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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 18:49

 

S’il en est en France des femmes qui ont fait l’unanimité, Bernadette CHIRAC est bien de celles-là. Distinction, réserve, mesure. Elle a toujours su demeurer en retrait des affaires, tout en marquant par sa présence les années CHIRAC. Sa personnalité a donné au règne de son époux une impression de stabilité et de solidité, même si elle n’apparaissait pas comme cherchant à se mêler de prés ou de loin à tout ce qui touchait au pouvoir. Elle était un peu la « reine mère » qui d’un œil bienveillant, regardait régner son enfant terrible, mais tellement talentueux.

 

On a pu percevoir une tradition selon laquelle, après l’accomplissement de leur mandat, les présidents, qui ont certes leur favori pour leur succéder, ont toujours su rester en retrait, pour ne pas apparaître partisans et pour conserver l’image d’une présidence exercée « au dessus » des partis. A fortiori, leurs épouses qui se doivent de ne pas laisser à penser qu’en exprimant leur opinion, elles reflètent, compte tenu de leur statut, la pensée de leurs maris.

 

A la différence des autres épouses de présidents, Bernadette CHIRAC est elle-même en politique par l’exercice d’un mandat de conseillère générale de CORREZE et son époux n’est pas actuellement en mesure de s’exprimer sur la campagne présidentielle. Il était donc loisible à Bernadette CHIRAC de soutenir le programme de son parti et de critiquer comme elle l’entendait ceux de ses adversaires.

 

Elle a estimé devoir intervenir dans la campagne, en assistant à un grand meeting de Nicolas SARKOZY, son silence aurait pu être interprété en défaveur du leader de sa famille politique. Cela n’aurait pas été concevable ni convenable.

 

Mais de façon extrêmement surprenante, Bernadette CHIRAC a cru devoir aller au-delà, bien au-delà. Elle s’est octroyée de pouvoir juger de la capacité du candidat HOLLANDE, à exercer la fonction présidentielle. Elle a estimé que sa qualité d’épouse d’ancien président, lui donnait compétence pour juger de qui avait la stature, « le gabarit » a t’elle dit, pour devenir Président. Il existerait ainsi un modèle, une forme réglementaire et elle, saurait qui dispose ou non de cette dimension. Elle en a ébauché le portrait : avoir été ministre, avoir l’expérience au plan international, 

 

Cette déclaration est démocratiquement inacceptable et moralement indécente. Inacceptable car on ne voit pas à quel titre une femme d’ancien président pourrait se permettre de déterminer qui peut ou ne peut pas exercer la fonction présidentielle, écartant d’un revers de main les millions de français, qui au cours d’une élection primaire, ont désignés François HOLLANDE. En République, seul le peuple français peut savoir qui est apte à le représenter. Que n’avait-on pas entendu, du même tonneau, sur François MITTERRAND, et si l’on s’en tient à cette théorie aucun des présidents des USA n’aurait eu, selon Madame CHIRAC, le « gabarit ». 

 

Le comportement de Bernadette CHIRAC m’est apparu de surcroît indécent, car elle a cru pouvoir faire cette déclaration dans le sein même du Conseil Général de Corrèze alors que François HOLLANDE qui en est le président, a toujours su se montrer à son endroit, courtois  et respectueux.

 

Malgré sa lignée, Madame CHIRAC a fait preuve d’une totale absence de noblesse d’âme dans son comportement. Elle s’est montrée chauvine, mesquine et pour tout dire grossière. Elle a perdu en une phrase toute la considération que nombre d’entre nous avions pour celle que nous croyons être une grande dame. Jacques CHIRAC, tout roturier qu’il est, n’aurait jamais commis une telle faute de goût.   

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Published by gpancraz
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