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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 09:15

Le billet d’Eric SEYDOUX

 

Un bandeau qui passe sur itélé en continu m’apprend que Frédéric PECHENARD, directeur général de la police nationale, a « reconnu »* avoir donné l’ordre d’identifier le haut fonctionnaire qui a informé le journaliste du Monde Gérard DARVET, dans l’affaire BETTENCOURT en cours d’information judiciaire.

 

Reprenant avec beaucoup d’autres, les titres du  quotidien Le Monde et de l’hebdomadaire Marianne, sur « les écoutes du Monde » ou sur « l’espionnage du Monde », la chaîne pour ne pas demeurer en reste avec ces fleurons du journalisme français, a ajouté le commentaire suivant : « il a donc violé la loi sur le secret des sources ».

 

Lourde accusation pour celui qui est justement chargé, au plus haut sommet de l’Etat, de la faire respecter.

 

Selon le quotidien et l’hebdomadaire à l’origine de cette polémique, le détenteur d’informations confidentielles, qui les communique illégalement à un tiers, ne pourrait pas être recherché pour être jugé, dès lors que l’infraction qu’il a commise, l’a été au profit de la presse.

 

Pas même pour mettre fin à la divulgation, qui pourrait alors se perpétuer.

 

On arrive à cette solution par un raisonnement singulièrement pervers : celui qui viole le secret auquel il est tenu, secret professionnel, médical, militaire, de l’instruction…au profit d’un journaliste, deviendrait une source de journaliste, son identification serait donc contraire à la loi sur la protection des sources.

 

En allant jusqu’au bout du raisonnement, toute personne, détentrice d’une information couverte par le secret pourrait ainsi, violer le secret qu’elle est censée protéger en le remettant à un tiers, utiliser n’importe quel moyen illégal qu’elle estimerait opportun pour se le procurer, comme voler les documents qui le contiennent, commettre une effraction à cette même fin, à partir du moment où l’information à l’origine du délit serait destinée à un journaliste, aucune poursuite ne pourrait être engagée contre elle, sous peine de violer la loi sur le secret des sources.

 

Et tant pis pour les victimes que la loi a voulu protéger ! La protection des sources ne doit pas connaître de limite.

 

Il va de soi que le journaliste lui-même qui aurait, par le fait même, commis le délit de recel de l’infraction commise par son informateur, ne pourrait pas plus être poursuivi.

 

L’auteur du manquement pris de remords ne pourrait même pas avouer son méfait, cela conduirait inévitablement à l’infraction  sur la protection des sources…

 

Tout pouvoir est aujourd’hui encadré par la loi et se trouve en outre  sous le contrôle exigeant de la presse. Sauf justement la presse. On a rarement vu des campagnes de presse concerner un « confrère ». 

 

La presse écrite se montre  de plus en plus exigeante sur ses droits, de plus en plus arrogante.

Elle juge, condamne, défend les uns, pas les autres, décide de s’attaquer à un tel plutôt qu’à tel autre, décide de ce qui est bien et de ce qui est mal, de ce qui est juste, de ce qui est légal, de ce qui doit être publié, de qui doit être épargné...

 

Sauf la limite de la diffamation, elle est libre de dire ce que bon lui semble, elle le dit avec de moins en moins de nuance, de moins en moins de prudence, de plus en plus d’assurance et cela va de soi, sans la moindre once de délicatesse.

 

Cette évolution assez récente est la conséquence d’une absence évidente d’équilibre dans la diversité des opinions des différents organes qui la constitue, avec comme corolaire une place de plus en plus importante pour une idéologie marquée, signe de déclin dans sa fonction d’informer et qui va chercher une compensation dans un combat qu’elle livre sans merci, à la défense d’une liberté, que pourtant personne ne lui conteste. gpancrazi.over-blog.com/

 

 

*France info 9 septembre 2011 « Oui, j’ai demandé à la Direction Centrale du Renseignement Intérieur d’identifier le haut fonctionnaire qui, soumis au secret professionnel et ayant un accès direct des documents sensibles, divulguait des informations confidentielles dans une affaire judiciaire en cours. Je trouve cela grave. Il s’agit d’une infraction pénale ».

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