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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 20:21

Ma chère Marie-Paule, mes chers Henri Rose-Marie et Charles, Paul et Marie, Jean et Julie-Rose.

En ce moment douloureux de la vie, je vous adresse du fond du cœur, mes plus affectueux sentiments de compassion, et je vous remercie, de m’avoir permis de dire quelques mots, en hommage à celui qui fut mon ami.

En 1975, lorsque je fus affecté au tribunal de Bastia, à mon tout début de carrière, Jacques a été le premier magistrat qu’il m’aura été donné de rencontrer.

Je fus immédiatement saisi par la dimension du  personnage, une éloquence rare, venant au soutien d’un verbe, toujours approprié ; une culture sans pareil et j’ose le dire, une pure intelligence qui se déclinait selon les circonstances de notre activité et qui nous permettait d’avoir la vision la plus juste des choses.

Le respect d’autrui, la gratitude infinie qu’il avait pour celui qui avait su lui manifester son estime, la disponibilité, l’écoute, la bienveillance qui n’était toutefois pas exempte d’une très grande lucidité, tels étaient les traits qui caractérisaient Jacques Flach.

Je ne devais plus rencontrer d’être d’une telle stature, que ce soit dans ma vie professionnelle ou personnelle,  et  ceux qui me connaissent savent que ce ne sont  pas là des propos de circonstance.

Sans peut-être même s’en rendre compte, Jacques aura été mon mentor, il aura formé ma conscience de jeune magistrat et par la suite, durant ma vie professionnelle et jusqu’à la cour d’appel de Paris qui fut mon dernier poste, j’ai toujours éprouvé le besoin de solliciter sa dialectique, on dirait aujourd’hui son expertise, pour m’aider à éclaircir des situations compliquées.

Il a été en quelque sorte ma référence, un repère nécessaire, celui que l’on cite même auprès de ceux qui ne le connaissaient pas, celui que l’on admire, celui à qui l’on se confie même au plan personnel, car je savais qu’il aurait toujours trouvé la formule de bon sens qui apaise et qui rassure et cela, jusqu’à la fin de sa vie, car bien qu’éprouvé par la maladie, son agilité intellectuelle  était demeurée intacte jusque dans ses  derniers instants.

Oui, je le dis, dans ma vie, cela aura été pour moi une chance d’avoir connu Jacques Flach et je le remercie du fond du cœur aujourd’hui pour tout ce qu’il a pu m’apporter, pour avoir su m’inspirer de son esprit, pour m’avoir permis de ne pas désespérer de la nature humaine.

Attaché à son île, à ses valeurs, à  sa langue qu’il pratiquait à la perfection, à sa culture, Jacques Flach était profondément corse.  Il devait terminer sa carrière comme conseiller à la Cour d’appel de Bastia, réalisant le vœu le plus cher de tout magistrat corse, finir sa carrière dans son île.

Vous savez mon cher Jacques, puisque c’est par le vouvoiement que je me suis toujours adressé à vous, très certainement par respect pour ce que vous étiez, vous savez combien vous allez nous manquer.

Nous avions souvent parlé de ce moment de la vie que nous connaissons aujourd’hui. Mais après la disparition d’un être cher, on se rend compte que l’on sous-estime toujours une dimension ; celle du vide, ce terrible vide qui nous assaille et qui dessine lentement notre propre départ.

Oui, aujourd’hui  c’est nous tous qui partons aussi un peu, c’est ainsi que l’on meurt, au fur et à mesure de la disparition de ceux que l’on a estimé, de ceux que l’on a aimé.

Reposez maintenant en paix au royaume des cieux, auprès de ceux de vos proches qui vous y ont précédé, en particulier auprès de votre mère que vous chérissiez tant. Adieu mon cher Jacques.  

(Prononcé le 22 /07/2016 en l’église Ste Marie de la citadelle à Bastia. Jacques est décédé dans la nuit du 19 au 20/07)     

  

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Published by gpancraz
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