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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 19:59

 

Ce billet a été sélectionné par le journal en ligne l’Express.fr et  publié à sa Une le 24/12/2012 

Depuis le 4 décembre date de son  lancement par Mediapart, l’affaire du compte Suisse du ministre du budget, qui avait fait la une des journaux, tourne en rond. Mais chacun a pu constater, comme ce fut déjà le cas pour de précédentes affaires de même nature, que la campagne de presse s’est poursuivie sur des faits collatéraux ou étrangers à son objet initial. Ce n’est pas fortuit, cela fait partie de la stratégie mise en œuvre par le célèbre journal en ligne.

 

Le mode opératoire de Mediapart, a été exposé dans un article de Cécile Casciano, publié dans l’Express.fr, daté du 7 décembre 2012 : « Il y a d'abord une phase d'enquête (…) puis la publication d'un grand article (…) ensuite, on attend une réaction, celle des mis en cause qui pourra permettre d'affiner certains points (…). De potentielles nouvelles sources pourront elles aussi se manifester et amener de nouvelles informations. »

 

L’idée est de spéculer sur la forte médiatisation qui résulte de la publication d’un article, mettant en cause une personnalité politique très connue. Cela aura pour effet, d’inciter toute personne disposant d’éléments à charge contre elle, de les produire. Tout sera pris en compte, vie privée, vie publique, présente ou passée, sans aucune exclusive. Et insensiblement, la cible ne sera plus le manquement mais la personne.

 

Le combat qui va être engagé contre cette dernière sera d’une grande violence. Elle va subir au quotidien, parfois pendant de longues semaines, des dénonciations et des accusations publiques qui seront, par le jeu médiatique, dupliquées et répétées à l’infini. Le risque que tout cela ne sombre dans ce que l’on pourrait appeler une chasse à l’homme est évident et semble-t-il largement assumé.

 

Si dans l’affaire Cahuzac nous n’en sommes peut-être pas encore là, au moins peut-on dire que tous les ingrédients de ce qui devient pour le ministre une « sale affaire », sont réunis. Un enregistrement téléphonique comme mode de preuve principale, des soupçons de financement irrégulier de l’appartement du ménage, des détectives qui enquêtent sur sa vie privée et sur son patrimoine immobilier, en relation ou non avec un divorce qui tombe au plus mauvais moment, des rumeurs de démission publiées avec le nom de son successeur, la révélation d’une activité de conseil auprès de laboratoires médicaux, laissant présumer un conflit d’intérêts, les allégations d’un inspecteur du fisc en retraite, surnommé Columbo par ses pairs…

 

Jérôme Cahuzac n’a plus d’autre solution que de jouer son va tout. Peut-être même y a-t-il été invité. Mercredi 19 décembre, il a demandé à l’UBS, de lui certifier qu’il n’a pas  ouvert de compte chez eux. Il a ainsi décidé de passer au-dessus de la position de principe de la banque selon laquelle elle n’établit pas de « confirmation négative ». Le lendemain, jeudi 20 décembre, il a également décidé de déposer une nouvelle plainte contre Mediapart, mais cette fois ci avec constitution de partie civile, ce qui en matière de diffamation est plus efficace, au moins quant à ses effets immédiats.

 

Jérôme Cahuzac a perdu beaucoup de temps, avec des actions en demi-teinte, alors que  dans ce type d’affaires, donner du temps, équivaut à donner le bâton pour se faire battre. Il doit en finir au plus vite, dans un sens ou dans l’autre, ne pouvant ignorer que les gouvernements quels qu’ils soient, n’ont jamais assumé ce type d’affaire, au delà d’un délai raisonnable.   

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Published by gpancraz
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