés. On ne se méfie pas des « gros ». On les croit complexés, lourds, accommodants. Ils peuvent l’être, mais ils peuvent être aussi  tout le contraire et dans ce cas ils sont particulièrement redoutables.

 

Sous une apparence rassurante, sommeillait en réalité un florentin habile, et  l’aspect froid et sec qu’il cherchera à se donner physiquement à l’occasion de la campagne électorale, correspondra en réalité à sa véritable nature. 

 

Laurent Fabius dira de sa décision d’intervenir au Mali: « sa main n’a pas tremblé ». Alors même, peut-on ajouter, qu’il joue très gros. Ceux contre lesquels il a engagé la France militairement, détiennent sept otages.

 

Les déclarations qu’il a faites par la suite à l’occasion de cette épreuve, montrent bien qui il est : « Ce que l’on doit faire des terroristes ? Les détruire ». Ou  encore sur la stratégie sans concession des algériens lors de la prise d’otage : « L’Algérie a eu les réponses les plus adaptées »  Et à propos de l’opération en Somalie : « aussi lourdes soient les conséquences puisqu'il y a eu la mort, l'assassinat de l'otage et de deux soldats qui ont été tués, je revendique cette opération pleinement car c'est aussi un message que nous envoyons aux terroristes ». Certains l’ont alors qualifié de « petit Bush ». Tout le monde -sauf Jean-Luc Mélenchon- lui a rendu hommage…Il est devenu en quelques mois le responsable politique européen, qui a acquis la plus grande autorité et le plus grand prestige de par le monde.

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Published by gpancraz
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