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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 06:28

  

« Personne n’est protégé dans le gouvernement ». Cette formule employée par le chef de l’Etat dans la perspective d’un futur remaniement, s’applique sans aucun doute, tout particulièrement,  à Arnaud Montebourg. Au-delà de sa personnalité, l’indépendance d’esprit et de comportement qui a caractérisé le  ministre du redressement productif, s’explique certainement par le fait qu’il a pensé pouvoir s’abriter sous  les 17% obtenus aux élections  primaires de son parti.

Ce score qui comprend certains des électeurs de la partie la plus à gauche du parti socialiste, auxquels se sont adjoints nombre d’électeurs de la gauche de la gauche et  d’EELV, n’est pas le résultat d’un mouvement de fond dont Arnaud Montebourg serait l’incarnation.

Dans cette affaire, Arnaud Montebourg n’a été en réalité, l’espace d’un scrutin, que le réceptacle occasionnel des voix de militants ou d’électeurs, qui voulaient peser sur la ligne du parti et rien de plus. Il s’est trouvé en quelque sorte au bon endroit au bon moment. Aujourd’hui, il ne lui reste rien de ce « succès », chacun étant retourné vers sa famille d’origine  et la partie la plus à gauche du parti socialiste, qui ne manque pas de leaders, n’a aucunement l’intention de se regrouper sous la houlette du très controversé ministre du redressement productif.

C’est certainement cette appréciation erronée de son résultat aux primaires, qui lui a laissé croire qu’il disposait d’un rapport de force suffisant pour lui permettre d’infléchir la politique du gouvernement décidée par le président de la République, de s’opposer frontalement au premier ministre, de privilégier les syndicats au détriment de la solidarité gouvernementale et de mettre en avant une ligne politique, dont le créneau est pourtant déjà largement occupé par Jean-Luc Mélenchon. Peut-être même a-t-il imaginé qu’il deviendrait ainsi l’homme de la situation, vers lequel se tournerait inévitablement le président de la République.   

Sorti du gouvernement, il se trouvera confronté au problème majeur de son devenir. Redoutant la défaite, il  ne s’était pas présenté aux élections législatives et il ne peut donc plus compter faire entendre sa voix à l’Assemblée Nationale. La plupart de ceux qui volontairement ou non, ont négligé la case parlementaire ont eu le plus grand mal à exister. Ségolène Royal, Rachida Dati, Alain Juppé, Martine Aubry… en sont les exemples récents les plus significatifs.

Exclu du gouvernement et des grands débats, il ne lui resterait plus alors, qu’à errer de plateau en plateau de télévisions, lorsque l’on voudra bien l’inviter, avec une question essentielle qui très vite se posera : pour dire quoi ?

Ne disposant d’aucune assise ni d’aucun soutien structuré, sa sortie du gouvernement, l’écarterait du sommet de la vie politique et la perspective  d’un éventuel rebond, deviendrait alors dans un tel contexte, des plus aléatoires.  

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Published by gpancraz
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