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4 août 2012 6 04 /08 /août /2012 17:20

Dans les pays arabo-musulmans, les juifs qui étaient parfaitement intégrés, tant par la langue que par le mode de vie, ont longtemps vécu dans un état de soumission, qui s’exprimait à travers toutes sortes de discriminations qui pouvaient être fiscales, religieuses ou vestimentaires et qui en faisaient des sous-citoyens. Ils ne pouvaient s’en libérer que par l’exil ou la conversion à la religion musulmane.

 

Emancipés par le colonisateur, auxquels ils seront de plus en plus assimilés, leur relation avec les populations arabes oscillèrent, entre une réelle affection comme elle existe chez les enfants d’une même terre et une défiance des arabes vis-à-vis du juif,  toujours considéré comme un être « fourbe, profiteur et sournois ». 

 

Si dans l’ensemble, les dirigeants des pays arabes de l’ère postcoloniale, firent tout pour  permettre aux juifs de vivre dans le pays dont ils prirent ou conservèrent la nationalité, les populations arabes ne les assimilèrent jamais tout à fait.  

 

La création de l’Etat d’Israël et les défaites arabes qui ont suivi, a vu le ressentiment dont les juifs étaient l’objet s’accroître et la défiance se muer en une véritable haine

 

L’antisionisme a permis alors de « justifier » un antisémitisme que la communauté internationale n’aurait jamais pu accepter au lendemain de la deuxième guerre mondiale.

 

Il s’est alors instauré un climat de « guerre » permanente, au gré des évènements du Proche-Orient qui a eu pour conséquence, en une génération (1945-1975), la disparition quasi-totale des juifs des pays arabes. Ceux qui y sont restés demeurent terrés et vivent, pour beaucoup,  dans l’inquiétude la plus grande. Les révolutions arabes ont encore aggravé leur situation, par la liberté dont bénéficient toutes les expressions,  en particulier celle des intégristes, qui expriment ouvertement leur hostilité envers les juifs.  

 

L’antisémitisme, sous couvert d’antisionisme, ne s’est pas limité aux pays arabo-musulmans. Il s’est répandu, y compris parmi ceux qui avaient jusqu’alors soutenu la création de l’Etat d’Israël. Le général de Gaulle pointera du doigt, lors de sa conférence de presse du 27 novembre 1967, « les juifs  jusqu'alors dispersés, mais qui étaient restés ce qu'ils avaient été de tout temps, c'est-à-dire un peuple d'élite, sûr de lui-même et dominateur, n'en viennent, une fois rassemblés dans le site de leur ancienne grandeur, à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu'ils formaient depuis dix-neuf siècles ». Les termes utilisés sont ceux là mêmes qui ont de tout temps fondé l’antisémitisme. Le général de Gaulle venait de donner le départ d’une politique arabe « réaliste », tenant compte de la montée en puissance du monde arabe, notamment au plan économique, au détriment des israéliens.

 

L’extrême gauche française, devait développer toute une rhétorique anti israélienne qu’il sera  parfois difficile de distinguer de l’antisémitisme et qui fut reprise par une partie non négligeable de la gauche modérée.   

 

Avec l’immigration maghrébine, des gens nés en France ou qui y vivent et qui n’ont objectivement rien à voir avec ce conflit, vont manifester une solidarité active envers leurs frères arabes, à chaque fois que l’occasion leur en est donnée.

 

Injures, agressions, slogans antijuifs, manifestation de haine, gang des barbares, MERAH, sont autant de signes indiscutables du retour d’un antisémitisme actif.

 

Ce ne sont pas les israéliens qui sont attaqués, ce sont les juifs.

 

En réponse, les juifs ont commis l’erreur majeure de chercher à utiliser l’antisémitisme ethnique, dont les fondements n’existent pourtant plus, comme un véritable bouclier qui les protègerait des attaques dont ils sont l’objet. Cette politique a sonné comme un aveu de la difficulté de justifier de la politique d’Israël vis-à-vis des palestiniens.  

 

Les juifs vont alors remémorer des faits certes abominables, mais qui se sont produits il y a plus de 60 ans et qui ne seront en aucune façon susceptibles de convaincre en quoi que ce soit, ceux qui aujourd’hui, prenant parti pour la cause palestinienne, vouent les juifs aux gémonies.

 

On a vu ainsi des responsables du CRIF qui condamnaient des attaques provenant de jeunes d’origine maghrébine, contre de jeunes juifs, faire état de la commémoration proche de l’anniversaire du Vel d’hiv, comme si il existait une quelconque relation entre ce fait divers et un tel évènement.

 

Les auteurs des méfaits, dont les juifs sont actuellement l’objet en France, ne se sentent pas concernés par la tragédie que ces derniers ont vécue au cours de la deuxième guerre mondiale, car c’est dans la cause palestinienne, jugée incontestable,  que ce nouvel antisémitisme plonge ses racines.  

 

En répondant de la sorte à la problématique engendrée par le conflit israélo-palestinien, les juifs ont en réalité contribué, sans le vouloir, à faire monter en puissance l’antisémitisme, ayant placé leur réponse sur ce seul terrain.

 

Il en a été de même pour la France, qui va se tromper de combat.

 

Culpabilisée pour n’avoir pas su protéger les juifs contre les pogroms et les camps d’extermination nazis, elle ne peut mettre en cause l’Etat d’Israël d’ailleurs créé avec son soutien, non plus que la politique conduite, ou alors avec beaucoup de retenue et ne peut pas plus condamner les exactions commises par les arabes contre Israël, au nom du réalisme politique.

 

La France a alors utilisé l’antisémitisme ethnique, comme une sorte d’immunité qui préserverait les juifs de toutes les atteintes dont ils seraient l’objet, quelle que soient leur origine, avec pour avantage de ne pas préjudicier aux arabes.

 

Cela se réalise par la sur-célébration d’évènements historiques qui ont concerné les juifs au cours de la deuxième guerre mondiale, l’apparition de lois mémorielles telle la loi GAYSSOT qui sanctionne les contestations de crimes contre l’humanité commis contre les juifs au cours de la deuxième guerre mondiale, ou  la surexploitation de faits divers, qui donnent le sentiment d’une guerre latente, avec un ennemi toujours présent, alors que le  nazisme et le fascisme n’existent plus depuis bien longtemps.

 

On en est même arrivé en France, à réserver ses attaques les plus virulentes, non contre les auteurs des méfaits qui portent atteinte aux membres de la communauté juive, ou contre les mouvements extrémistes islamistes qui luttent activement pour l’extermination des juifs, mais  contre des gens qui sont présentés comme les héritiers de la pensée nationaliste des années 30 qui a abouti au fascisme puis au nazisme, bien que l’on sache qu’ils ne constituent plus aujourd’hui, un quelconque danger pour les juifs.

 

Le Front National est alors apparu aux yeux de tous, comme le bouc émissaire idéal. Tous unanimes, arabes, juifs, gauche, droite, syndicats, mouvements, associations, se sont accordés pour livrer une lutte sans merci, contre ce parti déclaré raciste et antisémite.

 

Les dirigeants de ce mouvement ont ainsi été ostracisés avec la plus grande fermeté par l’ensemble de la classe politico-médiatique. Anne SINCLAIR a refusé en son temps d’interviewer Jean-Marie LE PEN, pour ces raisons précises, de même que Laurent RUQUIER et Michel DRUCKER, de recevoir Marine LE PEN, tandis que Gérard DARMON à qui un jeune demandait au cours d’une émission de télévision qui était Gilbert COLLARD, lui répondit que c’était un nazi.

 

L’union sacrée autour de Jacques CHIRAC lors de la présidentielle de 2002 dont Lionel JOSPIN lui-même dira qu’elle n’avait aucun sens, était encore dans le souci de faire barrage au fascisme, alors qu’un tel danger était totalement chimérique, que ce soit de la part de ceux qui votèrent Front National, ou par le risque réel de prise de pouvoir qui pouvait exister. On vit alors des lycéens, des travailleurs, des étudiants, qui avaient cessé les cours ou le travail défiler aux cris de « le fascisme ne passera pas » slogan aussi dérisoire qu’inapproprié.

 

Dans l’affaire MERAH, avant même l’identification de l’auteur des tueries, Dominique SOPO, en sa qualité de président de SOS Racisme, devait mettre en cause à mots à peine voilés la présidente du Front National, accusée par son discours anti immigré de favoriser l’extrémisme radical contre les juifs.

 

Il y a encore quelques semaines, le président de la République nouvellement élu a exclu de ses entretiens avec les partis politiques le Front National qui venait de totaliser 6 millions de voix aux élections, après quelques hésitations, son ministre chargé des relations avec le parlement affirmera que c’est au nom des valeurs républicaines.

 

Quelques semaines plus tard, on apprit que la  chanteuse MADONA ou son agent chargé de la promotion de son spectacle, affublait  Marine LE PEN, d’une croix gammée sur le front pour agrémenter son show, alors qu’il eut été impensable qu’elle en fit de même avec MERAH ou BEN LADEN.

 

Tout accord ne serait ce qu’électoral est bien sûr refusé au Front National accusé de défendre des valeurs non républicaines. Tous ceux qui transgresseraient l’interdit, droite et gauche confondues,  seraient irrémédiablement rejetés de la vie politique.

 

Or chacun sait bien au fond de lui-même que ni les LE PEN, que ce soit Marine, Marion, ou même Jean-Marie, ni l’avocat COLLARD ancien soutien de François MITTERRAND ou encore le chevènementiste Florian PHILIPPOT, ne peuvent en rien constituer le moindre danger pour les juifs, leur problème étant l’immigration maghrébine qu’ils contestent politiquement au nom du chômage en France et pour les plus extrémistes d’entre eux « au nom des valeurs judéo-chrétiennes que l’Islam ferait disparaître de notre belle terre de France. »

 

Sauf quelques stupides et condamnables provocations du truculent LE PEN, jamais le Front National n’a soutenu la moindre thèse antisémite.

 

Mais le Front national est le brin d’herbe qui permet de cacher l’immense forêt du problème israélo-palestinien et de l’antisionisme qui en résulte aujourd’hui et qui  est le seul problème des juifs.

 

L’antisionisme, qui a un fondement politique réel, est nié au profit d’un antisémitisme ethnique qui n’existe plus. « A bas le Front National ! », bannir leurs responsables de la télévision et des institutions est la bonne conscience de tous ceux qui refusent de voir la réalité en face.

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Published by gpancraz
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