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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 08:36

François MITTERRAND, lorsqu’il fût candidat à sa succession, était demeuré pleinement dans sa stature présidentielle et avait maintenu « son » premier-ministre-candidat, Jacques CHIRAC,  dans une situation subalterne, malgré les efforts de ce dernier pour se sortir de cet avatar. « Vous n’êtes pas le président…Mais bien sûr monsieur le premier ministre… »

 

Nicolas SARKOZY, dont le premier paradoxe fut d’apparaître comme l’outsider de l’épreuve, n’a pas su conserver l’avantage que lui conférait son statut et sitôt parti en campagne, a même fait craquer de toute part ses habits présidentiels.

 

François HOLLANDE, en revanche, n’a eu de cesse de se construire une image de président, ne négligeant aucun de ses aspects, allant on s’en souvient jusqu’à se soumettre à un régime alimentaire sévère et à adopter les mimiques et les intonations de François MITTERRAND.

 

A quelques jours du scrutin décisif, il semble bien que ce phénomène de dé-présidentialisation de l’un et de présidentialisation de l’autre, se poursuive.

 

Ce mercredi 25 avril, François HOLLANDE a tenu à Paris, une conférence de presse, au cours de laquelle nous avons vu s’exprimer un homme posé et distingué, parlant avec précision et mesure, dans un langage châtié, économe de ses gestes et donnant ainsi au spectateur une impression de calme et de sérénité, qui sont les qualités premières que l’on souhaite trouver chez un Président de la République.

 

Devant 280 journalistes, le candidat arrivé en tête du premier tour, a créé une ambiance feutrée, très présidentielle, faite de bienséance et d’amabilités, répondant  aux nombreuses questions de  la presse nationale et internationale sans le moindre excès verbal,  n’écartant aucune des questions qui lui étaient posées et mettant ainsi à bas le procès qui lui était fait dans le même temps à CERNAY, de vouloir fuir le débat.

 

A CERNAY, prés de MULHOUSE, Nicolas SARKOZY qui tenait meeting,  réclamait véhément, la mise sur pied de trois « face à face », exigeant d’en découdre au plus vite avec son adversaire, s’exprimant avec toutes sortes de rodomontades, sur un ton agressif et provocant, laissant à penser qu’il voyait ces débats comme des combats d’homme à homme, où la virilité serait plus déterminante que les idées.

 

C’est dans cette ambiance surchauffée qu’il instruisait les militants alsaciens,  sur les difficultés et même les souffrances des électeurs qui avaient voté Marine LE PEN, gens qu’il qualifiait de parfaitement respectables, victimes du chômage, qui habitent dans des banlieues où règne une grande insécurité, dans des conditions insupportables.

 

Singulière diatribe de celui qui met en avant, comme argument à sa réélection, ses propres carences, commettant par la même un déni de fonction présidentielle, comme l’on commet un déni de grossesse et conduisant ainsi à son paroxysme ce phénomène de dé-présidentialisation, paradoxe inouï pour un Président de la République en exercice...

 

Un processus qui mené à son terme, pourrait en définitive n’être que la logique de l’épilogue que l’on pourrait connaitre dimanche 6 mai, si François HOLLANDE venait comme d’aucuns l’affirment  à l’emporter. On pourra alors dire que les courbes de la présidentialisation ont achevé de se croiser.

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Published by gpancraz
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