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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 07:40

Billet publié dans l'Express.fr du 26 août 2014  

Dans un entretien au journal le Monde donné dans son cabinet de Bercy le 22 août, Arnaud Montebourg, l'enfant terrible du parti socialiste, a déclenché le feu nuclaire  : "Je suis à mon poste de combat pour    faire évoluer des politiques qui méritent d'être changées" puis un instant après : "La société est exaspérée. Il faut l'écouter, l'entendre et répondre à ses demandes. Il est temps de    réagir"   

    Si l'on s'est habitué à voir des membres du gouvernement jouer au jeu des petites phrases,  je n'ai pas souvenance d'un ministre, qui plus est de l'économie, s'être laissé aller à une critique aussi fondamentale de la politique qu'il est chargé    de conduire, sans immédiatement après annoncer sa démission, ou être invité à le faire.   

    La dernière qui s'était essayée à cet exercice de façon infiniment plus ténue, en voulant seulement plus de moyens pour mettre en oeuvre sa politique, ce fut la ministre de l'environnement Delphine Batho et on sait ce qu'il advint.   

    Arnaud Montebourg se sent fort, une partie de la gauche y compris au parti socialiste est en opposition  contre la politique gouvernementale. François Hollande ne peut se payer le luxe d'une crise au sein de son propre camp. Le départ d'Arnaud    Montebourg orienterait ce gouvernement trop à droite, la situation deviendrait invivable avec un tel leader à l'extérieur.   

    Non le Président n'a pas le choix. Le ministre de l'Economie peut critiquer la politique qu'il est chargé d'appliquer, rien ne pourra lui arriver. Sa fête de la rose du 24    août à Frangy-en-Bresse l'a consacré chef de l'opposition à François Hollande au sein du parti socialiste et même au-delà. Sa critique de la politique gouvernementale fut cinglante et    même à certains égards franchement "mélanchonienne", pharmaciens, notaires, avocats, huissiers, ophtalmo furent montrés du doigt...Son invité Benoît Hamon avec plus de prudence et de forme l'a suivi. Il ne pouvait faire autrement. C'était lui qui il n'y a pas si longtemps, était le leader incontesté de l'aile gauche du parti socialiste.        

    Arnaud Montebourg se dit qu'il manoeuvre à merveille. Il affine sa stratégie. Connaissant les règles du jeu, il sait qu'une élection présidentielle se gagne par un positionnement à gauche de la gauche modérée, quand on est à    gauche et à droite de la droite modérée, quand on est à droite. En faire suffisamment depuis son promontoire de Bercy et dimanche de Frangy-en-Bresse pour devenir le seul opposant interne à    François Hollande à l'Elysée, sans pour autant perdre son aura ministérielle.   

    Dans une situation similaire, François Mitterrand avait nommé Michel Rocard Premier ministre.   

    Peut-être se dit-il  que François Hollande affaibli, après s'être "occupé " de Manuel Valls qui chute de façon significative dans les sondages, "s'occupera" de son  cas , en lui proposant de le    nommer à Matignon...

    Grave erreur, François Hollande n'a jamais été aussi bon que dans l'adversité. Il a demandé à Manuel Valls de lui remettre la démission de son gouvernement.

Arnaud Montebourg prend le risque de l'isolement. Il ne sera pas député, il ne sera plus au gouvernement. Il aura du mal à faire entendre sa voix. Mélenchon occupe tout l'espace de la gauche dans l'opposition. Il connaitra peut être comme bien d'autres avant lui sa première traversée du désert.

 

 

 

 

 

 

En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/arnaud-montebourg-ou-le-piege-de-matignon_1570031.html#84XTwt7TucEBL11l.99  

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Published by gpancraz
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