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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 08:26

Publié et mis en Une par l’Express.fr

 

 

Si les adhérents de l’UMP ont la volonté profonde d’élire un président de parti, ce qui est loin d’être sûr, c’est incontestablement Jean-François COPE qui est apparu comme ayant le meilleur profil pour remplir le job. Vivacité d’esprit, percussion, art de la réplique, combativité, bien à son aise, avec un ton, un langage beaucoup plus proche des militants, jusqu’à la polémique, telle celle fameuse sur  « le pain au chocolat », qu’il a assumé. Il a même réussi à faire admettre à David PUJADAS qui lui opposait le caractère marginal du racisme anti-blanc, que « ce n’est  pas parce qu’il n’y a que peu de cas qu’il ne faut pas en parler ». Il a ainsi rappelé au passage qu’il avait été -pour seulement 2000 cas recensés-  le champion de la croisade anti-burqa, alors que Jean-Marie LE PEN avait été contre son interdiction. Il s’est montré plus à droite que son concurrent, avec une réelle intransigeance sur la stratégie du  « ni-ni », que ce dernier a dû reprendre à son compte, mais avec beaucoup plus de nuances et peu d’enthousiasme, devant même aller jusqu’à se  justifier en expliquant qu’il n’avait jamais appelé à voter socialiste. Il a insisté sur le fait qu’il était maire de Meaux, où il a battu la gauche et réduit le Front National et qu’enfin s’il ne célèbrerait pas de mariage « gay », contrairement à l’ancien Premier ministre, c’est parce que lui, en tant que maire, pouvait se prononcer.  

 

François FILLON, tout le monde l’a souligné, s’est voulu d’entrer de jeu être le « rassembleur ». Il a ainsi joué la carte du présidentiable. Il a insisté sur sa qualité d’ancien locataire de l’hôtel Matignon, d’ancien député de la SARTHE, et d’ancien plus jeune député de l’Assemblée Nationale. Il a dû se justifier sur sa venue à Paris, dans une circonscription plus sûre. On aurait pu penser que son but était d’engager le combat de Paris. Même pas, chacun l’a bien compris, il ne serait vraisemblablement pas candidat à la mairie. Certainement que le risque de perdre est trop élevé. Non, il est venu à Paris seulement parce que quelques amis, dont Jean TIBERI, le lui ont demandé… Il aurait annoncé sa volonté d’aller reprendre à la gauche la place forte de Paris, que cela aurait certainement eu plus d’allure.   

 

Il semble que François FILLON sûr de son fait, se soit contenté d’assurer, comme l’on dit de façon un peu triviale,  le service minimum. Sa prestance, sa tenue, sa mesure dans le verbe, une certaine distance au point d’être apparu quelque peu guindé, lui ont donné cette présidentialité  que les adhérents de l’UMP ont toujours appréciée chez lui et qui est en définitive sont seul véritable atout.

 

En y regardant de plus près, Jean-François COPE est apparu comme « le combattant suprême » contre la droite et le Front National réunis, ayant démontré qu’il n’hésitait pas à monter au feu, y compris dans des circonscriptions populaires et difficiles, alors que dans le CV de François FILLON  le qualificatif « d’ancien » apparaît trop souvent et celui de « conquérant » nulle-part.   

 

L’investiture par des primaires ouvertes, que l’UMP va adopter pour la désignation de son candidat aux présidentielles, ne permet plus de rendre quasi certain, le choix du chef du parti, comme candidat à l’élection majeure. Quel que soit le résultat du 18 novembre, rien ne sera donc joué. Nous sommes, en temps politique, à des années lumières de la présidentielle et nous l’avons vu, trop de choses peuvent se produire d’ici là.

 

Le positionnement de Jean-François COPE, donné largement battu, est en définitive des plus logiques. Les adhérents de l’UMP sont par hypothèses des politiques, qui réfléchissent aux stratégies de prise de pouvoir. Une partie importante d’entre eux prônent de plus en plus un rapprochement électoral avec le FN. Jean-François COPE l’a bien compris, d’où les petites phrases, tout en se montrant intransigeant sur une quelconque alliance ne serait-ce que purement électorale. ..

 

Les militants plus à droite que les électeurs, pourraient craindre, qu’une politique, trop tournée contre le Front National, telle que la préconisent les fillonistes  ne soit fatale pour longtemps à leur mouvement. L’UMP seule, a de plus en plus de difficulté pour trouver des majorités tant au plan local que national.

 

Les préjugés seront-ils les plus forts ? La politique a-t-elle encore son mot à dire ? Il n’est pas sûr que ce soit le plus présidentiable des deux qui l’emporte. Réponse le 18 novembre.

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