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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 07:08

 

 

François FILLON a certainement sous estimé Jean-François COPE et il va le payer au prix fort. Il ne s’est pas véritablement opposé à sa nomination au poste de secrétaire général de l’UMP, pensant que le moment venu, il n’aurait aucun mal, lui l’ancien Premier ministre, dont toutes les enquêtes d’opinion reconnaissaient l’indiscutable aura de présidentiable, à devenir le président du mouvement.

 

Le député-maire de Meaux avait pourtant fait part ouvertement de ses intentions pour 2017 et de sa détermination pleine et entière de parvenir à l’investiture. Ayant manifesté une telle ambition, chose assez rare en politique, François FILLON a été particulièrement imprudent de laisser à son adversaire déclaré, les rênes de l’appareil électoral.

 

François FILLON a encore manqué de vigilance lorsque Jean-François COPE a fait campagne sur le terrain de la « droite décomplexée », illustrée par les fameuses anecdotes du racisme anti-blanc et du pain au chocolat. Tandis que ce dernier collait au terrain devant des militants encore traumatisés par leur lourde défaite, l’ancien Premier ministre, convaincu que son adversaire s’enfonçait,  prenait de la hauteur. Jean-François COPE, un peu à la manière de Nicolas SARKOZY, ne lui laissait aucun répit, le harcelant et prenant toutes les initiatives. François FILLON en position défensive, se contentait de faire des commentaires plus ou moins nuancés et de jouer la montre.

 

Après l’annonce des résultats et quelques péripéties, tel un boxeur groggy qui ne retrouvait plus son coin, il déclarait renoncer à la présidence de l’UMP et lançait un pathétique appel au secours à un Alain JUPPE pourtant sur le déclin.

 

Incapable de se faire élire député dans son fief de Bordeaux, l’ancien Premier ministre de Jacques CHIRAC voyant là une occasion rêvée de revenir sur le devant de la scène, au lieu d’agir dans la discrétion, se précipita devant les caméras de télévision pour jouer les pères fouettards. Il affirmera benoitement que la Commission nationale des recours, pourtant seule habilitée selon les statuts à trancher le conflit, ne pourrait le faire, ses membres ayant pour la plupart pris parti dans l’élection. Curieux argument. On ne voit pas comment une commission de militants aurait pu être composée d’hommes neutres. Ce seul argument sera insuffisant pour invalider cette instance à laquelle François FILLON a dit qu’il ne faisait aucune confiance. Jean-François COPE aura vite fait de lui opposer une fin de non recevoir.

 

La messe est dite. Proclamé président de l’UMP, on voit mal Jean-François COPE reconnaître sa défaite et dans le même temps un comportement frauduleux qui compromettraient  gravement son avenir politique, outre que ses adversaires, une fois le parti investi, lui feraient payer chèrement son audace d’avoir tenté de leur ravir ce qu’ils considéraient comme acquis.  

 

Il ne lâchera rien, la médiation JUPPE a peu de chance d’intervenir. Quant aux risques d’explosion du parti, ils sont nuls. L’orage passé, tout le monde viendra reprendre sa place au sein du mouvement dont les structures et les moyens financiers sont les meilleurs garants de l’avenir de chacun.

 

D’autant que le Parti Socialiste a par deux fois fait la démonstration, que l’appareil n’est plus la clé de la présidentielle, François FILLON ayant alors tout intérêt à travailler dans le sens de primaires ouvertes et à ne plus s’exposer comme il l’a fait. Il s’est inutilement affaibli.

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Published by gpancraz
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